La Docherie ou Marchienne-Docherie (en wallon El Dochriye) est un quartier de Marchienne-au-Pont, une des quinze sections de la ville de Charleroi, située en Belgique.
Située au nord de Marchienne-au-Pont, La Docherie est un quartier populaire qui s’est développé grâce aux charbonnages et à l’industrie métallurgique. À l’origine, c’était un bois que Pierre Parent défricha au milieu du pour accueillir des paysans dans le bassin de Charleroi. Il y aménagea des rues et fit construire une église. Enclavé entre Roux, Jumet, Lodelinsart et Dampremy, le quartier reste isolé du reste de Marchienne-au-Pont, notamment à cause de la friche des anciennes usines de la Providence et du canal Charleroi-Bruxelles. Cet isolement a forgé une identité marquée dans ses différents secteurs.
Autrefois, La Docherie animait la vie culturelle et folklorique avec des ducasses dans plusieurs quartiers, comme celle de la Cité Hachez, portée par le groupe « Les Vis du Timps Passé del Docherie », dissous à la fin du . Aujourd’hui, le quartier accueille une population majoritairement immigrée et traîne une réputation souvent liée à la précarité économique et culturelle.
Toponymie L'origine du nom Docherie reste floue mais plusieurs hypothèses ont été avancées. Selon Émile Van Aelst, une première est que le nom viendrait du latin « Docere » qui signifie instruire et qui serait lié au fait d'un ermite savant aurait habité dans le bois local. Une autre hypothèse serait que « Docherie » viendrait du vieux français « Dochard » qui voudrait dire « porteur de bois ».
Géographie La Docherie se situe sur le flanc de la colline dit de Bayemont qui est séparée par le quartier de Gohyssart. Les communes limitrophes sont : Dampremy, Monceau-sur-Sambre, Roux, Jumet, Lodelinsart et Marchienne-Centre. Le quartier, en raison de sa position géographique isolée du reste de Marchienne-au-Pont par le canal Charleroi-Bruxelles, a pu développer une identité forte. Le bois de Bayemont, qui avant le défrichement s’étendait sur , couvrait alors toute la colline. Le point culminant se situe dans la partie supérieure du cimetière, à au-dessus du niveau de la mer, ce qui en fait un des endroits les plus hauts de la province du Hainaut et qui, de là, offre un panorama inégalé dans la direction de Goutroux et de Mont-sur-Marchienne.
Quartiers
Quartiers et lieux-dits Le Fond Beghin, également appelé Pont Beghin, il tire son nom de la propriété voisine appartenant à l'ancienne famille Beghin, qui fut ensuite occupée par la famille Rouard. Avant la construction du canal de Charleroi, le pont qui enjambe le canal et le Piéton portait ce nomLe pont et le quartier ont été rayés de la carte lors de sa construction., le Pont aux Scouffes, il était construit en bois.. Ce quartier partait du bas de la rue Jules Jaumet et rejoignait la rue de Jumet qui longeait le Piéton. Il fermait le quadrilatère formé par la rue Émile Gantois. Le pont qui se trouvait à cet endroit permettait le passage vers le centre de Marchienne par la route de Mons, cette route coupait en deux le complexe industriel de la Providence. Ce quartier était sujet aux inondations lors des pluies et orages estivaux, avec une montée des eaux pouvant atteindre environ un mètre. Des barques mises à disposition par les bateliers permettaient de rejoindre la route de Mons en attendant l’installation d’une passerelle. Ce quartier accueillait une population pauvre et les immigrants dès leur arrivée, louait souvent de le secteur. Dans les années 1950, le quartier a été exproprier pour l'agrandissement du canal. Le Pêlon, lieu-dit qui se trouve aux rues de Jumet, Saint-Théodore et Houtart près de la petite église une rue porte son nom. Bayemont, nom de la colline sur les territoires de Jumet et de Marchienne-au-Pont. Le nom viendrait de « noir mont », « bail » ou « baye » signifie en ancien français, un endroit clôturé d'une barrière et autrefois la colline était clôturée de barrières.. Bierrau, lieu-dit qui se trouve près du canal Charleroi-Bruxelles en bas de la rue de Jumet, une gare se trouvai dans ce lieu-dit. Les Bailles, anciennes parcelles agricoles situées entre les rues Jaumet, du Chemin de Fer et le Piéton. Fond Bernard, les prairies se trouvent entre le sentier de La Docherie, la rue Léon Dubois, Jumet et le canal. Naye-à-Bois, ce nom désignait l’endroit où les bateliers pouvaient trouver le bois et les planches nécessaires aux réparations. Saint-Charles, aux croisement des rues Émile Gantois, des Dochards et Léon Dubois. Ce nom vient d'un charbonnage qui se situait dans ce quartier. Saint-Pierre, quartier qui comprend les rues Jean Ester, la place Astrid (anciennement place Saint-Pierre) la rue du Curé Robert.
Les cités La cité ouvrière ou cité Hachez. Quartier récent, la cité dite Ouvrière a été construite à la première initiative de la société des Habitations Marchiennoises nouvellement créée. Édifiée en 1925 dans un quartier populaire, son architecture, plus moderne que celle des autres maisons de La Docherie, offrait l’eau courante et restait accessible aux revenus modestes. L’engouement pour cette « Docherie-Moderne » fut tel que les nouveaux habitants, fiers de leur ascension sociale, développèrent un esprit autonome et plutôt aisé. La cité Hachez ou localement El Citè est ainsi devenue un quartier emblématique de La Docherie, bien entretenu et fleuri. Même si les locataires sont devenus propriétaires, peu de changements ont été apportés, du moins à l’extérieur. La cité des Cerisiers, construite en 1954 par les Habitations Marchiennoises. Il vient du nom des cerisiers plantés dans cette cité. La cité Peetermans, nom donné à Louis Peetermans, échevin des finances et président des Habitations Marchiennoises. La cité de Bayemont, des logements pour les familles d'ouvriers construits par la Société Bayemont-Docherie. La cité de l'Égalité, appelée en hommage aux révolutionnaires français la cité a été construite en 1980. La cité des Acacias, située en hauteur entre la rue de Jumet et la route du Centre, englobe également les rues portant le même nom, elle fut bâtie dans les années 1950.
Voies de communications Les rues principales de La Docherie sont Jules Jaumet, Léon Dubois et Pierre Bauwens, qui montent en ligne droite vers Jumet. Elles sont reliées par la rue Royale et la rue Saint-Gustave, cette dernière rejoignant la rue de Jumet et un autre axe important, parallèle à l’artère principale (Jaumet, Dubois et Bauwens).
Les noms des rues dochardes De nombreuses rues furent tracées dans le quartier lors du défrichage du bois de Bayemont par Pierre Parent. Comme à l’accoutumée, ces rues reçurent des noms de saints. La construction de l’église Saint-Pierre fut à l’origine de la création de plusieurs rues auxquelles il donna les noms de saints patrons, notamment ceux de membres de sa famille. La rue Sébastien Castermont s’appelait à l’origine rue Saint-Pierre, la rue Émile Gantois où se trouve la petite église fut nommée rue Saint-Charles, d’où vient le nom du charbonnage (qui n'existe plus), la rue de Finlande s’appelait autrefois rue Sainte-Suzanne, la rue Vandermeulen portait le nom de Saint-Henri, et Jules Destrée était connue comme la rue Saint-Nicolas. Aujourd’hui, certaines rues portent encore des noms de saints, comme la rue Saint-Gustave qui relie le carrefour de la rue Royale à la rue de Jumet, la rue Saint-Émile qui relie la rue Jean Ester à la rue des Chèvres, et la rue Saint-Jean qui est devenue rue Sainte-Suzanne.
D’autres rues furent baptisées en l’honneur de personnalités liées à La Docherie, ou selon des lieux géographiques comme des lieux-dits dont l’origine reste inconnue. La Docherie compte aussi des noms de rues qui font écho au centre de Marchienne, notamment la rue Jules Destrée en pendant avec la rue Paul Pastur à Marchienne, la rue du Midi aujourd’hui disparue et le quartier Nord à Marchienne, ou encore la rue du Congo devenue rue Hyacinthe Henri en lien avec le quartier de Matadi à Marchienne.
Les rues en lien avec des personnalités issus de La Docherie ou d'ailleurs : vignette|La rue Sébastien Castermont. vignette|La rue des Dochards, anciennement rue Francisco Ferrer. Sur cette place, se déroulait chaque dernier dimanche d'août la ducasse Saint-Charles. la place Astrid du nom de la reine des Belges, cette place s'appelait autrefois place Saint-Pierre; la rue Sébastien Castermont, Castermont était un animateur de nombreuses œuvres de bienfaisance; la rue Émile Gantois, à l'époque la rue Saint-Charles qui fut appelait du nom d'un médecin-vétérinaire qui a consacré beaucoup de son temps et rendit de nombreuses services à la classe ouvrière. Cette rue fut aussi appelée rue Sainte-Barbe en raison d'une chapelle qui se trouvait dans le mur du charbonnage Saint-Charles; la rue Ferrer, devenue rue des Dochards, s’appelait à l’origine rue Francisco Ferrer, en hommage au pédagogue anarchiste, républicain et libre-penseur espagnol, né en 1859 et mort en 1909 à Barcelone. C’est dans ce contexte que la commune de Marchienne lui attribua ce nom, pour la rue où se trouve la première école laïque de La Docherie; la rue Jean Jaurès, devenu rue du Jeu de Balle, Jean Jaurès était un socialiste français; la rue Jules Destrée du nom du député socialiste belge; la rue Jules Jaumet, du nom d'un ancien secrétaire communal de la commune de Marchienne avant les fusions;vignette|La rue du Curé Robert anciennement appelée rue du Cimetière. Cette rue comme certaines dans le quartier est en pente. la rue Léon Dubois qui fut appelée à l'origine rue de Bayemont, du nom du bois qui couvrait le quartier. Léon Dubois était avant la guerre de 1940 directeur des travaux à la commune de Marchienne et il fut aussi président de la maison du peuple la Ruche ouvrière qui était situé dans la rue qui porte son nom; la rue Émile Royer, autrefois appelée rue Saint-Auguste, a changé de nom en à la suite d’une décision du conseil communal. Elle fut nommée en l’honneur d’un député et président de l’orphelinat rationaliste, afin de la distinguer de la rue Fauvette; la rue du Curé Robert, elle fut rebaptisée en l'honneur du prêtre qui était en fonction dans la paroisse Saint-Pierre de 1892 à 1951. Avant la rue était rue du Cimetière ; la rue Louis Peetermans est une voie reliant la rue de Jumet à la rue Vandermeulen. Elle porte le nom de l’ancien échevin des finances de Marchienne avant les fusions, également président des Habitations Marchiennoises, et qui fut un promoteur à La Docherie grâce à l’extension de certains quartiers; la rue Pierre Bauwens, du nom du seul bourgmestre originaire de La Docherie, qui fut en service à la suite du décès de Robert Fesler jusqu'à la nomination d'Edmond Jacquin. Cette rue fut appelée autrefois rue Chapelle au Bois, du nom de la chapelle qui se trouve à la limite de Marchienne; la rue Jean Ester, du nom de l'aviateur originaire de cette rue qui était autrefois rue Prolongée. Jean Ester manifesta très tôt un intérêt marqué pour les aéroplanes, domaine dans lequel il devint un pilote expérimenté. Il rejoignit ensuite l’Angleterre pour s’engager dans la Royal Air Force durant la Seconde Guerre mondiale. Après le conflit, il se tourna vers l’aviation civile et exerça comme pilote de ligne, poursuivant ainsi une carrière aéronautique professionnelle. En 1946, son appareil s’abîma dans l’Atlantique, entraînant la disparition de l’ensemble de l’équipage, événement qui mit tragiquement fin à son parcours; la rue Vandermeulen, du nom d'un échevin en fonction avant 1940, à l'origine cette rue s'appelait rue Saint-Henri. la rue Victor Hachez doit son nom à un médecin philanthrope. Dans les familles où le père n’avait pas les moyens, n’avait pas de travail ou était malade, le docteur Hachez ne réclamait aucun paiement pour ses visites. C’est ainsi qu’on le surnommait autrefois le Docteur des pauvres;