vignette|393x393px|Hélène de Sparte considérée comme la plus belle femme mortelle du monde dans la mythologie grecque (Hélène de Troie, tableau d'Evelyn De Morgan, 1898).
L'idéal de beauté féminin se réfère au fait que l'attrait physique soit considéré dans la société comme l'un des atouts les plus importants des femmes et qu'il doit constituer au sein de la société un objectif que toutes les femmes devraient s'efforcer d'atteindre et de maintenir. Les idéaux de beauté sont ancrés dans les désirs hétérosexuels et influencent fortement les femmes de toutes les orientations sexuelles. Ces idéaux, qui incluent la forme du corps féminin, varient d'une culture à l'autre, d'une époque à une autre, d'un lieu à un autre. Au sein d'une culture, il peut y avoir des idéaux de beauté différents, parfois contradictoires. De nos jours, non seulement, ils sont diffusés et entretenus par les médias, la publicité et la culture populaire mais sont également soumis à la mondialisation.
Généralement, les conceptions de la beauté féminine semblent provenir de caractéristiques en corrélation avec la fertilité et la santé des femmes.
Généralité Au fil du temps et des cultures, de nombreuses idées ont été émises sur ce qu'est le beau féminin pour l'image corporelle d'une femme. La façon dont une femme suit ces idéaux de beauté peut également influencer son statut social au sein de sa culture. La modification physique du corps est depuis longtemps une coutume dans de nombreuses régions du monde.
En Birmanie, les filles Padaung, dès l'âge de cinq ans environ, se font poser des anneaux métalliques autour du cou. Des anneaux supplémentaires sont ajoutés au cou de la fille tous les deux ans. Cette pratique a pour but de donner aux femmes un aspect de girafe. Cette pratique est en train de disparaître, mais ces femmes pouvaient porter jusqu'à 24 anneaux autour du cou. Un cou avec de nombreux anneaux était considéré comme l'image "idéale" de la beauté physique dans cette culture. En Europe, le corset a été utilisé au fil du temps pour créer un petit tour de taille. Un petit tour de taille était considéré comme l'image "idéale" de la beauté. En Chine, une pratique consiste à comprimer les pieds d'une fille à l'âge de six ans pour créer l'image "idéale" des pieds. Les pieds de la jeune fille étaient cassés et bandés jusqu'à ce qu'ils atteignent un tiers de leur taille d'origine, ce qui handicapait la femme, mais lui conférait également un statut social très élevé et suscitait l'admiration. Après la révolution de 1911, cette pratique des pieds bandés a pris fin. L'idée de ce qui est considéré comme l'idéal de beauté pour les femmes varie selon les différents idéaux et pratiques culturelles.
Le désir d'éclaircir la peau est une pratique sociale courante chez les femmes d'origine asiatique, sud-est asiatique et africaine. Aujourd'hui, la norme de beauté dominante est profondément ancrée dans l'obtention ou la possession d'une peau plus claire dans ces sociétés. La norme de beauté européenne enracinée a donné naissance à une industrie du blanchiment et de l'éclaircissement de la peau en pleine expansion, notamment au Nigeria, une autre ancienne colonie britannique. L'idéal eurocentriste de supériorité de la peau claire, qui avait été imposé par le pouvoir colonial, a donné l'impression de favoriser les personnes aux peaux claires, ce qui a donné naissance à un problème social plus vaste : le colorisme. Le colorisme au sein de la société est conceptualisé en considérant les individus à la peau claire comme supérieurs en termes de beauté et de responsabilité par rapport à leurs homologues à la peau plus foncée.
Les femmes des communautés anciennement colonisées font face à une double injonction : être belle selon les standards mondialisés ou plaire aux yeux de leur propre société, influencée par l’Occident. Avec la mondialisation, les médias et l’industrie commerciale sont les acteurs majeurs d’un changement possible mais imposent constamment les mêmes images.
La minceur est un élément central de l’idéal de beauté féminin dans les sociétés contemporaines, qui est entretenue par la société de consommation.
Toutefois, l'élément clé qui est au cœur de l’idéal de beauté féminin est le sourire. En effet, le sourire dans sa forme la plus instinctive (et donc non forcée) est un signe de confiance et de coopération. Dans les sociétés occidentales, le sourire de la femme le plus socialement accepté et valorisé est celui qui inonde les médias, avec certains critères objectifs comme la blancheur et la symétrie de l’alignement des dents. En effet, un sourire de ce type est perçu comme symbole de santé, de richesse et de succès.
Louise Goral et Agathe Lepère notent l'ironie que le sourire soit par consensus considéré comme un facteur de jeunesse et de beauté alors qu'un vrai sourire, qui provoque une contraction des muscles du visage, va causer des rides et des imperfections.
Évolution de l'idéal de beauté à travers l'histoire en Occident De la Préhistoire à nos jours, les critères de beauté féminine ont beaucoup évolué et changé.vignette|Vénus de Willendorf, considérée comme la représentation de « l’idéal de beauté féminin paléolithique ».|218x218px|gauche
La Préhistoire Les traces les plus anciennes de représentation féminine datent de la Préhistoire, où le corps de la femme est avant tout synonyme de fécondité. En effet, les critères de beauté sembleraient être liée aux possibilités de survie et à la perpétuation de l’espèce.
Le Paléolithique La statuette "Vénus de Willendorf" datant d'environ avant J-C fut considérée comme un chef-d'œuvre du Paléolithique. Certains historiens désignent la statuette de 4 pouces comme une représentation de . L'idéal de beauté féminin du Paléolithique semblerait être si l'on se base sur les statuettes retrouvées, une femme au fessier, au ventre et aux cuisses très rebondis et ayant une poitrine énorme et lourde. Pour autant, en raison de la disponibilité de la nourriture au Paléolithique et des moyens de l'être humain à cette période de l'histoire, cela était certainement une morphologie difficile à atteindre pour la plupart des femmes.
Le Néolithique Au cours du Néolithique, en se basant sur l'archéologie, on constate une évolution des morphologies de certaines statues : le haut du corps s'amincit, mais les hanches et un fessier très larges restaient un idéal.
Dans l'Égypte antique Si au cours de l'Égypte antique, les femmes et les hommes qui étaient sujets égyptiens étaient considérés comme égaux à bien des égards, ils se différenciaient en matière de beauté. Dans les années 1500 avant J-C, la peau de la femme désirable devait avoir un teint bronzé et doré tandis que son corps devait arrondi avec un ventre prononcé et des fesses rebondies et légèrement tombantes.
La grande épouse royale Ahmes-Nefertari faisait l'objet d'un culte de la personnalité et d'un culte divin : les statues la représentent comme une beauté africaine élancée, mince et musclée, aux jambes longues et aux fesses rebondies, aux seins menus et à la taille large. Ahmes-Nefertari était souvent vêtue d'une robe de lin laissant paraître ses formes par transparence.
Toutefois, la plus célèbre des beautés égyptiennes est la reine Nefertiti, dont le nom signifie « la parfaite est arrivée », dont la beauté canonique symbolisait aussi à la fois culte de la personnalité et culte divin. Comme le montre le fameux buste de Néfertiti, la représentation du visage dans l'art obéit à des règles précises. La peau est peinte en ocre jaune pour montrer que c'est la femme qui veille sur la maison (et donc à l'abri des rayons du soleil). L'œil, souvent exagérément ouvert, est souligné d'un trait de khôl qui intensifie le regard ; le cou est allongé ; les lèvres sont sensuelles et un ovale du visage est dynamique. Le visage est parfaitement symétrique, peu expressif, noble, dominateur, au regard intense, et représente la bienveillance, le pouvoir, la rigueur : une reine qui égale le roi en tout point de vue. Enfin, la femme idéale égyptienne est éternellement jeune. Toutefois, on constate que malgré l'évolution des canons esthétiques égyptiens au fil du temps, les proportions du corps posées dès la 1ère dynastie restent globalement conservés.
Dans l'Égypte antique, les poils étaient associés aux animaux, contrairement à l'épilation qui renvoyait à la pureté. Les Égyptiens s'épilaient alors intégralement le corps, hommes et femmes, en particulier chez les familles les plus fortunées.
Dans la Grèce antique
Lors de l'époque archaïque Pendant la période archaïque (- siècles avant J.C.), les statues s'attachent à un idéal de beauté, de piété, honneur ou sacrifice. Les femmes achéennes sont drapées dans des tuniques laissant voir la forme de leur corps aussi athlétique que celui des hommes.
Le Vers 300 avant J-C, la femme grecque idéale était ronde, avec des hanches larges et de petits seins. Les femmes enduisaient parfois leur peau d’un maquillage à base de plomb blanc (qui est toxique). En ce qui concerne les traits du visage, un nez proéminent et de petites lèvres étaient les plus favorisées. Comme les blondes et les rousses étaient considérées comme particulièrement belles, les femmes se décoloraient parfois leurs cheveux avec du vinaigre (l'usage du vinaigre pouvait parfois causer une perte de cheveux). Toutefois, comme les Grecs avaient le culte du Corps : le corps se perfectionne et donc ne doit être ni trop mince ni trop gras (obésité).
Cas particulier des femmes spartiates Le corps des femmes spartiates tend à se distinguer de cet idéal de beauté. En effet, les femmes spartiates étaient généralement plus grandes que les femmes des autres cités grecques, en meilleure forme physique, bronzées et, avec le temps, elles vieillissaient mieux et vivaient probablement plus longtemps que les autres femmes grecques. D'ailleurs, si les Athéniens étaient prêts à admettre que les femmes spartiates pouvaient avoir un joli visage, ils présumaient que ces dernières, parce qu’elles étaient connues pour faire de l’exercice, développaient des corps massifs et musclés si peu féminins qu’ils semblaient pouvoir « étrangler un taureau ». Les femmes spartiates bénéficient de plus de libertés et de responsabilités que les autres femmes grecques : par exemple, dès leur enfance, les femmes spartiates pratiquent régulièrement des activités physiques et sportives et sont encouragées à exprimer leurs opinions alors qu'au même moment, dans les autres cités grecques, les filles n’avaient pas la permission de mettre les pieds hors de chez elles ; ne faisaient pas d'exercices ; étaient contraintes à la sédentarité. Les femmes du reste de la Grèce étaient rabougries en raison d’un régime pauvre en protéines. L’impact sur l’apparence physique des autres femmes grecques aurait été que les femmes étaient nettement plus petites que leurs propres hommes et sans muscles développés sans pour autant être nécessairement minces.
Sous l'Empire romain La déesse de l'amour et de la beauté, Vénus, souvent représentée à moitié nue, ou sortant du bain, était le modèle pour toutes les femmes romaines. Les femmes de la Rome antique soignaient leur apparence physique avec d’autant plus d’attention qu’une croyance populaire associait la beauté physique aux qualités intérieures. L’extérieur était alors considéré comme le miroir d’un beau tempérament, de dons intellectuels et de qualités morales.
Comme les Romaines se devaient d’être en bonne santé pour avoir des enfants, elles veillaient aussi à garder la forme physique. Leur corps devait être sain avec de légers arrondis : elles pratiquaient une activité sportive sans excès pour maintenir leurs rondeurs ; les petits ventres étant appréciés car la maigreur était synonyme de fragilité comme à la grosseur était signe d’un manque de maîtrise de soi.