dit « le Grand », né entre 1249 et 1252-1253 au château du Bourget et mort à Avignon le , est comte de Savoie (1285-1323), prince d'Empire. Il est le fils de , comte de Flandres, apanagé en Piémont, et succède à son oncle .

Il est surnommé « le Grand ».. La Chronique de Savoye () indique cela .. Certains auteurs lui associent parfois l'expression de « foudre de guerre »...

Biographie Jeunesse et héritage Amédée serait né le Joseph Henri Costa de Beauregard (1752-1824), Mémoires historiques sur la maison royale de Savoie et sur les pays soumis à sa domination depuis le commencement du onzième siècle jusqu'à l'année 1796 inclusivement, enrichis de notes et de tableaux généalogiques et chronologiques, , P.-J. Pic, Turin, 1816, (lire en ligne). , au château du Bourget.. Il est le fils cadet de († 1259), comte de Piémont, et de sa seconde épouse, la Génoise Béatrice Fieschi (Fisco ou Fiesque de Lavagne) († 1283), nièce du pape . Son père meurt quand il n'est encore qu'un enfant. Sa mère l'élève, jusqu'au moment où son oncle, Philippe, alors archevêque de Lyon, le fait venir à Lyon pour étudierClaude Genoux, Histoire de Savoie, depuis la domination romaine jusqu'à nos jours, ..

Philippe devient à son tour comte, succédant ainsi à son frère en 1268, en application des différents testaments de ce dernierTestament de février 1234, à l'occasion de ses fiançailles avec Agnès de Faucigny (REG 0/0/1/664) ; testament du (REG 0/0/1/871) ; testament de septembre 1264 (REG 0/0/1/979) ; testament du (REG 0/0/1/1028) ; Premier codicille du (REG 0/0/1/1029) ; second codicille du (REG 0/0/1/1030).. Le testament de Pierre de 1264, alors qu'il venait d'être fait comte, indiquait qu'en cas de décès, sa nièce Éléonore, femme du roi hériterait du comté de Savoie, son frère Philippe n'est indiqué qu'en deuxième position, puis viennent ses jeunes neveux, fils de son frère : , Amédée et Louis.. Finalement, le dernier testament de , du testament du (REG 0/0/1/1028)., indique aussi que les fils de doivent hériter du comté après leur oncle Philippe, si ce dernier n'a pas d'héritier..

Amédée de Savoie épouse en 1272., Sibylle, la fille de (aujourd'hui Bâgé), seigneur de Bresse, et héritière universelle de ses biens (lire en ligne).Bruno Galland, Philippe de Savoie, archevêque de Lyon, 61, Bibliothèque de l'École des chartes, Volume 161,Numéro 2, Librairie Droz, Genève, 1988 (lire en ligne)... Sibylle de Baugé, par don de sa mère, lui apporte également le château de Miribel, près de Saint-Bonnet-le-Château.

Étant écarté d'une probable succession, il se rend auprès de son cousin avec qui il combat notamment les Gallois.. Il semble être tombé malade au cours de l'année 1277. L'année suivante, il semble avoir été fait chevalier. Il se rend à un tournois en Allemagne avant de revenir à Londres, à l’hôtel de Savoie, en raison de la maladie. Il reste à la cour d'Angleterre jusqu'en 1283.

n'a pas d'héritier. Selon les auteurs de La Savoie de l'an mil à la Réforme (1984), s'il suit les volontés de son prédécesseur en choisissant un fils de leur frère aîné , il renonce cependant à la tradition humbertienne de la primogéniture mâle.. Il impose ainsi son second neveu, Amédée, comte de Flandre, écartant de fait l'aîné de la fratrie, . Selon Laurent Ripart, Philippe n'aurait pas pu faire valoir ses volontés (il aurait soutenu les fils de , mort en 1282) et Amédée se serait imposé face à son frère Louis au terme d'un conflit militaire, après la mort de leur oncle Philippe en 1285, et grâce au probable soutien de son cousin le roi d'Angleterre. Bruno Galland indique que et que ce dernier se prononça en faveur d'Amédée..

Comte de Savoie et affirmation de son pouvoir Amédée de Savoie succède ainsi, en 1285, à l'âge de 36 ans, à son oncle paternel . Malgré la légitimité apportée par le soutien du roi d'Angleterre, le nouveau comte réunit une assemblée dans les prés de Giaveno, à proximité de Turin (Piémont), pour le serment de fidélité. Afin de maintenir l'unité de ses États et éviter toutes contestations par les membres de sa famille, il applique la politique mise en place par son grand-père, le comte , à savoir une ..

Ainsi son frère, Louis reçoit en apanage le Pays de Vaud, à titre héréditaire, qui deviendra une baronnie en 1286 et le château de Pierre-Châtel (Virignin).. À son neveu Philippe, fils de son frère aîné , mineur et donc incapable de revendiquer l'héritage comtal, il lui confirme par la suite l'apanage du Piémont, et lui donne les villes de Turin et Pignerol. Toutefois, Amédée étant son tuteur gouverne de manière directe ces possessions piémontaise et Philippe devra à sa majorité réclamer ses droits. Enfin, Amédée garde sous sa coupe directe les vallées de Suse et d'Aoste permettant un accès au Piémont en cas d'intervention.

Les États de Savoie à l'avènement d'Amédée permettent le contrôle d'une partie des Alpes et des principaux cols entre la France et la péninsule italienne (les cols du Mont-Cenis, du Grand et du Petit-Saint-Bernard). En Suisse, en possédant le bas-Valais et le Chablais, le comte contrôle les routes en provenance du col du Simplon permettant de rejoindre, depuis l'Italie, la Bourgogne et la Lorraine. Toutefois Galland considère que ..

Les États n'ont pas de véritable capitale. En 1295, le comte Amédée fait l'acquisition du château de Chambéry, qui devient rapidement une des principales résidences comtales.. Il fixe notamment au château la Chambre des comptes du comté et l'ensemble de l'administration non itinérante.. Dès la fin du , des travaux considérables y sont entrepris. Il fait par ailleurs améliorer le château du Bourget, édifié par son père et où il est né, et le transforme en résidence comtale, qu'il occupe régulièrement..

Enfin, il renforce la continuité dans ses États par l'installation de villes neuves. : L'Hôpital (1287)., aux portes de la Tarentaise (voir ci-après), Châtel-Saint-Denis (1296)., permettant de contrôler la route vers le comté de Gruyère, ou encore Yvoire (1306)., sur le Léman. En 1288, il achète la ville de Pont-de-Beauvin, à qui il donne une charte des franchises..

L'expansion territoriale et aires d'influence Le comte cherche à s'emparer de la cité Conflans, (Roubert, 1961).. Celle-ci relève cependant du pouvoir de l'archevêque-comte de Tarentaise. Afin d'obtenir ce qu'il convoite, le comte, nous raconte l'archiviste Roubert . Ainsi, il fait édifier dans la plaine, sous Conflans, en 1287, la ville neuve de L'Hôpital.. Il obtient peu de temps après, en 1288, une partie de la mistralie de Conflans. Afin de s'immiscer dans les affaires de la Tarentaise, il trouve un accord avec l'archevêque qui stipule qu'aucun marché ne serait établi entre Conflans et Aime, afin de préserver celui de l'évêché, Moûtiers, et dans une moindre mesure celui de Salins, possession comtale. Le comte obtient en sus que la police des foires de Moûtiers en journée revienne à ses officiers, charge dont ils s'acquittaient déjà de manière illégale et désormais validée. Le châtelain comtal de Tarentaise met en garde les biens à la mort d', obligeant son successeur à verser une somme pour les récupérer. En 1301, Amédée inféode à la famille d'Avalon la seigneurie et la maison-forte de Saint-Paul, alors sous juridiction de l'archevêque.. Il obtient la suzeraineté immédiate sur la terre de Chevron, en Haute-Maurienne, sur une partie du Beaufortain, qui relevait normalement du pouvoir des archevêques. En 1319, il obtient du seigneur de Conflans une partie de la juridiction sur la cité.

À la même période, en 1287, l'évêque de Genève, Robert de Genève, meurt. Le comte s'empare du château épiscopal de l'Île.. L'année suivante, il s'empare de la juridiction temporelle sur la ville, détenue par le vidomne, et fait nommer à cette charge Girard de Compey.. Le nouvel évêque Guillaume de Conflans proteste, et fait excommunier le comte le (lire en ligne).. Au mois de mars suivant, un projet de compromis échoue (lire en ligne).. En septembre de la même année, une rencontre a lieu entre les deux princes à Asti où plusieurs traités et compromis sont signés. Par traité, le comte restitue la pêche, les péages et les moulins du Rhône à l'évêque, mais celui-ci doit remettre en fief au comte le Vidomnat de Genève, qui le tiendra pendant la vie des deux contractants (lire en ligne).. En 1304, le comte obtient la nomination d'un proche sur le siège de Genève, l'évêque Aymon de Quart.

En 1289, le comte achète au duc de Bourgogne le Revermont, pour .. Le comte cherchera à faire la jonction entre cette région naturelle et le Bugey, en obtenant la plaine de l'Ain aux mains du dauphin.. Toutefois en obtenant le Revermont, il n'acquiert pas systématiquement les châteaux et les différents territoires le constituant.

À Lyon et à Vienne, l'influence savoyarde recule face à de nouveaux archevêques favorables au parti dauphinois.. À Lyon, bénéfice notamment du passage de son oncle Philippe de Savoie (1245-1267), avant qu'il ne devienne comte, et poursuit la politique de ses pairs en jouant les arbitres dans la cité lyonnaise. Le nouvel archevêque, Bérard de Got (1289-1294), proche du roi d'Angleterre, cousin d'Amédée, et donc proche des intérêts savoyards, est désigné. Celui-ci est d'ailleurs choisi pour arbitrer le conflit opposant le comte à l'évêque de Genève, à propos du château de l'Île, mais il est récusé par l'évêque Guillaume de Conflans (lire en ligne).. Ce dernier se plaint que Bérard de Got . Parallèlement, l'archevêque, contre toute attente, se réconcilie avec le Chapitre, provoquant la colère du peuple de la ville. Cependant, au lieu de se tourner vers le comte de Savoie, on fait appel au roi de France, Philippe le Bel, qui n'attend qu'une occasion pour s'immiscer dans les affaires de la cité. Le nouvel archevêque, , proche du parti dauphinois est hostile à la Savoie, qui perd définitivement son influence sur la ville.

Conflit régional contre le dauphin et le comte de Genève Depuis 1282, le comté de Savoie est en guerre contre une coalition regroupant , roi des Romains, le Dauphins de Viennois et le comte de Genève, .. Celle-ci est soutenue par l'évêque de Lausanne et pourtant proche de la maison de Savoie, Guillaume de Champvent.. Lors de son avènement, organise une trêve au mois d'août avec le Dauphin et le comte de Genève afin de régler sa succession.. Un mois plus tard, le comte de Genève s'allie avec la Grande Dauphine et son second mari, , ratification d'un acte d'alliance du (lire en ligne)..

En 1287, s'empare du château de Château-Vieux, au détriment du comte de Genève. , signera, un peu plus tard, avec ce dernier un traité de paix, rédigé à Annemasse. En 1289, p. 227., il prend possession de la seigneurie de Meillonnas. défait et soumet , dauphin de Viennois, et l'oblige, ainsi que le comte de Genève, à devenir son vassal, par le traité d'Annemasse. Il est soutenu dans ce conflit par Aimon de Miolans, évêque de Saint-Jean-de-Maurienne..

L'achat du Revermont, en 1289, relance le conflit avec le Dauphiné.. En 1290, une nouvelle coalition se met en place autour de Rodolphe de Habsbourg. Le conflit, une succession de chevauchées et de sièges, durera jusqu'en 1297.

En , le projet de marier la fille d'Amédée, Marguerite, avec Jean l'un des fils cadets du dauphin de Viennois, Humbert de Viennois reçoit un avis défavorable du pape .. Malgré la bienveillance du pape envers la maison de Savoie, le pape veut éviter que ce mariage amène (Galland, 1998).

De 1301 à 1303, Amédée V de Savoie et Humbert de Viennois recourent conjointement à l’arbitrage de Charles de Valois pour résoudre leur conflit armé. Malgré cette médiation et la réalisation de deux enquêtes, la paix n'est pas trouvée.