L'affaire Geneviève Legay est une affaire judiciaire française liée à la charge policière subie par une manifestante à Nice le et aux blessures en ayant résulté.
Faits Une manifestation de Gilets jaunes à la veille d'une visite du président chinois Xi Jinping tourne mal à Nice, le .
Le commissaire Rabah Souchi, chargé des opérations de contrôle de la manifestation, ordonne une charge policière. Une manifestante : Geneviève Legay, 73 ans, est gravement blessée, victime d’une hémorragie et de plusieurs fractures au crâne et au coccyx et de côtes cassées après avoir été projetée au sol par un policier place Garibaldi, dans un périmètre d'interdiction établi par la Préfecture. Elle reste hospitalisée pendant deux mois, a perdu l’odorat, une partie du goût et 35 % d’audition à l’oreille droite.
Le même jour, un capitaine de gendarmerie refuse que ses hommes obéissent aux ordres du commissaire Rabah Souchi et alerte ses supérieurs sur le comportement de ce dernier.
Réactions et conséquences Le maire de Nice, Christian Estrosi, affirme : .
Le président de la République, Emmanuel Macron, affirme le surlendemain de la manifestation au journal Nice-Matin : , en souhaitant à la manifestante .
Le , le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, récompense Rabah Souchi et sa compagne.
Enquêtes Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, confie l'enquête préliminaire à la compagne du commissaire Rabah Souchi, mis en cause dans l'affaire et elle-même également impliquée dans le maintien de l’ordre de cette manifestation. Le procureur confirmera que ce choix a été fait en connaissance de cause.
Geneviève Legay affirme que lors de l'enquête : .
Le , des doutes sur le déroulement de l'enquête pousse la Cour de cassation à accéder à la demande de dépaysement du dossier au profit du tribunal de grande instance de Lyon.
Les ordres de la police étaient au moment de , selon l’IGPN et un rapport de gendarmerie évoque des consignes de la part de la police face à une .
Jean-Michel Prêtre, procureur de Nice, dément d'abord tout physique de la part des forces de l'ordre.
Finalement, à la suite de l'exploitation d'images de vidéosurveillance et à des témoignages de policiers, publié par la journaliste Pascale Pascariello dans Mediapart, le , le magistrat reviendra sur sa déclaration et reconnaîtra le que la militante d'Attac et de la CGT a été poussée par un policier. Il affirmera également ne pas avoir voulu mettre le chef de l’État dans l’embarras entre les versions. Il sera finalement muté à la cour d'appel de Lyon fin 2019.
Le , le policier à l'origine des blessures de Genevière Legay, exprime dans Nice-Matin'', les regrets des conséquences de son intervention, tout en indiquant avoir agi sur ordre.
Le , Pascale Pascariello est convoquée par l'IGPN dans le cadre de l'enquête mais refuse de répondre aux questions en invoquant la protection des sources. Un policier de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Alpes-Maritimes est suspendu car il est soupçonné d'avoir renseigné Médiapart et d'avoir violé le secret professionnel.
Procès En , le parquet de Lyon requiert le renvoi du commissaire Rabah Souchi poursuivi, selon son avocat, au titre de la « complicité de violences volontaires »Affaire Legay : le parquet requiert le renvoi du commissaire, lefigaro.fr, 7 octobre 2021.
Durant le procès, en , Rabah Souchi s'attache à prouver « le caractère nécessaire et proportionné de l'usage de la force, pourtant battu en brèche par la procédure et la synthèse de l'IGPN »Antoine Sillières, Affaire Geneviève Legay : devant la justice, le premier flic de Nice continue de nier toute responsabilité, lefigaro.fr, 11 janvier 2024.
Le , le tribunal correctionnel de Lyon condamne le commissaire Rabah Souchi à six mois de prison avec sursis.
Le commissaire fait appel de la décision. Le procès en appel a lieu le à Lyon.
Le 30 juin 2026, la condamnation est confirmée en appel.
Notes et références
Legay, Geneviève Catégorie:Violence policière en France Catégorie:Mouvement des Gilets jaunes en France Catégorie:Mars 2019 en France