Marie Huchet (ou Mary Huchet, née le dans le et morte le à Nanterre) est une anarchiste et syndicaliste française. Elle exprime souvent dans des conférences ses idées féministes et athées.

Biographie Marie Louise Huchet est née à Paris le . Elle exerce la profession de plumassière et devient, en , secrétaire du syndicat des fleurs et des plumes.

Elle participe au mouvement anarchiste et prend souvent la parole, de à , dans des conférences à Paris. Elle y côtoie essentiellement des orateurs masculins, la participation féminine est encore exceptionnelle, mais des femmes comme Eliska Bruguière, Louise Réville, Maximilienne Biais, Rolande, Alice Canovas ou Astié de Valseyre interviennent parfois.

Son nom est cité dans la liste des collaborateurs du bimensuel révolutionnaire Le Cri de révolte en 1898-1899.

Sa participation à des manifestations, parfois belliqueuses, lui vaudront d'être plusieurs fois arrêtée par la police.

Elle défend la classe ouvrière et s'oppose à une bourgeoisie qu'elle méprise, une constante sous-jacente à tous ses combats. .

Anticléricalisme Marie Huchet est athée et tient un discours anticlérical, dénonce (), déclare que, .

Le , elle se rend, en compagnie d'un groupe d'anarchistes à une réunion en faveur du socialisme chrétien. Une bagarre éclate, Marie Huchet frappe un vicaire qui, lui-même, frappe des manifestants. La police arrête Marie Huchet, Albert Létrillard, et quelques autres manifestants. Après 5 jours de détention préventive, ils comparaissent, le , devant la 9e chambre correctionnelle. Marie Huchet est condamnée à 8 jours de prison, Albert Létrillard à 50 francs d’amende. Les autres inculpés sont condamnés à quinze jours de prison. Elle est internée à la prison de Nanterre. Le , elle est de retour pour assister au banquet gras annuel organisé à l’occasion du « Vendredi, prétendu saint » par la Ligue de propagande et d’athéisme.

Féminisme et amour libre Le Marie Huchet, prenant la parole lors d'une réunion s'exprime sur le mariage et l'amour. Elle explique que , qu'il détruit tout sentiment élevé chez l'être humain. Elle est en faveur de l'amour libre et dénonce les préjugés de la vieille société bourgeoise qui veut pour sa moralité qu’une femme reste éternellement liée au même homme . Elle considère que les prostituées sont des victimes de l'état social. . Elle conclut par .

Marie Huchet tente de créer un groupe de femmes à l’intérieur du groupe de l’Internationale scientifique et fait paraître un avis dans le journal anarchiste, le Père Peinard, du , appelant les femmes prolétaires se rassembler pour . Quelques mois plus tard, Louise Courtant met fin à ce projet pour raisons de santé. Marie Huchet annonce toutefois qu’elle a fondé, avec Louise Coutant, ancienne secrétaire des syndicats des blanchisseuses et des infirmières à la Bourse du travail, un groupement féminin dans lequel toutes les ouvrières sont admises.

Le , elle donne une conférence sur « le Droit des femmes à révolution, l’exploitation du travail, les salaires dérisoires ». Louise Coutant et Ernest Girault prennent aussi la parole et une lettre de Louise Michel est lue lors de la soirée.

Aux élections législatives de mai 1898, Marie Huchet et Louise Coutant soutiennent la candidature de Paule Minck, pour revendiquer le droit des femmes à l’égalité entière, tout en rappelant que « les femmes ne seront complètement affranchies qu’avec et par le socialisme ».

En , elle lance un nouvel appel dans l’Aurore, pour fonder des syndicats féminins, en particulier chez les « casseuses et rangeuses de sucre ».

C'est la dernière mention de Marie Huchet qu'on ait trouvée dans la presse.

Elle décède le à Nanterre.

Références

Liens externes

Catégorie:Syndicaliste française du XIXe siècle Catégorie:Féministe française du XIXe siècle Catégorie:Naissance en novembre 1871 Catégorie:Naissance dans le 12e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en avril 1958 Catégorie:Décès à Nanterre Catégorie:Décès à 86 ans