Hélène Vacaresco ou Elena Văcărescu, née le à Bucarest et morte le à Paris, est une femme de lettres et diplomate franco-roumaine, deux fois lauréate de prix littéraires de l'Académie française.

Biographie Origine, jeunesse et études

Par son père, Ioan Văcărescu, Hélène Vacaresco descend d'une lignée de boyards de Valachie, qui compte le poète Ienăchiță Văcărescu qui écrivit la première grammaire roumaine. Elle est aussi la nièce des poètes Iancou Văcărescu et de Marițica Bibescu. Par sa mère, Eufrosina Fălcoianu, elle descend de la famille des Fălcoi, boyards importants à l'époque de Michel le Brave.

Elle passe la plus grande partie de sa jeunesse à la propriété de la famille des Vacaresco, près de Târgoviște.

Hélène Văcărescu étudie d'abord la littérature anglaise, grâce à sa gouvernante anglaise, puis la littérature française à Paris, où elle rencontre Victor Hugo, qu'elle évoque plus tard dans ses mémoires. Elle suit des cours de philosophie, d'esthétique et d'histoire, ainsi que des cours de poésie avec Sully Prudhomme.

Un autre événement marque ses jeunes années : la guerre russo-turque de 1877-1878, à laquelle la jeune Roumanie prend part aux côtés de l'Empire russe contre l'Empire ottoman, ce qui a pour effet d'amener la communauté internationale à reconnaître son indépendance au congrès de Berlin (1878). Le père d'Hélène prend part aux combats, une expérience qui influence son premier livre publié en 1886.

Carrière Selon le journaliste et écrivain Robert Scheffer (1863-1926, qui a servi à la cour de Roumanie de 1886 à 1891 comme bibliothécaire et secrétaire de la reine Élisabeth de Roumanie), la carrière d’Hélène Văcărescu doit beaucoup à l'affection de cette souveraine qui, ayant perdu son unique enfant en bas âge, reporta son amour maternel sur la petite Hélène, patronna son éducation et l'envoya en France pour continuer ses études. Hélène Văcărescu revint à la cour de Roumanie en 1888 comme demoiselle d’honneur. Son influence sur la reine n'était pas seulement due à son talent littéraire, mais aussi au fait que les deux dames croyaient au spiritisme, ce que Scheffer, libre-penseur, déplore et brocarde.

En 1889, comme le roi Charles de Roumanie n'a pas d'héritier direct pour lui succéder, il désigne comme futur roi son neveu Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen, prince allemand qui se retrouve seul dans un pays qu'il ne connaît pas, se lie d'amitié avec Hélène, tombe amoureux d'elle, et finalement exprime le désir de l'épouser. Mais la Constitution de la Roumanie interdit à son roi Hohenzollern de se marier avec une Roumaine, afin d'éviter qu'une famille de boyards, plutôt qu'une autre, prenne l'ascendant à la Cour (avant les Hohenzollern, les principautés roumaines avaient eu une monarchie élective : les familles aristocratiques régnaient à tour de rôle). La reine Élisabeth, tentant d'encourager cette union inconstitutionnelle, est exilée par son époux à Neuwied pour deux années. Hélène est à Paris et Ferdinand est sommé par son oncle, le roi, de trouver une fiancée acceptable par la Couronne : ce sera Marie d'Édimbourg.

Toujours en 1889, Hélène Văcărescu reçoit le prix Archon-Despérouses« Prix Archon-Despérouses », sur le site academie-francaise.fr..

Durant la Première Guerre mondiale, elle combat la propagande allemande..

vignette|Plaque au rue de Chaillot ( arrondissement de Paris), où Hélène Văcărescu vécut de 1937 jusqu'à sa mort en 1947.

En 1925, Hélène Văcărescu devient la première femme élue membre de l'Académie roumaineConstantin Iordan, « Hélène Vacaresco à la Société des Nations : autour d'une correspondance privée des années 1926-1927 », Studia Politica : Romanian Political Science Review, 10(2), p. 287-309..

Toujours en 1925, elle est deux fois lauréate de l'Académie française pour ses volumes de poèmes Les Chants d'Aurore et Le Rhapsode de la Dâmbovitza. En 1921, Aristide Briand, le ministre français des Affaires étrangères, la fait nommer chevalier de la Légion d'honneurDossier sur la base Léonore..

Elle traduit en français les ouvrages de poètes roumains tels que Mihai Eminescu, Lucian Blaga, Octavian Goga, George Topârceanu, Ion Minulescu et Ion Vinea. Elle crée le prix Femina Vacaresco.

Elle est présidente d'honneur de l'Académie féminine des lettres. Secondée par Nicolas Pillat, elle patronne la création à Paris en 1930 du Comité international pour la diffusion des arts et des lettres par le cinématographe.

À sa création en 1918, Hélène Văcărescu devient membre de l'Association roumaine pour la Société des Nations (SDN). L'année suivante, elle en devient la secrétaire générale et en mars, elle participe avec le juriste Démètre Negulesco à la conférence des associations pour la SDN, qui se tient à Londres. Membre de la délégation roumaine à la SDN, elle participe à la séance de constitution du et à la première session, qui a lieu en novembre. La même année, elle est nommée par le gouvernement roumain déléguée permanente de son pays à la SDN, poste qu'elle occupe sans interruption pendant deux décennies. Jusqu'en 1936, elle seconde le diplomate Nicolae Titulescu, . Chaque automne, elle participe aux réunions de la SDN à Genève et participe à des activités très diverses (), tandis qu'à Paris, l'ambassade roumaine lui confie des missions diplomatiques, y travaillant également un temps comme conseillère culturelle et presse. À la SDN, elle soutient la création de l'Institut international de coopération intellectuelle. Constantin Iordan la décrit comme .

Elle sera entre autres membre des Amis des lettres françaises (diffusion de la pensée française à l'étranger), présidente du Comité international de la parole ainsi que membre d'honneur de la société bibliophile des Cent femmes amis des livres (éditions de luxe d'ouvrages écrits par des femmes réservées aux membres de la société)..

À Genève, elle vit à l'hôtel des Bergues. À Paris, elle vit successivement à partir de 1916 au rue Washington, au avenue Kléber puis au rue de Chaillot (1937-1947). Une plaque apposée à cette dernière adresse lui rend hommage.

Hélène Văcărescu est inhumée dans la crypte familiale de la famille des Vacaresco au cimetière Bellu de Bucarest.

Œuvres vignette|Hélène Văcărescu déléguée à la Société des Nations en 1936. Poésie Chants d'aurore, 1886 - Prix Archon-Despérouses de l’Académie française en 1889 L'Âme sereine, 1896 Lueurs et Flammes, 1903 Le Jardin passionné, 1908 La Dormeuse éveillée, 1914

Thèmes folkloriques interprétés Le Rhapsode de la Dâmbovița, 1889 - Prix Jules-Favre de l’Académie française en 1901 Nuits d'orient, 1907 Dans l'or du soir, 1927

Romans , 1908 Le Sortilège, 1911

Mémoires , 1904 Lire en ligne . Mémorial sur le mode mineur, 1945 Le Roman de ma vie, s.d.

Théâtre (La bergerie), 1904 (Cherchant l'amour).

Livrets d'opéras Le Cobzar, drame lyrique en 1 acte – Livret de Paul Milliet et Hélène Vacaresco, musique de Gabrielle Ferrari – : Monte-Carlo, Opéra, Le Tartare, tableau musical – : Paris, .

Hommages À Bucarest, une école porte son nom . Un cratère vénusien, Văcărescu, est nommé en son honneur..

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Notice par Alphonse Séché, suivie de quelques poèmes

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