Poncé Gaudissard, né le à Marseille et mort le au centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan, est un assassin et violeur en série français.

Gaudissard a été mêlé à deux doubles assassinats, perpétrés en 2001 et 2003, ainsi qu'un viol, en 2004. Il n'a, cependant, pas été poursuivi pour les faits de 2001.

Arrêté le , Gaudissard a été confondu par son mode opératoire et son passé judiciaire (de multiples viols et agressions sexuelles, qu'il a commis entre 1973 et 1994). Placé en détention provisoire, Gaudissard a été condamné à trente ans de réclusion criminelle assortie d'une période de sûreté de vingt ans, en .

Cependant, après avoir fait appel, il a été rejugé en . Au terme du procès en appel, sa condamnation a été alourdie en réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans. La dangerosité de Gaudissard a été estimée par les jurés, qui avaient la certitude que Gaudissard était également l'auteur du double crime de et qu'il s'apprêtait à commettre la même chose sur sa belle-sœur, en .

Il a manqué de peu d'être mis hors de cause, l'ADN ayant fait l'objet d'une erreur de manipulation.

Biographie Jeunesse Poncé André Laurent Gaudissard est né le à Marseille. Il est le deuxième d'une fratrie de quatre enfants. Sa mère est femme au foyer et son père est garagiste ; alcoolique, ce dernier est violent envers sa femme et ses enfants. La famille Gaudissard est décrite comme étant une famille modeste.

Durant son enfance, Gaudissard réside, avec sa famille, dans un petit appartement de Marseille. Il est également victime d'une agression au couteau perpétrée par son propre père. Le comportement de ce dernier, à l'égard de sa famille, génère en retour une violence similaire de la part des enfants Gaudissard, au point que Poncé finisse par frapper son père à coups de chaise.

Au début des années 1970, Gaudissard cesse de redouter toute punition ou contrainte exercée par son père.

Premiers actes criminels En 1973, à 17 ans, Gaudissard pénètre chez sa voisine, une jeune femme de 21 ans, mère d'un nourrisson. Gaudissard se cache derrière la porte de la chambre et se jette sur la jeune femme, avant de l'emmener dans la salle de bain et de commettre des attouchements. Entre-temps, le biberon, préparé par la jeune mère de famille, explose par surchauffe et Gaudissard, surpris par la déflagration, prend la fuite et rentre chez ses parents. La voisine, connaissant bien le jeune Poncé, ne porte pas plainte, mais ce dernier est dénoncé à ses parents et reçoit une gifle par son père.

En 1976, à l'âge de 20 ans, il s'introduit au domicile de la femme de son employeur et tente de la violer. Elle le raisonne et il renonce. Gaudissard travaille comme facteur durant plusieurs années. Il entretient des fantasmes d'agression à l'égard d'autres jeunes femmes qu'il croise au cours de ses tournées.

En 1979, âgé de 23 ans, Gaudissard agresse une concierge d'immeuble, alors qu'il livrait le courrier. Armé d'un couteau, Gaudissard s'introduit chez la concierge et se jette sur elle. Il est cependant surpris par le bruit de la sonnette de la résidence, qui résonne au moment de l'agression. Il s'enfuit mais finit par être rattrapé. Il effectue son premier séjour en prison. Gaudissard est jugé par le tribunal correctionnel et condamné à un an de détention dont quatre mois ferme, au terme desquels il est libéré .

En 1980, quelques mois après sa libération, Gaudissard harcèle sa victime par téléphone. Il n'est, cependant, pas inquiété pour ces faits.

Jusqu'en 1985, Gaudissard continue également de harceler sa première victime (sa voisine de 1973), afin de se venger de la gifle qu'il avait reçue de son père au moment de l'agression. Malgré les plaintes répétées du compagnon de la victime et la venue des gendarmes sur les lieux, Gaudissard continue ses menaces sans relâche. Il ne s'arrêtera qu'après avoir harcelé cette victime durant douze ans. C.est en 1985 aussi que Gaudissard se marie et devient père de famille. Il semble alors s'être réinséré dans la société et mène une vie stable pendant neuf ans.

En 1994, Gaudissard pénètre chez l'une de ses voisines, puis se jette sur elle et l'asperge de gaz. Gaudissard viole sa voisine à plusieurs reprises et la séquestre, avant qu'elle ne s'échappe. Après le départ de Gaudissard, sa voisine porte plainte contre lui, pour viol et séquestration. Arrêté quelques jours plus tard, Gaudissard est mis en examen pour viol et séquestration, puis placé en détention provisoire. Il a alors 38 ans.

En 1995, Gaudissard est jugé pour le viol de sa voisine et condamné à dix ans de réclusion criminelle.

Libération et affaire de harcèlement En 2000, Gaudissard est libéré de prison, après six ans de détention. Il est âgé de 44 ans.

En 2001, soit peu après sa libération, Gaudissard manifeste du mépris à l'égard de ses belles-sœurs. Il les harcèle par téléphone, comme il l'avait fait pour l'une de ses anciennes victimes. Il n'est, cependant, pas inquiété pour ces faits, étant un de la famille. Il est alors libre et sans suivi judiciaire.

En , après avoir trouvé un emploi dans une compagnie d'autobus d'Aix-en-Provence, Gaudissard fait la connaissance de la nouvelle secrétaire, Audrey d'Amato, à peine âgée de 23 ans, qui sera l'une de ses victimes par la suite (elle sera assassinée moins de deux ans plus tard). Durant cette période, Gaudissard se met également à côtoyer de manière régulière son oncle Laurent Gaudissard, 67 ans, ainsi que sa fille, Sabine Gaudissard, âgée de 34 ans, sa cousine.

L'incident de Villeneuve-lès-Avignon Le , au soir, un incident à lieu à Villeneuve-lès-Avignon, au domicile de l'oncle, Laurent Gaudissard, avec qui habite sa fille Sabine. Cette nuit-là, Laurent est violemment frappé à la tête et mutilé à vingt-quatre reprises, à l'aide d'un couteau qui ne sera jamais retrouvé. Sabine est pendue à la rampe des escaliers à l'aide d'un câble électrique. Le domicile est ensuite incendié et les deux cadavres sont brûlés. La version des enquêteurs (après l'arrestation de Gaudissard en 2004) est que Gaudissard s'est acharné sur son oncle avant de tuer sa cousine par pendaison. Le double meurtre aurait pour raison un différend avec son oncle, lequel a fait office de « cible n° 1 ».

Le , Gaudissard appelle le numéro de téléphone de son oncle et de sa cousine, sans doute dans le but de se couvrir. Sabine et Laurent étant injoignables, Gaudissard se rend chez eux et prétend découvrir la fumée se dégageant de la maison. Il prévient les pompiers qui, à leur arrivée, enfoncent la porte d'entrée, qui était fermée à clé. Les corps sans vie de Laurent et Sabine sont retrouvés dans les décombres. À l'arrivée des gendarmes, Gaudissard est interrogé en tant que témoin. Il n'est pas soupçonné à ce moment-là.

Les morts de Sabine et Laurent sont classées comme étant un parricide, suivi de suicide. Selon cette théorie, Sabine aurait assommé son père puis l'aurait mutilé, avant de mettre le feu à la maison à l'aide d'un chandelier, avant de se suicider par pendaison à l'aide d'un câble électrique. Aucun soupçon ne se porte alors sur Gaudissard. Bien qu'il ait un passé de délinquant sexuel, Gaudissard n'est pas fiché comme étant un assassin. Après ces constatations, les scellés et indices du crime sont détruits.

En , Gaudissard apprend, sur son lieu de travail, qu'Audrey d'Amato vient de découvrir son passé judiciaire. Il sait qu'il risque le licenciement si Audrey le dévoile à son employeur, ou qu'un quelconque salarié de l'entreprise d'autobus le découvre à son tour. Gaudissard est contraint de payer des indemnités à sa victime de 1994 qu'il ne parvient déjà pas à honorer. L'hypothèse d'un futur licenciement le mettrait dans une situation financière plus grave encore.

Double homicide de Meyrargues Dans la soirée du , Chantal d'Amato, 53 ans, sort de son domicile de Meyrargues, afin de promener son chien. Lors de ses sorties, elle ne ferme jamais sa porte à clé. Entre-temps, Gaudissard entre dans la maison. Vers 22 h30, Chantal d'Amato arrive à son domicile et Gaudissard se jette sur elle, avant de l'entraîner dans sa chambre. Il la ligote puis la roue de coups. Gaudissard lui bande les yeux, à l'aide de sparadrap. Ce n'est qu'à 23 heures que sa fille, Audrey d'Amato, 24 ans, arrive à son tour au domicile, après avoir passé le week-end chez son petit ami. À l'arrivée de la jeune femme, Gaudissard se jette sur elle, puis l'entraîne également dans sa chambre. Gaudissard la ligote puis lui bande également les yeux, à l'aide de son sparadrap. Gaudissard s'acharne sur Audrey et mutile son visage de vingt-neuf coups de couteau. Elle meurt de manière instantanée. À la suite de la mort d'Audrey, Gaudissard entre de nouveau dans la chambre de Chantal puis la tue par égorgement, à l'aide de son couteau. À la suite du double assassinat, Gaudissard incendie le domicile de ses (nouvelles) victimes. Il ferme la porte à clé, ainsi que les volets, avant de prendre la fuite.

Le , en fin de matinée, Christine Maréchal, une amie de Chantal d'Amato, s'inquiète qu'elle et sa fille ne répondent pas à ses appels téléphoniques. Elle contacte alors le compagnon de Chantal, préoccupé lui aussi par son absence et celle de sa fille sur leurs lieux de travail. Intrigué, il se rend à leur domicile. À son arrivée, il découvre que la porte et les volets sont fermés à double tour. Il prévient alors les pompiers, qui arrivent sur les lieux quelques minutes plus tard. Arrivés sur les lieux, ils constatent que de la fumée sort des volets et décident d'enfoncer la fenêtre. À la vue de vagues de fumée, ils décident d'appeler des renforts, qui éteignent le feu à leur arrivée, et découvrent les cadavres calcinés de Chantal et Audrey d'Amato. Une autopsie a lieu et démontre que les deux victimes ont été tuées avant que leurs corps ne soient brûlés. Le commandant Daniel Bianco ouvre une enquête pour double assassinat. A l'heure de la découverte des corps, Gaudissard passe en voiture devant la maison de ses victimes. Il s'arrête une dizaine de secondes, avant de continuer son chemin pour se rendre sur son lieu de travail.

Mi-, l'enquête se base sur l'hypothèse que l'assassin connaissait les victimes, du fait de l'acharnement qu'Audrey a subi. Gaudissard n'est cependant pas la seule personne que la jeune femme côtoyait avant sa mort. L'enquête s'intéresse, en premier lieu, au petit ami d'Audrey et à l'ex-compagnon de Chantal. Placés en garde à vue, ils sont cependant innocentés, car l'ADN trouvé dans les décombres n'est pas le leur. Les traces d'ADN retrouvées sur la scène du crime sont alors comparées avec les fréquentations des deux victimes.

En , Gaudissard est convoqué à son tour, afin de subir un prélèvement ADN. Il confirme avoir connaissance du double meurtre, mais se dit totalement étranger aux faits. Suite à ce court interrogatoire, l'ADN de Gaudissard est prélevé. Il ressort libre du commissariat, sans que ses antécédents judiciaires soient connus des gendarmes. L'analyse ADN le disculpera en apparence. Celui retrouvé sur la scène du crime n'est pas le sien. Il reste donc cette fois encore insoupçonné.

De à , de nouveaux prélèvements ADN sont établis, mais l'enquête n'aboutit pas.

Rechute criminelle et rapprochement avec l'affaire de Meyrargues