vignette|« Ce n'est pas un viol : nous sommes mariés. Elle a abandonné le droit de refuser quand nous nous sommes dit oui ». Campagne de sensibilisation par la en 2013. Les violences sexuelles dans le couple désignent l'ensemble des actes et attouchements à caractère sexuel non consentis par l'un des partenaires. La violence sexuelle au sein du couple repose sur la contrainte de la victime par son partenaire, qu'elle soit imposée par la force, la menace, la soumission chimique, le chantage, ou tout autre moyen coercitif.

Ce genre d'agressions est catégorisé comme violences familiales, et les victimes principales en sont les femmes. On estime en 2023 qu'un viol sur deux est un viol conjugal, et qu'environ une femme sur quatre en a déjà été victime en France.

Spectres des formes de violences sexuelles conjugales vignette|Violentomètre des violences conjugales Outre le viol conjugal, les violences sexuelles dans le couple peuvent prendre diverses formes et avoir différents degrés de gravité selon l'impact sur les victimes. La gradation du niveau de violence de différents comportements sexuels peut être mis en image dans un violentomètre.

Violence psychologique et émotionnelle La violence sexuelle peut avant tout être verbale : dénigrement, commentaires dégradants, blagues inappropriés sur le physique de la victime, ou ses « performances » sexuelles sont autant de comportements abusifs présents au sein du couple. Ce genre de comportements peut avoir pour but la dévalorisation de la victime en vue d'exercer une forme de contrôle sur elle.

La violence verbale peut aussi prendre la forme de menaces ou de chantages, plus explicitement virulents et jouant sur la peur de la victime pour obtenir d'elle des faveurs sexuelles ou une certaine soumission dans la relation. Les menaces peuvent même viser une personne tierce, proche de la victime, comme un enfant ou un animal de compagnie.

Le gaslighting est un moyen de coercition consistant à faire douter la victime de sa mémoire ; prétendre qu'elle avait auparavant donné son consentement à un acte qu'elle refuse, prétendre qu'elle manque de cohérence, en vue de la manipuler à son avantage.

Enfin le harcèlement sexuel au sein du couple peut se traduire par des gestes impromptus, des questions ou des attouchements non-désirés, des photos et vidéos sexuelles envoyées sans consentement. Ce genre de comportement génère alors un inconfort de la victime, et instaure une dynamique de domination, au sein de la relation, par le harceleur.

Exploitation sexuelle Une dynamique de domination violente au sein du couple peut résulter en l'exploitation sexuelle d'un des partenaires par l'autre. Cette forme de violence sexuelle peut amener la victime à participer à une relation sexuelle, ou se prostituer, auprès de proches ou d'inconnus, sous contrainte de son partenaire, revêtant un rôle de proxénète.

Une autre forme de violence sexuelle consiste, pour un des partenaires, à partager des images ou vidéos érotiques ou pornographiques mettant en scène la victime, sans son consentement. Ce comportement prend le nom de revenge porn, et a souvent lieu lors d'une rupture, en signe de « vengeance ».

Viol conjugal

Le viol conjugal est l'appellation attribuée au crime de viol dans le cadre d'une relation de couple. Il consiste en le fait d'imposer une relation sexuelle à son ou sa partenaire.

Le viol conjugal est souvent imaginé sous la forme d'une contrainte physique, mais l'appellation n'est pas cantonnée à cette situation seule. Engager un rapport sexuel avec une personne dans l'incapacité de donner son consentement éclairé, lorsque la victime est endormie, sous l'emprise de drogues ou d'alcool par exemple, entre dans la définition du viol, et donc du viol conjugal.

Lorsque le partenaire drogue la victime à son insu, pour abuser d'elle sexuellement, on parle de soumission chimique. C'est la situation qu'a vécu Giselle Pélicot, qui a résulté sur l'affaire Mazan en 2025.

Hormis le rapport sexuel non-consenti, d'autres violences sexuelles peuvent avoir lieu au sein d'un couple : imposer des activités sexuelles, imposer un mode de relation « ouvert », avoir le contrôle sur la durée, fréquence, intensité de l'acte… De manière générale, il est courant qu'une personne estime le consentement de son ou sa partenaire comme implicite, invoquant par la le soi-disant « devoir conjugal », n'ayant aucune valeur juridique en France, au contraire.

Coercition reproductive

Imposer, ou au contraire interdire à un partenaire l'emploi d'un moyen de contraception est une forme de violence sexuelle. Il peut s'agir de mettre la pression à la victime pour ne pas utiliser de préservatif, de le retirer sans la prévenir, ou de saboter en secret son contraceptif.

Enfin le fait de forcer une personne à poursuivre une grossesse indésirée, ou au contraire la forcer à avorter ou à provoquer une fausse couche est une violence sexuelle au sein du couple, nommée coercition reproductive.

Législation dans le monde

vignette|500x500px| Deux modèles de législation existent : celles basées sur le consentement (requiert que l'acte sexuel soit non consenti pour être condamnable), et celles basées sur la coercition (requiert menace, violence physique ou manipulation explicite pour être condamnable).

La logique des lois basées sur la coercition est d'éviter les « fausses accusations » et de protéger en priorité les accusés, potentiellement innocents.

Ce genre de législation fait reposer une part de responsabilité sur la victime, dont il est attendu qu'elle se défende activement contre son agresseur, laissant de côté les personnes agressées dans leur sommeil, droguées, ou paralysées par la situation. D'autre part, il peut être reproché à la victime d'avoir « provoqué » l'agression, par sa tenue ou son comportement.

En comparaison les législations basées sur le consentement attribuent beaucoup plus de responsabilité sur l'agresseur potentiel, dont il est attendu qu'il obtienne le consentement libre et éclairé de son partenaire.

Le Kansas est le seul état à adopter une législation mixte, basée sur la coercition pour les agressions sexuelles de nature vaginale, et le consentement pour le reste.

Inclusion des violences sexuelles dans la législation des violences domestiques D'après une étude menée en 2018 par la banque mondiale, 129 pays punissent les violences sexuelles domestiques au même titre que les autres violences conjugales. PaysLa législation des violences domestiques inclue les VSS Afghanistan Afrique du Sud Albanie Algérie Allemagne Andorre Angola Antigua-et-Barbuda Arabie saoudite Argentine Arménie Australie Autriche AzerbaïdjanBahamasBahreïnBangladeshBarbadeBelgiqueBélizeBéninBhoutanBiélorussieBolivieBosnie-HerzégovineBotswanaBrésilBruneiBulgarieBurkina FasoBurundiCamerounCambodgeCanadaCap-VertChiliChineChypreColombieComoresCorée du NordCorée du SudCosta RicaCôte d'IvoireCroatieCubaDanemarkDjiboutiDominiqueÉgypteÉmirats arabes unisEquateurÉrythréeEspagneEstonieEswatiniÉtats fédérés de MicronésieÉtats-UnisÉthiopieFidjiFinlandeFranceGabonGambieGéorgieGhanaGrèceGrenadeGuatemalaGuinéeGuinée-BissauGuinée équatorialeGuyanaHaïtiHondurasHong KongHongrieÎles MarshallÎles SalomonIndeIndonésieIranIrakIrlandeIslandeIsraëlItalieJamaïqueJaponJordanieKazakhstanKenyaKirghizistanKiribatiKosovoKoweïtLaosLesothoLettonieLibanLiberiaLibyeLiechtensteinLituanieLuxembourgMacédoine du NordMadagascarMalaisieMalawiMaldivesMaliMalteMarocMauriceMauritanieMexiqueMoldavieMonacoMongolieMonténégroMozambiqueMyanmarNamibieNauruNépalNicaraguaNigerNigeriaNorvègeNouvelle-ZélandeOmanOugandaOuzbékistanPakistanPalaosPalestine (Cisjordanie et Gaza)PanamaPapouasie-Nouvelle-GuinéeParaguayPays-BasPérouPhilippinesPolognePortugalPérouQatarRépublique centrafricaineRépublique du CongoRépublique démocratique du CongoRépublique dominicaineRépublique tchèqueRoumanieRoyaume-UniRussieRwandaSaint-Christophe-et-NiévèsSainte-LucieSaint-Vincent-et-les-GrenadinesSaint-MarinSalvadorSamoaSao Tomé-et-PrincipeSénégalSerbieSeychellesSierra LeoneSingapourSlovaquieSlovénieSomalieSoudanSoudan du SudSri LankaSuèdeSuisseSurinameSyrieTadjikistanTchadThaïlandeTaïwanTanzanieTimor orientalTogoTongaTrinité-et-TobagoTunisieTurquieTurkménistanTuvaluUkraineURSSUruguayVanuatuVenezuelaVietnamYémenZambieZimbabwe Inscription du non-consentement dans la loi La question de l'inscription du non-consentement dans la loi est un enjeu majeur dans la prise en compte des témoignages de violences sexistes et sexuelles, en particulier dans le couple, où le consentement est souvent considéré comme acquis du fait du statut marital. En Europe, le débat est en pleine évolution, de plus en plus de pays inscrivant le non-consentement dans leur législation. Une proposition est votée en 2026 au parlement européen pour uniformiser cette mesure dans tous les pays membres, mais la commission européenne souhaite encore temporiser son application. PaysInscrit dans la loiAnnée d'adoptionNotes et sources Afghanistan Afrique du Sud2007AlbanieAlgérieAllemagne2016AndorreAngolaAntigua-et-BarbudaArabie saouditeArgentineArménieAustralieAutricheAzerbaïdjanBahamasBahreïnBangladeshBarbadeBelgique1989BélizeBéninBhoutanBiélorussieBolivieBosnie-HerzégovineBotswanaBrésilBruneiBulgarieBurkina FasoBurundiCamerounCambodgeCanada1985Cap-VertChiliChineChypre2020ColombieComoresCorée du NordCorée du SudCosta RicaCôte d'IvoireCroatieCubaDanemark2020DjiboutiDominiqueÉgypte1937Émirats arabes unisEquateurÉrythréeEspagne2022EstonieEswatiniÉtats fédérés de MicronésieÉtats-UnisÉthiopieFidjiFinlande2023France2025GabonGambieGéorgieGhanaGrèce2019GrenadeGuatemalaGuinéeGuinée-BissauGuinée équatorialeGuyaneHaïtiHondurasHong Kong1978HongrieÎles MarshallÎles SalomonInde1860IndonésieIranIrak2010Irlande1981Islande2018IsraëlItalieJamaïqueJaponJordanieKazakhstanKenya2006KirghizistanKiribatiKosovoKoweïtLaosLesothoLettonieLibanLiberiaLibyeLiechtensteinLituanieLuxembourg2011Macédoine du NordMadagascarMalaisieMalawiMaldivesMaliMalteMarocMauriceMauritanieMexiqueMoldavieMonacoMongolieMonténégro2018MozambiqueMyanmar1860NamibieNauruNépalNicaraguaNigerNigeriaNorvègeNouvelle-Zélande2005OmanOuganda1950OuzbékistanPakistan2006PalaosPalestine (Cisjordanie et Gaza)PanamaPapouasie-Nouvelle-GuinéeParaguayPays-Bas2024PérouPhilippinesPologne2025PortugalPérouQatarRépublique centrafricaineRépublique du CongoRépublique démocratique du CongoRépublique dominicaineRépublique tchèqueRoumanieRoyaume-Uni2003 (Angleterre et Pays de Galles) 2008 (Irlande du Nord) 2009 (Ecosse)RussieRwandaSaint-Christophe-et-NiévèsSainte-LucieSaint-Vincent-et-les-GrenadinesSaint-MarinSalvadorSamoaSao Tomé-et-PrincipeSénégalSerbieSeychellesSierra LeoneSingapourSlovaquieSlovénie2021SomalieSoudanSoudan du SudSri LankaSuède2018SuisseSurinameSyrieTadjikistanThaïlandeTaïwanTanzanie1998TchadTimor orientalTogoTongaTrinité-et-TobagoTunisieTurquie2014TurkménistanTuvaluUkraine2017URSSUruguayVanuatuVenezuelaVietnamYémenZambieZimbabwe Inscription du viol conjugal dans le droit pénal Plusieurs pays reconnaissent explicitement l'existence du viol conjugal, pour empêcher aux agresseurs de baser leur défense sur l'assomption de consentement implicite au sein du couple.