La Sonate pour piano en ut majeur, , est une œuvre pour piano-forte de Carl Maria von Weber composée à Berlin, en 1812. Dédiée à Marie Pavlovna de Russie, sœur du tsar Alexandre et grande-duchesse de Weimar, la partition porte la référence J. 138 dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par Friedrich Wilhelm Jähns.

La célébrité de l'œuvre a longtemps été associée au rondo de son quatrième et dernier mouvement, renommé Mouvement perpétuel ou par les pianistes, qui le jouent souvent à part. Le compositeur surnommait lui-même ce rondo , en raison de son trait ininterrompu en doubles croches à la main droite. En 1852, Johannes Brahms réalise un arrangement de cette pièce en inversant le travail des mains, offrant une étude virtuose où ce mouvement perpétuel de doubles croches est confié à la main gauche.

La composition des quatre mouvements de la Sonate pour piano a été critiquée, dans la mesure où elle ne répondait pas aux canons de la forme sonate classique mais ne soutenait pas la comparaison avec les audaces des sonates contemporaines de Beethoven. Le tempérament de Weber l'entraîne plutôt du côté du théâtre et de la danse, et lui fait briser le cadre traditionnel établi depuis Jean-Sébastien Bach et le classicisme viennois, dans une esthétique qui annonce celle d'un Berlioz, d'un Liszt et d'un Wagner.

Caractéristique, par son expression fantastique, de la musique romantique allemande des années 1810 et suivie de trois autres sonates, jusqu'à la Quatrième achevée en 1822, cette Première Sonate pour piano de Weber représente, pour le musicologue Guy Sacre, ou .

Composition vignette|redresse=0.8|Marie Pavlovna de Russie, par Vladimir Borovikovski (1804).|alt=Portrait en buste d'une femme somptueusement vêtue.

Carl Maria von Weber compose sa Sonate pour piano à Berlin, du mois d'avril au mois d'. Dans un contexte politique troublé , le musicien venait d'apprendre la nouvelle de la mort de son père Franz Anton, ce qui l'avait profondément affecté : .

L'œuvre, publiée la même année par les éditions Schlesinger, est dédiée à la grande-duchesse Marie Pavlovna de Russie, sœur du tsar Alexandre et grande-duchesse de Weimar, également dédicataire des Variations sur l'air russe , , en 1815. Celle-ci avait accueilli le compositeur à Weimar, où il rencontre Goethe .

Marie Pavlovna .

Julius Benedict, , commente le jeu de son maître dans cette sonate : .

La partition porte le numéro d', ou J. 138 dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue prussien Friedrich Wilhelm Jähns.

Présentation L'œuvre est en quatre mouvements : en ut majeur, à quatre temps (noté 12px) ; en fa majeur, à ; Menuetto. en mi mineur, à — Trio en mi majeur, ; Rondo. en ut majeur, à .

La durée d'exécution est d'environ .

Parcours de l'œuvre Hippolyte Barbedette, critique musical du Ménestrel, relève que . Julius Benedict suggère que, dans cette œuvre , .

Guy Sacre met en garde l'auditeur de cette Sonate pour piano , qui .

I.

L initial, composé en dernier, débute qui, en arpège, .

vignette|centré|redresse=3.2|Premières mesures (1 à 4) de l.

John Warrack insiste sur l'importance de cet accord initial, dans Der Freischütz, . Un passage de transition mène au second sujet, , avec , et la réexposition . Dans cet , .

Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau notent . La personnalité de Weber s'affirme, avec son . Deux thèmes sont exposés, , affirme .

II.

L :

vignette|centré|redresse=2.6|Premières mesures (1 à 4) de lAdagio.

Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau y entendent . John Warrack regrette que . La priorité est accordée à la .

Georges Servières critique les deux premiers mouvements de cette Sonate et de la Sonate pour piano , , en la bémol : .

III.

Le menuet, . La ligne mélodique .

vignette|centré|redresse=2.5|Premières mesures (1 à 4) du Menuet, Allegro.

Les et les du menuet et du trio ont été critiquées par François-Joseph Fétis, mais Hippolyte Barbedette estime qu'. Pour John Warrack, . Louis Aguettant devine, dans ce , qui réapparaîtra dans le menuet de la Sonate pour piano , .

Ce . Il est notable que Dussek, . Guy Sacre y trouve : que reprendront les sonates suivantes, avec d'autres

Georges Servières considère l'originalité des deux derniers mouvements de la Sonate : .

IV.

Le rondo, composé en premier, est traversé . Avec ce , c'est . Pour John Warrack, ce finale

vignette|centré|redresse=3.5|Premières mesures (1 à 5) du Rondo, Presto.

Selon Georges Servières, le mouvement . Weber surnommait ce mouvement . Charles-Valentin Alkan le nomme , ou . Guy Sacre soupire sur ce rondo, qui . Hippolyte Barbedette critique ce renommage comme une .

La première audition en France est donnée par Charles-Valentin Alkan, dans les années 1840, dans le cadre de concerts parisiens où il n'interprète ses propres œuvres qu'en intermède. Par la suite, Antoine-François Marmontel, professeur de Bizet puis Debussy au Conservatoire, fait travailler ce Mouvement perpétuel par ses élèves.

L'écriture en de ce finale rappelle . De fait, . Au-delà de la dextérité, l'interprétation .

Louis Aguettant témoigne de la célébrité de ce . Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau observent que .

Analyse Improvisation Carl Maria von Weber était .

John Warrack estime que . Louis Aguettant admet que l'on traite cette partition de .

Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau considèrent que, par , la Sonate pour piano de Weber est . Brigitte François-Sappey reprend le qualificatif de à son sujet.

Sonate ou poème vignette|gauche|redresse=1|Carl Maria von Weber, par Thomas Lawrence (1814).|alt=Portrait en buste d'un homme élégamment vêtu.

Georges Servières entend ne pas .

Guy Sacre considère que .

Ainsi, le premier mouvement .

Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau insistent sur le caractère dramatique de la Sonate pour piano , . L'œuvre est caractéristique d'une . Pour John Warrack, .

Les quatre Sonates de Weber, . La muse de Weber, .

Virtuosité vignette|redresse=1|Piano-forte de John Broadwood (1810)Musée des Instruments de musique de Bruxelles.|alt=Photographie en couleur d'un grand piano-forte.

La Sonate pour piano de Weber est caractéristique . Guy Sacre regrette .

Dans le répertoire du piano, .

John Warrack rappelle que sur le clavier. Composée à son propre usage, comme la majorité de ses partitions d'une , la Sonate en ut majeur .

Pour Émile Vuillermoz, . Pourtant, le compositeur .

La critique musicale , alors que son équivalent chez Hummel, .

Pour fustiger la dans des de Glinka, dans une sonate de Moscheles ou, , le musicologue renvoie volontiers à . Pour autant, cette écriture .

Postérité L'histoire de la musique classique . Il est que son œuvre pour piano , lInvitation à la danse, soit .

Igor Stravinsky renouvelle l'approche des sonates de Weber, .

Ces quatre sonates .

Influences Jean-Luc Caron et Gérard Denizeau résument la situation historique du musicien :

Selon John Warrack, la Sonate pour piano de Weber présente une double qualité, .

Guy Sacre se demande , pour écrire celui de sa Sonate pour piano , , . En revanche, Mendelssohn rend hommage au de Weber, dans deux pièces restées inédites jusqu'en 1984, et lui dans un , en ut majeur, aux .

Cette Sonate exprime, selon le philosophe et musicologue Vladimir Jankélévitch, entre ses mouvements lents et rapides, où : .

Jankélévitch retrouve cette écriture en dans l'œuvre de Maurice Ravel : .

En revanche, les Mouvements perpétuels de Francis Poulenc, qui

En 1925, Paul Hindemith compose une . Quinze ans plus tard, il compose les Métamorphoses symphoniques sur des thèmes de Carl Maria von Weber, notamment à partir de pièces pour piano à quatre mains extraites des Six Pièces, et des Huit pièces, .

Arrangements En 1852, Johannes Brahms compose une

De ce même rondo, en 1874, Tchaïkovski réalise .

Alexander Brailowsky et Leopold Godowsky ont également arrangé le de Weber..

Discographie

John Warrack observe que . Cette musique .

Intégrale En près de quatre-vingt-cinq ans, depuis l'enregistrement d'Arrau, seules une trentaine de gravures de cette première sonate ont été commercialisées. C'est peu, surtout après deux expansions de diffusion de la musique enregistrée, LP puis CD et le tout numérique.

Les grands noms du clavier ont presque délaissé cet opus à la faveur d'autres sonates, tel Sviatoslav Richter, par exemple. Restent Dino Ciani (intégrale), Jean Martin (intégrale), Nikita Magaloff (concert), Marie-Catherine Girod (intégrale) qui ont tous été très remarqués par les comptes rendus critiques. Suivent de jeunes pianistes, aux noms encore inconnus.

Côté instruments historiques, John Khouri touche un piano de 1820, Jan Vermeulen enregistre son intégrale sur un Hammerklavier de 1825 et Jan Panenka, sur un Bösendorfer de 1830.