Justin Germain Casimir de Selves, né le à Toulouse (Haute-Garonne) et mort le dans le de Paris (Seine), est un homme politique français. Il est notamment ministre des Affaires étrangères de 1911 à 1912, ministre de l'Intérieur en 1924 et président du Sénat de 1924 à 1927.
Biographie Justin Germain Casimir de Selves est le fils de Jacques Joseph Gustave de Selves, entreposeur à la Manufacture des tabacs au magasin de Damazan (Lot-et-Garonne), et de Marie Élisa Zoé de Saulces de Freycinet, sœur de Charles Louis de Saulces de Freycinet (1828-1923).
Il fait ses études à Montauban et à Agen et devient docteur en droit. Il termine ses études d'avocat lorsqu'éclate la Guerre franco-prussienne de 1870. Le , il est lieutenant dans la deuxième armée de la Loire au d'armée commandée par le général Jaurès, dans la d'infanterie du général de Villeneuve et du général Guillon, à la brigade du lieutenant-colonel Stephani, comme lieutenant au bataillon du de gardes mobiles du Lot-et-GaronneArchives nationales, base Leonor.
Le , il est nommé capitaine, après les combats de Chartres du .
Il est ensuite le secrétaire de son oncle maternel et frère de sa mère Charles Louis de Saulces de Freycinet (1828-1923), sénateur de la Seine 1876-1920, président du Conseil en 1880, 1882, 1886, 1890La Presse du 28 janvier 1890, 1891, membre de l'Académie française, il joua un rôle important dans la carrière de Justin Germain Casimir de Selves qui était délégué du Gouvernement de la Défense nationale envoyée à Tours pour coordonner l'action en province sous les ordres d'Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, accompagné par Alexandre Glais-Bizoin et l'amiral Fourichon. Il était appelé à la direction des services administratifs au ministère de la Guerre, où son oncle Charles de Freycinet était délégué, à Tours.
En , devant l'avance des armées allemandes, il suit le Gouvernement de la Défense nationale qui se replie à Bordeaux et est chargé, dans cette ville, de la direction de la sous-intendance, comprenant Toulouse, Montauban et Aurillac (1870-1871).
Après la Guerre franco-prussienne de 1870, Justin de Selves, qui est docteur en droit à la faculté de Toulouse, s'inscrit au barreau de Montauban de 1871 à 1880. Il occupa bientôt, dans ce chef-lieu, une des premières places et devient bâtonnier de l’ordre des avocats (1878-1880).
Il est conseiller municipal de Montauban de 1878 à 1880. Préfet de Tarn-et-Garonne du La Presse du 12 mars 1880Cabinet du préfet de la Seine à 1882 en remplacement de M. Mercadier, préfet de l'Oise du La Presse du 30 avril 1882 au , préfet de Meurthe-et-Moselle par décret du La Presse du 26 avril 1885, installé le , préfet de la Gironde par décret du au en remplacement d'Eugène Schnerb, nommé préfet de Meurthe-et-Moselle. Installé le .
Il est remplacé à la préfecture de la Gironde par suite de sa nomination, le , aux fonctions de directeur général des Postes et TélégraphesLa Presse du 14 janvier 1890La Presse du 24 janvier 1890 jusqu'en 1896. « Je vous quitte, non sans un réel chagrin, profondément affectionné à votre département, aux grands intérêts qu'il représente, à sa population toujours bienveillante à mon égard. » En cette qualité, Justin de Selves, peu de temps après son installation, préside la Conférence internationale qui se tient à Paris du au . En 1891, il représente la France au congrès postal universel de Vienne, où il préside la commission des colis postaux, valeurs déclarées, livrets d’identité etc.
Préfet du département de la Seine, nommé par le cabinet Jules Méline, par décret du , jusqu'en en remplacement d'Eugène Poubelle, il est nommé préfet honoraire et admis à la retraite par décret du .
En 1897, il fonde la Commission du Vieux Paris, instituée par arrêté du , dont il fut président, et créa les collections du Petit Palais.
Le , il inaugure le Monument à Rouget de L'Isle à Choisy-le-Roi, qui avait été commandé par souscription nationale le .
Il inaugure le Monument à Victor Hugo, place Victor-Hugo à Paris 16 en 1903.
Il est président d'honneur de la Confrérie artistique des écoliers de Paris en 1903, et président du jury du Concours musical de la Ville de Paris en 1904.
Il inaugure l'École horticole de Plessis-Piquet et la route reliant le Plessis à Robinson, le La Patrie du 14 juin 1909. De 1910 à 1920, il devint membre de l'Institut de France où en tant qu'académicien libre, il siégea à l'Académie des beaux-arts, section de musique, au fauteuil et eu pour successeur René Baschet (1860-1949).
Sénateur de Tarn-et-Garonne du à 1927, pendant lequel il fit le rapport pour la probation de la convention de Madrid sur le Maroc en 1913, il représente le canton de Verdun-sur-Garonne au conseil général de 1912 à 1924 ; réélu le jusqu’à 1927. Fin de mandat le , battu aux élections sénatoriales du .
Il occupa ensuite plusieurs fonctions au sein du gouvernement de la République sous la présidence d'Armand Fallières : ministre des Affaires étrangères, 130 rue de l'Université (Paris) dans le cabinet de Joseph Caillaux (à ce poste : successeur de Jean Cruppi et prédécesseur de Raymond Poincaré), du au , date de sa démission. Lors du coup d'Agadir (), il se montra favorable à un raidissement face à l'Allemagne mais son président du Conseil, attaché au contraire à la détente des rapports franco-allemands, négocia par-dessus la tête du ministre avec le conseiller de l'ambassade d'Allemagne à Paris et confident de Guillaume II d'Allemagne. Mi-juillet, Joseph Caillaux avait interdit aux chefs d'état-major de se rendre aux convocations du ministre des Affaires étrangèresMes Mémoires, Joseph Caillaux, 1943, tome 2, p.168.
Le il conclut et signe avec le baron Kurino un nouveau traité de commerce et de navigation avec le JaponL'Empire japonais et sa vie économique. Auteur : Joseph Dautremer.
Il est conseiller général du Tarn-et-Garonne, Canton de Verdun-sur-Garonne du à 1924 et membre des commissions de l'armée à la Chambre des députés et au Sénat en 1913, secrétaire de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts du département de Tarn-et-Garonne en 1914Recueil de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Tarn-et-Garonne 1916, membre d'honneur du Saint-Hubert-Club de France, rue de Clichy à Paris, de 1914 à 1927.
Président de la Commission des affaires étrangères du Sénat (de 1917 au ), il invite la Haute assemblée, le , à ratifier le traité de Versailles, qui « constituait l'affirmation d'une morale internationale nouvelle et permettait toutes les espérances pour l'avenir, à condition de faire preuve de vigilance » (Bibliothèque du Sénat ).
Membre du comité de patronage de la Société des amis des missions, fondée le , il est président du comité national d'initiative pour le rapatriement des Arméniens dans le territoire de la République arménienne en 1924. Le bureau de ce comité est composé comme suit : président, M. Justin Germain Casimir de Selves ; vice-présidents, M. Georges Leygues et Baudrillard ; secrétaires, MM. Maurice Ordinaire et Soulier ; trésorier, M. Charpentier.
Nommé ministre de l'intérieur dans le deuxième cabinet Raymond Poincaré ( - ) et dans le cabinet Frédéric François-Marsal (9-), il succède à Maurice Maunoury et précède Camille Chautemps.
Élu trois fois président du Sénat, sous la Troisième République, du au , en 1927 réélu président du Sénat par 167 voix contre 116 et M. Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, il fait aboutir le projet du métropolitain de Paris.
Élu membre de l'Union républicaine en 1927, administrateur du Crédit foncier de France de 1928 à 1931, membre du conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur au , vice-président, en 1932-1933 de L'idée française à l'étranger (siège : 3 rue de Marivaux, Paris) dont le but est de faire de la propagande française dans les pays étrangers, mais en se servant de la langue du pays.
Il est élu par l'Institut de France au collège des conservateurs du domaine de Chantilly, dont le musée Condé entre 1933 et 1934 où il fut remplacé en par le général Édouard de Castelnau.
Divers thumb|Portrait de Justin de Selves (conservé au musée de l’histoire de France à Versailles). Marié le à Montauban (Tarn-et-Garonne) avec Gabrielle Félicie Camille Garrisson, fille du sénateur du Tarn-et-Garonne Gustave Garrisson (née le à Montauban et morte avant lui), d'où deux enfants nés également à Montauban, Gustave Lucien Gaston de Selves le et Jean Louis Elie de Selves le .
Il est le neveu de Charles Louis de Saulces de Freycinet, ministre de la guerre et homme politique français.
Par testament du chez maître Yvon Ferré à Montauban, après la mort de son petit-fils, il légua son domaine de Loubéjac à Sarlat-la-Canéda à l'hôpital avec usufruit à son seul fils Gustave Fulcran Germain de Selves.
Il possédait trois résidences : à Paris au 105 quai d’Orsay, à Montauban au 96 rue Lacapelle, et le château de Loubejac à Sarlat-la-Canéda (Dordogne).
Il figure sur un portrait assis de trois-quarts (1926) conservé au musée de l’Histoire de France à Versailles, huile sur toile de 120 x , peint par Ferdinand Humbert (1842-1936). Don de son fils André Humbert, en 1934, (n° d'inventaire MV 6173, bibliographie : Constans 1980, )
Il est inhumé à Montauban (cimetière communal, impasse Maurice Bayrou), Tarn-et-Garonne.
Hommages La seconde plus petite avenue de Paris, l’avenue de Selves dans le arrondissement, porte son nom. D'une longueur de , l'avenue donne sur les Champs-Élysées.
La rue Justin de Selves à Montauban porte son nom.
Lors de son passage au ministère des affaires étrangères, il fut surnommé par ses ennemis « le ministre étranger aux affaires ».
Distinctions 65px|Chevalier de la Légion d'Honneur Chevalier de la Légion d'honneur le Liste et dates d'attribution des grades de la Légion d'Honneur. 65px|Officier de la Légion d'Honneur Officier de la Légion d'honneur le . 65px|Commandeur de la Légion d'honneur Commandeur de la Légion. d'honneur le 65px|Grand Officier de la Légion d'honneur Grand officier de la Légion d'honneur le . 65px|Grand-Croix de la Légion d'honneur Grand-croix de la Légion d'honneur le . 65px Officier de l’Instruction publique.
et dignitaire de plusieurs ordres étrangers dont : 80px Grand-cordon de l'Ordre de Sainte-Anne par le tsar Nicolas II de Russie en 1896. 80px Grand-cordon du Royal Victorian Order (G.C.V.O.) (HONORARY), le The Knights of England. A complete record from the earliest time to the present day of the knights of all the orders of chivalry in England, Scotland, and Ireland, and of knights bachelors, incorporating a complete list of knights bachelors dubbed in Ireland (Volume 1). Auteur : Shaw, William Arthur, 1865-1943. Édité en 1906.
Publications Avant-propos à La Politique allemande par le prince Bernhard von Bülow, traduit de l'allemand par Maurice Herbette. Notice sur la vie et les travaux de M. François-Anatole Gruyer (1825 -1909), Paris, 1910.
Notes et références
Annexes Bibliographie La Grande Encyclopédie dite de Berthelot, 1885-1902, t. 29, . Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France, 1899, . Institut de France, Le Second Siècle 1895-1995, liste des académiciens, t. II, grand in-4° de 782 pages. A.N., F1 B1 523 (dossier de Selves) ; fonds de la Légion d'honneur (dossier de Selves). A.D. Gironde, 2 M 29 A.D. Haute-Garonne, état civil. FERET, Biographie, . JOLLY (Jean), Dictionnaire des Parlementaires, t. VIII, et 2890. Annuaire de Tarn-et-Garonne. Sénat
Liens externes
Catégorie:Ministre de la Troisième République Catégorie:Ministre français des Affaires étrangères Catégorie:Ministre français de l'Intérieur Catégorie:Président du Sénat (Troisième République) Catégorie:Sénateur de la Seine Catégorie:Préfet de l'Oise Catégorie:Préfet de Meurthe-et-Moselle Catégorie:Préfet de la Gironde Catégorie:Académie des beaux-arts (France) Catégorie:Membre de la Commission du Vieux Paris Catégorie:Grand-croix de la Légion d'honneur Catégorie:Récipiendaire de l'ordre de Sainte-Anne Catégorie:Naissance en juillet 1848