Władysław Konopczyński, né le à Varsovie et mort le à Ojców, est un historien polonais.
Jeunesse Il est le fils d’Ignacy et de Ludwika, née Obrąpalski. Ses années de prime jeunesse, il les passe dans les villes de Łódź et Radom. Durant 1889-1891, il reçoit, avec son frère Zygmunt, une solide formation à l’« École normale » de Wojciech Górski à Varsovie. En 1881, il change d’établissement scolaire et continue ses études au Lycée philologique nº IV, toujours à Varsovie. Dès sa sixième année de scolarité, il fait partie d’un cercle d’autodidactes clandestins, où il est bibliothécaire, enseignant et examinateur d’histoire de Pologne. En 1899, il obtient son baccalauréat avec mention très bien et médaille d’argent. Il commence ses études supérieures à la Faculté de droit de l’Université de Varsovie, russe à l’époque.
En 1904, il termine ses études universitaires avec le titre de « candidat aux sciences juridiques et politiques », ayant rédigé un mémoire intitulé Considérations sur les origines du liberum veto. Un peu plus tôt, il accomplit son service militaire d’un an (1903-1904), dans la Brigade de garde-artilleur. Après le début des hostilités de la guerre russo-japonaise, il fait semblant d’être malade, ne voulant pas être envoyé sur le front de Mandchourie. Exempté de la conscription, il consacre son temps à la rédaction d’un livre intitulé: La Pologne durant la Guerre de Sept Ans.
En 1903, grâce à l’initiative de , il fait connaissance de Szymon Askenazy, fondateur de l’École d’études historiques de l’Université de Lwów. Dès leur premier entretien, celui-ci propose à Konopczyński d’écrire un traité sur l’histoire des temps modernes. Le jeune historien choisit le , la fin du règne du roi Auguste III de Saxe. En 1904, il entreprend, résidant à Lwów, une recherche dans les manuscrits des bibliothèques de la noblesse polonaise, celles des Dzieduszycki, Ossoliński, Pawlikowski et Baworowski. Il part ensuite pour Vienne, puis séjourne à Dresde, où il passe son temps dans les archives de la ville. Les quêtes qui suivent sont prestigieuses: manuscrits de la Bibliothèque Nationale de France, de la Bibliothèque Polonaise de Paris, puis la Bibliothèque du British Museum de Londres. Ces deux mois de voyages d’études se terminent aux archives royales de Copenhague.
En 1906, Konopczyński retourne à Varsovie. Il y arrive, juste après les événements révolutionnaires de 1905. Il travaille alors comme enseignant d’histoire à l’école de son oncle paternel, Emilian Konopczyński. Grâce à Korzon, il donne des conférences à la Société des Cours Scientifiques, qui vient juste d’être fondée.
À l’automne 1907, il se rend à Lwów, où à part la participation au séminaire d’Askenazy, il suit les cours d’historiens de renom, tels que Ludwik Finkiel, Bronisław Dembiński, Józef Kallembach, ainsi que ceux du philosophe Kazimierz Twardowski. En 1908, il entame une procédure administrative pour débuter une thèse, ce qui ne lui posera aucune difficulté, vu les quatre imposantes dissertations historiques déjà rédigées. Après une année d’intenses études, il achève son doctorat, dont le contenu constituera la première partie d’un remarquable écrit historiographique: La Pologne à l’époque de la Guerre de Sept Ans, éditée par les soins de Szymon Askenazy; ces travaux feront partie d’une série éditoriale portant le titre de Monographies des temps modernes. Le travail de Konopczyński reçoit les appréciations favorables de Bronisław Dembiński et Ludwik Finkiel. Lors des examens finaux d’histoire universelle, d’histoire de Pologne et de philosophie, Konopczyński obtient la mention d’excellence. La cérémonie d’accession au doctorat se déroule le à l’université François de Lwów.
Dès l’acquisition du dit titre universitaire, il part pour Cracovie, voulant poursuivre son cursus universitaire et préparer l’agrégation. En , à l’université Jagellonne, il entame une procédure visant l’obtention de l’agrégation, sur la base de la deuxième partie de son étude: La Pologne durant la Guerre de Sept Ans, ainsi que de nombreux autres articles et publications. Le , se tient le colloque d’admission à l’agrégation. Les rapporteurs sont: les professeurs Wacław Tokarz et Wacław Sobieski. L’exposé final du futur agrégé est prononcé le et s’intitule: L’Angleterre et le déclin de la Pologne avant le premier démembrement. Le jeune historien est brillant, érudit et fait preuve d’un remarquable savoir-faire scientifique. Le . Le Conseil de la Faculté de Philosophie, décerne à Władysław Konopczyński, le grade de veniam legendi, dans le domaine de l’histoire moderne, décision approuvée, le , par le Ministère de l’Éducation et des Cultes de l’Empire Austro-Hongrois.
Dès 1911, Konopczyński en tant que professeur agrégé se lie à l’université Jagellonne. Son but premier sera de rassembler les documents qui lui serviront aux travaux historiques présents et futurs. Dans les années 1912-1913, mis à part les recherches dans les archives polonaises, il se rend à Londres, St.Pétersbourg, Stockholm, Copenhague, Berlin, Dresde, Marburg, Paris, Munich, Vienne, Moscou et Kiev. Cette quête donne naissance à l’œuvre de sa vie, véritable monument historique: La Confédération de Bar, édité vingt-cinq années plus tard et considérée comme l’œuvre de sa vie.
Première Guerre mondiale
Au moment de l’éclatement de la Première guerre mondiale, Konopczyński se trouve dans la ville de Gdynia, d’où il sera expulsé vers la Suède. Lors de sa déportation, le professeur oublie ses affaires personnelles, mais n’omet pas de sauvegarder une valise remplie de documents et notes sur la Confédération de Bar. Il reste en Scandinavie pendant une année et demie, y travaillant dans les archives. Ces travaux porteront des fruits en des publications sur les relations polono-suédoises et polono-danoises. L’historien revient à Cracovie en .
Janvier 1917, le jeune Konopczyński voit s’ouvrir devant lui la possibilité d’obtenir un poste à l’université Jagellonne. La rivalité pour l’obtention de cette chaire se déroule en premier avec Wacław Tokarz, puis avec Oskar Halecki, Ludwik Kolankowski et Stanisław Zakrzewski. Le , après une discussion mouvementée du Conseil de la Faculté de Philosophie, une décision en faveur de Konopczyński est prise.
Cursus scientifique
Mis à part le domaine didactique, Konopczyński se consacre avec passion à divers travaux scientifiques. Dans son immense acquis historiographique, la part la plus importante préparée durant vingt-cinq années de l’entre-deux-guerres (positon déjà mentionnée), s’intitule La Confédération de Bar (t. 1-2, 1936-1938). Autour de cette immense monographie voient le jour des publications mineures, ainsi que d’autres textes source, dont les mémoires de Wojciech Mączeński (1911), Teofila Sapiecha , née Jabłonowska (1914) et ceux de Stanisław Lubomirski (1925), accompagnés de recueils de textes: Politique et régime général de la Confédération de Bar (1928) et Documents sur les actes de la guerre des Confédérés 1768-1774 (1931) et Confédération de Bar. Choix de textes (1928). Un article paru en 1934, dans la « Revue historique trimestrielle », intitulé Registre des textes source sur la Confédération de Bar, reste aujourd’hui encore grandement apprécié. En marge des travaux monographiques prioritaires, voit le jour une remarquable biographie de Kazimierz Puławski, commandant les insurgés de la Confédération de Bar (1931). Elle sera traduite en anglais et éditée aux États-Unis.
Une des options dans les recherches que fait Konopczyński, se rapporte à la politique étrangère de la Pologne au . Durant l’entre-deux-guerres, il publie des œuvres comme: Pologne et Suède et Pologne et Turquie. Les notions juridico-étatiques sont commentées dans Genèse et fondements du Conseil Permanent (1917), œuvre datant des débuts éditoriaux de l’auteur, mais considérée par bon nombre de chercheurs comme la plus mature de tous les travaux de Konopczyński. On peut aussi y associer la biographie de Stanisław Konarski (1926), comme faisant partie de cette même catégorie, vu l’importance des idées politiques et constitutionnelles de l’éminent prêtre piariste. Est toujours d’une actualité pertinente l’essai: Histoire du parlementarisme britannique (1923), ainsi que l’étude: Le gouvernement et le Sejm dans l’ancienne République de Pologne (1930). Il faut ajouter à cela quelques ébauches mineures sur la politique et les types de régimes, que l’auteur a réunis dans un volume intitulé: De Sobieski à Kościuszko. Essais, détails et épigrammes historiques (1921).
Déjà en tant qu’agrégé, Konopczyński, veut coordonner l’ensemble des travaux historiques en cours sur l’histoire de la Pologne. Il y consacre un long article: Histoire des écrits historiques à l’étranger et chez nous (1916). Malgré la volonté d’aider ses collègues, offre maintes fois répétée, aucun réponse n’est venue. Le savant ne se dérobe point, dès qu’il s’agit de travailler en commun et participe à l’écriture de synthèses telles que: La Pologne dans la culture universelle (1918), La Grande Pologne et le passé (1926), La Poméranie et les terres de Chełmno (1927), Encyclopaedia of the Social Sciences (1933), Pologne - Suisse (1938), Repetorium der diplomatischen Vertreter aller Länder (t. II, 1936). En 1924, il publie quatre cahiers de textes source pour les collégiens: Règne de Jean Casimir, L’époque des Saxons en Pologne, La Pologne pendant les guerres turques, Le règne de Stanislas Auguste Poniatowski. Mis à part les travaux mineurs, rédigés avec Oskar Halecki, Wacław Sobieski et Józef Krajewski, il participe personnellement comme auteur aux publications: Histoire politique de la Pologne de 1648 à 1775 (1923). En 1938, il s’engage dans la plus grande entreprise historique de cette période, l’édition de la Grande Encyclopédie Universelle, où il rédige la partie se rapportant à l’absolutisme royal, de 1648 à 1788. Sa dernière œuvre maîtresse, rédigée avant la Seconde guerre mondiale, est: Histoire de la Pologne moderne (1936).
Un grand mérite lui est dû pour avoir initié et commencé la publication du Dictionnaire biographique polonais, la plus importante œuvre écrite par plusieurs historiens, en rapport à l’historiographie polonaise de l’entre-deux-guerres. En 1930, sous le patronage de l’Académie polonaise des arts et des sciences, est constitué un comité provisoire veillant à sa rédaction, avec Konopczyński comme président. L’intention du savant n’est point la création d’une monographie, mais la mise en valeur des faits historiques primordiaux, avec un ensemble de textes source pour chaque personnage, ce qui permettra au lecteur d’approfondir lui-même ses recherches. Dès 1934, Konopczyński en est le rédacteur en chef et commence à rassembler les biogrammes du premier volume, contenant par ordre alphabétique les mots-souches, commençant par les lettres A et B. Il projette la rédaction de vingt mille « curriculum vitae » en vingt volumes, publiés sur vingt ans.
Activités socio-politiques