Jean Marie Philibert alias René Desvignes, né le à Saint-Léger-sous-Beuvray et mort le à Gardelegen, est un gendarme et résistant mort pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale lors du massacre de Gardelegen.
Famille Jean Marie Philibert dit René Desvignes naît le Archives départementales de Saône-et-Loire à Saint-Léger-sous-Beuvray. Il est le fils de François Desvignes, cordonnier et de Valérie Reboulet, lavandière. Son père, qui a été blessé alors qu'il servait au régiment d'infanterie d'Autun durant la Première guerre mondiale, meurt prématurément le .
Il commence sa carrière comme cordonnier à Saint-Léger-sous-Beuvray à la suite de son père. Il y rencontre Mathilde Gabrielle Demizieux qu'il épouse le à Poil. De cette union naissent deux garçons et deux filles.
Entrée dans la gendarmerie René Desvignes entre dans la garde républicaine mobile en 1937Cahier d'élève garde daté de l'année 1937 (archives familiales) et participe notamment à une opération de maintien de l'ordre en Tunisie d'avril à .
Seconde Guerre mondiale
Campagne de 1939-1940 Il participe à la Bataille de France dans une unité combattante. Fait prisonnier, il est interné en Suisse le et libéré le . gauche|vignette|René Desvignes (à gauche) emprisonné à Lucerne en 1940 Retour en France et entrée dans la Résistance À sa libération, la garde républicaine mobile a été dissoute. Il entre donc dans la gendarmerie départementale (« la blanche ») et est envoyé à la brigade d'Orgelet.
Patriote ardent, il entre dans la Résistance qui est très active dans le Jura durant l’Occupation.
Albert Collome, chef de secteur de la Résistance d'Orgelet indique que René Desvignes a servi .
Son camarade de la brigade d'Orgelet Jean Gousset le décrit comme « un bon Résistant » et ajoute que .
Déportation
Arrestation par la Gestapo Le le pays est cerné par les hommes de la Gestapo de Lyon dont le chef est Francis André. Il est dénoncé et arrêté par 5 hommes en civil le 15Arolsen archives / International Center on Nazi Persecution.
D'abord emprisonné à Montluc, il est envoyé à Paris où il est interrogé par le Befehlshaber der Sicherheitspolizei (BdS) qui décide de le déporter.
Déportation en Allemagne Transféré à Compiègne, il reçoit le matricule 51 688 et part le dans le convoi . Dans ce train sont entassés , presque tous français. La moitié sont des Résistants, les autres sont des victimes de rafles de représailles. meurent durant le trajet.
Le convoi arrive à Buchenwald le . Desvignes reçoit le triangle rouge des déportés politiques (Schutzhaft, politisch) et est placé dans une des quelques tentes qui ont été dressés et qui ont pris le nom de « petit camp ». Le , le médecin du camp le déclare apte au travail et au transport.
Le , il est déplacé au village d'Ellrich où il est affecté au kommando de la « IV. SS-Baubrigade » (« bloc 17 »). À Ellrich, les prisonniers étaient logés dans une ancienne auberge appelée « Bürgergarten ». Ces déportés sont forcés de travailler sur les chantiers de construction de la ligne de chemin de fer « Helmetalbahn ». Le , la IV. SS-Baubrigade est rattachée à Mittelbau-Dora.
Mort Lorsque les camps de Dora sont évacués au début d’, il est placé avec des milliers de détenus faibles et invalides ainsi que des détenus juifs dans un train censé les emmener au Nord de l’Allemagne. Toutefois, des raids aériens font changer le convoi de direction à plusieurs reprises.
Le train finit par arriver dans la ville de Mieste, à de Gardelegen. Les prisonniers arrivent au petit matin du dans cette ville. Y sont regroupés des prisonniers provenant de divers sous-camps de Mittelbau-Dora et du camp de Hanovre-Stöcken, Ils sont enfermés dans la « Remonteschule », une caserne de cavalerie.
Dans la soirée du , ils sont déplacés à la périphérie de la ville. Plus de , dont René, sont enfermés dans une grange du domaine d'Isenschnibbe (« Isenschnibber Feldscheune »). Les SS, avec l’aide des soldats de la Wehrmacht, des « Reichsarbeitsdienst », des membres du « Volkssturm » et d’autres organisations nationales-socialistes y mettent le feu et tirent sur les prisonniers qui tentent de s’échapper. Georges Cretin, un des seuls rescapés de ce massacre rapporte que René est grièvement blessé par une balle et s'effondre en criant « Vive la France ! ».
Le 15, les soldats américains de la 102e division d'infanterie qui découvrent les ruines de la grange et le millier de cadavres. Ils obligent les habitants à défiler devant les corps et à donner une sépulture convenable aux victimes. Le corps de René est identifié grâce à son matricule, Georges Cretin ajoute que son visage n'est pas brûlé.
Il est d'abord inhumé au cimetière de Gardelegen entre le 21 au , tombe A 102, rangée . Après les recherches menées pour retracer sa captivité, sa dépouille est rapatriée plusieurs années après sa mort.
Reconnaissance Sa dépouille rapatriée reçoit les honneurs militaires : un discours est prononcé par le capitaine Cloiseau commandant la brigade du Creusot devant des délégations de gendarmes venues d’Autun, d’Étang, de Lucenay, d’Epinac et la brigade de Saint-Léger au complet.
Distinctions René Desvignes a reçu les décorations suivantes :
avec une étoile de vermeil et une palme de bronze ;
.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Massacre de Gradelegen
Liens externes
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