María del Pilar Alegría Continente (), née le à La Zaida (province de Saragosse), est une femme politique espagnole membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).
Elle siège une première fois au Congrès des députés entre et , et devient en la « numéro deux » de Javier Lambán à la direction du PSOE d'Aragon. En , après qu'elle a été élue aux Cortes d'Aragon, ila la nomme conseillère à l'Innovation, à la Recherche et à l'Enseignement supérieur. Elle postule quatre ans plus tard à la mairie de Saragosse mais une alliance de la droite et de l'extrême droite l'empêche d'y accéder.
Initialement proche de Javier Lambán, porte-parole de Susana Díaz lors de la primaire socialiste de 2017, elle se rapproche peu à peu de Pedro Sánchez, qui la nomme en déléguée du gouvernement en Aragon puis ministre de l'Éducation en , porte-parole nationale du PSOE entre et , et porte-parole du gouvernement en .
En , elle accède au secrétariat général du PSOE d'Aragon en remplacement de Javier Lambán, dont elle était depuis plusieurs années la candidate à la succession favorite de la direction nationale. Elle se présente donc comme chef de file aux élections autonomiques anticipées du 8 février 2026, où elle prend la deuxième place avec l'un des plus mauvais résultats du PSOE régional.
Vie privée et formation María del Pilar Alegría Continente naît le . à La Zaida., dans la province de Saragosse. Elle est mère d'un enfant..
Elle accomplit ses études secondaires dans un collège de Fuentes de Ebro. Elle est diplômée en sciences de l'éducation, spécialisée dans l'enseignement primaire, de l'université de Saragosse, et titulaire d'un master en éducation sociale de l'université complutense de Madrid. Elle n'a jamais enseigné devant des élèves..
Elle adhère à l'Union générale des travailleurs (UGT) au cours de ses études universitaires, à la fin des années 1990, puis elle rejoint le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Elle travaille ensuite comme technicienne de formation au sein de la Fédération des industries et activités associées (FIA) de l'UGT d'Aragon..
Vie politique Députée aux Cortes Generales Pilar Alegría devient ensuite directrice de cabinet au département de l'Éducation de la députation générale d'Aragon et coordonnatrice du département de l'Éducation de la commission exécutive fédérale du PSOE, travaillant dans ces deux cas aux côtés d'Eva Almunia..
À l'approche des élections générales du 9 mars 2008, elle est investie en deuxième position sur la liste de la circonscription de Saragosse, derrière le député sortant , conformément à l'objectif poursuivi par le parti de combiner renouvellement des générations et expérience parlementaire. Élue au Congrès des députés, elle devient peu après membre de la commission exécutive fédérale du PSOE et y siège quatre ans.. La secrétaire à l'Organisation Leire Pajín, en poste entre et , fait d'elle son adjointe et lui confie des missions purement politiques et logistiques..
À l'approche des élections générales anticipées du 20 novembre 2011, elle est investie à la première place de la candidature socialiste dans la province de Saragosse, étant la seule à étrenner cette position parmi les têtes de liste du PSOE aragonais.. À la suite de la lourde défaite du PSOE, elle fait partie des neufs dirigeants de la « jeune génération » interrogés par El País sur l'avenir et les erreurs du Parti socialiste avec Susana Díaz, Emiliano García-Page, Óscar López, César Luena, Eduardo Madina, Juan Moscoso, Leire Pajín et Laura Seara..
Elle est désignée le secrétaire à l'Éducation de la commission exécutive régionale du Parti des socialistes d'Aragon-PSOE.. Lors de l'élection primaire du congrès extraordinaire du PSOE de juillet 2014, elle apporte son soutien à Eduardo Madina, finalement battu par Pedro Sánchez.. Quelques jours après ce conclave, le secrétaire général du PSOE d'Aragon, Javier Lambán, lui confie, comme convenu depuis plusieurs semaines, le poste de secrétaire à l'Organisation à la suite de la démission, annoncée en privé, d'Eva Sáenz. Faisant de Pilar Alegría la « numéro deux » du parti au niveau régional, il s'appuie sur sa solide expérience dans la structure nationale tout en s'inscrivant dans l'ère de rénovation ouverte avec le congrès extraordinaire..
Conseillère du gouvernement d'Aragon Dans la perspective des élections aux Cortes d'Aragon du 24 mai 2015, le chef de file socialiste Javier Lambán investit Pilar Alegría en deuxième position sur la liste qu'il conduit dans la circonscription de Saragosse, dans un mouvement plus large de profond renouvellement du groupe parlementaire socialiste..
Élue députée d'Aragon, elle démissionne du Congrès le et cède son mandat à Ignacio Magaña.. Le suivant, elle prête serment comme conseillère à l'Innovation, à la Recherche et à l'Enseignement supérieur d'Aragon dans le premier gouvernement formé par Javier Lambán.. À ce poste, elle obtient notamment que l'ensemble des groupes parlementaires des Cortes souscrivent à un pacte pour la science, et conclut un accord pour le financement de l'université de Saragosse qui prévoit un apport de d'euros sur cinq ans à partir de .
Lors de la primaire pour le du PSOE, en , elle occupe les fonctions de porte-parole de la candidature de Susana Díaz et dépose avec Eduardo Madina les parrainages militants en faveur de celle-ci au siège national du PSOE, rue de Ferraz à Madrid.. Le scrutin se solde néanmoins par la victoire de Pedro Sánchez. Elle abandonne en suivant ses fonctions de secrétaire régionale à l'Organisation. pour intégrer le comité fédéral..
Tête de liste en 2019 à Saragosse Soutenue par Javier Lambán, Pilar Alegría annonce le qu'elle se présente à l'élection primaire pour la désignation de la tête de liste du PSOE aux élections municipales du à Saragosse.. Elle remporte le premier tour de scrutin le avec 49 % des suffrages exprimés, devançant de vingt points sa principale concurrente Carmen Dueso, qui renonce à être présente au second tour, ce qui permet à Pilar Alegría d'être proclamée tête de liste par son parti cinq jours plus tard.. vignette|gauche|La liste de Pilar Alegría arrive en tête aux municipales de à Saragosse. En , elle s'oppose à Javier Lambán sur la composition de la liste des candidats socialistes au conseil municipal et signe un document actant son rejet de la candidature approuvée à une très large majorité par le comité régional du PSOE Aragon après avoir rejeté la proposition de compromis exprimée par le secrétaire général provincial.. Le comité fédéral du accède à la requête de Pilar Alegría et réorganise les premiers postes de la liste, afin que les trois premiers après elle soient issus de son groupe de proches, ce qui déplace le titulaire de la deuxième place à la cinquième position.. Ce désaccord marque la première rupture entre Javier Lambán et Pilar Alegría, ainsi que le premier rapprochement entre celle-ci et Pedro Sánchez.
Le jour du scrutin, elle vire en tête avec 27,7 % des voix et 10 conseillers municipaux sur 31.. Elle ne peut néanmoins accéder à la mairie de la capitale aragonaise en raison de la conclusion d'un accord entre le Parti populaire (PP), Ciudadanos (Cs) et Vox qui permet l'investiture de Jorge Azcón lors de la séance d'installation du conseil municipal le avec l'exacte majorité absolue des voix.. Elle avait pourtant convenu avec les responsables locaux de Ciudadanos de former une majorité avec leurs conseillers municipaux, mais cette entente a été désavouée par la direction nationale de ce parti au profit du pacte favorable à Jorge Azcón..
Déléguée du gouvernement Alors qu'elle est désormais porte-parole du groupe municipal socialiste, Pilar Alegría est nommée le déléguée du gouvernement en Aragon par le Conseil des ministres que préside Pedro Sánchez, une décision que ce dernier n'a pas concerté avec Javier Lambán. Cette absence de consultation scelle définitivement la séparation entre le secrétaire général du PSOE d'Aragon et son ex-numéro deux et marque l'établissement d'une proximité avec le dirigeant national. Elle avait précédemment refusé la proposition du ministre de la Science Pedro Duque de devenir secrétaire d'État à la Recherche.. Bénéficiant d'une confiance toujours plus forte de la direction du parti à Madrid, Pilar Alegría est perçue selon El Confidencial comme une successeure potentielle de Javier Lambán, personnalité critique de Pedro Sánchez et son équipe.
Dans la perspective de l'organisation en du fédéral du Parti socialiste ouvrier espagnol, la commission exécutive fédérale du l'inclut parmi les rapporteurs thématiques de la motion politique, lui confiant le travail autour de l'éducation, de l'enseignement supérieur, de la culture et des sports.. Avec les deux coordonnatrices de la rédaction de la motion, cette équipe de douze rapporteurs est perçue au sein du parti comme l'embryon de la future commission exécutive qui sera formée à l'issue du conclave socialiste.. Le , elle est effectivement élue membre sans délégation () de la commission exécutive.. Selon El Periódico de Catalunya, elle intègre avec Isabel Rodríguez la réserve du parti, toujours dans l'optique qu'elle succède à Javier Lambán en cas de défaite de celui-ci aux prochaines élections autonomiques..
Ministre de l'Éducation et de la Formation professionnelle vignette|Pilar Alegría est nommée ministre de l'Éducation en . Le , Pedro Sánchez annonce un important remaniement ministériel à l'occasion duquel Pilar Alegría est nommée ministre de l'Éducation et de la Formation professionnelle en remplacement d'Isabel Celaá.. Elle est assermentée deux jours plus tard au palais de la Zarzuela devant le roi et évoque dans sa promesse de garder le secret des délibérations du à l'instar de plusieurs de ses collègues, alors que la formule consacrée évoque uniquement le ()..
À l'occasion du Conseil des ministres du suivant, elle présente le projet de loi relatif à la formation professionnelle, qui fusionne l'apprentissage et la formation continue dans un seul système reposant largement sur la formation par alternance et institue des passerelles entre les enseignements ainsi dispensés et ceux de l'université. L'objectif affiché du ministère de l'Éducation est d'y consacrer 5,4 milliards d'euros et de multiplier par plus de dix le nombre d'Espagnols ayant recours à la formation professionnelle sur les quatre années qui suivent...
Le projet de loi est approuvé par le Congrès des députés le suivant, par 171 voix pour, 87 contre et 72 abstentions, obtenant le soutien de Ciudadanos (Cs), du Parti nationaliste basque (EAJ/PNV) et d'Euskal Herria Bildu (EH Bildu), tandis que le Parti populaire (PP) vote finalement contre.. Ayant refusé les 300 amendements déposés, le Sénat l'adopte définitivement le , avec l'appui des mêmes forces politiques et le vote contre du seul PP..
Après que la vice-secrétaire générale du PSOE, Adriana Lastra, a annoncé sa démission, le journal en ligne ElDiario.es révèle, le , que le secrétaire général, Pedro Sánchez, a l'intention de nommer Pilar Alegría au poste de porte-parole du parti, en remplacement de Felipe Sicilia, promu par Lastra en son temps.. La radio Cadena SER confirme cette information quelques heures plus tard.. Le , le comité fédéral du PSOE ratifie ce remaniement de la direction à l'unanimité, sans que Pedro Sánchez n'ait fourni d'explications à son sujet.. vignette|Pilar Alegría est nommée porte-parole du gouvernement en 2023.