L’assassinat de Jovenel Moïse, président de la république d'Haïti, survient au début de la nuit du à Pétion-Ville (Ouest), dans la banlieue de Port-au-Prince, capitale d'Haïti, lorsqu’un groupe d'hommes armés attaque son domicile. L’épouse du chef de l’État, Martine Moïse, est blessée par balle.

Contexte Élection

Moïse était le successeur désigné du président Michel Martelly., à qui la Constitution interdisait de briguer un mandat à l'élection présidentielle de 2015. Selon les résultats officiels, Moïse a reçu 33 % des suffrages exprimés au premier tour, plus que tout autre candidat mais en deçà de la majorité requise pour éviter un second tour des élections. Ces résultats ont été contestés par Jude Célestin arrivé en deuxième position et d'autres personnes dont les partisans ont protesté.. Le second tour a été retardé à plusieurs reprises, ce qui a provoqué de nouvelles manifestations violentes., et les résultats ont finalement été annulés. Après l'expiration du mandat de Michel Martelly, le législateur a nommé Jocelerme Privert comme président par intérim avant de nouvelles élections en Reuters (via ), . .. Lors de ces élections, Moïse a reçu 56 % du décompte officiel, suffisamment pour éviter un second tour. Moïse a pris ses fonctions le ..

Trafic de drogue Dans un entretien donné au New York Times, un ancien responsable de la DEA à Port-au-Prince, Keith McNichols., indique qu'Haïti est devenu une plaque tournante majeure pour les drogues à destination des États-Unis. Ce commerce prospère grâce à « un éventail de politiciens, d'hommes d'affaires et de membres des forces de l'ordre qui usent de leur pouvoir ». L’agent déclare que « la corruption atteint les plus hauts niveaux », y compris d’anciens membres locaux de l’agence américaine. Des trafiquants ont déclaré à la DEA qu’« Haïti était devenu une voie de transit privilégiée pour les passeurs parce que la police les aidait à transporter des milliers de livres de drogue pour eux ». Un autre agent de la DEA en Haïti, George Greco, déclare « des milliers de kilos de cocaïne et d'autres drogues passaient par Haïti sans être détectés depuis des années, en route vers les États-Unis. ». Le sénateur de Floride Marco Rubio a déclaré qu'il existe « une quantité substantielle de cocaïne à destination de la Floride qui traverse Haïti en toute impunité alors que les trafiquants sud-américains recherchent des routes évitant l'Amérique centrale et le Mexique ».

Dimitri Hérard, l’homme de confiance du président Jovenel Moïse, qui l’a trahi, fait l’objet d’investigations de l’agence anti-drogue américaine depuis 2014. À l’époque, il appartenait à la garde présidentielle de l’ancien président Michel Martelly. En , le cargo MV Manzanares, battant pavillon panaméen, est déchargé de son sucre sur un quai privé de Port-au-Prince. Lors du déchargement, de la cocaïne s'échappe d'un colis déchiré par les dockers. Ceux‑ci se précipitent sur la drogue, mais des gardes tirent en l’air pour les éloigner. Deux véhicules de la garde présidentielle arrivent avec des agents en uniforme. Ils chargent les colis de drogue ( de cocaïne et d’héroïne). Selon un rapport de la police haïtienne, Dimitri Hérard est vu leur donnant des ordres. Le président Michel Martelly ne donne pas suite aux demandes d’enquête de la police haïtienne et de la justice. C’est Dimitri Hérard que le président Jovenel Moïse choisit pour diriger sa garde présidentielle.

Troubles politiques

Pendant le mandat de Moïse, les troubles politiques et la violence de gang sont fréquents, tout comme diverses manifestations violentes contre le gouvernement. Il a été affirmé que son mandat avait pris fin en , mais Moïse considérait que son quinquennat qu'il n'avait commencé qu'en 2017 se terminerait en 2022. De nombreuses manifestations ont eu lieu dans la capitale où les gens ont exigé sa démission plus tôt cette année....

Objectifs des conjurés L’assassinat du président Jovenel Moïse est organisé pour des motifs politiques, et pour réaliser un « casse. » C’est ce qui résulte du rapport d’enquête de la RNDDH (Réseau National de Défense des Droits Humains), ex National Coalition for Haitian Refugees (NCHR), créée à New York en 1982. C’est confirmé par des entretiens réalisés par la chaîne de télévision colombienne Caracol avec quatre mercenaires (Germán Rivera García ex-capitaine, Jheyner Carmona Florez ex-sous-lieutenant, Ángel Yarce Sierra ex-sergent, et Naiser Franco Castañeda). Les motifs politiques tiennent à la prolongation du mandat du président Jovenel Moïse en dehors de toute élection ; et ils tiennent aussi à une hostilité de la magistrature, notamment de la Cour de Cassation depuis que Jovenel Moïse a révoqué certains de ses membres pour complot dans les derniers mois. Le « Casse » concerne la récupération de plusieurs millions de dollars cachés dans la chambre de Jovenel Moïse. Martine Moïse n’aurait pas déclaré ce vol (entre 18 et 45 millions de dollars selon un des mercenaires arrêté).

La mise en place des objectifs a réuni tous les conjurés avec la complicité active de deux responsables de la sécurité présidentielle, Dimitri Hérald et Jean Laguel Civil. L’un a désorganisé la sécurité présidentielle, l’autre a diminué l’armement et les munitions disponibles dans la résidence présidentielle. Sur un effectif théorique de 647 agents de la garde présidentielle, vingt-trois sont en service à la résidence le jour de l’assassinat. Un chef d’équipe n’est pas là pour convenance personnelle. Les agents se sont entrainés au tir une fois en deux ans et demi en tirant vingt-cinq cartouches dont trois au but. Pour armement, ils disposent de cinq fusils d’assaut et de revolvers. Certains d’entre eux résistent à l’assaut des mercenaires, puis se rendent, ou fuient, à court de munitions, d’autres se rendent sans combattre. Les mercenaires colombiens surclassent la sécurité présidentielle en motivation, en efficacité et en armement.

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Chronologie Journée du , vers 1 h 00 du matin Le , vers (), un groupe de , comportant trois policiers haïtiens. et, au moins, 21 mercenaires colombiens et 2 Américano-haïtiens, s’est présenté au domicile du président Jovenel Moïse à bord de six véhicules loués (2 vans et 4 pick up).. Selon Martine Moïse, épouse de Jovenel, 30 et 50 hommes gardent la résidence.. En réalité, vingt trois sont présent, un chef d'équipe (Jeanty Hubert) est absent.

Les trois policiers haïtiens, les mercenaires John Jairo Ramírez Gómez et Manuel Antonio Grosso Martínez sont dans le premier véhicule. Leur objectif était de neutraliser les postes de garde du domicile présidentiel..

Les mercenaires Mauricio Javier Romero Medina, Mario Palacios, Víctor Albeiro Pineda Cardona, Naiser Franco Castañeda et Juan Carlos Yepes Clavijo sont dans le véhihule. Leur objectif était d’entrer dans le périmètre du domicile. Les Américano-haïtiens James Solages et Joseph Vincent, les mercenaires Germán Alejandro Rivera García et Duberney Capador sont dans le véhicule. Leur objectif était d’entrer dans le périmètre du domicile. Dans un 4ème véhicule, les mercenaires Jheyner Alberto Carmona Flórez (ex sous-lieutenant), Francisco Eladio Uribe, Alejandro Giraldo et Gersaín Mendivelso Jaimes. doivent contrôler le périmètre extérieur de la maison et du . Dans le , les mercenaires Carlos Giovanni Guerrero (ex-lieutenant-colonel), Edwin Enrique Blanquicet, Enalber Vargas Gómez et John Jairo Suárez Alegría doivent contrôler le périmètre extérieur de la maison. Dans la dernière voiture, les mercenaires Ángel Mario Yarce Sierra (ex-sergent), Neil Durán Cáceres, John Jader Andela, Miguel Guillermo Garzón et Alex Miller Peña doivent contrôler l’arrière du domicile. Ángel Mario Yarce était chargé de la neutralisation de la télésurveillance.

Les assaillants passent plusieurs points de contrôle de la police, et atteignent la rue Pèlerin 5 à Pétion-Ville, lieu de résidence de Jovenel Moïse. Ils viennent d'un quartier haut (Laboule 22) situé à . Ils débarquent devant le domicile de Jovenel Moïse, équipé de fausses casquettes de l’agence américaine anti-drogue (DEA). Ils sont armés de fusils d'assaut dont un Galil, et un fusil à pompe calibre 12..

Ils forcent l’entrée du domicile présidentiel, le lourd portail était débloqué. Les premiers postes de garde n'opposent pas de résistance. Les premiers tirs de riposte viennent de la résidence, sans morts, ni blessés à ce moment-là..

Le mercenaire Juan Carlos Yepes Clavijo indique qu’ils avaient un complice à l’intérieur, qui a donné le signal de l’opération. Les trois policiers haïtiens et deux mercenaires neutralisent quatre hommes du premier poste de la garde présidentielle. Un second poste de garde est neutralisé de la même manière.

En chemin, vers la chambre de Jovenel Moïse, les assaillants découvrent au , dans un bureau, quatre à cinq hommes allongés au sol, avec des armes. Ils demandent à être épargnés. Ils sont menottés. Ensuite, les assaillants trouvent une femme de chambre, et un garçon d’étage, les bâillonnent et les enferment dans l'une des chambres. Selon les autorités colombiennes, sept mercenaires colombiens sont entrés. Ils sont identifiés par le journal colombien « Semana » (Duberney Capador, Mauricio Romero, Juan Carlos Yepes Clavijo, Víctor Albeiro Pineda, Mario Palacios, Carlos Giovanni Guerrero Torres et Naiser Franco). Les autres mercenaires, dirigés par Germán Rivera, restent dehors..

1 heure 30 environ Vers , le président Jovenel Moïse est réveillé par des tirs à l'extérieur de sa chambre. Il appelle à l’aide le chef de la garde présidentielle, Dimitri Hérald, à . Il appelle ensuite Jean Laguel Civil qui entend des tirs au téléphone. Celui-ci rappelle Dimitri Hérald, puis Paul Eddy Amazan responsable de la force d’intervention rapide....

La femme du président, Martine Moïse, se rend dans les chambres de ses enfants. Ils sont mis à l’abri, avec leur chien, dans une salle de bain sans fenêtres de la chambre du fils. Martine Moïse revient dans la chambre présidentielle et s’allonge sur le sol à la demande de son mari.

Deux mercenaires (Naiser Franco Castañeda et Mario Palacios) se présentent devant la chambre d’un des enfants dont la porte est ouverte. Ils lancent une grenade offensive à l’intérieur.

Quatre mercenaires sont entrés dans la chambre du président (Juan Carlos Yepes, Victor Albeiro Pineda, Mauricio Javier Romero et Duberney Capador Giraldo). Des coups de feu éclatent. En entrant dans la chambre, Victor Albeiro Pineda tire avec un fusil d’assaut M4 sur Jovenel Moïse et sa femme. Martine Moïse est blessée et fait la morte. Le président est blessé aussi.. Duberney Capador Giraldo arpente la chambre présidentielle en parlant au téléphone pendant que d’autres fouillent.. Ils trouvent le ou les documents qu’ils cherchent, et les emportent. Ils trouvent de l’argent, rangé dans plusieurs valises et des cartons. Selon les mercenaires, il y a plus de dix millions de dollars

Un des assassins donne au téléphone une description de Jovenel Moise : . Il est alors achevé au revolver. Dehors, un des Américains-haïtien (James Solages) annonce par haut parleur, en créole et en anglais, qu’il s’agit d’une opération anti-drogue et que personne ne doit quitter sa maison.. Vers les assaillants quittent le domicile du président. Ils criblent de balles les véhicules présents dans la cour pour les rendre inutilisables.. Ils descendent à pied vers le palais présidentiel. Leurs véhicules partent avec les seuls chauffeurs et de lourdes valises exfiltrées du domicile présidentiel. Une partie des véhicules partent par le haut, avec les policiers haïtiens, contenant les deux valises et trois cartons avec l'argent, et quelques mercenaires. L’avis de recherche pour assassinat et vol à main armée lancé contre Joseph Pierre Ashkard. confirme que la valise contenait des valeurs.. Jean Laguel Civil a déclaré que, en arrivant à la résidence présidentielle, il avait été arrêté par le groupe de mercenaires « montants ».