Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères est l'administration française chargée de mettre en œuvre la politique extérieure de la France et d'assurer les relations avec les États étrangers à la République française. Il est dirigé par un ministre, membre du gouvernement.

Ce ministère fait, en France, partie des ministères dits régaliens aux côtés des ministères des Armées, de la Justice, de l'Économie et des Finances et de l'Intérieur.

Installé principalement dans un hôtel au du quai d'Orsay, dans le de Paris, il est surnommé par métonymie « le Quai d'Orsay » ou même « le Quai ».

Depuis le , Jean-Noël Barrot est, dans le gouvernement français, le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

Ce ministère a également existé sous les noms de : ministère des Relations extérieures (MRE), ministère des Affaires étrangères (MAE), ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI). vignette|Talleyrand est ministre des relations extérieures de 1797 à 1799 et de 1799 à 1807, il est ensuite ministre des affaires étrangères de 1814 à 1815. vignette|L'hôtel du ministre des Affaires étrangères est construit entre 1844 et 1856.

thumb|Depuis 2008, certains services du ministère sont installés dans les anciens locaux de l'Imprimerie nationale au 27 rue de la Convention dans le .

Histoire

Le ., Henri II nomme Claude de l’Aubespine au secrétariat d'État chargé de la Champagne, de la Bourgogne, de la Bresse, de la Savoie, de l'Allemagne et de la Suisse..

Le , le roi Henri III crée le ministère des relations extérieures, Louis de Revol. est nommé secrétaire d'État aux Affaires étrangères.. C'est le premier à porter ce titre.

Revol devient le secrétaire d'État à la Maison du Roi, à partir du . Le secrétaire d'État des Affaires étrangères était souvent créé ministre d'État lors de son entrée en fonctions puisque le Conseil d'En-haut traitait principalement de diplomatie.

Cependant la nomination au ministère d'État n'est pas automatique : on vit ainsi de 1696 à 1699 Jean-Baptiste Colbert de Torcy détenir la charge de secrétaire d'État sans être ministre tandis que son beau-père Pomponne rapportait les affaires au Conseil.

Sous la polysynodie (1715-1718), la responsabilité des affaires étrangères n'est pas aux mains d'un secrétaire d'État, mais sous l'autorité d'un « conseil des affaires étrangères ».

L'organisation du département des Affaires étrangères du secrétariat d'État mise en place au a perduré pendant la Révolution et s'est conservée à l'époque contemporaine, avec quelques différences. Par exemple, les consulats, qui étaient administrés par le département de la Marine, lui ont été rattachés en 1793. Le a vu le développement de l'administration centrale du ministère et l'émergence de services liés aux réalités nouvelles de la scène internationale tels que le service culturel du Quai d'Orsay. Sous la République a été créé un ministère des Affaires européennes.

Le ministère des Affaires étrangères a aussi connu des changements de nom : il s'est appelé ministère des Relations extérieures de 1794 à 1814 ainsi que de 1981 à 1986 sous les ministériats de Claude Cheysson et de Roland Dumas.

Missions Sous la République, le ministère des Affaires étrangères est chargé des relations avec les États étrangers. Il a la responsabilité d'informer le président de la République et le gouvernement de l’évolution de la conjoncture internationale et de la situation politique, économique et culturelle des États étrangers en s'appuyant sur les rapports des représentations diplomatiques de la France à l'étranger (ambassades et consulats).

Si le président de la République a fait, depuis De Gaulle, de la diplomatie un « domaine réservé », le ministre des Affaires étrangères reste en théorie l'initiateur de la politique extérieure de la France et propose les orientations de la politique internationale du pays.

Le ministère joue un rôle de conduite et de coordination des relations internationales, donc de représentation auprès des gouvernements étrangers notamment lors de négociations diplomatiques, de signatures d'accords et de toute démarche internationale au nom de la République française. Ainsi, chaque ambassadeur de France représente le président de la République auprès des autorités de son pays de résidence. Sa fonction lui donne autorité pour négocier et signer des accords au nom de la France.

Enfin, le ministère des Affaires étrangères doit protéger les intérêts français à l’étranger et porter assistance aux ressortissants français hors du territoire, essentiellement par l'intermédiaire de ses consulats.

Ces attributions restent assez stables dans le temps puisque la diplomatie fait depuis toujours l'objet d'un ministère particulier. Néanmoins, la création en 2007 d'un ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, intégré en 2010 au ministère de l'Intérieur, a transféré certaines compétences traditionnellement exercées par le Quai d'Orsay dans ce nouveau périmètre.

Organisation L'administration centrale du ministère des Affaires étrangères est située à Paris, à Nantes et à La Courneuve. Le ministère est également présent partout à l'étranger par l'intermédiaire de ses représentations diplomatiques (ambassades, consulats, représentations et délégations permanentes, instituts français).

Ministres et cabinet

vignette|Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères depuis 2024.

Depuis le , dans les gouvernements de Michel Barnier, François Bayrou et Sébastien Lecornu, Jean-Noël Barrot est ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.

Les ministres disposent d'un chef de cabinet, qui mène la vie administrative du cabinet et s'assure de son bon fonctionnement, et est chargé des relations entre celui-ci et les différentes administrations du ministère. Le directeur de cabinet est, lui, le plus étroit collaborateur politique du ministre, chargé notamment d'épauler ce dernier dans ses choix politiques et d'entretenir le dialogue avec le secrétariat général du gouvernement à Matignon, les autres ministères et les médias. Le cabinet des ministres est également composé de divers conseillers et conseillers techniques choisis par les ministres, afin de leur apporter les éléments nécessaires à leurs prises de décisions dans les différents domaines relevant de ses compétences (budget, administration, communication, affaires juridiques).

Administration centrale vignette|Hôtel du ministre des Affaires étrangères, au 37 quai d'Orsay ( de Paris). Il héberge le cabinet du ministre et une partie de l’administration.. Sous la Révolution française, à partir de 1794, il siégeait à l'hôtel de GalliffetMorgane Bertrand, « Saint-Germain : le faubourg déserté », , in « Votre quartier sous la Révolution », Le Nouvel Obs - Paris - Île-de-France, , semaine du 5 au 11 avril 2007, .. Contrairement au cabinet, composé de membres choisis par le ministre, l'administration centrale est composée uniquement de fonctionnaires titulaires (ou stagiaires) ou de contractuels, afin de procurer une certaine stabilité à l'ensemble, et de garantir une continuité dans la gestion ainsi qu'une solide expérience des dossiers au sein de l'administration. L'administration centrale désigne en effet l'ensemble des services et agents publics chargés de faire fonctionner le service public et d'appliquer les décisions réglementaires ou législatives.

Le ministère des Affaires étrangères comprend un secrétariat général, quatre services directement rattachés au ministre (le protocole, l'inspection générale des affaires étrangères, le centre d'analyse et de prospective et le centre de crise), trois directions générales et diverses autres directions. Les directions générales sont divisées en directions, en délégations et en services. Le secrétariat général, les directions générales, les directions et les services sont dirigés chacun par un directeur nommé par décret. Les directions, sous-directions, délégations et services sont composés de différents bureaux chargés de missions spécifiquesDécret du 28 décembre 2012.

Secrétariat général

Le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères assiste le ministre dans l'orientation générale et la conduite des affairesArticle 2 du décret du 28 décembre 2012. Il peut le représenter dans les réunions ou organismes interministériels et préside le conseil de direction. Il a autorité, au nom du ministre, sur l'ensemble des services du ministère et suit les questions relatives à l'organisation du ministère, en veillant à l'adaptation des moyens des services et des postes à leurs missions.

Depuis le , Anne-Marie Descôtes est secrétaire général du ministère de l'Europe et des Affaires étrangèresDécret du 24 août 2022 portant nomination de la secrétaire générale du ministère de l'Europe et des affaires étrangères - Mme DESCOTES (Anne-Marie). Elle est secondée dans ses fonctions par un secrétaire général adjoint.

Direction du protocole d’État et des événements diplomatiques

Le Protocole d’État est dirigé par chef du protocole, introducteur des ambassadeurs et ayant lui-même rang d’ambassadeur. Il est mis à la disposition du Président de la République, du Premier ministre et du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Actuellement, le directeur du Protocole assure les fonctions protocolaires pour le chef de l’État, tandis que son adjoint se consacre à celles du chef de gouvernement. Le Protocole veille également à l’application, sur le territoire français, des privilèges, immunités et franchises diplomatiques et consulaires, garantissant ainsi le respect des règles internationales en la matière.

Inspection générale des affaires étrangères

L'inspection générale des affaires étrangères est chargée de contrôler le fonctionnement de l'administration centrale, des missions diplomatiques et des postes consulairesArticle 3 II. du décret du 28 décembre 2012.

Depuis le , Kareen Rispal est inspectrice générale des affaires étrangères. L'inspecteur général est secondé dans ses fonctions par un inspecteur général adjoint.

Centre d'analyse, de prévision et de stratégie

Le centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) prépare les décisions du ministre par l'analyse des évolutions à moyen et à long terme des relations internationales et des questions qui les influencent, notamment religieuses, migratoires et démographiques. Il fait appel, le cas échéant, à des organismes publics ou privés et à des personnes choisies pour leurs compétences. Il participe à l'orientation des activités des instituts français de recherche à l'étranger et à leur valorisationArticle 3 III. du décret du 28 décembre 2012.

Le directeur actuel du centre d'analyse, de prévision et de stratégie est Manuel Lafont Rapnouil. Il succède à l'historien Justin Vaïsse, nommé par l'ancien ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en L’historien Justin Vaïsse à la tête du Centre d’analyse, de prospective et de stratégie du Quai d’Orsay.

Centre de crise et de soutien