L'autoroute A66 (dite « L'Ariégeoise ») est une autoroute qui relie entre elles les villes de Villefranche-de-Lauragais et Pamiers, respectivement dans les départements français de la Haute-Garonne et de l'Ariège. Plus largement, cette voie permet de relier Toulouse au département de l'Ariège en évitant le transit sur la route nationale 20.
Au nord, elle démarre à partir de l'autoroute A61, à de l'agglomération toulousaine en direction de Carcassonne. Au sud, elle aboutit sur la route nationale 20, qui se prolonge en voie rapide à chaussées séparées de Pamiers vers Foix, jusqu'à Tarascon-sur-Ariège. Elle est longue de .
Décidée à la fin des années 1980, inaugurée en 2002 après trois ans de travaux, l'autoroute A66 s'inscrit dans l'axe Paris - Orléans - Limoges - Toulouse - Barcelone et prolonge ainsi l'autoroute A20, dont elle portait le nom durant la phase préparatoire du projet, bien qu'éloignée au minimum de . Elle permet de délester la route nationale 20 du trafic en provenance et à destination de l'Ariège, et facilite les échanges entre ce département et Toulouse, ainsi que vers la principauté d'Andorre.
Il s'agit d'une autoroute concédée, exploitée par la société ASF (« zone Centre »), filiale du groupe Vinci Autoroutes. Radio Vinci Autoroutes (107.7 FM) fonctionne sur l'A66.
Histoire Genèse vignette|gauche|Entrée de l'ancienne route nationale 20 à Auterive (Haute-Garonne), au sud de Toulouse. L'idée d'une liaison autoroutière reliant Toulouse à l'Ariège naît dans les années 1980. Elle est formellement évoquée à l'occasion du Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire du qui formalise l'objectif d'une autoroute entre Toulouse et Pamiers.. À l'époque, le principe retenu est celui d'une voie doublant la route nationale 20 en suivant le même axe et en se greffant à l'agglomération toulousaine en rive gauche de la Garonne.
Les schémas directeurs routiers nationaux de 1990 et 1992 intègrent donc le principe de la liaison autoroutière à leurs priorités, motivés par la nécessité d'un renforcement des liaisons avec l'Espagne, évaluant la longueur d'infrastructure à réaliser à , soit la distance séparant Portet-sur-Garonne de Pamiers... Le projet doit aussi contribuer à l'émergence d'un itinéraire alternatif à la Vallée du Rhône pour rallier le sud de l'Europe, et au développement du tourisme régional. Ce dernier point constitue l'un des quatre enjeux identifiés pour motiver la concrétisation du projet autoroutier dans le dossier d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique en 1994, avec l'achèvement de la liaison internationale Paris - Limoges - Toulouse - Espagne, la sécurisation et la modernisation de la route nationale et le désenclavement de l'AriègeArcadis : synthèse du bilan socio-économique, 2008, ..
Le projet est officiellement lancé en 1994.. La déclaration d'utilité publique est prononcée en 1996, par décret en date du ..
Le tracé définitif est finalement arrêté début 1998 : les deux options d'un rattachement à l'autoroute A64 au sud et au nord de Muret sont abandonnées au profit de l'option lauragaise.
Construction et inauguration Les travaux de l'autoroute débutent au début de l'été 1999. Le chantier est alors chiffré à . Le projet initial prévoit le déblaiement de 4 millions de m de déblais et de de m de remblais. ; ils sont finalement respectivement de 5,65 et . Deux demi-échangeurs (Pamiers, Mazères) et une aire de repos sont initialement programmés ; un troisième échangeur à Nailloux, dans un premier temps prévu à plus longue échéance, est finalement ajouté au premier programme en raison de pressions politiques et d'un apport financier important de la part du Conseil général de la Haute-Garonne et d'élus locaux... La ville de Pamiers contribue en outre au financement de l'échangeur sud.
Une grande partie des matériaux dégagés pour réaliser les remblais laisse la place à des dépressions réaménagées en espace lacustre, près de Mazères, de part et d'autre de la route. L'emploi novateur de géonattes tridimensionnelles pour lutter contre l'érosion des talus est remarqué.
Les travaux sont réalisés selon le calendrier initialement prévu. Le chantier emploie jusqu'à 800 personnes.. Les chaussées et installations fixes sont achevées en 2001.. L'autoroute est inaugurée le au matin, et la circulation est ouverte le même jour, à .. ASF a finalement investi millions d'euros pour sa construction. Le temps de parcours entre Toulouse et Pamiers est réduit de 20 à 35 minutes.
Aménagements ultérieurs Réquisitionnées pour l'entreposage des matériaux durant le chantier, les aires de repos de Mazères et Rosefond, situées sur le territoire de la commune de Mazères, sont ouvertes au milieu de l'année 2002.
Géographie Description générale L'autoroute A66 traverse 11 communes, réparties dans deux départements, la Haute-Garonne (7 communesVieillevigne, Montesquieu-Lauragais, Nailloux, Aignes, Montgeard, Calmont, Gibel.) et l'Ariège (4 communesMazères, Montaut, Bonnac, Pamiers.). En outre, elle passe tout près du département de l'Aude ( du territoire communal de Molandier), sans y pénétrerCarte au 1/25 000e, accessible via le Géoportail de l'IGN..
Son branchement avec l'A61 se fait sur le territoire des communes de Montesquieu-Lauragais et Vieillevigne. Au sud, elle s'accroche à la RN 20 sur le territoire communal de Pamiers.
Elle compte 4 échangeurs et deux aires de repos.
Parcours Section concédée à ASF et payante (sauf entre les sorties 3 à 4a). : Toulouse, Carcassonne, Montpellier, Barcelone, Perpignan (A9) 24x24px 22x22px 22x22px Début de l'autoroute, début de et limitation à 130 km/h. à : Auterive, Montgiscard, Nailloux Passage du département de la Haute-Garonne à celui de l'Ariège
Passage du département de l'Ariège à celui de la Haute-Garonne Passage du département de la Haute-Garonne à celui de l'Ariège à : Saverdun, Mazères, Auterive
à (demi-échangeur, depuis et vers Toulouse (A61)) : Pamiers à : Z. A. de Pic à (demi-échangeur, depuis et vers Pamiers - centre) : Toulouse, Saverdun par RD 22px 20px Fin de l'autoroute et début de la route nationale 20.
Ouvrages d'art L'autoroute compte 67 ouvrages courants et 2 ouvrages importants (le franchissement du canal du Midi et de l'Hers-Vif, ce dernier atteignant de long). Chacun des éléments a fait l'objet d'un concours d'architecture ; les deux ouvrages d'art majeurs ont été réalisés par l'agence Berlottier. Le parcours totalise 29 ouvrages routiers, un pont ferroviaire, trois passages agricoles.
Paysages et terroirs vignette|Les hauteurs de la butte de Montaut, depuis l'A66. vignette|La rampe permettant la transition entre plaine ariégeoise et Lauragais, près de Mazères. Le parcours de l'A66 traverse deux types de paysages bien marqués et distincts, correspondant presque exactement aux deux départements : au nord, en Haute-Garonne, un paysage de collines marquées et régulières, propre au Lauragais et à la Piège, ponctué par la vallée de l'Aïse, et au sud, en Ariège, une plaine irriguée et caillouteuse (dite plaine d'Ariège ou basse vallée de l'Ariège.), prolongement de la plaine toulousaine.
À son commencement au nord, l'A66 quitte la plaine centrale du Lauragais (où coulent alors l'Hers-Mort et le canal du Midi), à environ d'altitude en moyenne, pour gagner rapidement les collines du Lauragais entre lesquelles elle serpente, suivant les courbes de niveau, alternativement juchée en crête ou établie dans les talwegs, entre d'altitude. Le passage du Lauragais à la plaine ariégeoise se fait au nord de Mazères, par une rampe proposant un panorama sur la vallée et les premières cimes pyrénéennes. L'autoroute finit son parcours à travers la plaine au relief plan, passant au pied de l'unique accident du terrain à proximité, la butte de Montaut, vestige d'une ancienne terrasse épargnée par l'érosion..
L'ensemble du territoire traversé est d'ambiance agricole. 70 % de la surface de la basse vallée ariégeoise est ainsi dévolu à la culture du maïs et des plantes irriguées, tandis que le Lauragais, très peu boisé, est dominé par les grandes cultures céréalières (blé, tournesol, chanvre), exploitées sur de grandes à très grandes parcelles.. Le tracé de l'autoroute respecte autant que possible les courbes naturelles du paysage collinéen. ; en cela le souci de recourir à des terrassements arrondis a été respectéEffets socio-économiques et environnementaux, juin 2012, ..
L'architecture traditionnelle, typique du Midi toulousain, est dominée par l'usage de la brique rouge, dans les bâtiments religieux, civils et agricoles (gros corps de fermes isolés). Ainsi, les principales églises visibles depuis l'autoroute (Saint-Jacques de Montesquieu-Lauragais, Saint-Abdon-et-Saint-Sennen de Mazères, Saint-Blaise de Villeneuve-du-Paréage, clochers de Pamiers comme la tour des Cordeliers ou la cathédrale Saint-Antonin) offrent toutes la vision de hauts clochers, en tour ou clochers-murs, construits en brique. Quelques moulins à vent dominent les crêtes exposées du Lauragais, aujourd'hui relayées par des parcs éoliens.
La préservation des haies et rares espaces boisés dans un espace de pression agricole et résidentielle constitue l'un des principaux enjeux environnementaux. Plusieurs entités de protection environnementale sont affectées par le tracé de l'autoroute et ont comme objectif de concilier les usages en protégeant au maximum les milieux les plus fragiles. Parmi ces espaces, figurent plusieurs ZNIEFF protégeant une zone de prairies humides agricoles à Nailloux., les ripisylves de l'Hers., les étangs de Mazères, créés avec les déblais liés au chantier de l'autoroute., ou encore la basse plaine de l'Ariège et de l'Hers..
Impacts Impact socio-économique vignette|Bâtiments de l'entreprise Denjean, à Mazères, au bord de l'autoroute. La mise en place de l'autoroute a été soutenue par les collectivités traversées du fait des perspectives qu'un rapprochement de l'aire urbaine toulousaine pouvait susciter pour l'Ariège. Le développement des zones d'activités de Gabrielat et de Pic à Pamiers, la construction d'un centre logistique du transporteur Denjean à Mazères ou encore l'implantation d'un « Village des marques » (400 emplois) à Nailloux sont liés à l'arrivée de l'autoroute.Effets socio-économiques et environnementaux, juin 2012, ..
La réalisation de l'A66 a également été soutenue par les stations de sports d'hiver ariégeoises, du fait de l'amélioration de leur accessibilité depuis l'agglomération toulousaine que l'ouverture de l'infrastructure a permise. À l'inauguration en 2002, les stations d'Ax 3 Domaines et du Plateau de Beille ont mis en place une promotion en vendant des forfaits couplés avec un trajet retour offert par ASF.
Parfois constaté dans d'autres contextes, le déclin commercial des zones desservies par l'ex-route nationale 20 n'est pas constaté, du fait de la dynamique démographique positive de ce territoire en voie de périurbanisation et d'intégration à l'aire urbaine de Toulouse. Parallèlement, plusieurs communes rurales de Haute-Garonne ont vu leur population fortement augmenter avec l'arrivée de l'autoroute, qui les a rapprochées de Toulouse et a donc facilité l'installation de nouveaux résidents travaillant dans la capitale régionale (Nailloux : + 200 % entre 1999 et 2015, record départemental absolu)...
Impacts environnementaux vignette|Vue partielle du Domaine des oiseaux, aménagé dans d'anciennes gravières générées par le chantier de construction de l'A66. vignette|Pont portant l'A66 sur la RD 11 à Mazères (Ariège) illustrant le domaine des oiseaux.