Les Jumelles (Les Aventures des jumelles et Les Aventures de Priscille et Olivier) est une série de bandes dessinées publiées entre 1957 et 1974, dans les revues Bernadette (appelée Nade à partir du ), Lisette, Record et puis dans Lisette/Caroline. Ces séries étaient grandement appréciées par les petites filles et garçons de l'époque pour leur mélange de mystères à résoudre, voyages dans des pays divers et relations familiales humoristiques. Les personnages principaux de ces deux séries sont Colette et Nicole (les jumelles) ; Priscille et Olivier ; Noll et Nell (Voir 'La famille' ci-dessous).

Les Aventures de Priscille et Olivier - Les Aventures des jumelles En 1957, le magazine Bernadette, appartenant à la maison d'édition chrétienne Maison de la bonne presse, commence la publication des Aventures de Priscille et Olivier. Cette série (ainsi que la plupart des aventures des jumelles publiées par la suite) est le fruit de la collaboration de deux femmes : la scénariste Henriette Robitaillie et la dessinatrice Janine Lay. Une troisième femme, Arlette Bibonne, était chargée du lettrage, travail très long et minutieuxTel qu'il est indiqué dans le de Bernadette, du ., ainsi que de la mise en couleur.

Jusqu'en , les aventures avaient pour titre Priscille et Olivier. Ensuite il y a eu plusieurs épisodes où le titre n'était pas spécifié. En , le titre devient Une Aventure des jumelles avec Priscille et Olivier, et à partir d' il n'est plus fait mention de Priscille et d'Olivier dans le titre, bien qu'ils interviennent encore ponctuellement lors des aventures. Par la suite, les jumelles sont mentionnées soit dans le titre, comme dans Les Jumelles contre Annibal, ou dans un sous-titre : Les Jumelles, comme dans Dans la piscine fantastique.

Après le mariage de Priscille, sa mère mentionne le fait que leur île a besoin de mères de famille et qu'après tant d'inquiétudes, elle est bien contente que ces aventures extraordinaires soient finies. Ceci a motivé le courrier des lectrices où elles s'inquiètent de la continuité de la série. C'est aussi dans la réponse à ce courrier qu'on a la première indication que la série va éventuellement continuer, mais axée sur les jumelles (Bernadette, , ). De fait, les jumelles sont de plus en plus au cœur des histoires suivantes, jusqu'en 1966 où la série se concentre principalement sur elles. Cependant, Priscille et Olivier sont seulement absents de quatorze épisodes de la série, et surtout vers la fin. Les jumelles par contre, apparaissent dès la première histoire, et sont absentes de cinq épisodes en tout.

En d'existence, la série totalise plus de soit 86 épisodes dont 5 seulement paraissent en albums. Les cinq livres publiés contiennent les deux premiers épisodes de la série et les trois derniers. (Voir 'Albums/Disque/Produits dérivés' ci-dessous). Ces aventures sont réalistes : elles ne contiennent pas de contenu magique ou féérique.

Chaque épisode présente une énigme (ou situation compliquée) que les membres de la famille résolvent. Dans le cas des jumelles, c'est souvent grâce à beaucoup de chance et/ou l'intervention de Priscille et d'Olivier. Un des épisodes, Qui a volé la boîte à bonbons ?, est de plus un concours auquel les lectrices (et lecteurs) peuvent participer. Au cours de nombreux voyages, la famille découvre de nombreuses régions de France et de nombreux pays, comme par exemple le Japon dans Les Perles de Sakoura, ce qui permet aux petites lectrices de découvrir leurs paysages, constructions locales, coutumes et légendes.

Ces bandes dessinées sont un témoignage unique sur les normes sociétales des années 1950-1970, incluant le design, la religion, les valeurs, la mode… Elles sont ancrées dans des histoires d’époque et à ce titre ouvrent au lecteur une fenêtre sur les réalités de l’environnement au sein desquelles évoluent les protagonistes. De plus, il s’agit d’une des rares bandes dessinées « anciennes » produite par deux femmes associées (Janine Lay et Henriette Robitaillie) et qui met en avant des protagonistes émancipées, selon les normes de l’époque. Les lecteurs suivent une évolution à travers les épisodes, que ce soit par rapport à la religion (de moins en moins présente) ou aux responsabilités et libertés vécues par les protagonistes. C'est également une des rares bandes dessinées où les personnages principaux vieillissent avec le temps.

Contexte Ces aventures se déroulent souvent dans des pays étrangers ou des régions très éloignées. Henriette Robitaillie a fait un voyage autour du monde de 1950 à 1952, ce qui a été une source importante d'inspiration pour cette série. Elle fait un second voyage en 1956 aux Nouvelles-Hébrides, en Nouvelle-Calédonie et en Australie, or neuf épisodes de la série se passent totalement, ou en partie, dans ces pays-là. En fait, la famille des jumelles habite cette région au début de leurs aventures.

À travers les épisodes, on suit la famille lors de leurs aventures à l'étranger (dans environ 45 pays) et en différentes régions de France (dans plus de 31 épisodes). De plus, plusieurs aventures des jumelles se passent dans leurs collèges, où elles résident souvent en pension complète, ou demi-pension. Elles suivent parfois aussi des cours par correspondance. Dix de ces épisodes se passent dans un collège en banlieue de Paris, un épisode se passe dans un collège mixte et un autre en classe de neige (mixte également). Au cours de leurs voyages, elles étudient aussi à deux reprises dans un collège en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Calédonie et à l'école internationale de Bruxelles. Aucun de ces collèges n'impose l'uniforme.

Finalement, on suit les jumelles lors de leurs débuts professionnels à partir de l'épisode Un démarrage foudroyant.

Les autrices faisaient intervenir des animaux divers au cours des aventures, plus de 55 espèces différentes, sans compter les oiseaux ! Par exemple, dans le premier des deux épisodes nommés Le Bélier aux cornes d'or (deux épisodes différents portent le même nom), on rencontre des koalas, des moutons, un bélier, des kangourous, un ornithorynque, des chameaux (qui sont en fait des dromadaires), des dingos, et plusieurs oiseaux bien reconnaissables. Souvent, quelques caractéristiques de ces animaux sont aussi décrites. Toute occasion est bonne pour montrer des animaux, y compris des visites fréquentes au zoo.

Il est difficile de se faire une idée, à l'époque de l'Internet, à quel point ces histoires éveillaient l'imagination et la culture des petits lecteurs et lectrices. Dans l'épisode Le Collier de Mimout, les autrices sont même allées plus loin en reconstituant un quartier d’une ville de l'Égypte ancienne.

La famille Henri et Simone Guillain Henri et Simone Guillain sont les parents de Priscille, de Gilles et des jumelles. Ils habitent aux Nouvelles-Hébrides au début de cette série et y possèdent une caféerie dans une petite île isolée. Lorsqu'elle explose à cause d'un volcan, ils achètent une autre île (il est précisé « sans volcan » !). Ils déménageront au Tyrol (en Autriche) juste avant l'épisode La Rose et la Neige, car le climat y est meilleur pour le père qui est souvent malade. Comme leur chalet est très grand, ils louent certaines des chambres à des touristes. Lors de l'épisode Les Poupées danoises, on apprend qu'ils partent à Paris afin que le père suive un nouveau traitement médical. Puis, lorsqu'il est guéri, les parents retournent vivre sur leur île. La famille appartient à la classe moyenne très aisée.

Les jumelles Les jumelles Nicole et Colette habitent et voyagent, en général, avec leur sœur Priscille et son mari Olivier à partir de l'épisode Olivier Junior a disparu. Au cours de 16 épisodes, les jumelles accompagnent Olivier lorsqu'il se déplace pour son travail, va à un séminaire ou fait du bénévolat. Elles revoient leurs parents de temps en temps par la suite, dans six épisodes.

Les jumelles sont très espiègles. Elles sont aussi bien intentionnées mais causent souvent des catastrophes. Heureusement, par chance mais aussi souvent grâce à Priscille ou Olivier, leurs aventures se terminent toujours bien pour tous (sauf pour les méchants). On trouve un résumé (un peu sévère, mais amusant) du caractère des jumelles dans la bouche de la directrice du collège dans Un journal pas comme les autres : .

Au cours de leurs aventures, la coiffure des jumelles va souvent permettre de les reconnaître l'une de l'autre. Mais ce n'est pas le cas quand elles sont petites. Dans Le Secret du lagon elles ont d'abord les cheveux courts et à la fin de l'épisode (quelques années plus tard) elles ont les cheveux longs attachés en queue de cheval avec une frange. Par la suite, elles auront toutes les deux les cheveux courts : à la fin de l'épisode Les Perles de Sakoura), dans La Malle rouge et aussi dans Olivier Junior a disparu. Mais à partir de La Piste des gazelles en 1963, jusqu'à la fin de leurs aventures, Nicole a les cheveux longs en deux tresses et Colette a les cheveux courts . Il y a un petit changement en 1972, dans Un Démarrage foudroyant où Nicole porte ses cheveux détachés, et ceci jusqu'aux derniers épisodes en 1974.

Nées aux Nouvelles-Hébrides, les jumelles savent parler anglais même s'il est un peu différent de celui parlé à Londres. Elles parlent aussi Bichelamar, la langue des Nouvelles-Hébrides, tel que mentionné dans l'épisode 3 petites marionnettes.

Elles sont inséparables et presque toujours habillées pareillement. Sauf dans les cas suivants : les autrices semblent avoir voulu expérimenter dans la première image de La Malle rouge et tout l'épisode suivant (Olivier Junior a disparu). En effet, dans ces deux épisodes, elles portent des vêtements similaires mais de couleur différentes. À partir de l'épisode suivant (La Piste des gazelles), elles seront de nouveau habillées pareillement au cours de toutes leurs aventures, sauf pour les exceptions décrites ci-dessous ; lorsqu'elles sont séparées accidentellement ou temporairement, dans Un brin de clématite, Les Poupées danoises et Destination New York, elles se retrouvent habillées différemment car elles ne sont pas ensemble ; parfois, lorsqu'elles se déguisent (volontairement ou non) ; dans l'annonce pour La Photo mystérieuse (Nade, , ), elles portent de nouveau le même pull, mais dans différentes couleurs.

Elles ne sont pas trop portées sur l'érudition mais aiment les sports correspondant à leur classe sociale : équitation, danse, ski et natation. Elles passent cependant leur baccalauréat en 1972, ce qui nous permet de déduire qu'elles sont nées en 1954.

À partir de l’épisode La Case qui vole au vent (1965), les références à la religion se réduisent drastiquement. En effet, par la suite, six épisodes seulement ont une mention relative à la religion, telle qu’un crucifix accroché au mur, les personnages qui vont à la messe ou qui célèbrent Noël… Ces rares références à la religion disparaissent complètement à partir de l’épisode Le Porte Document noir (1970). Cela se traduit aussi par une représentation plus libre de leur habillement. En fait, au cours de leurs aventures, elles sont habillées à la mode du temps pour les adolescentes, reflétant en cela l'intérêt de leur créatrice pour la mode.

Les jumelles sont des anti-héroïnes et ont même une période "chipie" typique de l'adolescence. Elles font encore régulièrement des bêtises mais c'est moins compréhensible à leur âge. Parfois elles boudent et elles commencent aussi à avoir des interactions plus complexes avec les garçons ainsi qu'à aller à des soirées dansantes. Elles font aussi des remarques moins acceptables pour leur âge, par exemple : ou encore . Elles changent aussi en ce sens qu'elles ne respectent plus leurs engagements par moments, comme lorsqu'elles sabotent la distribution de magazines qu'elles avaient promis de livrer.