Alfred Liskow (Liskov ou Liskof) est un déserteur de l’armée allemande qui informe l’Armée rouge le à 19 h 30 la veille du déclenchement de l’opération Barbarossa le lendemain à l’aube.
Biographie Né en 1910, ouvrier dans une scierie de Kolberg en Poméranie, Alfred Liskow était membre du parti communiste jusqu’à son interdiction en 1933 et de son organisation militaire. Marié en 1933 à une ouvrière en couture, père d’un fils, il divorce un mois avant sa désertion, peut-être pour épargner à sa famille la répression de la Gestapo. Appelé sous les drapeaux en 1939, il était en caporal du génie du 222ème régiment de la 75ème division de la 6ème armée de la Wehrmacht stationnée près de Sokal.
La désertion Dans l’après-midi du , il apprend de son chef, le lieutenant Schultz, que son unité doit passer à l’offensive le lendemain. Il traverse à la nage à 20 h 30 (heure de Moscou) le Boug, rivière frontalière de l’URSS et de l’Allemagne en uniforme et sans arme et se rend à 21 heures à une patrouille de gardes-frontières. Interrogé le lendemain à 1 heure avec un interprète de l’état-major du 90ème district frontalier, puis par un contre-interrogatoire à 3 h 10 à Vladimir-Volynski par un nouvel interprète, professeur d’allemand, il révèle l'imminence de l’attaque. L’information est transmise mais Staline ne réagit pas à un appel de Joukov et raccroche. Cet interrogatoire est en cours lorsque la Wehrmacht entre en action à 4 heures. Quatre déserteurs allemands qui avaient prévenu l’Armée Rouge de l’agression, deux le , un le 18 et un le 21 avaient été fusillés comme provocateurs car Staline refusait de croire à l’imminence de l’attaque allemande qu’il estimait plus probable en 1942. Sa désertion tardive lui permet d’échapper à ce sort.
Pour sa division d'infanterie, il est le premier mort de la Wehrmacht tombé à l'Est, ce qui n'empêche pas une enquête de la Gestapo qui dure 3 ans, le dernier interrogatoire de sa mère, contrainte de renier son fils, datant d'.
Destin après la désertion Envoyé à Moscou et présenté comme un héros, il est au centre d’une propagande. Des articles de La Pravda et des Izvestia du publient son appel : Des tracts destinés aux soldats de la Wehrmacht leur exhortant de se rendre sont imprimés en son nom :
En , il est chargé avec les services de la propagande auprès des rares prisonniers allemands. Il n’existe aucune information sur son sort après 1941. Il aurait peut-être été exécuté ou envoyé dans un camp du Goulag.
Cinéma
En 1977 le film de Joseph Losey,sur un scénario de Jorge Semprun, Les Routes du sud, évoque dans la mémoire d'un communiste espagnol, interprété par Yves Montand, peu après la mort de Franco, le stalinisme sous le signe d'un soldat communiste allemand qui déserta son armée juste avant le 22 juin 1941 pour informer les autorités soviétiques de l'agression à venir. Jorge Semprun et Joseph Losey l'ont appelé "le soldat Korpik". Ils le présentent comme ayant été fusillé par l'armée rouge sur ordre de Staline. Plusieurs scènes nous le montrent sur le peloton d'exécution en train de jurer de sa bonne foi. Les auteurs l'ont peut-être confondu avec l'un des quatre autres soldats allemands qui furent les semaines ou les jours précédents, fusillés pour ces mêmes raisons.
Articles connexes Opération Barbarossa Références
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