de Savoie, né à Montmélian en 1197 et mort le dans la même ville, est un comte de Savoie et de Maurienne, duc de Chablais et d'Aoste et seigneur de Piémont dans la première moitié du .
Biographie Enfance Amédée, (Amé, Amadeus), naît au château de Montmélian (Savoie propre), au cours de l' (selon Guichenon) (lire en ligne)... Il est le fils aîné de , comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et Marguerite (ou Béatrice) de Genève (Guichenon la nomme Marguerite de Faucigny)... Il a neuf frères et sœurs, selon les historiens. (lire en ligne).. Le site sabaudia.org en indique cinq de plus.
Ses frères Aymon, Thomas, Guillaume, Boniface, Pierre et Philippe, sont destinés à l'état ecclésiastique.
Il apprend à devenir comte, en étant présent comme témoin auprès de son père, lors de la signature d'actes importants. Il est, ainsi, mentionné lors de la signature du contrat de mariage entre sa sœur, Marguerite, et Hartmann, fils du comte de Kybourg, le (lire en ligne)., d'une donation, par sa grand-mère à la chartreuse de Vallon, en (lire en ligne)., de la signature du traité de paix de 1224, entre le comte de Savoie et l'évêque de Sion, aux côtés de sa mère et trois de ses frères (lire en ligne). ou encore comme l'un des quinze arbitres lors de la transaction de Thonex (), opposant le comte de Genève au baron de Faucigny (lire en ligne)..
Il épouse Anne (dite aussi Marguerite) de Bourgogne, ou encore Anne Dauphine (), fille d', duc de Bourgogne et de Béatrix, Dauphine de Viennois (lire en ligne).. Guichenon donne l'année 1222. Le Regeste dauphinois (1913) publie, quant à lui, un acte daté du , dans lequel Anne (elle est nommée "Jeanne de Viennois" et sœur du dauphin André de Bourgogne) est dite épouse d'Amédée.. Le site de généalogie Foundation for Medieval Genealogy (Medlands) indique également avant 1221. Ils n'auront pas d'héritier mâle.
Comte de Savoie Amédée succède à son père, à la tête des États de Savoie. Il poursuit la politique d'accroissement territoriale engagée par ses prédécesseurs. Le médiéviste Bernard Demotz le décrit comme .. Il semble le premier comte à avoir adopté la qualification de comte de Savoie..
Une politique familiale Lorsque le comte meurt, Amédée, en tant qu'aîné de la fratrie, hérite du pouvoir comtal.. Le comte Thomas, qui a eu de nombreux fils, a préparé sa succession. Organisant la gestion et la répartition du domaine comtal ainsi que de ses possessions, il a mis en place une .
Le comte Amédée et ses frères se réunissent à Chillon (Chablais), en , afin d'effectuer la succession (lire en ligne).. Les négociations restent . Certains de ses frères quittent l'état ecclésiastique obtenant un apanage : Aymon obtient le Chablais ; Thomas, le Piémont et Pierre, le Bugey. Les trois autres frères restent dans les ordres. Toutefois, Boniface reçoit des places fortes en Savoie propre et Philippe en Viennois, proche de Lyon, et en Novalaise. Seul Guillaume, alors évêque de Valence, semble rester en dehors de ce partage, jouant plutôt le rôle d'arbitre. Le comte Amédée doit aussi constituer des dots pour ses sœurs. Marguerite obtient, notamment, Saint-Maurice en Chablais et le château de Monthey.
Ses frères joueront tous un rôle dans l'extension territoriale des États de Savoie, tant dans les liens avec le royaume de France, avec l'Empire ou dans le rapprochement avec la Papauté. Pierre s'implantera autour du Léman et sur le Rhône supérieur, héritant d'une partie des droits d'Aymon. Les ecclésiastiques, Guillaume et Boniface, lui permettent de se lier avec , qui épouse, en 1236, Éléonore de Provence, leur nièce.
Afin d'appuyer l'influence savoyarde en Provence, où sa sœur, Béatrice de Savoie, a épousé le comte , il se marie en secondes noces, avec Cécile des Baux, fille de , vicomte de Marseille, et de Sibylle d'Anduze. Le contrat est signé le , à Orange (lire en ligne).. MedLands donne un contrat signé le et un mariage par procuration le . Son fils, Boniface, serait né le même mois, le , selon la tradition (lire en ligne)... Le comte établira son testament en faveur de son fils, qu'il fait son successeur, le (lire en ligne).. Ce testament sera complété un an plus tard (lire en ligne)..
Administration du comté Bien que les comtes de Savoie circulent beaucoup sur l'ensemble du comté et de leurs possessions, Amédée fait le choix de Montmélian, comme résidence principale.. Cette ville revêt une certaine importance pour ce comte, il y est né et il y réside de 1233 jusqu'à sa mort, en 1253 ( lire en ligne).. Il lui accorde, d'ailleurs, à la suite de son avènement, sa charte de franchises, le .. Parallèlement, le rôle de Chambéry, dont les franchises ont été accordées à partir de 1232 et le château, acquis, en 1255, par son frère, Thomas de Piémont, se renforce de plus en plus, notamment avec la création d'un important atelier monétaire (voir ci-après).
L'archiviste et historien Pierre Duparc démontre le développement du droit romain dans les domaines savoyards, originellement soumis au droit coutumier.. Il observe que cette diffusion, en provenance d'Italie, débute à la fin du et passe par le recours à des notaires, qui prennent une place majeure dans la rédaction des différents actes. Les testaments de 1235 et 1238 renvoient à cet usage du droit romain en instituant un héritier et la notion de révocabilité. De même, les chartes des franchises font également appel à cette technique juridique. La charte de Montmélian (1233) autorise les bourgeois à tester. Afin de rendre plus efficace l'administration de ses États, le comte a ,ainsi, recours à des juristes et professionnalise le métier de juge. Il met, également, en place un juge pour le comté de Savoie, cité dès 1250.. Ces juges, itinérants, sont indépendants des châtelains..
Les châtelains, institutionnalisés sous le règne de , sont des ... Ils sont chargés de la gestion de la châtellenie, de la défense du château et du territoire, de l'entretien et ils perçoivent les revenus fiscaux du domaine.. Ils sont une trentaine, en ce début de .. Vers 1247-1252, sont mis progressivement en place, sur le modèle anglais, ce que l'on nommera les bailliages, c'est-à-dire une circonscription tant administrative que militaire qui regroupe un certain nombre de châtellenies, dirigés par un bailli, placé sous l'autorité comtale.. C'est surtout son frère, , qui les officialisera. Les châtelains des forteresses stratégiques de Montmélian et de Chillon sont investis de pouvoirs spécifiques.
Le comte Amédée se préoccupe également des cités et du commerce. Il fait fonder Villefranche en Piémont, en 1235. En plus de Montmélian (1233), il accorde des franchises à Sembrancher (1239), en Valais; à Étroubles (1246), en Val d'Aoste, et à Villeneuve-de-Chillon (1252), en Pays de Vaud..
Le , il donne à la chartreuse d'Aillon l'autorisation d'acquérir des biens situés dans la plaine de Montmélian (lire en ligne). qui serviront notamment à cultiver la vigne, qui se développe à cette période.. En , il confirme l'ensemble des donations faites par ses prédécesseurs en faveur du monastère (lire en ligne)..
En 1238, le comte rejoint l'armée impériale dans sa lutte contre la ligue lombarde (lire en ligne).. (voir ci-après). Il rédige son premier testament à l'Hôpital d'Aiguebelle, le ., où il institue pour héritier, son frère Thomas, et, à défaut d'héritier mâle de celui-ci, ses frères Philippe puis Pierre. En 1240, n'ayant toujours pas d'héritier mâle, il informe Rostaing de La Rochette, châtelain de Suse, Ubert Mareschal, châtelain de Montmélian et Guy d'Ameysin, châtelain de Chillon en Chablais qu'il fait le choix de son frère cadet, Thomas, pour lui succéder..
vignette|gauche|Les États de Savoie ou comté de Savoie vers 1250.
Politique monétaire En 1235, le comte ouvre une .. Il crée des ateliers monétaires à Chambéry (Savoie Propre), Bourg-en-Bresse et Pont-d'Ain (Bresse), à partir de 1238, ainsi qu'à Saint-Genix-sur-Guiers (Petit Bugey) et Donnas (Val d'Aoste). À Chambéry, ville acquise par son père en 1232, l'atelier monétaire est installé, hors de la première enceinte., entre 1238 et 1241.. Il fait ainsi figurer en légende, sur ces nouvelles pièces, son nom « Amedeus conms », associé à « Sabaudia » (Savoie)., remplaçant la légende qui comprenait jusque-là « Secusia » (Suse, Val de Suse).
Politique gibeline et expansion territoriale Amédée hérite d'une principauté qui (Galland, 1998).. De fait, ces États de Savoie sont partagés entre le comte et ses frères, mais, paradoxalement, . D'ailleurs, les membres de sa vaste parenté jouent un rôle positif ; sa sœur, Béatrice, comtesse de Provence, et ses frères, Guillaume, évêque de Valence, et Boniface, archevêque de Cantorbéry, favorisent les intérêts savoyards. Son autre frère Pierre poursuit l'expansion des domaines vers le nord dans le triangle Seyssel-Berne, Philippe fait de même en Viennois et en Bresse, tout en créant un parti savoyard à Lyon pendant que Thomas œuvre dans le Piémont. peut enfin compter sur ses quatre nièces de Provence devenues reines, surtout Éléonore, en AngleterreBernard Demotz, « Les comtes qui, en , firent la Savoie », in l'Histoire en Savoie, Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, 1994, , , .. Le domaine savoyard s'étend vers le Viennois, la Bresse et le Lyonnais, mais aussi vers le Piémont, la Ligurie et la Suisse romande. Cette politique marque
Son frère, Pierre, à l'origine de l'expansion en Bugey, en Chablais et en Pays de Vaud, soutient, en 1237, son beau-père, Aymon II de Faucigny, contre le comte de Genève, . Amédée était présent lors de la transaction de Thonex de , où s'opposait déjà les deux parties. Au cours de cette , alors qu'une trêve a été signée, Pierre est capturé par Rodolphe, fils aîné du comte de Genève.. Amédée arbitre la situation le et proclame une sentence en condamnant la maison de Genève (lire en ligne). à une forte amende de .. Le comte de Genève, ne pouvant payer, se voit obligé, lors d'une seconde sentence en 1250 (lire en ligne)., de mettre en gage sa seigneurie d'Arlod, dans le Bugey, qui était convoitée par la maison de Savoie pour son rôle de contrôle sur le Rhône.. En 1244, Amédée doit intervenir à nouveau. Pierre, ayant obtenu des droits sur le château de Romont, en 1240, et fondé la ville neuve de Romont, en 1244, se trouve en conflit avec l'évêque de Lausanne... Ces droits sont confirmés le et le comte Amédée obtient l'autorité sur Romont, à la suite du traité d'Évian (lire en ligne)...
Tout comme son père, il poursuit une , alors même que ses frères, Boniface et Philippe, ont les faveurs du pape .. Il sait toutefois se montrer opportuniste, et être un (Demotz).. Il laisse ainsi passer le pape par son comté, pour rejoindre la ville de Lyon. Philippe jouera un rôle majeur dans le rapprochement entre la Papauté et la Savoie.
En échange de son soutien dans la lutte contre la ligue lombarde et la papauté, le comte Amédée obtient certains avantages de l'empereur qui lui donne, en 1238, les titres de duc de Chablais et d’AosteHenri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, , Société du Grand armorial de France, 1939, ( lire en ligne).. La fille aînée d'Amédée, Béatrice, veuve du marquis , se remarie avec le fils naturel de l'empereur, Manfred Lancia (1232-1266) (lire en ligne).. Le contrat est signé le ..