vignette|En compétition, l'apnée en poids constant consiste à plonger le plus profondément possible, en mer, et remonter à la seule force de ses muscles. Cet effort physique intense se déroule en environnement hyperbare, dans une situation d'hypoxie et d'hypercapnie, sans possibilité de respirer avant d'atteindre la surface. thumb|Une Highline, exercice de funambulisme pratiqué dans des conditions extrêmes. Un sport extrême est une activité sportive particulièrement dangereuse pouvant exposer à des blessures graves ou à la mort en cas d'erreur dans son exécution. Il peut se pratiquer en milieu aquatique, dans le ciel ou sur terre et implique souvent vitesse, hauteur, engagement physique, ainsi qu'un matériel spécifique.

Définition

La notion de sport extrême est utilisée, en l'absence de définition, pour agréger sous une même appellation des sports et pratiques différents, en les énumérant. Cette notion est notamment utilisée dans un but marketing ou télévisé. L’appellation regroupe par exemple des sports requérant de l'endurance ou au contraire des activités à risque. Si tous les sports peuvent être associés à des risques de blessures, les sports dits « à risque » le sont davantage. De ce fait, l’appellation est subjective. En raison de cette subjectivité, l'idée que l’appellation « sport extrême » puisse désigner un concept est discutée.. Ainsi, certains auteurs réfutent l'hypothèse que l’appellation « sport extrême » désigne un concept.

Historique L'origine de la notion de « sports extrêmes » daterait des années 1950 dans une phrase attribuée traditionnellement (et certainement à tortWhat is Hemingway's "there are only three sports" quote? Ernest Hemingway FAQ: Quotations, sur http://www.timelesshemingway.com) au romancier américain Ernest Hemingway :

La notion de sport extrême a évolué au fil du temps. Dans les années 1970 à 1980, étaient considérés comme extrêmes les sports pour lesquels les risques d'accident mortel en cas d'erreur étaient réels. À partir des années 1990, l'auto-proclamation de sport extrême est devenue assez courante, dans le but de valoriser l'activité. Depuis les années 2000, la définition s'est considérablement assouplie et sont classés dans cette catégorie les sports qui offrent de fortes poussées d'adrénaline ou qui sont des variations de sports classiques initialement sans dangers mais orientées vers des pratiques plus dures, plus complexes et plus dangereuses.

La notion de sport extrême reste subjective ; elle comprend un ensemble d'activités plus ou moins dangereuses, dont par exemple : le kayak de rivière, le ski de pente raide, parkour et freerun, le speed riding, le kite surf, le snowkite, le VTT de descente, le BMX, le bodyboard, le freeride VTT, les échasses urbaines, la trottinette freestyle, le Buggy rolling, le skimboard…

En 2004 dans le livre In Search of the Ultimate Thrill, Joe Tomlinson a proposé une classification des sports extrêmes basée sur le milieu dans lequel ils sont pratiqués : les sports aériens (base jump, saut à l'élastique, vol à voile...), les sports terrestres (alpinisme, escalade...) et les sports aquatiques (barefoot, plongeon de haut vol, apnée…).

Liste de sports extrêmes

Aspects sociopsychologiques Du point de vue de la sociologie du sportMidol N & Broyer G (1995) Toward an anth ropological analysis of new sport cultures: The case of whiz sports in France. Sociology of Sport Journal, 12 , 204-212 les sports extrêmes sont définis par leur part de prise de risquePain M.T.G & Pain M.A (2005). Essay: Risk taking in sport ; The Lancet, 366 (1), S33- S34 très élevée et un rôle particulier donné à la sensation de peur intense, haut placée dans l'échelle des sensationsRossi, B., & Cereatti, L. (1993). The sensation seeking in mountain athletes as assessed by Zuckerman’s sensation seeking scale. International Journal of Sport Psychology, 24 , 417-431..

Du point de vue de l'éthique et de la psychologie du sport, ils posent au sportif et à son entourage un dilemme : jusqu'à quel point le sportif peut-il engager sa vie et celle d'une équipe ou des secouristes qui seraient éventuellement amenés à devoir venir le sauver, et quel exemple donne-t-ilOlivier, S. (2006). Moral dilemmas of participation in dangerous leisure activities. Leisure Studies, 25(1), 95-109, dilemme peut-être plus facile à résoudre dans une société individualiste et libéraleSimon J (2002). Taking risks: Extreme sports and the embrace of risk in advanced liberal societies. In T. Bake r & J. Simon (Eds.), Embracing risk: The changing culture of insurance and responsibility (pp. 177-208). Chicago: University of Chicago Press, et généralement résolu par une préparation physique et psychologique ainsi qu'une gestion du risque très poussée. La recherche de sensation forte, éventuellement addictive est aussi un élément important, voire une récompense dans ce type de sportPizam, A., Reichel, A., & Uriely, N. (2002) . Sensation seeking and tourist behavior. Journal of Hospitality & Le isure Marketing, 9 (3 & 4), 17-33.

Cette pratique ne suppose pas que les participants n'ont pas peur, mais qu'ils contrôlent cette peur, seuls ou en groupe. L'expérience de la peur intense, le rapport à la peur, la gestion de la peur font partie de cette expérience et selon Brymer (2013), elles jouent dans ces activités un rôle important de transformation de soi. S'il n'y a pas abus et impréparationEwert A (1986). Fear: Uses and abuses in outdoor adventure activities. The Underseas Journal, First Quarter, 44-48, la peur intense est alors intégrée et vécue comme un événement potentiellement significatif et constructif de la personnalitéBrymer, E., & Schweitzer, R. (2013). Extreme sports are good for your health : a phenomenological understanding of fear and anxiety in extreme sport. Journal of health psychology, 18(4), 477-487. PDF, 21pp. Divers facteurs socioculturels interviennent dans la motivation de ces sportifs particuliers. Outre une volonté de dépassement de soi, et parfois d'un besoin de reconnaissance ou de faire partie d'une éliteRobinson D.W (1985). Stress seeking: Selected behavioural characteristics of elite rock climbers. Journal of Sport Psychology, 7, 400-404., les « exemples » (souvent maintenant sponsorisés) donnés par des livres puis par les médias télévisuels et commerciauxPuchan H (2004) Living 'extreme': Adventure sports, media and commercialisationre. Journal of Communication Management, 9 (2), 171-178, et un esprit de rébellion font partie des facteurs de motivation (consciente ou inconsciente) souvent citésKoerner B.I (1997). Extreeeme: The peril the thrill. the sheer rebellion of it all. High-risk sport add spice to the humdrum of American lives. Retrieved from www.uwnews.com/usnews/issue/970630/30extr.htm. L'époque, l'âge et le genre ont aussi une importanceLaurendeau, J. (2008). "Gendered Risk Regimes" : A theoretical consideration of edgework and gender. Sociology of Sport Journal, 25 (3), 293-309. Selon certains auteurs, il existe un type de personnalité de type T ("risk-taker), c'est-à-dire preneuse de risqueMarino, B. (2001). Are you a type T? America loves a risk-taker most of the time. But how much is too much. source : www.here2listen.com/public/topics/addiction/risk-taking.html et recherchant les sensations fortesSelf, D. R., Henry, E. D., Findley, C. S., & Reilly, E. (2007). Thrill seeking: The type T personality and extreme sports. International Journal of Sport Management and Marketing 2 (1-2), 175 -190 apportées par ce type de stressMarshall S.L.A (1968) Stress-seekers in everyday life. In S.Z Klausner (Ed.), Why Man Takes Chances (pp. 59-72). NY: Doubleday. Il arrive aussi que certains athlètes en meurent, comme Dave Mirra.

Compétitions Certains de ces sports sont représentés dans des compétitions spécifiques tel les X Games ou le FISE en France.

Notes et références

Bibliographie

Eric Brymer, Francesco Feletti, Erik Monasterio, Robert D. Schweitzer, Understanding Extreme Sports: A Psychological Perspective, Frontiers Media SA, 2020. Eric Brymer, Robert Schweitzer, Phenomenology and the Extreme Sport Experience, Routledge, 2017. Margareta Baddeley, Sports extrêmes, sportifs de l'extrême : la quête des limites, Georg, 2002.

Articles connexes Sports urbains Comportement ordalique Adrénaline

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