Le monument à Georges Mandel est un mémorial du milieu du situé dans la forêt de Fontainebleau, en France. Il est érigé en hommage à Georges Mandel, ancien ministre et résistant français, assassiné à cet endroit en 1944 par la Milice française.
Situation géographique Le monument est situé en bordure de la route départementale 607 dans le sens de Nemours, avant la bifurcation pour Recloses et à proximité de l'aqueduc de la Vanne, au sud de la commune de Fontainebleau et de la forêt. Plus largement, il se trouve dans le département de Seine-et-Marne, en région Île-de-France. Il est accessible par l'arrière depuis la route de l'Espérance.
Histoire
Contexte
Georges Mandel est assassiné sur ce lieu le par le milicien Mansuy.
Localement, le journal L'Abeille de Fontainebleau ayant adopté une ligne éditoriale collaborationniste durant l'Occupation, ne fait aucune mention de cet assassinat dans son numéro du avant de finalement énoncer les faits dans son numéro du de la manière suivante :
Édification vignette|170px|Le sculpteur du médaillon, François Cogné, photographié en 1931. En , un comité pour l'érection d'une stèle commémorative à l'endroit de l'assassinat est fondé avec le maire de Fontainebleau, Hubert Pajot, en qualité de président. Le monument est réalisé par l'architecte Charles Nicod et le sculpteur François Cogné.
Inauguration La cérémonie d'inauguration a lieu le , à . Les amis de Georges Mandel se groupent autour de la stèle. À gauche figurent sa famille et ses amis : Béatrice Bretty, sa compagne et exécutrice testamentaire ; Adrien et Robert Rothschild, ses frères ; Joseph Besselère, son avocat ; Philippe de Roques ; Joseph Paul-Boncour ; Geneviève Tabouis ; ; Nicolas Pietri ; Robert Bollack. À droite figurent les officiels : le général Georges Catroux ; Randolph Churchill ; Alexandre Varenne, représentant le gouvernement ; Paul Reynaud ; Léon Blum ; Édouard Daladier ; Michel Clemenceau, président de la Société des Amis des Georges Mandel ; Moutet ; Letourneau ; Falaise, chef de cabinet de Georges Bidault ; Diethelm ; Langeron ; Luizet ; le général Georges Revers ; le général Raoul Castex ; René Mayer ; Raymond Hénac ; Bastid ; Dautry ; Ribet ; Pierre Cot ; Ambroise Croizat. Tous vont s'incliner auprès de Béatrice Bretty.
La stèle est alors dévoilée et la sonnerie aux morts retentit. Puis, Paul Reynaud prononce une allocution à la mémoire de Georges Mandel en retraçant son parcours, dont leur commune captivité et la façon dont Mandel a été choisi comme otage par Vichy. En regagnant son siège, Léon Blum le prend dans ses bras et l'embrasse sur les deux joues. Blum, dernier ami à qui Georges Mandel a parlé, prend à son tour la parole en évoquant le parcours de cet ami et ce qu'il a représenté pour lui avant de finir le discours en pleurant. Les invités sont tout autant émus par les discours : Randolph Churchill en a les larmes aux yeux. La cérémonie se termine à avec une interprétation de La Marseillaise.
Visite présidentielle de Charles de Gaulle Charles de Gaulle, président de la République est en déplacement officiel en Seine-et-Marne le , deuxième jour de son et dernier voyage en province — accompagné de Louis Joxe, ministre chargé de la Réforme administrative ; Roger Frey, ministre de l'Intérieur ; Marc Jacquet, ministre des Travaux publics et des Transports. À l'occasion de son passage par Fontainebleau, de Gaulle dépose une gerbe devant le monument dédié au compatriote qu'il a personnellement connu.
Attentat de 1979 Le , la stèle est vandalisée et à moitié détruite. Deux jours après, dans la même semaine, deux cocktails Molotov sont lancés contre un foyer de retraite israélite à Paris et le lendemain sur les bureaux du journal Le Monde. Cette série d'attentats est revendiquée par la Ligue des combattants français contre l'occupation juive et s'inscrit dans une remontée de l'antisémitisme, probablement catalysé par la période de crise.
Commémorations et présence de Nicolas Sarkozy Chaque , le Souvenir français de Fontainebleau-Avon organise des commémorations derrière le monument. En 1994, l'association reçoit Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget et de la Communication et porte-parole du gouvernement ayant, en tant qu'admirateur du personnage, publié Georges Mandel : le moine de la politique en de la même année.
Structure
Le monument est de forme plate, surmonté d'un médaillon. Plusieurs inscriptions figurent sur la face avant.
Références
Bibliographie
Antoine Mordacq, Le martyre de Georges Mandel, 1940-1944, Passés Composés, 2025, 304 p., . Maryvonne Braunschweig, « L’assassinat de Georges Mandel », Le Petit Cahier, série , « Jean Zay, une figure symbole de la République », , , en ligne sur le site des archives départementales de la Seine-et-Marne.
Annexes
Articles connexes Monument aux morts de Fontainebleau Monument aux morts de l'artillerie et du train Occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale
Liens externes Délégations et comité du Souvenir français en Seine-et-Marne sur le-souvenir-francais.fr
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