Traditionis custodes (Gardiens de la tradition) est une lettre apostolique sous forme de motu proprio publiée par le pape François le . Elle a annulé l'élargissement, effectué par Benoît XVI en 2007, des conditions de célébration de la messe selon l'édition 1962 du Missel romain (appelée « rite tridentin »). Traditionis custodes est accompagné d'une lettre aux évêques catholiques du monde.
Contexte
Le motu proprio Summorum Pontificum de 2007 avait déclaré que la messe tridentine n'avait jamais été abolie et que des fidèles, assemblés en groupe stable, pouvaient légitimement demander qu'elle soit dite dans leur diocèse. C'est dans ce motu proprio que le pape avait qualifié la messe tridentine de « forme extraordinaire du rite romain ».
Enquête auprès des évêques
En la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) lance à la demande du pape François une enquête auprès des conférences épiscopales sur la messe tridentine.. La Conférence des évêques de France avait envoyé à la CDF une synthèse des résultats ; cette synthèse avait fuité dans la presse en ..
En , un document, dont le pape François avait interdit la divulgation, fait l'objet d'une fuite et est diffusé par , une journaliste américaine proche des milieux traditionalistes. Il montrerait que la majorité des évêques ayant répondu à cette enquête étaient satisfaits de Summorum Pontificum qui permettait la coexistence des formes ordinaire et extraordinaire dans leurs diocèses, contrairement à ce que le pape François avait affirmé en 2021.... Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, . Selon lui, .....
Contenu thumb|upright=1.4|Messe selon la messe de Paul VI. La lettre apostolique est divisée en 8 articles.. Le motu proprio Traditionis custodes abroge le motu proprio Summorum Pontificum de ..
Article 1 Dans la lettre apostolique, François écrit comme premier article que les livres liturgiques publiés par les papes et après sont ..
Article 2 Le deuxième article dispose qu'il est de la « compétence exclusive » d'un évêque diocésain d'autoriser l'utilisation du Missel romain de 1962 dans son diocèse « selon les directives du Siège apostolique »..
Article 3 Une autre mesure est que doit .
De plus, l'évêque doit , à l'exclusion des églises paroissiales et sans ériger de nouvelles paroisses personnelles, où les fidèles adhérents de ces groupes pourront se réunir pour célébrer la messe.
L'évêque diocésain doit également fixer et s'assurer que les lectures sont .
De plus, l'évêque diocésain doit désigner un prêtre dûment formé, comme son délégué, pour accomplir la messe tridentine et superviser les groupes qui la pratiquent. Le prêtre doit être apte à assumer cette responsabilité, être familiarisé avec la messe tridentine et avoir une compréhension suffisante du latin .. Il doit aussi . .
L'évêque diocésain doit également .
L'évêque diocésain ne doit pas . LAssociated Press paraphrase : ..
Articles 4 et 5 Les prêtres ordonnés après la publication du motu proprio qui souhaitent célébrer des messes selon le Missale Romanum de 1962 doivent adresser une demande formelle à l’évêque diocésain. Si l’évêque veut l'accepter, il lui faut demander l'autorisation requise préalablement au Saint-Siège.
Les versions initiales du motu proprio disaient que l’évêque « consultera » le Siège apostolique. Le texte définitif en latin, qui est le texte officiel de référence, dit : « a Sede Apostolica licentiam rogabit »; et la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a déclaré : « Il ne s’agit pas d’un simple avis consultatif, mais d’une autorisation nécessaire donnée à l’évêque diocésain par la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements […] Ce n’est qu’après avoir reçu cette licence que l’évêque diocésain pourra autoriser les prêtres ordonnés après la publication du Motu Proprio () à célébrer avec le Missale Romanum de 1962. Cette norme a pour but d’aider l’évêque diocésain à évaluer une telle demande : son discernement sera dûment pris en compte par la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements».
Les prêtres qui célèbrent déjà à l'aide du Missel romain de 1962 .
Articles 6 et 7 Les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique qui ont été établis par la Commission pontificale Ecclesia Dei relèvent désormais de la juridiction de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique (CIVCSVL).
Tant la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique que la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements « pour les questions de leur compétence particulière, exercent l'autorité du Saint-Siège en ce qui concerne l'observation de ces dispositions », a déclaré le pape ; cela signifie que les demandes doivent être adressées à ces deux dicastères et que ces deux dicastères exercent l'autorité du Saint-Siège pour surveiller ces dispositions.
Article 8 et effet Le dernier article de la lettre apostolique stipule : « Les normes, instructions, autorisations et coutumesTerme juridique technique en droit canon (Code de droit canonique, canons 23-28). antérieures qui ne sont pas conformes aux dispositions du présent Motu proprio sont abrogées.
Les dispositions de la lettre apostolique entrent en vigueur immédiatement.
Lettre d'accompagnement Le pape François a également publié une lettre aux évêques du monde expliquant sa décision, tout comme l'avait fait avec Summorum Pontificum..
Les interventions de et
Dans la lettre accompagnant le document, François explique que les concessions accordées par ses prédécesseurs et pour l'utilisation du Missel romain de 1962 étaient avant tout : c'était dans « l'intention ecclésiale de restaurer l'unité de l'Église » que Jean-Paul II a demandé en 1988 aux évêques catholiques d'accueillir généreusement les « justes aspirations » des fidèles qui demandaient l'usage de ce Missel...
« Beaucoup dans l'Église en sont venus à considérer cette faculté comme une opportunité d'adopter librement le Missel romain promulgué par saint et de l'utiliser d'une manière parallèle au Missel romain promulgué par saint », ce qu'on ne pouvait pas prévoir en 1988.
Pour régler cette situation, est intervenu avec le motu proprio Summorum Pontificum (2007), soutenu par la confiance qu'« une telle disposition ne mettrait pas en doute l'une des mesures clés du concile ou minimiser ainsi son autorité ». Il a qualifié comme la crainte que les paroisses soient divisées par l'utilisation des deux formes et a estimé que les deux formes `
Résultats
Comme l'auraient démontré les réponses au questionnaire envoyé en 2020 par la Congrégation pour la doctrine de la foi sur la mise en œuvre du motu proprio de , réponses qui, selon François, auraient confirmé la nécessité d’intervenir, l'intention pastorale de ces deux papes de maintenir et de restaurer l'unité de l'Église aurait été souvent gravement négligée. François estime que .
François déplore les « abus liturgiques » et le fait que . Cependant, François ajoute : « Je suis néanmoins attristé que l'utilisation instrumentale du Missel romain de 1962 se caractérise souvent par un rejet non seulement de la réforme liturgique, mais du concile lui-même, affirmant, avec des affirmations infondées et insoutenables, qu'il a trahi la tradition et la « vraie Église ». François rejette cette affirmation et explique que Il a rappelé qu'« une étape récente de cette dynamique a été constituée par le concile où l'épiscopat catholique s'est réuni pour écouter et discerner le chemin pour l'Église indiqué par l'Esprit Saint ». Il ajoute : « Douter du Concile, c'est douter des intentions de ces mêmes Pères qui ont exercé leur pouvoir collégial de manière solennelle cum Petro et sub Petro [avec Pierre et sous Pierre] dans un concile œcuménique, et, en dernière analyse, de douter du Saint-Esprit lui-même qui guide l'Église. Et il déclare que la réforme liturgique a été réalisée « sur la base des principes » énoncés par le concile et a atteint « sa plus haute expression dans le Missel romain » publié par et révisé par .
Décision
François déclare que la de sa décision est que . François ajoute : « Il s'agit ici d'un comportement qui contredit la communion et nourrit la tendance à la division — « J'appartiens à Paul ; j'appartiens plutôt à Apollon ; j'appartiens à Céphas ; j'appartiens au Christ » — contre laquelle l'apôtre Paul a si vigoureusement réagi. " Pour cette raison, dit-il, " En défense de l'unité du Corps du Christ, je suis contraint de révoquer la faculté accordée par mes prédécesseurs. L'usage détourné qui a été fait de cette faculté est contraire aux intentions qui ont conduit à accorder la liberté de célébrer la messe avec le Missale Romanum de 1962".
Alors il dit : « Je prends la ferme décision d'abroger toutes les normes, instructions, permissions et coutumes qui précèdent le présent motu proprio, et déclare que les livres liturgiques promulgués par les saints pontifes et , en conformité avec les décrets du concile , constituent l'unique expression de la lex orandi du rite romain. Je me rassure dans cette décision du fait qu'après le concile de Trente, saint a également abrogé tous les rites qui ne pouvaient prétendre à une antiquité prouvée, établissant pour toute l'Église latine un seul Missel romain. Pendant quatre siècles, ce Missel romain a été jusqu'à ce que, les évêques "se soient réunis en concile œcuménique et ont demandé à ce qu'il soit réformé ». François dit que leur intention était que "les fidèles n'assisteraient pas en tant qu'étrangers et spectateurs silencieux dans le mystère de la foi, mais, avec une pleine compréhension des rites et des prières, participeraient à l'action sacrée consciemment, pieusement et activement". Il ajoute : « Saint , rappelant que le travail d'adaptation du Missel romain avait déjà été initié par , déclara que la révision du Missel romain, effectuée à la lumière des sources liturgiques antiques, avait pour but de permettre à l'Église d'élever, dans la variété des langues, « une prière unique et identique » qui exprime son unité. Cette unité, j'entends la rétablir dans toute l'Église de rite romain".
Demande aux évêques Le pape s'adresse aux évêques en disant : « Alors qu’en exerçant mon ministère au service de l’unité, je prends la décision de suspendre la faculté accordée par mes prédécesseurs, je vous demande de partager ce poids avec moi comme une forme de participation à ma sollicitude pour toute l’Église. ».
Il leur demande de prendre des mesures pour limiter fortement l'utilisation du rite tridentin, afin d'amener tous les catholiques à ne célébrer finalement que la liturgie qui a suivi . François écrit : « Les indications sur la manière de procéder dans vos diocèses sont principalement dictées par deux principes : d'une part, pourvoir au bien de ceux qui sont enracinés dans la forme antérieure de célébration et ont besoin de revenir en temps voulu au rite romain promulgué par les saints et , et, d'autre part, de cesser l'érection de nouvelles paroisses personnelles liées plus au désir et aux souhaits des prêtres individuels qu'au besoin réel du « saint peuple de Dieu »..
François ajoute qu'il demande aux évêques
Instructions officielles de la Congrégation pour le culte divin Le , la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements a publié des instructions et clarifications, approuvées par le pape François, sur la mise en œuvre de Traditionis custodes..
Commentant l'article 1 de Traditionis custodes, la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements dit : ..