Le mouvement LGBT en Israël prend son essor après la dépénalisation de la sodomie en 1988, et il s'est manifesté par des amendements juridiques, la formation de mouvements sociaux et l'émergence d'une culture LGBT israélienneGilly Hartal, « Israel’s LGBT Movement and Interest Groupslocked », Oxford University, 27 octobre 2020..
La principale communauté LGBT se situe dans la ville de Tel-Aviv.
Histoire Avant l'indépendance En 1858, l'Empire ottoman régnait sur la région d'Israël et aboli ses lois sur la sodomie dans son Code pénal (article 198) tant qu'elle était consensuelle et que le partenaire consentant avait dépassé l'âge du consentementBucknill, John A. Strachey; Utidjian, Haig Apisoghom S. (1913). Le code pénal impérial ottoman . Londres : Humphrey Milford, Oxford University Press. p. 151. Récupéré le 2018-10-05. Après la conquête de la région par les Britanniques, l'homosexualité est condamnée comme étant une pratique immorale et interdite par les autorités mandatairesWestcott, Ben (12 septembre 2018). "L'héritage homophobe de l'Empire britannique". CNN.
Dès 1947, des rencontres entre homosexuels ont lieu à Tel-Aviv, dans le London Gardenרפי פרץ, רוני וג'וני, זוגיות גאה במשך 44 שנה, ynet, 29 באפריל 2010.
Depuis 1948 En 1960, le premier livre hébreu sur l'homosexualité, Ha Dwakim, est publié par "סיפור אימים", חרות, 8 באפריל 1960 https://www.nli.org.il/he/newspapers/hrt/1963/03/20/01/article/52/. Elle publie l'année suivante le premier roman lesbien, Ha Tsela. Nifleta de H. Yoav, une histoire gay-lesbienne, est publiée en 1967.
Le premier club gay et lesbien voit le jour dans un appartement privé à Tel Aviv et à la fin des années 1960, des bars gays sont créés.
La pièce de théâtre The Boys in the Band est mise en scène en 1969 par Oded Teomi.
Un premier magazine est publié en 1981, Nativ Nosaf, ainsi qu'une ligne d'assistance téléphonique. D'autres magazines suivront comme Kalf Hazak et Pink Time.
La pièce Torch Song Trilogy est mise en scène à Tel-Aviv par Ilan Ronen en 1984.
En 1995, Pesia Girls, devient le premier groupe de drag à se produire sur la scène de Tel-Aviv.
En 1997 est diffusée Florentine, une série télévisée israélienne traitant de l'homosexualité, de même qu'une chanson homosexuelle Ito Lenetsah (איתו לנצח).
La chanteuse israélienne transexuelle Dana International remporte le concours Eurovision de la chanson 1998.
Organisation de la communauté De nombreuses organisations LGBT existent en Israël, plus d'une trentaine dans les années 2020. La plus ancienne est l'Association pour les LGBT en Israël, fondée en 1975 (en hébreu : האגודה למען הלהט"ב בישראל).
Autre organisation importante, le mouvement de jeunesse LGBT Iggy (en hébreu : איגי), fondé en 2001, compte plus de 80 groupes à travers le pays, et plus de 3000 membres participent chaque semaine aux activités collectives.
Le , la ville de Tel-Aviv accueille un Centre communautaire municipal LGBT (en hébreu : העירוני לקהילה הגאה, HaMerkaz HaIroni LaKehila HaGe'a) situé dans le parc Meir. Il se situe en face du Barnoar (en hébreu : הברנוער), un lieu de rencontre pour adolescents LGBT fondé en 2005. Autre fait marquant, en 2011 est inauguré un théâtre LGBT.
LGBT dans la société Marche des fiertés
thumb|Marche des fiertés de Tel Aviv-Jaffa en 2012.
La première marche des fiertés en Israël a eu lieu en 1993 à Tel Aviv-Jaffa. La première grande marche des fiertés de cette ville, appelée alors Love Parade de Tel-Aviv s'est tenue en 1997. Depuis, la Tel-Aviv Pride a lieu tous les ans dans cette ville, réunissant notamment en 2013., lors de l'édition 2014 et un record de en 2019..
En 2005, Jérusalem est choisie pour la de la WorldPride. Comme le retrait et l'évacuation de la bande de Gaza avait lieu au même moment, il avait été choisi de décaler la WorldPride prévue en à Judith Silberfeld, « La World Pride se tiendra du 6 au 12 août 2006 », dans Têtu, 19 mai 2005, . Mais un an plus tard, le conflit israélo-libanais compromettait encore une fois la bonne tenue de l'événement : si les activités, réunions, groupes de discussions etc. ont pu se tenir, le nombre insuffisant de policiers disponibles n'a pas permis au défilé d'avoir lieu ; seulement une petite parade est organiséeEran Guterman, « À la veille de la World Pride, les jeunes homos du Meretz contre la guerre », dans Têtu, 4 août 2006 . À Jérusalem, les défilés annuels ont été perturbés par des attaques et des réactions homophobes. Néanmoins, sous surveillance policière étroite, le défilé de 2014 a réuni , sous la protection de ..
Plus de en 2016., plus de en 2018. environ en 2019. et plus de en 2021« 100,000 at Tel Aviv Pride Parade, Israel’s largest event since start of COVID », timesofisrael.com, 25 juin 2021..
Une partie du mouvement LGBT israélien et international dénonce l’hypocrisie des marches des fiertés et de la promotion internationale des droits LGBT en Israël (comme l’opération Tel Aviv sur Seine promue par la maire de Paris Anne Hidalgo) d’abord avec le slogan puis avec celui au moment de ce qui est présenté comme un risque de génocide à Gaza. Plusieurs auteurs dénoncent le pinkwashing d’Israël, qui culmine avec la photo de Yoav Atzmonin, qui brandit un drapeau arc-en-ciel, sur lequel est inscrit , tout en participant à la destruction et à ce qui est présenté par certains comme le « génocide de Gaza », tout comme Israël vante les avancées des droits des LGBT pour masquer, selon ses détracteurs, les atteintes aux droits des Palestiniens et d’autres minoritésJean Stern, « Israël. Pas de gay pride sous génocide », Orient XXI, 30 mai 2025.Rayyan Dabbous, « In Gaza, a photo of Israeli soldier raising a pride flag ‘in the name of love’ goes viral, ‘pinkwashing’ a war », The Conversation, 26 novembre 2023.Lubna Marsawa, « Un exemple classique de « pinkwashing » : un soldat israélien arbore un drapeau LGBT à Gaza », Middle East Eye, 15 novembre 2025..
Représentation en politique thumb|upright|Uzi Even, premier membre ouvertement homosexuel de la Knesset en 2002. Le , (Meretz) est élue conseillère municipale de Tel Aviv-Jaffa, elle devient la première élue ouvertement lesbienne d'Israël Biographie de Michal Eden. Le , (Meretz) devient membre de la Knesset à la suite de la démission de Amnon Rubinstein. Uzi Even étant le élu de la liste qui s'était présentée aux élections législatives de 1999, c'est lui qui est amené à le remplacer, il devient alors le premier homme politique israélien ouvertement homosexuel à siéger à la Knesset Le premier député gay d'Israël entre au Parlement. Israel's first gay MP enters parliament. En de la liste Meretz lors des élections législatives de 2003Liste des candidats à la Knesset en 2003, la liste obtenant six sièges, il n'est pas réélu Les Élections en Israël: 2003. The Elections In Israel: 2003. Le , Etai Pinkas (Meretz) prend la suite de Michal Eden en étant élu conseiller municipal de Tel Aviv-Jaffa. Lors de ces mêmes élections, Saar-Ran Netanel (Meretz) est élu au conseil municipal de Jérusalem Biographie de Saar-Ran Netanel. Le , à l'occasion des élections locales, deux hommes ouvertement homosexuels rejoignent Etai Pinkas pour siéger au Conseil municipal de Tel Aviv-Jaffa: Yoav Goldring (Une ville pour tous) et Yaniv Weitzman (La jeunesse de la ville). Ils seront rejoints au début 2013 par Eran Lev (Meretz). Le marque un nouveau pas avec l'arrivée majeure de personnes LGBT dans les conseils municipaux en Israël: avec quatre élus à Tel Aviv-Jaffa (Etai Pinkas et Mickey Gitzin pour le Meretz et les indépendants Efrat Aviv et Yaniv Weizman) ; et des élus à Jérusalem (Saar-Ran Netanel) et Givatayim (Tzipora Obziler).. Lors des élections législatives de 2009 et de 2013, Nitzan Horowitz, ouvertement gay. est élu et réélu à la Knesset. Dans son livre Mirage gay à Tel Aviv (2017), le journaliste français Jean Stern explique que la mise en valeur de Tel Aviv-Jaffa comme ville LGBT-friendly relève en réalité selon lui d'une forme de complotisme : une « stratégie marketing et politique orchestrée par l’État israélien pour camoufler la guerre, l’occupation, le conservatisme religieux et l’homophobie ».. La tolérance de la ville serait, selon sa théorie, du « pinkwashing », mis en place par la ministre des Affaires étrangères entre 2008 et 2009 Tzipi Livni, avec Jean Stern, interviewé par Mathias Chaillot, « Comment Israël a utilisé le "pink washing" pour attirer les gays et changer son image », neonmag.fr, 26 octobre 2017.. Plusieurs groupes queers du monde soutiennent ces affirmations et dénoncent le déni de droits d’Israël. En 2019, Amir Ohana devient ministre de la Justice. Il est le premier ministre du gouvernement israélien à être ouvertement homosexuel. En 2020, le Parlement israélien, la Knesset, compte le plus haut taux de parlementaires homosexuels (5 %), « après la Grande-Bretagne, 8,1%, le Liechtenstein, 8 %, et le Parlement écossais, 7,7% ». En , la loi interdisant la thérapie de conversion passe sa première lecture malgré une forte opposition parlementaire.. En , Eitan Ginzburg (ministre des Communications) devient le troisième ministre gay en fonction, avec Itzik Shmuli (ministre du Travail et de la Protection sociale) et Amir Ohana (ministre de la Sécurité intérieure)Gil Hoffman, « Eitan Ginzburg to become Israel's third gay cabinet minister on Monday », jpost.com, 3 mai 2021..
Monuments en mémoire des personnes homosexuelles persécutées thumb|Mémorial aux victimes homosexuelles et lesbiennes de la Shoah (2016).
Le est inauguré un mémorial dédié aux victimes homosexuelles et lesbiennes du nazisme, juifs ou non. Il prend la forme du triangle rose, tel que celui qui désignait les homosexuels sur leurs uniformes dans les camps de concentration et d'extermination. Sur ce monument y est gravé en allemand, en anglais et en hébreu : ..
Il est situé dans le parc Meir. Homophobie Le , un centre gay pour adolescents de Tel Aviv est la cible d'une fusillade. L'enquête de police ne parvient pas à trouver le responsable ni le motif de l'attaque.
Dans un rapport remis le au président Reuven Rivlin, l'Association pour l'Égalité LGBTQ (Aguda) Site officiel, le plus important groupe de défense des droits des homosexuels, a déclaré qu'on a assisté, en 2018, à un bond de 54 % du nombre d'incidents homophobes recensés par rapport à l'année précédente« Hausse de 54 % des incidents homophobes en Israël en 2018 », timesofisrael.com, 11 février 2019..
L'attitude homophobe est principalement le fait des populations religieuses, comme le montre le « Israel Democracy Index 2010 » : 74 % des Juifs ultra-orthodoxes et 70 % du public arabe seraient gênés de vivre à côté d'un couple gay ; le chiffre est également élevé parmi les juifs religieux, à 55 %https://www.idi.org.il/media/4848/madad-2010-sofi.pdf.
Concernant le mariage entre personnes de même sexe, l'enquête menée en par l'association Chidush a révélé que 79 % des Juifs israéliens soutenaient l'autorisation aux couples de même sexe de se marier ou de s'unir civilement en IsraëlJeremy Sharon, « Wide support for gay marriage as Israel celebrates Pride », m.jpost.com, 9 juin 2017.. D’autres auteurs estiment que les normes sociales sont loin de permettre cette acceptation, 47 % des Israéliens considérant l’homosexualité comme une maladie..
En 2019, l'Association médicale israélienne interdit à ses membres de pratiquer les « thérapies de conversion ». En 2020, le projet de loi interdisant cette pratique passe en première lecture (sur les trois nécessaires), malgré une opposition par des partis religieux, des partis arabes de la Liste unifiée et d'une partie de la droite.
Symboles vignette|Le drapeau LGBT combiné à celui d'Israël. vignette|La « forêt LGBT » en Galilée. Le symbole du mouvement LGBT en Israël est le drapeau arc-en-ciel avec une étoile de David blanche.
Filmographie Le film Drifting, en hébreu Nagu'a (1982), est l'un des premiers films LGBT israélien.
Yossi et Jagger (2002), film romantique