Le full-contact est un sport de combat de percussion appartenant au groupe dit des boxe pieds-poings (BPP)Cette appellation française de « boxe pieds-poings » a été proposée, dans les années 1970, par Alain Delmas, enseignant d’université, spécialiste de sports de combat et arts martiaux, chercheur en stratégie du combat ». Il est développé et réglementé aux États-Unis au début des années 1960 et surnommé outre-Atlantique, « kick-boxing no low-kickAlain Delmas, Jean-Roger Callière - 2000, Origines du kick-boxing, Site Internet La boxe pieds-poings par Christian Julia - http://www.boxepiedspoings.fr/ ». Le full-contact américain lors de son arrivée en France au début des années 1970 est surnommé : « boxe américaineL’expression « boxes américaines » désigne l’ensemble des disciplines nord-américaines nées dans les années 1950 aux années 1970 aux États-Unis, c’est-à-dire, « les boxes américaines » : point-fighting (semi-contact), karate full-contact, et full-contact américain avec low-kick », ce qui n’est pas une appellation exclusive à cette discipline d’outre-Atlantique. Le full-contact américain désigne, pour certaines fédérations internationales de boxes pieds-poings, la forme de karaté de plein impact avec port de gants de boxe et sans frappe dans le membre inférieurCette définition est notamment le cas, dès les années 1970, pour les organismes mondiaux de sports de combat les plus importants, comme la World Kickboxing Association (WKA), l’International Sport Kickboxing Association (ISKA, héritière de la première fédérale mondiale la P.K.A.), l'Association mondiale des organisations de kickboxing (WAKO, reconnu par l’GAISF (ou AGFIS) SportAccord)., pour la différencier du « kick-boxing américain avec coup de pied basDepuis le année 1990, pour la distinguer du full-contact, cette dernière est nommée en anglais low-kick, c’est-à-dire avec le port de coup de pied circulaire en ligne basse et uniquement sur la cuisse. En conclusion les deux disciplines, « full-contact américain » et le « kick-boxing américain » se différencient par le rajout du « low-kick » pour cette dernière ».
Cette forme nord-américaine s’est développée à l’occasion des tournois d’arts martiaux multi-disciplines au début des années 1960. Le règlement sportif dit transversal permet à tous les pratiquants de sports de combat de percussion de s’adapter à cette discipline. En France, un pratiquant de full-contact américain est nommé « fulleur » et au féminin « fulleuse ». Le terme « full contact » est aussi un anglicisme destiné à désigner le style de rencontre de plein impact pour d’autres sports de combat et arts martiaux ; c’est-à-dire la forme de compétition martiale où la mise hors de combat de l’adversaire est autorisée (également nommé : K.-O.System).
Histoire Naissance aux États-Unis Dans les années 1960, aux États-Unis l’engouement pour le karaté ainsi que pour les autres arts martiaux (kenpō, kung-fu, taekwondo) et la volonté de certains médias font évoluer les choses. Différents styles de pratiques martiales développèrent des formes de contact variées. De nombreux champions désireux de faire connaître la diversité de leurs techniques, contribuèrent à leur évolution. Des tournois sont organisés par des styles de combat divers ; comme l’United States National Karate Championship de Jhoon Rhee, la Bataille d’Atlanta d’Ed Parker, et dès 1963 les opens sur ring de bando burmese kickboxing (forme héritière de l’ancestrale boxe birmane). D’autres tournois importants comme le Masutatsu Ōyama All Worth America Championship (karaté kyokushinkai au K.O.) ont changé les traditionnels tournois de karaté jusqu’alors organisés sans contact. Également, l’idée de Bruce Lee (célèbre acteur de cinéma, au milieu des années 1970) et de Jhoon Rhee (professeur d’Alan Steen, de Jeff Smith et de Gordon Franks) de combattre avec protections et gants, a ouvert une nouvelle voie pour tous les amateurs de « combat réel ».
Tournant décisif Aux États-Unis, certains historiensMike Miles, A History of Kickboxing - North America's surprisingly taboo kickboxing history (mikemiles.com) - Part 1 situent la naissance du full-contact, le à Long-Beach (Californie), quand le promoteur Lee Faulkner organisa une rencontre sur ring au K.O., opposant Joe Lewis à Greg Baines, combat de "Full Contact Karate" appelé "American Kickboxing" par un journaliste.
Enfin, une autre hypothèse semble faire la quasi-unanimité dans le Monde du full-contact. Aux États-Unis au milieu des années 1970, certains karatékas de haut niveau, décidèrent d’apporter la dose de contact qui manquait à leur discipline de compétition. C’est ainsi que commença la « révolution » du karaté. Ils procédèrent à des essais de nouvelles formes de combat. D’abord l’idée de l’« open », satisfaisait les exigences de tous les adeptes des arts martiaux, où les pratiquants portaient des protections en matériau expansé, ce qui leur permettait de toucher un peu plus l’adversaire et sans que le K.O. soit permis. Ainsi on parla d’un « American Karate », en fait, il s’agissait d’un « Point Karate » (karaté de type escrime olympique à la touche contrôlée, appelé plus tard en Europe, « Semi-contact »). Mais ces grands tournois de « Point Fighting » (dit à la “touchette“) ne satisfaisaient pas tout le monde, il fallait une raison, bien plus importante pour attirer les sponsors et la télévision : le « K.O.-System » (les Américains n’appréciaient pas les simulacres de combat). De nombreux pratiquants de karaté et de points-fighting (semi-contact) évoluant dans les compétitions se sentirent frustrés par les réglementations en vigueur privilégiant le contrôle des touches. Alors, ils cherchèrent un sport dans lequel on utilise la puissance des coups de pied et des coups de poing, plutôt qu'en les arrêtant avant de toucher l'adversaire. C’est pour ces raisons que naquit le « Full Contact Karate » le à Los Angeles (Californie) lors d’une soirée historique réunissant . Ce fut le premier championnat du monde de la fédération internationale P.K.A. sur tapis d’art martial (en Japonais, "tatami").
Révolution du karaté américain Joe Lewis fut le premierMike Miles, An interview with Joe Lewis, site www.mikemiles.com, 1998 à disputer le « karaté » avec des gants de boxe. Un nouveau style de combat était né et, lentement cette forme sportive se structura, des rencontres s’organisèrent un peu partout et Howard Hanson, organisateur et ceinture noire de karaté shorin-ryu, eut l’idée d’organiser les combats sur un ring plutôt que sur un tatami. Il fallait une fédération pour régir ce nouveau sport, la première fut la « Professional Karate Association » (P.K.A.) fondée par Mike Anderson et les époux Don et Judy Quine. Cette fédération avait pour objectif de coordonner et de promouvoir cette discipline au niveau professionnel dans le monde entier. Mike Anderson à cette époque dirigeait la revue « Professional Karate Magazine » et organisait la « Top Ten » national à l’issue de laquelle des sommes importantes étaient distribuées aux vainqueurs. Cette forme de compétition a été introduite en France par Dominique Valera à la fin des années 1970, sous le nom de « full-contact », appelée plus tard « boxe américaine » suivant des directives ministérielles.
Rapidement les Américains dominent le monde occidental avec leurs vedettes comme Bill Wallace dit « superfoot » en raison de sa jambe avant. Il est le porte-drapeau du mouvement du « Full Contact Karate », ensuite Joe Lewis, Jeff Smith (meilleur « points-fighter » en 1974, élève du coréen Jhoon Rhee, connu comme le père du Taekwondo américain et inventeur des protections en plastique utilisées pour le lancement du full-contact le ), Isaias Duenas et Joe Corley.
Mais un autre tournant annonce la naissance du full-contact moderne. Howard Hanson, élève de Mike Stone, professionnel des organisations et visionnaire, considère que les règles dans lesquelles les combats s’inscrivent sont trop limitées. Pour lui, un vrai champion doit défendre son titre contre des combattants de tous les pays. Certes, les Américains dominaient « leur monde » mais pour rencontrer les Asiatiques (notamment les pratiquants de kick-boxing japonais et Muay thai thaïlandais), il fallait ajouter à leur sport une technique essentielle : la frappe dans les jambes ou « low-kick ». Enfin naquit un style plus complet alliant les techniques de poing (dites de boxe anglaise) et de pied (karaté, taekwondo, muay-thaï…) le Full-contact avec low-kick (ou kick-boxing américain) développé par une autre structure, la W.K.A..
Une des vedettes de la P.K.A., Benny « the jet » Urquidez, s’inscrit dans ce projet qui donnait naissance à une nouvelle structure, en 1976, s’occupant du Full-contact avec low-kick (Kick-boxing), la « World Karate Association » (W.K.A) devenue plus tard la « World Kickboxing and Karate Association ». L’emblème choisi par la W.K.A. fut un globe entouré d’une ceinture noire afin de symboliser le but international de cette organisation. Les pionniers de ces deux disciplines américaines majeures, « full-contact » et du « kick-boxing » aux États-Unis dans les années 1960 et années 1970, sont trois personnalités du monde des arts martiaux américains, le comte Dante, Ray Scarica et Maung Gyi (expert de Bando et boxe birmane)Mike Miles, A History of Kickboxing - North America's surprisingly taboo kickboxing history - Part 4.
Fédérations mondiales Il n’existe pas à proprement parler d’organisme international majeur gérant la discipline, mais plutôt un ensemble de fédérations mondiales développant cette pratique en compétition. On trouve notamment, depuis les années 1970, les structures historiques suivantes : la World Kickboxing Association (WKA) créée par Howard Hanson en 1976 aux États-Unis à l’origine du kick-boxing américain avec low-kick ; l’International Sport Kickboxing Association (ISKA), héritière de l’ex P.K.A., et fondée aux États-Unis en 1986 ; l'Association mondiale des organisations de kickboxing (WAKO). crée en 1976 (Allemagne) par Georg F. Bruckner initialement une structure ayant pour but de développer en Europe le point-fighting et le full-contact ; l’International Combat Organisation (ICO), branche britannique issue de la WAKO.
Développement international Dès le départ du « full-contact américain » sans low-kick en 1975, la plupart des pays européens reconnaissent la PKA comme structure originelle. Ensuite les responsables de grandes fédérations mondiales proposent des titres dans l’ensemble des disciplines pieds-poings (full-contact, muay-thaï, et kick-boxing) ce qui a pour effet, à côté des fédérations internationales d’origine (PKA, WKA, WAKO) de faire éclore rapidement de nouvelles structures mondiales et concurrentes.
Dans la plupart des pays, un seul organisme associe les différentes disciplines de combat et d'arts martiaux notamment les boxes pieds-poings (full-contact, kick-boxing et thaï-boxing), ce qui n'est pas le cas de la France où les dirigeants des différentes fédérations de boxes pieds-poings ont du mal à s'entendre pour mutualiser les moyens. Les fédérations internationales de kick-boxing les plus représentées dans le monde depuis les années 1970 sont : la World Kickboxing Association (WKA) (la plus ancienne et née en 1976 aux États-Unis), l’International Sport Kickboxing Association (ISKA, née en 1986 lors de la régression de la Professional Karate Association (PKA) (structure initiale du kickboxing américain) et enfin l'Association mondiale des organisations de kickboxing (WAKO) née en 1978 en Allemagne.
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