Pierre Berteaud, né Jean Baptiste Pierre Léonard Berteaud le à Limoges et mort le à La Morguie (Sainte-Fortunade), est un ecclésiastique catholique français. Il est évêque de Tulle de à , année de sa démission pour raisons de santé. Proche de Louis Veuillot, il est l'une des figures du courant ultramontain en France.
Biographie
Premières années Pierre Berteaud est le fils de Léonard Berteaud, négociant, et de Louise Joubert. Il naît le (10 frimaire an VII) à Limoges. Élève du collège de Confolens, il fréquente ensuite le lycée de Limoges avant d'entrer finalement au grand séminaire de Limoges en . Dès , il occupe les fonctions de professeur de philosophie au petit séminaire du Dorat Il est ordonné prêtre en et poursuit ses activités d'enseignement jusqu'en .
À partir de , il devient journaliste et prédicateur ; durant les quatre dernières années de la Restauration, il étudie en profondeur la pensée du théologien ultramontain Lamennais. En , sous la monarchie de Juillet, il est nommé chanoine de la cathédrale Saint-Étienne de Limoges. Il parcourt la France pour ses activités de prédication ; son talent lui attire une célébrité nationale.
Remarqué par la reine Marie-Amélie et le gouvernement, et recommandé par son ami Thomas Gousset, archevêque de Reims, il est nommé évêque de Tulle le , non sans que le Saint-Siège ait fait part de ses réticences sur l'absence d'expérience paroissiale ou diocésaine du nouvel évêque ; son adhésion passée aux thèses de Lamennais est aussi scrutée.
Evêque de Tulle gauche|vignette|Berteaud après sa nomination dans le diocèse de Tulle (gravure). À sa nomination, il choisit la devise issue de l'évangile selon saint Luc (5,5) et un blason .
Dans sa charge épiscopale, Berteaud continue d'exercer ses talents de prédicateur, aussi les instructions écrites de sa part sont-elles rares. Son érudition et sa maîtrise de la littérature classique le placent parmi les meilleurs lettrés de l'épiscopat français ; pour Louis Veuillot, autorité en la matière, son langage mystique de premier ordre.
Avec onze de ses collègues évêques, il apporte son soutien au Comité catholique de Charles de Montalembert, organe qui promeut la liberté de l'enseignement secondaire. En , Berteaud s'oppose au second projet de loi du ministre de l'Instruction publique Abel François Villemain qui autorise la fondation d'établissements d'enseignement privés mais qui les soumet à une exigeante surveillance de l’État ; le projet échoue à la Chambre des pairs.
En , Berteaud apporte son soutien à la Deuxième République ; dans une lettre circulaire du , il demande au clergé de Corrèze de faire succéder à la célébration de la Pâques l'exercice du droit de vote des paroissiens ; en accompagnant les fidèles jusqu'aux bureaux de vote, les prêtres doivent souligner que leur choix doit être guidé par la défense des principes de l'Église catholique. De fait, le gouvernement considère que Berteaud exerce une . D'abord rallié au Second Empire, ce qui lui vaut d'être fait chevalier de la Légion d'honneur le , il s'en écarte à partir de , quand la politique impériale s'exerce en défaveur des États pontificaux en Italie. Il condamne alors la politique étrangère du gouvernement et entre en résistance contre l'Empire en refusant avec systématisme de faire grâce aux demandes de l'administration des Cultes de déplacer ceux de ses desservants qui sont en conflit avec l'autorité civile.
L'évêque de Tulle est une personnalité importante du courant néo-ultramontain, dont les chefs de file dans l'épiscopat dans les débuts de la Troisième République sont Charles-Émile Freppel et Jean-Pierre Mabile. Cette école de pensée, tenante d'une interprétation maximaliste du de , fait du retour du pouvoir temporel du pape une condition pour la reconstruction de la France après la guerre de 1870 et refuse de distinguer ordre civil et ordre religieux ; pour les ultramontains, le droit des sociétés modernes doit reposer exclusivement sur la doctrine de l'Église. Malgré son soutien sans faille à , Berteaud n'effectue son premier voyage ad limina qu'en ; il retourne ensuite à Rome en puis en pour le premier concile œcuménique du Vatican. À cette occasion, il se distingue comme un des plus fervents partisans de l'infaillibilité pontificale.
Ami intime du journaliste de L'Univers Louis Veuillot, Berteaud est qualifié par son biographe d' ; son attachement à la tradition, loin d'être une position purement intellectuelle, est intensément expérimenté : . Au début de l'année , Berteaud fait publier Les rois chrétiens, brochure dans laquelle il défend la restauration de la royauté légitime comme le moyen le plus sûr pour l'Église catholique de reconquérir son influence sur la société. vignette|Château épiscopal de la Morguie, où Berteaud meurt en . Berteaud démissionne le , à l'âge de . Son diocèse est alors , ce qui peut s'expliquer par une gestion compliquée par son âge avancé doublé de son caractère intransigeant et détaché des préoccupations terrestres. Son successeur Dénéchau, un prélat libéral, réduit fortement l'influence des ultramontains sur la direction du diocèse de Tulle. Après sa mort au château de la Morguie le , le cercueil de Berteaud est placé dans la crypte de la chapelle du grand séminaire de Tulle ; du fait de la loi de séparation de 1905, les catholiques en sont expulsés en et le cercueil est transféré au couvent des Ursulines du quai de Vallon (renommé quai Péri). Dans les années , les restes de Pierre Berteaud sont finalement déplacés à la chapelle du cimetière du Puy-Saint-Clair..
Distinction
()
Bibliographie
. Germain Breton (1852-1931), Un Évêque d'autrefois, Mgr Berteaud, évêque de Tulle, Bloud et Barral, Paris, 1898, in octavo, IV-403 pages, , . . .
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Évêque de Tulle Catégorie:Évêque catholique français du XIXe siècle Catégorie:Ultramontanisme Catégorie:Personnalité légitimiste du XIXe siècle Catégorie:Naissance à Limoges Catégorie:Naissance en novembre 1798 Catégorie:Décès en mai 1879 Catégorie:Décès en Corrèze Catégorie:Décès à 80 ans