Neufchâteau (prononcé : []. ; en wallon Li Tchesté, en gaumais Nûtchatî, ) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne et chef-lieu d'arrondissement dans la province de Luxembourg. Ses habitants sont appelés les Chestrolais.

Toponymie La première mention de la ville est en latin et fait référence au château de Neufchâteau bâti en 1199 : Novum Castellum, « le nouveau château ».

Géographie Neufchâteau est située au coeur de l'Ardenne belge et donne son nom à l'un des cinq arrondissements administratifs de la province de Luxembourg : l'arrondissement administratif de Neufchâteau. Elle a également donné son nom à un ancien arrondissement judiciaire, l'arrondissement judiciaire de Neufchâteau, disparu en 2014, intégré à l'arrondissement judiciaire du Luxembourg lors de la fusion des arrondissements judiciaires.

Sections de communes # Nom Superf.(km)https://archive.wikiwix.com/cache/20240104163434/https://statbel.fgov.be/fr/open-data/population-par-secteur-statistique-10. Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Neufchâteau 8,48 350 84043A 2 Longlier 35,55 50 84043B 3 Hamipré 21,43 67 84043C 4 Grapfontaine 19,77 785 40 84043D 5 Tournay 15,81 893 56 84043E 6 Grandvoir 13,41 494 37 84043F

Autres villages et hameaux Cousteumont. Fineuse. Gérimont (wallon : Djèrimon). Harfontaine (wallon : Harfontaine). Hosseuse. Lahérie. Le Sart. Malome. Marbay. Massul (wallon : Môssu). Molinfaing (wallon : Molîfè). Mon-Idée. Montplainchamps. Morival (wallon : Morivô). Namoussart (wallon : Namoussé). Nolinfaing. Offaing. Petitvoir. Respelt (wallon : R'supê). Semel (wallon : S'mèl). Tronquoy (wallon : à Longlier et Massul on dit Tronkwa ; à Verlaine, Respelt et Molinfaing, on dit Tronko ; à Lamouline, on dit Tronkè). Verlaine (wallon : Verlin.n). Warmifontaine (wallon : Wârmich).

Communes limitrophes

Démographie

Évolution démographique avant la fusion de 1977

Source : DGS, 1831 à 1970 = recensements population, 1976 = habitants au 31 décembre.

Évolution démographique de la commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK.

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,61994101,11995102,11996101,81997102,01998102,61999102,82000102,42001104,02002104,92003105,52004105,72005105,92006108,52007110,42008111,32009114,12010116,52011117,72012120,82013121,92014121,92015123,92016124,32017126,12018127,52019127,82020129,42021130,12022133,52023135,92024137,12025138,62026139,2

Histoire Origines

vignette|Reconstitution au 1/ du château de Neufchâteau, construite en 1999-2000 et offerte à la ville pour son anniversaire. vignette|La tour Griffon, datant du , est le seul reste significatif de l'enceinte et du château de Neufchâteau. Dans le comté de Chiny en 1199, est bâti le château de Neufchâteau, qui donne naissance à la future ville. Il est érigé sur le promontoire dominant le lac de Neufchâteau, à l'emplacement de l'actuel institut Saint-Michel. En 1364, le comté est absorbé par le duché de Luxembourg, dont Neufchâteau forme l'un des quartiers. Le château en lui-même devient la résidence des seigneurs d'Aremberg. En 1424, Évrard II de La Marck-Arenberg, seigneur de Neufchâteau, rachète la seigneurie de Sedan et y fait bâtir le château de Sedan. La carte d'Arenberg de la prévôté de Neufchâteau en 1609 donne une photographie de ce qu'était Neufchâteau et ses alentours au début du .

La forteresse médiévale est rasée en 1657 par l’artillerie française de Louis XIV durant la guerre franco-espagnole. L'un des rares vestiges encore visible actuellement est la tour Griffon, datant du . Elle faisait partie de l'enceinte de la ville, percée de trois portes : la porte de Tournay, la porte de Longlier et la porte d'Hamipré. Ces dernières années, des fouilles archéologiques ont eu lieu sur le site du château. Elles ont permis de dégager les bases d'un grand donjon et des courtines reliant celui-ci à une autre tour, mise également à jour.

Aux , Neufchâteau se situe sur la route empruntée par l'Armée des Flandres au service de la Monarchie espagnole pour assurer la liaison terrestre entre l'Espagne et les Pays-Bas espagnols. Cette route restera connue sous le nom de chemin des EspagnolsUne rue située à Petitvoir porte encore le nom de chemin des Espagnols.. À la fin de l'époque des Pays-Bas autrichiens, Neufchâteau est reliée à Dinant et Arlon par la chaussée Marie-Thérèse.

Période française vignette|Détail de Neufchâteau et de ses alentours sur la carte de Ferraris (vers 1775).

De 1795 à 1815, pendant la période française de l'histoire de la Belgique, Neufchâteau est chef-lieu d'arrondissement et sous-préfecture du département français des Forêts, qui remplace l'ancien duché de Luxembourg auquel l'entité appartenait sous l'Ancien Régime.

C'est à cette époque que le tribunal correctionnel de première instance est installé à Neufchâteau, le et que la commune devient le chef-lieu de l'arrondissement judiciaire de Neufchâteau. Le ressort territorial du tribunal englobe neuf cantons français, tous situés dans le « quartier wallon » du département : Bastogne, Étalle,Fauvillers, Florenville, Houffalize, Neufchâteau, Paliseul, Sibret et Virton. Le canton de Vielsalm y sera rattaché en 1816. Le premier tribunal est installé dans l'ancienne maison du prévôt, bâtiment qui avait appartenu au duc d'Aremberg, pillée lors de l'annexion française et dépourvue d'éclairage ainsi que de chauffage.

La population passe de en l'an IV (1796) à en l'an VIII (1800).

À la suite des défaites de Napoléon Ier lors de la guerre de la Sixième Coalition, le Premier Empire est démembré et l'administration française se retire de la ville, remplacée par les Prussiens. L'ancien département des Forêts est réuni au gouvernement général du Moyen-Rhin. Le , le gouverneur prussien, Justus von Gruner, décide de faire dépendre le département des Forêts de la cour d'appel de Trèves.

Période luxembourgeoise

En 1815, après la fin du Premier Empire, le congrès de Vienne crée le Grand-duché de Luxembourg, auquel Neufchâteau est rattachée. Il offre ce territoire à titre privé et héréditaire à la maison d'Orange-Nassau et le premier grand-duc de Luxembourg, Guillaume , est donc également le souverain du royaume uni des Pays-Bas, créée par la même institution la même année. Bien qu'étant théoriquement une possession personnelle, Guillaume soumet son grand-duché à la loi fondamentale du royaume uni des Pays-Bas et l'administre comme s'il en était la dix-huitième province. L'arrêté royal du , complété par celui du , sépare administrativement le grand-duché en huit quartiers, dont celui de Neufchâteau. Deux ans plus tard, le règlement d'administration du change le nom des quartiers en district, et le nom du « district de Neufchâteau » est maintenu.

Le , Neufchâteau se dote d'une corps de sapeurs-pompiers, toujours en activité et le plus ancien de l'actuelle province de Luxembourg. C'est la même année que Neufchâteau obtient le titre de ville le à l'occasion de l'arrêté royal qui a déterminé la classification générale des villes du royaume. Ce statut n'a plus changé depuis. Toujours en 1825, la ville compte .

Période belge Révolution belge

vignette|Le drapeau d'Honneur de 1830 décerné à la ville de Neufchâteau pour sa participation à la révolution belge. En 1830, Neufchâteau est une ville de . Alors que la révolution belge a éclaté depuis les émeutes d'août 1830 à Bruxelles, le bourgmestre, Nicolas-Gabriel-Othon Francq, décède le et c'est dans ce contexte que Benjamin-Joseph-Gratien Poncelet-Gofflot prend ses fonctions. Il s'installe en plein durant l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux qui s'est propagée dans le Grand-duché de Luxembourg et, le , il reçoit un courrier provenant du général Frédéric-Guillaume de Goedecke, lui demandant de prévoir loger les quelque du bataillon de réserve de la afdeeling d'infanterie des forces armées du royaume uni des Pays-Bas qui s'en va renforcer la garnison du château de Bouillon, en provenance d'Arlon. La nouvelle provoque de l'agitation en ville : le percepteur des postes, Nicolas Lenel, décide d'enlever les insignes royaux de la maison d'Orange-Nassau qui ornaient la façade de son bureau, alors que l'annonce de la victoire des volontaires belges sur l'armée du Prince d'Orange lors des Quatre Jours de Bruxelles arrive en ville le et finit d'exciter la foule. La réponse du bourgmestre est des plus clairvoyantes : Cela ne dissuade pas la manœuvre militaire, dont la troupe commandée par le major Pieter Reinhard Boelen, arrive dans la soirée du . La foule se rassemble, arborant le drapeau de la révolution brabançonne aux cris de . La troupe, essentiellement composée de soldats luxembourgeois « locaux », déserte tandis que des coups de feu sont tirés et que neuf des douze officiers « hollandais » sont arrêtés et faits prisonniers par les bourgeois sous la houlette de Jacques-Joseph Poncelet, qui fut plus tard décoré de la Croix de fer pour son implication (trois officiers parviennent à fuir vers la forteresse de Luxembourg). Ils en profitent pour s'emparer de la caisse du bataillon et emmènent ensuite les prisonniers vers Saint-Hubert, Liège et finalement Tongres, où ceux-ci sont échangés contre Jean de Behr. Le lendemain des évènements, le conseil de Régence se réunit en séance extraordinaire et envoie un rapport circonstancié au gouverneur du Luxembourg, Jean-Georges Willmar, lui indiquant que les autorités locales n'ont pas pris part au mouvement révolutionnaire. Les conseillers votent également la création d'une garde bourgeoise, sous le commandement de Jacques-Joseph Poncelet, armée principalement avec les fusils pris au bataillon.

Début , le tribunal cesse de fonctionner. Le , le procureur du Roi informe le procureur criminel que , reconnaissant de facto l'autorité de ce-dernier. Dans le même temps est créé le corps franc luxembourgeois de Dominique Claisse, dans lequel une douzaine de Chestrolais s'enrôlent et s'en vont participer à la guerre belgo-néerlandaise, menés par Jean-Hubert Lozet.

Pour ces différentes actions, la ville de Neufchâteau est l'une des cent communes récipiendaires d'un drapeau d'Honneur de 1830, remis à Bruxelles le par le premier roi des Belges, Léopold Ier. Il fut réceptionné par une délégation envoyée à la capitale, composée de : François-Joseph Leclère, échevin et négociant ; Gustave-Alphonse Herman, juge au tribunal de première instance ; Pierre-Félix-Edouard Roland, avocat ; Ferdinand-Joseph Poncin, greffier en chef ; Les quatre hommes reviennent à Neufchâteau le , accueillis en grande pompe par la fanfare, les autorités et la garde civique, après un incident au pont de Semel lorsque Jean-Hubert Lozet arrache le drapeau des mains de François-Joseph Leclère, qu'il accuse d'orangisme. Il faut l'intervention du docteur Dehanne, autre ancien volontaire belge et récipiendaire de la Croix de fer pour que éviter une bagarre. Le drapeau est encore aujourd'hui exposé à l'hôtel de ville de Neufchâteau.

Débuts de la Belgique vignette|Après la scission du grand-duché de Luxembourg, Neufchâteau se propose pour devenir le nouveau chef-lieu de la province de Luxembourg mais c'est Arlon qui fut choisie et où fut construit l'hôtel du gouvernement provincial(image).