L'abbaye Notre-Dame de Gercy (ou abbaye Notre-Dame de Jarcy) était une abbaye augustinienne de 1260 à 1515, puis bénédictine de 1515 à 1791. Elle était rattachée au diocèse de Paris, dans l'archidiaconé de Brie, au doyenné du Vieux Corbeil, située sur l'actuelle commune de Varennes-Jarcy, dans l'Essonne.

Historique Des origines au L'abbaye fut fondée en 1260 sur la terre de Gercy, un écart du hameau de Varennes, par Jeanne de Toulouse (1220-1271), comtesse de Toulouse et marquise de Provence, avec son époux Alphonse de France (1220-1271), frère du roi Louis IX (1214-1270), dit Saint Louis, quelque temps avant leur départ pour la huitième croisade.

L'abbaye est confiée à l'origine à quarante chanoinesses régulières de la stricte observance de l'abbaye Saint-Victor de Paris, de l'ordre de Saint-Augustin. En 1270, le couple s'engage dans la huitième croisade, mais le roi, malade, meurt à Tunis. Pendant le retour, le couple également malade, s'arrête au château de Corneto, près de Sienne. Alphonse y meurt le , et Jeanne, de dysenterie le . Sa dépouille est rapportée d'Italie pour être inhumée dans le chœur de l'abbaye. Le temps du départ pour la croisade fit que les fondateurs négocièrent avec Étienne Tempier (1210-1279), évêque de Paris de 1268 à sa mort, ainsi qu'avec l'archidiacre de Brie et le curé de Gercy pour que le monastère soit construit près de l'église, et que celle-ci devienne celle de l'abbaye. Pour faciliter la négociation, ils firent édifier plus loin une église qui devint celle de la paroisse. Le curé Pierre consentit à ce transfert car il reçut de rente assignées sur les offrandes de son ancienne église, devenue abbatiale. Alexis Martin mentionne que cela représentait le produit ordinaire des cures et que cela équivaudrait à la fin du à l'équivalent de . Les fondateurs assignèrent une somme de de rente par an pour pourvoir à l'entretien de . Au bout de les religieuses étaient au nombre de .

Entre 1260 et 1265, Jeanne de Toulouse avait réussit à obtenir de l'abbaye Saint-Sernin de Toulouse des reliques de saint Barthélemy , enchâssé dans un reliquaire de vermeil, qui feront l'objet d'un pèlerinage au cours des siècles. À réception de ces reliques, Saint Louis donna à l'abbaye un droit de foire et de marché pour le jour du , jour de la fête de ce saint apôtre. Louis XII (1462-1515) étendit ce droit au lendemain de cette fête.

Philippe III le Hardi (1245-1285) confirma la fondation de l'abbaye, ainsi que ses droits, dans des lettres de Saint-Germain-en-Laye datées du mois de .

En 1515, à la suite des relâchements des mœurs dans l'enceinte du monastère et à la demande de la reine Claude de France (1499-1524), l'abbaye fut réformée et devient bénédictine avec la venue de douze religieuses de l'abbaye de Montmartre le . Depuis ce temps-là le gouvernement de l'abbaye changea, l'abbesse ne fut plus triennale.

Les différentes inondations en 1625 et 1665 provoquèrent d'importantes destructions dont une étable, le pont de bois, et une partie du mur du monastère.

En 1652, pendant la Fronde, elle est mise au pillage par l'armée de Lorraine et de Turenne.

En 1751 , l'abbaye royale Sainte-Anne d'Issy, près de Paris de bénédictines , qui avait été fondé par Françoise Henriette de la Fontaine, qui en fut la supérieure. Nicolas Legendre (1619-1671), un sculpteur reconnu dans le milieu religieux, ami de Charles Lebrun, premier peintre du Roi-Soleil, réalisa pour la porte de l'abbaye royale deux grandes figures en pierre représentant saint Benoît et sainte Scholastique. Mais la communauté fut dispersée en 1751 et ses biens attribués aux religieuses de l'abbaye de Gercy en BrieFrance archives. À sa place, s'installèrent deux ans plus tard les prêtres de Saint François de Salles, une communauté massacrée en 1792. En 1751 et 1759, l'abbesse Julie Lenorman donne à baux pour une durée de des biens pour un loyer de payable par trimestreMichel Félibien, (moine bénédictin), dans son: Histoire de la Ville de Paris, parue en 1725.

C'est le qu'est posée la première pierre de la reconstruction du logis abbatial par Monsieur le comte de Provence, qui régnera plus tard sous le nom de Louis XVIII. Son épouse Marie-Joséphine de Savoie (1753-1810), donc belle-sœur du roi Louis XVI, donne procuration à l'abbesse pour la représenter au baptême des cloches de la paroisse de Varenne qui eut lieu le Archives départementales des Yvelines, G/988.

La Révolution précipite la fin de la vie religieuse : en 1789–1790 l’abbesse est destituée, les religieuses quittent les lieux et les bâtiments tombent en déshérence. Le domaine abbatial est ensuite inventorié puis mis en vente comme biens nationaux.

En 1791 le domaine de Jarcy, comprenant l'abbaye et son logis abbatial, le moulin, la ferme et les terres, est vendu aux enchères comme bien national et acquis par Louis-Antoine Le Prévost.

En 1797, la famille Bosquillon rachète les lots provenant de l’abbaye et s’installe durablement sur la propriété, transformant peu à peu les bâtiments restants de l'abbaye en une propriété de campagne.

Les Bosquillon de Jarcy conserveront le domaine jusqu'au début du .

Il ne reste au qu'une tour dite Tour des cloches, en bordure de route, faisant peut être partie de la reconstruction de l'édifice si toutefois la disposition du clocher avait été modifiée. Car les deux tourelles sur la gravure de 1704 ne permettent pas d'accéder au clocher. De plus elles sont rondes et ici nous avons une tour octogonales. Quelques caves, et départs de souterrains, ainsi que quelques pans de murs. Il reste toutefois le moulin et l'église abbatiale.

Description Abbatiale

C'était une grande église gothique dont les verrières furent posées à la fin du dans l'église paroissiale de Varennes-Jarcy. Elle était selon Chastelain et Lebeuf construite en deux parties. La plus ancienne montrait un style de transition tel que la tour octogonale construite en pierre de petit appareil, et qui renferme l'escalier qui menait à la tour des cloches. C'était à l'origine l'église paroissiale de Gercy, sous le vocable de saint Barthélemy, qui depuis est sous celui de la Vierge. Les religieuses ont rapporté d'autres reliques, dont celles de saint Marc et saint Marcellien. Cette église était de style gothique et de grandes dimensions avec un avant-chœur, à l'extrémité duquel sont placés deux autels, un de chaque côté de la grille. Vis-à-vis de chaque autel, contre le dernier pilier du chœur de chaque côté sont placées deux épitaphes de marbre symétriques, à droite celui de Saint-Gelais Lansac Lusignan, et à gauche celui de M. de Pérefixe, archevêque de Paris, avec son cœur en haut.

Vitraux Ces vitraux datent de 1225-1230 et forment un des plus importants ensembles de l'art du vitrail gothique dans l'Île-de-France avant la réalisation de ceux de la Sainte-Chapelle (1244-1248). Parmi eux : l’Arbre de Jessé, illustrant la descendance rêvée par Jessé, père de David tous les deux ici disparus. C'est de cette famille que sont issus la Vierge et le Christ. La baie est ornée de compositions végétalesG. CI.D.23674-23675 salle N°6 du musée de Cluny, à Paris. ; Vie de saint Martin, large baie qui se lit de bas en haut et de gauche à droite. Ce saint fut l'un des plus populaires au Moyen Âge. Il y figure remettant la moitié de son manteau à un pauvre un soir d'hiver devant la porte d'Amiens H. CI. D.23677, salle N°6, musée de Cluny.. Puis un ange lui apparaît, lui signifiant qu'il fait cela au nom du ChristI.CI.D. 23678. Idem.. Le voilà devenu évêque de Tours et dévie la chute d'un pin arrivant vers lui J. CI. D. 23679. Idem.. Le voici accueilli par le Christ au sein du ParadisK.CI. D. 23680, Idem. ; Décor végétalart.rmngp.fr..

Sépultures et sculptures

Tombe d'Ameline, seconde abbesse morte en 1324, monument détruitDessin de la tombe d'Ameline, ancienne collection Gaignières (en ligne sur collecta.fr).. Tombe de Marguerite Grenier ou Granier, morte en 1540, épitaphe, monument détruitÉpitaphe de Marguerite Grenier en ligne sur collecta.fr).. Tombe de Françoise de Péréfixe de Beaumont, abbesse morte en 1686, marbre blanc, habit et voile en marbre noir, près de la grande grille dans le chœur des religieuses. Tombe détruiteDessin de la tombe (en ligne sur collecta.fr).. Tombe de Claude Foucault, abbesse morte en 1675 tombe disparueDessin de l'ancienne collection Gaignières (en ligne sur collecta.fr).. Tombe du chevalier Aubert de Cervigny, mort en 1302. Tombe disparueDessin de sa tombe par Louis Boudan, ancienne collection Gaignières (en ligne sur collecta.fr).. Tombe de Jeanne du Puy de Vatan, disparue. En marbre blanc, le voile et l'habit en marbre noir, elle était au milieu de chœur des religieuses, au pied du tombeau de la fondatriceDessin conservé à la BnF (en ligne sur collecta.fr).. Pierre tombale d'Ode ou Odette de Gercy, tombe disparueDessin de la tombe d'Odette de Gercy par Louis Boudan (en ligne sur collecta.fr).. La tête du gisant de Jeanne de Toulouse qui y fut découverte est conservée à Paris au musée de Cluny. Elle est en pierre et mesure Alain Erlande-Brandenburg, « La tête du gisant de Jeanne de Toulouse », La Revue du Louvre, XXI, 1971, .. Dom Bernard de Montfaucon transcrit le texte de l'inscription portée sur sa tombe de marbre blanc, telle qu'elle était visible entre 1720 et 1730 : . L'auteur ajoute qu'elle porte une couronne d'un aspect proche de celle des reines de France. La statue a disparu mais la pierre tombale existe toujours. Près du grand autel, du côté des séculiers, une pierre tumulaire était enclavée dans le mur de gauche, gravée de l'effigie d'un chevalier portant armure et de l'inscription : . Ce chevalier Artus était également seigneur de Noisemont. Poincy fut l'époux de dame Fague, avec laquelle il eut quatre enfants : Perceval ; Artus II ; Marguerite et N… qui fut religieuse à Chelles. Il avait conclu avec l'abbesse et les religieuses un contrat stipulant . Tombe double de Perceval de Pommeuse et de son épouse Marguerite de Blainville collecta.fr., lui mort en 1363 et elle en 1379. Pierre tombale toujours visible en extérieur à droite au moulin de Jarcy. Près de la grille se voyait une tombe sur laquelle était représentée une femme vêtue d'une robe herminée, sans bourse. À côté de sa tête, des armoiries représentant quatre oiseaux ou merlettes, le vide étant rempli de fleurs de lys. À côté de la jambe gauche de cette femme, une petite figure tenant un livre près d'une inscription : . Sur le tour de la tombe est inscrit en capitales gothiques un morceau d'épitaphe : . Derrière le grand-autel se trouvait la tombe de Toussaint Barrin (1506-1581), dit de Vincelle(s), chanoine de la Sainte-Chapelle du Palais, à Paris, abbé de Saint-Pierre et de Saint-Paul de Ferrières et de abbaye Sainte-Croix de Saint-Lô, qui mourut le , âgé de , également abbé de Saint-Romain de Blaye, et de Saint-Maurice, prêtre et confesseur du connétable Anne de Montmorency, et président de son ConseilAntoine Pacault, De la clientèle du duc de Montmorency à la Chambre des comptes de Nantes de 1542 à 1632, PUR, , note 25, et note 33 .« Tudchentil, les sources sur les gentilshommes bretons » (en ligne sur www.tudchentil.org. Tombe détruite dont un dessin est conservé à Oxford à la bibliothèque BodléienneDessin de la tombe de Toussains Barrin (en ligne sur collecta.fr).. Double pierre tombale d'Anne et Françoise Lusignan de Saint-Gelais, tombe disparueDessin de la tombe d'Anne et Françoise Lusignan de Saint-Gelais, abbesses (en ligne sur collecta.fr).. Monsieur de Saint-Gelais-Lansac-Lusignan, son épouse et leur fille. Pierre tombale de madame Françoise Péréfixe de Beaumont, visible à gauche au moulin de Jarcy. Brisée en deux, il ne reste que la partie supérieure. Deux autres pierres dégradées et non identifiées sont visibles à l'intérieur du moulin de Jarcy, entre l'entrée et la salle.

Abbesses Abbesses augustiniennes