vignette|redresse=1.4|alt=Carte des départements français.|Localisation du gisement sur la carte des bassins houillers français.

Les houillères de Montchanin sont des charbonnages exploités entre les années 1820 et 1913 sur le territoire de la commune de Montchanin et quelques communes avoisinantes, en Saône-et-Loire, dans le centre-est de la France.

Deux concessions (Montchanin et Longpendu) sont accordées avant d'être fusionnées en 1866 puis acquise par la compagnie Schneider et en 1869. L'exploitation de Montchanin connait deux périodes de prospérité (1849-1864 et 1875-1885), avant que l'extraction ne décline pour s'effondrer au début du . La production totale du gisement, qui appartient au bassin houiller de Blanzy, s'élève à de tonnes.

Plusieurs vestiges subsistent au début du tels que des terrils, des puits partiellement ouverts, des cheminées d'aérage et des ruines de bâtiments miniers.

Localisation

Le bassin minier de Montchanin et Longpendu est un prolongement du bassin minier de Blanzy situé sur les territoires des communes de Montchanin, du Breuil, d'Écuisses, de Saint-Eusèbe et de Torcy, dans le centre du département de Saône-et-Loire., en région de Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est français.

La zone exploitée des deux concessions de Longpendu et Montchanin couvrent une surface totale de .

Au total, sept secteurs son exploités : le Bois des fauches, la Motte et la Marquise au nord-est ; le Parc avril, le Quétel-Les Ecrasées et la gare-Ravarde au centre ; les Mésarmes et le secteur Wilson au sud-ouest..

vignette|centre|redresse=1.5|alt=Carte localisant les travaux miniers, les limites communales et les concessions.|Les secteurs miniers exploités par les deux concessions de Montchanin et Longpendu : 1. les Mésarmes ; 2. Wilson ; 3. le Parc avril ; 4. le Quétel et les Ecrasées ; 5. la gare-Ravarde ; 6. la Marquise ; 7. le Bois des fauches et le bois de la Motte.

Géologie vignette|redresse|Coupe géologique de la concession de Montchanin.

Les houillères de Montchanin exploitent une partie du long bassin houiller de Blanzy-Le Creusot dont il constitue le flanc est. Le bassin s'est formé au Stéphanien (entre , Carbonifère inférieur) dans un fossé du terrain granitique qui a permis l'accumulation de débris végétaux, recouvert par des sédiments du Permien. Les couches sont fortement faillées, elles suivent une orientation nord-est – sud-ouest. Le pendage varie constamment mais il suit une pente moyenne de 40 à vers le nord..

La perturbation des couches à Montchanin forme des amas dont l'importance et la pente varie. Le plus important de la concession mesure d'épaisseur et de long. La concession de Longpendu est située à l'extrémité est du gisement et les sept couches y sont plus minces (1 à pour les six couches exploitées), éloignées les unes des autres et faillées..

vignette|centre|redresse=1.4|Coupe géologique de la concession de Longpendu.

Histoire Concession de Montchanin vignette|redresse|L'un des premiers puits de Montchanin à l'abandon.

Les affleurements de houille de Montchanin sont découverts par des bergers en 1792. Découverte confirmée en 1825 lors du creusement d'une rigole navigable entre Torcy et le canal du Centre.. L'année même Monsieur Wilson, en association avec la compagnie Manby et (tous deux fondeurs au Creusot.), émet auprès du maire de Saint-Eusèbe, une demande d'autorisation de foncer un puits de recherche aux Brosses. Le fonçage du puits Wilson démarre en 1828 à proximité de la rigole navigable sur de profondeur. Le puits Gattoux est creusé à la même période jusqu'à de fond. Simplement boisée, la colonne du puits s'effondre en 1837 avant d'être maçonnée. En 1832, les puits Neuf, de la Machine et des Anglais sont foncés à proximité du puits Wilson. Le premier rencontre le charbon entre et de profondeur. Le puits Quétel est creusé en 1833, il permet d'étendre l'exploitation vers le nord-est grâce à la découverte d'une couche de de hauteur et de longueur. Les pompes de l'époque étant insuffisantes, le puits Wilson est régulières noyé, de multiples puits peu importants sont alors creusés au gré des inondations et pour reconnaitre le prolongement des couches..

En 1834, la concession est exploitée par trois puits principaux dont la profondeur n'excède pas : le puits Wilson au sud-ouest, le puits Quétel au centre et le puits de Longpendu au nord-est. En 1838, la concession de Montchanin est séparée de celle du Creusot. La compagnie exploitante devient la Société des houillères de Montchanin. Dé 1847, les puits sont approfondis et les galeries sont systématiquement boisées et remblayées. De nouveaux puits sont foncés : le puits Sainte-Barbe de Montchanin (1853), le puits Wilson (1855), le puits de La Grille (1856) et le puits de la Rigole (1861).

Concession de Longpendu La concession de Longpendu, d'une superficie de est accordée par ordonnance royale en 1832 à Madame de Montaigu. En 1838, les premiers travaux sont dirigées par la société civile créée par la Marquise de Montaigu et Messieurs Berger, de Chatelus, Giroux et Gros. Les premiers puits foncés sont le puits Voisottes, le puits du Chêne Fredin, le puits de la descenderie et le puits de l'Étang. Le puits Baptiste permet l'ouverture quelque travaux à la limite de la concession du Creusot mais est rapidement abandonné. Deux puits jumeaux baptisés Marie et Louise sont creusés en 1834. En raison d'une forte arrivée d'eau, le fonçage est suspendu pour permettre le muraillement des colonnes de puits. Une fois achevés ces deux puits permettent une forte augmentation de la production. Le Grand Puits est foncé après 1840 pour seconder les puits jumeaux, les travaux démarrent aux étages 50 et 60. Le puits Sainte-Barbe de Longpendu complète le dispositif extractif en 1853, après avoir été foncé et maçonné. En 1855 la concession est reprise par Monsieur Mangini qui approfondit le puits Louise jusqu'à pour suivre les couches qui s'enfoncent..

Réunion des concessions Les deux concessions fusionnent par arrêté en 1866. La concession de Montchanin et le amas Quétel montrent des signes d'épuisement. Le directeur Charles Avril profite de la réunion des concessions pour relancer l'activité à Longpendu, en relançant à la fois l'extraction et les campagnes de recherche qui s'avèrent fructueuses.

En 1869, la compagnie Schneider et fait l'acquisition des concessions et lancent de nouveaux travaux : fonçage du puits des Mésarmes au sud-ouest du puits Wilson, fonçage du puits Saint-Vincent (terminé en 1875) et relance du puits du Bois. À Longpendu l'étang Ravarde est asséchés pour permettre aux travaux miniers de s'étendre vers la gare PLM et le puits Saint-Martin. Les travaux s'étendent suivant une direction nord-est jusqu'à la zone des Dressants, où les couches de houille sont redressées par des failles.

De nouvelles campagnes de recherches sont lancées en 1879 alors que l'extraction arrive dans ses quelques années d'apogée. Une couche de houille est identifiée en 1893 à de profondeur à la limite de la concession des Fauches, au nord-est de Longpendu, plusieurs puits de recherche sont alors creusés : le puits de Montaigu et le puits des Fauches. Finalement les résultats sont décevant et la zone abandonnée. Au même moment, deux secteurs de la concession de Montchanin sont exploités : Wilson-Soret-Mésarmes et Quétel-Saint-Vincent..

La production ne cesse de décroitre pour atteindre une moyenne de annuels vers 1907-1908. La compagnie du Creusot décide de relancer la production avec de nouveaux travaux. L'amas Quétel étant épuisé, l'activité s'oriente vers Longpendu : le Grand puits et le puits Sainte-barbe de Montchanin serve à l'extraction, la colonne du puits Louise est trop abimé, il sert donc à l'aérage. Le puits Sainte-Barbe de Longpendu est remis en état et équipé pour l'extraction. Mais ces travaux ont un coût jugé trop élevé, le gisement s'épuise et les pertes financières s'accumulent, c'est pourquoi la mine de Longpendu ferme en et celle de Montchanin en . La compagnie Schneider et tente une dernière campagne de recherches infructueuse pour retrouver des couche exploitable entre 400 et (comme à Blanzy) avant de renouveler sa demande de renonciation de concession en . Renonciation finalement accordée en 1944.

Travaux vignette|redresse|Deux cheminées d'aérage alignées.

Il existe recensés pour les deux concessions dont et cheminées d'aérage, et quatre entrées de galeries. La majorité des puits d'extraction et des cheminées d'aérage sont peu profonds (moins de ) en revanche les quelques puits principaux (20 % des puits de mine) dépassent systématiquement les de profondeur, le plus profond est le puits Saint-Vincent (). Le terrain étant peu pentu, les galeries à flanc de coteau sont rares, un accès vertical ou fortement incliné est obligatoire pour remonter le charbon de la mine..

L'exploitation démarre au sud-ouest du gisement avec le puits Wilson et le puits des Mésarmes pour remonter progressivement vers le nord-est. L'extraction est particulièrement intense au centre de la concession, là où se trouve le amas Quétel (le plus important), exploité de 1833 à 1911. Dans les années 1890, des quartiers dépilés vers 1860 et 1870 sont de nouveau exploités. Dans les années 1900, le amas Quétel ne satisfait plus la demande et l'extraction se redirige vers le sud-ouest, dans un amas situé entre le puits Soret et le puits des Mésarmes. Le manque de moyens techniques pour assurer l'exhaure et l'aérage, cumulé à une méconnaissance du gisement, conduisent les dirigeants à exploiter le charbon à faible profondeur dans les premiers temps de l'activité avant d'approfondir les chantiers progressivement jusqu'à à Montchanin et à Longpendu.

Dans les débuts de l'activité, les amas importants sont exploités par foudroyage par tranches horizontales tandis que les petites couches sont exploitées par des galeries et recoupes. Après le déclenchement de plusieurs feux de mines, les exploitants décident de remblayer immédiatement et systématiquement les travaux terminés au fur et à mesure de l'avancement de l'abattage..

vignette|centre|redresse=1.4|Plan d'un étage d'exploitation de la houillère de Montchanin.

Puits du Gratoux Le puits du Gratoux est creusé jusqu'à de profondeur en 1826 après des recherches menées en 1825. Il est repris en 1837 jusqu'à de profondeur et connait un éboulement en .

Puits de la Machine En 1834, le puits de la Machine fonctionne avec une machine d'extraction à vapeur de . Celle-ci est remise à neuf en 1838, alors que le puits mesure une quarantaine de mètres de profondeur. Une nouvelle chaudière est installée l'année suivante. En 1844, le puits est toujours exploité et mesure environ de profondeur.

Puits Ségur vignette|redresse=0.9|Le puits Ségur.

Le site d'extraction existe avant 1860 et se compose de deux puits : Ségur () et Ségur (). En 1894, le site est utilisé pour l'aérage.

Puits Quétel vignette|gauche|redresse|Le puits Quétel et le puits Neuf.

Le puits Quétel est foncé en 1833 comme annexe du puits Neuf. Le siège se compose de deux puits : Quétel () et Quétel (). Maçonné sur toute sa hauteur, il est utilisé à la fois pour l'extraction et l'aérage. En 1847, il est équipé d'une machine à vapeur de .

En 1894, il ne sert plus qu'à l'aérage. En , il est équipé d'une machine de . En 1909, il remplace le puits Saint-Vincent pour l'exhaure après la rupture des câbles-guides de ce dernier. Mais le puits Quétel subit le même dommage. La démolition des installations est achevée en .

Puits Neuf Le puits Neuf est foncé en 1835 ou 1828 jusqu'à de profondeur, il est équipé d'une machine d'extraction à vapeur de qui pouvait également servir au puits Quétel. Il sert à l'extraction du charbon et à l'évacuation des stériles dans les années 1830 et 1840.

Puits du Nord Le puits Nord est en exploitation dans les années 1840.

Puits Saint-Vincent vignette|Les ateliers de la mine et le puits Saint-Vincent, derrière, tout à droite.