L'Année sainte est un film franco-italien réalisé par Jean Girault, sorti en 1976. C'est le dernier film de Jean Gabin, mort le , soit près de sept mois après la sortie du film.

Synopsis Max Lambert est un vieux truand coriace. À la prison centrale de Melun, il rencontre Pierre Bizet qui lui parle d'aller récupérer un magot d'un demi-milliard en or, enterré près d'une petite chapelle aux alentours de Rome. Marcel Scandini, ex-associé de Max, organise leur évasion. Max se déguise en évêque et Pierre, censé être son secrétaire, en prêtre. Il s'agit de profiter de l'année sainte pour se glisser au milieu des pèlerins et récupérer le magot. Mais l'avion qui doit les mener à Rome est détourné vers Tanger par des pirates de l'air.

Fiche technique Réalisation : Jean Girault Scénario, adaptation et dialogues : Louis-Émile Galey, Jacques Vilfrid et Jean Girault Assistant réalisateur : Tony Aboyantz Images : Guy Suzuki Opérateur : Claude Bourgoin, assisté de Jean Castagnier Son : Paul Lainé Perchman : Marcel Corvaisier Décors : Sydney Bettex Montage : Michel Lewin et Marie-Christine Lewin Musique : Claude Bolling, Georges Bacri (Pema Music) Photographe de plateau : Joël Chapelier-Pujo Maquillage : Jean-Pierre Eychenne Script-girl : Florence Moncorgé-Gabin Budget : de francs. (soit environ en ) Production : TF1 Films Productions, Société nouvelle de cinématographie (Paris) - Tritone Cinematografica (Rome) Producteur délégué : Gérard Beytout Distribution : Impéria Films, SNC Affichiste : Clément Hurel Durée : 85 minutes Format : couleur (Eastmancolor) - 35 mm - son : mono Genre : comédie policière Dates de sortie : France :

Distribution

Production Genèse et développement vignette|redresse|gauche|L'Année sainte demeure l'ultime film de Jean Gabin.

Au milieu des années 1970, l'acteur Jean Gabin, « monstre sacré » du cinéma français alors septuagénaire, laisse entendre à son entourage qu'il prendrait sa retraite après un ou deux derniers films, de peur de mourir en plein tournage comme récemment son ami Fernandel. Il n'a en fait aucune intention de se retirer du métier et apprécie comme depuis sa jeunesse l'ambiance d'un plateau de tournage, même s'il fait mine du contraire. Il est cependant de moins en moins sollicité. Après Verdict en 1974, il ne tourne aucun film en 1975 — seule année de sa carrière sans film à part la période de guerre. Il est moins bankable que par le passé et le métier a peut-être trop pris au sérieux ses dires sur son envie de retraite. Des projets menés par Pierre Granier-Deferre et Marcel Carné restent sans lendemain. Ennuyé par cette absence d'engagements au cinéma durant un an, Gabin se consacre à son domaine agricole de La Pichonnière, en Normandie.

vignette|redresse|Privé de son acteur-fétiche Louis de Funès dans les années 1970, le réalisateur Jean Girault tente d'autres têtes d'affiche.

En 1975, son ami l'écrivain-cinéaste Louis-Émile Galey et le producteur Gérard Beytout de la Société nouvelle de cinématographie, qui l'ont fait travaillé dans L'Affaire Dominici (1973), lui proposent le sujet de L'Année sainte. Le projet est confié à d'efficaces artisans de la comédie populaire, le réalisateur Jean Girault et son fidèle scénariste Jacques Vilfrid, créateurs du Gendarme de Saint-Tropez et d'autres grands succès de Louis de Funès.. Ceux-ci, privés de Louis de Funès depuis le début de la décennie, se cherchent de nouvelles têtes d'affiche. La proposition enchante Girault tout autant qu'elle l'inquiète : .

Galey adapte son scénario avec Girault et Vilfrid. Galey, Girault et Vilfrid signent leurs contrats en ., pour un tournage prévu vers septembre-octobre de la même année... Girault et Vilfrid se rendent à La Pichonnière pour une première rencontre avec Jean Gabin, afin de lui lire les premières versions du scénario : ; .

Attribution des rôles Avec le personnage de Max Lambert, Jean Gabin campe à nouveau un gangster, type de rôle qu'il a tenu plus d'une dizaine de fois (dont une autre dans le registre comique, Le cave se rebiffe). Pour l'unique fois de sa carrière, Gabin accepte de porter l'uniforme religieux car le personnage n'est pas vraiment un ecclésiastique (il s'était toujours refusé à tenir le rôle d'un véritable ecclésiastique, à part disait-it à moitié sérieux si on lui offrait un jour d'incarner le pape).

Le rôle de son complice Pierre Bizet est d'abord proposé à Bernard Ménez qui, bien que tenté de tourner avec Gabin et Darrieux, décline face à la médiocrité du scénario.. Sur l'idée de la fille de Gabin, Florence Moncorgé-Gabin, engagée comme scripte, le rôle est attribué à Jean-Claude Brialy, qui accepte par admiration pour Gabin.

Gabin retrouve dans le rôle de la vieille amie devenue duchesse une camarade de longue date, Danielle Darrieux, avec qui il renoue une profonde complicité. Ils avaient joué ensemble dans La Vérité sur Bébé Donge (1952), Le Plaisir (1952) et Le Désordre et la Nuit (1958).. Les propos très sexistes du personnage de Darrieux, en particulier ceux assenés à la militante du MLF jouée par Monique Tarbès, contrastent fortement avec le reste de sa carrière, elle qui depuis ses débuts dans les années 1930 avait su représenter à l'écran la femme moderne intelligente et indépendante. La présence du personnage de la belle terroriste italienne, autoritaire et moins bête que ses associés, tempère néanmoins ce ton antiféministe.

Tournage vignette|L'église Sainte-Monique de Châtenay-Malabry, depuis devenue une église copte orthodoxe, sert de décors à la moderne chapelle San Lazzaro censée être à Rome.

Le tournage a lieu du au , à Paris et sa région, notamment aux studios de Billancourt, en Italie à Rome et ses alentours, ainsi qu'à Tanger au Maroc, rubrique Tournage, consulté le .. La chapelle San Lazzaro à Rome à la fin du film est en réalité l'église Sainte-Monique de Châtenay-Malabry en Île-de-France, construite en 1965.. Les prises de vues commencent à la prison d'Étampes, établissement désaffectée depuis 1968.. Girault raconte ce début de tournage : . Il faut seulement quelques jours à Gabin pour reprendre ses habitudes de tournage. Il est là avant l'heure et vient par conscience professionnelle sur le plateau même quand les scènes ne l'impliquent pas, pour avoir le contexte de ses propres scènes. Il ne renâcle pas devant de nouvelles prises, insiste même pour en faire d'autres.

Girault s'adapte à sa vedette et, comme il le fait souvent, lui laisse une certaine liberté : . Gabin, pourtant parfait connaisseur des techniques du cinéma, est désarçonné par les nouvelles inventions comme le zoom, qui lui empêche de comprendre aussi instinctivement qu'avant comment il apparaît dans le cadre. Il apprécie de jouer avec Darrieux et Brialy. Comme le veut sa réputation, il pousse parfois de violentes colères, vite calmés. Au cours du tournage, Gabin doute de la qualité du film et confie à son ami André-Georges Brunelin : . Face à Brunelin lui rappelant qu'il ne tient qu'à lui de tourner d'autres films après, Gabin rétorque, triste : .

Bande originale Claude Bolling compose la musique de L'Année sainte.. Il a également mis en musique pour Jean Girault les films Deux Grandes Filles dans un pyjama (1974), Le mille-pattes fait des claquettes (1977) et L'Horoscope (1978), alors que Raymond Lefebvre est d'habitude le compositeur-attitré du réalisateur. Alors que la place de la musique était très limitée dans Deux Grandes Filles dans un pyjama, Bolling peut ici s'exprimer davantage : selon le journaliste musical Gilles Loison, . Il livre notamment une mélodie à l'harmonica proche du thème de Touchez pas au grisbi par Jean Wiéner, un film classique de Jean Gabin.

Un premier album 45 tours de la bande originale du film sort en 1976 sous le label Pathé., vinyle, LP, Pathé, 1976.. Il est également diffusé en Italie. La musique est publiée en CD en 1992 par le label italien CAM (Creazioni Artistiche Musicali), CD, CAM, 1992.. En Espagne en 1995, un CD associe cette bande originale avec celle de Bolling pour Le Magnifique, série 2 en 1, Epic / CAM / Sony Music, 1995.. Des compilations consacrées au compositeurs incluent également quelques titres : Bolling Films en 1990, également diffusée aux États-Unis, et Bolling Story en 1999. En 2015, le label patrimonial Music Box Records publie en CD accompagné d'un livret de Gilles Loison la musique du film combinée à celle du Mille-pattes fait des claquettes, CD, Music Box Records, 2015..

Exploitation et accueil Le film, sorti en salles le , totalise en France, dont sur Paris et sa banlieuecbo-boxoffice.com.. C'est pour les palmarès de Jean Gabin comme de Jean Girault un faible succès au vu de leurs précédents triomphes au box-office.

Sept mois plus tard, Jean Gabin meurt d'une leucémie, le . L'Année sainte demeure donc son dernier film. André Brunelin, dans sa biographie de Gabin, estime que . Le journaliste Gilles Botineau qualifie le film d', seulement remémoré et cité en tant qu'ultime film de Gabin.

Édition vidéo En , L'Année Sainte a fait l'objet d'une édition en DVD (la première) dans une version remastérisée en haute définition.

Notes et références

Annexes Bibliographie . . . .

Liens externes

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