La chapelle saint Quido ou sant Guido, située à Larvor (Loctudy), dans l'ancienne paroisse de Plonivel, est un monument religieux finistérien du .
Un saint Quido insaisissable gauche|vignette|La procession des saints de Bretagne (1871-1876), ici la fresque des saints cornouaillais, avec au premier rang saint Corentin. Ce saint méconnu, fêté le mais à l'origine en novembre, et confondu avec saint Guy, apparaît au XVIe siècle dans le bréviaire latin Breviarum Corisopitensis (daté de 1510, aujourd'hui conservé à la bibliothèque des Bollandistes de Bruxelles), sous le nom latinisé de Quidavus : De sancto quidavo episcopo totum de communi. Son culte à la chapelle, la seconde de la paroisse de Plonivel, n'est pas exclusif : la chapelle de Languidou, du XIIIe siècle, témoigne également de sa présence en Bretagne sud. Assimilé à un certain Citaw (en gallois Ceidio, trois saint outre-manche portant ce nom) par Bernard Tanguy et Joseph Loth, Joseph Le Jollec suppose en 1952 que :
En 1922, François Duine, dans l'Inventaire liturgique de l'hagiographie bretonne rapproche Citaw de Citiaw (un compagnon de saint Corentin dans la vita sancti Chorentini ?) et dénombre de nouveaux lieux de cultes à Plouguer (Saint-Quijeau), Poullaouen et Lanvénégen. Il apparaît également sous le nom de Kideau.
Ainsi, la chapelle de Saint-Quido de Loctudy se retrouve parfois orthographiée Saint-Guido ou Saint-Guidou.
Le monument
Histoire Jacques Banalec rapporte que le site, fondé par les barons du Pont et confié aux Carmes du Pont-l'Abbé, fut bâti pour l'édification des fidèles d'une zone marginalisée (en témoigne le toponyme de Palue du Cosquer, se référant à un marécage salant (Palud) et à d'éventuelles ruines (Kozhker).
La chapelle, à l'origine complémentaire de celle de Plonivel à deux kilomètres au nord-ouest, est cependant rapidement abandonnée et, au , il faut la rénover pour éviter sa désaffectation.
La révolution française la vend comme bien national le au citoyen Guillaume Calvez, également propriétaire de monuments religieux à Saint-Tugdual et de la chapelle de Porz-Bihan en Loctudy, décidé à les rendre au culte mais elle reste longtemps abandonnée. Le XIXe siècle apporte son lot de difficultés avec des vents violents à la Chandeleur et à la fête des Rameaux 1836.
Elle est une nouvelle fois restaurée au XXe siècle, après sa cession à la commune de Loctudy, notamment la toiture et les abords. La chapelle actuelle se situe donc sur le site religieux de la chapelle du XIVe siècle et elle est composée de la chapelle restaurée au , d'un calvaire et d'une fontaine.
Description
Extérieur La chapelle, qui possède le triptyque traditionnel des monuments religieux bretons (chapelle, calvaire, fontaine) est rectangulaire avec abside orientale, correspondant au chœur. La sacristie lui adjoint un léger appendice au nord et son clocher original (clocheton à dôme) est typique de l'architecture sacrée bretonne du siècle.
Le calvaire, situé au sud-ouest, était le lieu des rassemblements populaires après les cérémonies ; un officiant, au sommet des marches, clôturait les pardons par des prières.
La fontaine du placître, autrefois jugée capable de soigner les rhumatismes. Ce monument possède un fronton cintré et contient une statuette du saint. Elle est dédiée au saint local et avait fait naître une tradition : la chemise du malade était trempée dans son eau dans l'espoir d'une guérison rapide. Elle est flanquée d'une auge en pierre dans laquelle saint Quido aurait traversé la Manche et d'un bénitier à pied, à qui on attribuait le pouvoir de soigner les fidèles frottant leurs pieds sur le fût de l'objet.
Intérieur La toiture, en forme de coque de bateau renversée, se retrouve dans la chapelle de Plonivel, qui lui est plus ou moins contemporaine. Dotée d'une entrée au sud et d'une autre à l'ouest (la "grande porte"), on peut y voir un bénitier du gravé de trois poissons, se référant à la multiplication des pains et des poissons (Math. 14,14-21 et 15,32-38). Toujours du côté ouest de la chapelle, un ex-voto (une maquette du bateau Le Saint-Jacques) et une bannière de procession décorent les murs. Quelques inscriptions en breton sur ladite bannière témoignent de l'activité du lieu depuis des siècles :
Quelques statues viennent se joindre à la décoration plutôt sobre du monument : deux effigies en bois polychrome de saint Quido en grand costume d'évêque du et inscrites au titre des Monuments historiques, l'une grande. (Saint-Quido braz) et l'autre plus petite. (Saint-Quido bihan) ; un christ en croix en bois polychrome du inscrit au titre des Monuments historiques. ; une vierge à l'enfant en bois polychrome du portant le globe et soutenant un oiseau, inscrite au titre des Monuments historiques. ; une deuxième vierge à l'enfant plus contemporaine.
Le pardon Le troisième dimanche de septembre, le pardon annuel est célébré : à cette occasion, les bannières sont sorties et l'office est suivie d'une procession jusqu'à la cale du port de Larvor, où l'officiant bénit la mer en hommage aux marins disparus dont ceux du Bugaled Breizh.
Articles connexes Liste des monuments historiques du Finistère Chapelle de Languidou
Notes et références
Bibliographie
Liens externes
Loctudy