Les Mines d'argent de Cambambe, situées à environ de Luanda, soit environ 125 kilomètresWashington Post, motivant la percée Portugaise dans l'intérieur des terres, furent une destination mythique censée apporter la prospérité aux Portugais lors de leur conquête de l'intérieur des terres de l'Afrique qui a contribué à l'Histoire de l'Angola.

C'est grâce à ces mines, situées sur la rivière Kwanza, que Paulo Dias de Novais trouva, à Madrid, le financements nécessaires auprès d'un groupe de capitalistes, ayant à sa tête Jeronimo Castanho. Il obtient par la même occasion le monopole du sel dans cette région, un peu plus au sud-ouest, par une charte de 1571.

Tout le long du premier des deux cycles de l'histoire de Luanda selon une étude historique sur cette ville angolaise"Luanda" par I. do AmaraL, compte-rendu de lecture Margarido Alfredo dans la revue des Annales en 1970 , la recherche des mines d'argent de Cambambe est le principal moteur de l'expansion des portugais vers l'intérieur des terres"L’ANCIEN ROYAUME DU CONGO DES ORIGINES À LA FIN DU XIXE SIÈCLE" par William Graham Lister Randles . Les Portugais trouvant des gisements de cuivre à Cambambe, ils continuent leurs recherches même sans avoir trouvé d'argent. Histoire

Les Portugais ont plusieurs fois constaté leur échec à trouver les célèbres mines d'argent de Cambambe, mais à chaque fois ce constat n'a pas empêché les générations suivantes de l'oublier et de se lancer de nouveau à leur recherche, faute d'une documentation suffisamment précise sur leur lieu et leur nature. La voie orientale, par le Mozambique, dès 1506 Les Portugais espèrent notamment rejoindre l'Empire du Monomotapa et son or, acheminé par Sofala, au sud du delta du Zambèze, vers les commerçants indiens et leurs textiles du GujaratJean de la Guérivière, Exploration de l'Afrique noire, Éditions du Chêne, 2002, . Ils le visent dès 1506, mais d'abord par les côtes du Mozambique, où ils restent cependant confinés sur le littoral jusqu'en 1513. Les commerçants portugais seront les premiers Européens à parcourir les ruines du Grand Zimbabwe, qu'un explorateur européen décrira ainsi en 1531 :

La voie orientale, par le Mozambique, dès 1520 Les mines sont aussi recherchées depuis 1520 par la voie occidentale, depuis la côte de l'Océan Indien, et cette quête a joué un rôle important dans l'histoire de l'Angola. Balthasar de Castro avait dès 1526, dans un rapport officiel, estimé que ces mines n'existaient pas. Il était venu en Angola une première fois en 1516, en tant qu'envoyé du Roi du Portugal, accompagné du capitaine de bateau Antoine Pereira"Biographie Coloniale Belge3, Tome II, en 1951 par l'Institut royal colonial belge , puis il revint en 1520 avec Manuel Pachuco, explorer la rivière Kwanza, où il se fait capturer par les Angolais avant d'être libéré par les Congolais, qu'il visite en 1526 à Mbanza.

A la même époque, Gregòrio de Quadra, qui avait passé plusieurs années dans une prison des Arabes du sultan d'Aden"Mecca: A Literary History of the Muslim Holy Land" par F. E. Peters, Editions Princeton University Press, en 2017 "The Strange Adventures of Andrew Battell of Leigh, in Angola and the Adjoining Regions" par Andrew Battel, en 1901 , est envoyé à son tour par le Roi du Portugal en 1520, avec pour instructions de pénétrer dans les terres jusqu'au Royaume du Prêtre Jean, en Abyssinie à travers le continent, mais le Roi du Congo s'y oppose et il doit repartir à Lisbonne.

En 1579, le conquistador Jérôme d'Almeida se lance à son tour à la recherche des mines d'argent de CambambePrécis de géographie africaine, par Ferdinand Hoefer, chez Firmin Didot Frères éditeurs, 1848 et c'est cette recherche qui va justifier les moyens importants attribués à la conquête du cours du Kwanza (fleuve) afin de se procurer des métaux précieux. Aux deux tiers du , les projets de colonisation de la rivière Kwanza et du Grand Zimbabwe se conjuguent : des missionnaires jésuites sont envoyés au Mozambique en même temps qu'à Luanda, pour rejoindre les mines d'or que la tradition orale attribue à l'Empire du Monomotapa, depuis la côte de l'océan Indien. Les Portugais convoitent aussi les mines de sel du territoire de Kissama, au sud du fleuve Kwanza mais devront y abandonner leur fort lui préférant celui de Muxima, plus facile à ravitailler.

Il fut même . Le qui .

. Le minerai, .

Au moment où les , les recherches de minerai étaient mobilisées mais "En Afrique portugaise : l'Angola au XVIIIe siècle" par José-Gentil da Silva, dans la reuve des Annales en 1959 .

Les Portugais ont pour tenter de s'emparer de ces mines.

La recherche simultanée des mines de sel de Kisama Des recoupements d'historiens ont cependant amené à considérer que l'importance apportée à l'argent-métal ne dans les motivations portugaises. Il était cependant plus facile dans la seconde moitié du 16e siècle de mettre en avant le potentiel de gisements d'argent-métal auprès d'autorités coloniales qui venaient de prendre conscience de l'énormité de ceux découverts au Pérou, dans la mine du Potosi.

Alors que le sel gemme extrait en blocs à Kisama, sud de la Rivière Cuenza, mais plus proche de ma côte que Cambambe, aux époques précédentes" Histoire générale de l'Afrique: L'Afrique du XIIe au XVIe siècle" par Djibril Tamsir Niane en 1980, pour les échanges de produits agricoles, y compris avec les Portugais, ceux-ci ont tenté plusieurs fois, à partir des années 1560 de s'en emparer"Les naissances d'une société: espace et historicité chez les Beembé du Congo" par Georges Dupré IRD Editions, 1985 le dans Le Monde .

Finalement, elles et jouent un rôle centrifuge par rapport à leur système Article d'Alfredo Margarido, assistant de recherche à l'École des hautes études sur « La formation du royaume de Kasanje » dans la revue d'histoire Outre-Mers en 1971 .

La tentative d'ériger un fort près de la région saline échoue en 1593 et les Portugais sont battus dans une bataille, tout près, l'année suivante. Puis c'est la mort en 1602 du gouverneur Coutinho dans le même secteur .

Ensuite, . Pour tenter d'expliquer ces renoncements, ils mettront en avant mais selon l'historien Ronald H. Chilcote c'est plutôt la sophistication de ces derniers et leur détermination à conserver cette zone vitale, grâce à leur exploitation du sel, qui l'explique"Protest and Resistance in Angola and Brazil: Comparative Studies" par Ronald H. Chilcote, Univ of California Press, janvier 2021 le dans Le Monde .

À partir de 1617, des efforts considérables sont effectués pour créer une colonie à Benguéla, dans la croyance que la région a des mines de cuivre, mais elles ne seront pas trouvées non plus, et les ornements en cuivre portés par les habitants, souvent évoqués dans la littérature de l'époque, venaient d'ailleurs, acquis par le commerce

La raison principale pour laquelle les Portugais se sont intéressés à la Rivière Cuenza est peut-être, selon l'historien Ronald H. Chilcote, la présence des Imbalagas, qui s'en sont eux aussi servis, à partir de 1575 et de l'embouchure de la rivière, pour pénétrer dans l'intérieur de l'Angola jusqu'au Congo. Dès les années 1500 des marchands d'esclaves portugais avaient tenté de tirer profit de l'embouchure de la Rivière Cuenza, mais cette pratique ne s'est diffusée qu'avec une très grande lenteur ensuite.

Le "La Géographie Universelle, par P. du Val d'Abbeville, Paris, 1672, carte 48.

Finalement, il faudra attendre 1629 pour que les Portugais atteignent l'Empire du Monomotapa, trop tard car l'épuisement de l'or des rivières est réel, après un apogée atteint dès les années 1440. L'année 1629 voit aussi le souverain de l'Empire du Monomotapa, Kapararidze, décider de chasser les Portugais et il ne reste plus que 5 de leurs agents l'année suivante dans le territoire du Shona et 7 dans le Manicoland, même si Kapararidze a été écrasé lors d'une bataille, obligeant son successeur à signer un traité de paix en "Africa. A History" par Alvin M. Josephy en 2016 .

En 1603, à la demande de la couronne, Manuel Cerveira Pereira va relancer l'expédition entreprise par João Rodrigues Coutinho pour trouver les mines d'argent. Avec ses troupes il attaque Cafuxi, soba de la région de Quissamã, selon un rapport de 1603, afin de contrôler la région. Mais au terme de son expédition de 1603, les Portugais atteignirent la région de Cambambe, où ils ne trouvent finalement que des gisements de cuivreMathieu Demaret. Stratégie militaire et organisation territoriale dans la colonie d’Angola (XVIe – XVIIe siècles). Défense et colonies dans le monde atlantique, , 2014 , considérés, avec le recul de l'histoire, comme "modestes" par certains chercheurs ou comme très importants par d'autres"The Cambridge History of the British Empire" Volume 8 par Eric Anderson Walker en 1963 , situées sur les rives sud de la Kwenza.

Manuel Pereira Forjaz, nommé gouverneur d'Angola en 1606, se voit ensuite enjoindre de privilégier plus particulièrement le commerce des esclaves, de n'exploiter les mines qu'en accord avec les populations locales, d'éviter les conflits militaires et de n'acheter des esclaves que dans les foires locales.

L'historiographie oppose ainsi une jusqu'en 1605, à ensuite une "David Birmingham, The Portuguese Conquest of Angola, Institute of Race Relations", compte-rendu par Randles W.G.L. dans les Annales en 1968 , dans un schéma articulé autour d'un "virage" opérée en 1604-1605, qui n'apparait que de façon ténue aux contemporains et dans les statistiques de déportations d'esclaves.

C'est aussi l'époque où Manuel Cerveira Pereira est accusé par la Couronne d'avoir favorisé le commerce avec des étrangers, et d'avoir laissé ces derniers pénétrer dans les ports d'Angola, chef d'accusation sous lequel l'explorateur est ensuite emprisonné et envoyé à Lisbonne"De Bahia à Luanda, en passant par Goa : les déclinaisons du gouvernement impérial portugais au XVIIe siècle" par Guida Marques dans Nuevo Mundo en 2018 ..

Mais les gisements de cuivre et d'argent restent alors associés dans l'imaginaire portugais, comme provenant des mêmes sites, même si ce n'est pas le cas, en raison des lornements en cuivre portés par les habitants, souvent évoqués dans la littérature de l'époque, qui en réalité venaient d'ailleurs, acquis par le commerce . Près du fort qu'avait érigé au début du siècle Manuel Cerveira Pereira, de nombreux Portugais avaient alors acquis des concessions minières localement. Les bijoux en cuivre venaient probablement des très riches gisements du Katanga, via les bassins supérieurs du Zambèze et la Kwenza, qui sont en contact à la ligne de partage des eaux. Des Etats africains s'appuyant sur le commerce du cuivre remontant jusqu'aux régions du Zambèze et du Katanga ont duré plus de mille ans, l'exploitation de ce métal au Katanga remontant au .

À partir de 1617, des efforts considérable sont effectués par Manuel Cerveira Pereira, qui reprend du service après une décennie de marginalisation, pour créer une colonie à Benguéla, dans la croyance que la région a des mines de cuivre, mais elles ne seront pas trouvées non plus.

Le mythe de la richesse des mines d'argent de Cambambe se poursuit par ailleurs dans la littérature coloniale, missionnaire et d'exploration, y compris dans les publications du milieu du siècle"Description generale de l'Europe, quatriesme partie du monde" Tome premier · Volume 5, par Pierre : d' Avity en 1660 .

La recherche du cuivre à Benguela Gouverneur de l'Angola (-, puis en 1615-1617), Manuel Cerveira Pereira va une décennie plus tard, en 1615, fonder le poste de Benguela, 300 kilomètres au sud de ce qui devient alors "l'ancienne Benguela" et constituera l'actuel Port Amboim et avait été fondé en 1559, année où Paulo Dias de Novais, petit-fils du navigateur Bartolomeu Dias, fut choisi par la reine Cathérine de Castille pour occuper le royaume de l'Angola et le royaume de Benguela .