Alexandre Barro Chambrier, désigné également par ses initiales « ABC », est un économiste et homme d'État gabonais, né le dans le . Il est nommé vice-Premier ministre en 2024 puis vice-président du gouvernement en 2025., et enfin Vice-président de la République en 2026.

Ascendance Son père, Éloi Chambrier est un célèbre médecin pédiatre et homme politique né le à Glass à Libreville (Gabon) et décédé le à Libreville. Il est diplômé de la faculté de médecine de l’université de Paris. Il est l’arrière-petit-fils du roi Denis dont le nom est Antchuwè Kowè Rapontchombò. Un souverain mpongwe, né vers 1780. Son nom Rapontchòmbo signifie en langue mpongwé : « On ne lui a pas prêté mais donné ». Marcel Éloi Chambrier est le premier Gabonais à soutenir une thèse de doctorat en médecine et le propriétaire de la toute première clinique privée, portant son nom : la polyclinique Docteur-Chambrier. Issu d’une famille modeste, il apprit très tôt, grâce à l’éducation rigoureuse de sa mère Amélie Aworet Y Anguillet et à son sens inné de l’effort, à surmonter les difficultés.

Sa mère, Roselyne Aremon, est née le et décédée le . Elle est kinésithérapeute, formée à l'École de kinésithérapie de Paris.

Jeunesse et formation Environnement familial Alexandre Barro Chambrier est le fils aîné et le deuxième d’une fratrie de plusieurs enfants. Il est issu d'une famille très unie. Bien que n'ayant que six ans, il se souvient des années d’emprisonnement politique de son père comme des années particulièrement difficiles pour toute la famille, du fait de son absence. Il dit « avoir le souvenir d'avoir été un enfant plus heureux dès sa libération ».

Études Il débute l'école primaire en 1965 et fait tout son cursus à l'école mixte de Libreville. À la rentrée 1970, il intègre le collège de Passy-Buzenval à Rueil-Malmaison, en région parisienne et fréquente le lycée national Léon-Mba à Libreville. En 1977, Il obtient son baccalauréat en sciences économiques avec « mention bien » au lycée Jean-Jacques-Rousseau de Nice. Toutes ses études universitaires se déroulent en France. En 1980, il obtient son diplôme d’études universitaires générales (DEUG) à la faculté des sciences économiques de Nice et poursuit ses études à Paris où il obtient respectivement son diplôme d’études approfondies (DEA) d’études politiques à l’université de Paris-IX-Dauphine, puis en 1984 un diplôme d’études approfondies d’économie appliquée (DEA), option politique économique à l’Institut d’études politiques de Paris. En 1987, il obtient son doctorat en sciences économiques (nouveau régime) à l’IEP de Paris. Il a pour directeur de thèse, l’économiste et homme politique français, Raymond Barre nommé Premier ministre le par le président de Valery Giscard d’Estaing (- 21mai 1981). Il est agrégé CAMES en sciences économiques, en 1991http://pug-uob.org/pdf/annales/numeros/Annales12.pdf.

Carrière nationale Début de carrière Conseiller du Premier ministre, chef du département économique et financier et coordonnateur du comité spécial chargé du suivi de l’évolution des programmes économiques et financiers du Gabon (Coscefig) de 1990 à 1994. Il est membre du comité d’orientation et de pilotage de la réflexion stratégique à long terme (Gabon 2025) ainsi que membre du conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale et de la Caisse nationale de garantie sociale. Conseiller économique et commercial du ministre du Commerce et du Transfert des Technologies (1988-1989).

Postes ministériels et autres vignette|Février 2012,visite à la raffinerie Sogara Ministre des Mines, du Pétrole, des Hydrocarbures (2011-2012)

Son mandat ministériel est marqué par : la promotion du bassin sédimentaire gabonais l'amélioration du code pétrolier et minier l'amélioration des contrats de partages de production la politique de formation mieux ciblée.

Ministre délégué auprès du ministre du Développement, de la Performance publique, de la Prospective et de la Statistique (2009) Son passage à ce poste est marqué par la mise en place de mécanismes d'évaluation de la performance des politiques publiques.

Ministre délégué auprès du ministre de l'Économie forestière, des Eaux, de la Pêche et de l’Aquaculture, chargé des Eaux et de la Pêche ( - ) Il marque son passage à ce ministère par la mise en place de mécanismes efficients pour la préservation de l'écosystème et le plan d'aménagement des forêts

Ministre délégué auprès du ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances, du Budget et de la Privatisation ( - ) Il est chargé de : l'assainissement des finances publiques la restructuration et la privatisation de structures publiques dans le cadre de la mise en œuvre d'un programme avec le FMI. Il est président du conseil d'administration de l'Institut africain d'informatique (IAI) (Libreville (2006-2007) et président du comité d'orientation d'Afritac.

Ministre délégué auprès du ministre de l’Économie forestière, des Eaux, de la Pêche et de l’Environnement, chargé de la Protection de la nature (-)https://agritrop.cirad.fr/550910/1/document_550910.pdf

Secrétaire d’État auprès du ministre de la Culture, de la Francophonie, de la Jeunesse, des Sports et de l'Éducation populaire ( - ).

Carrière internationale En 1994, il inaugure sa carrière internationale au sein du Fonds monétaire international (FMI) à Washington Au sein de l'institution, il occupe respectivement les postes d'administrateur suppléant puis d'administrateur.

Administrateur suppléant du FMI (1994-1998) vignette|En 2000, avec Shakour Shaalan, administrateur de l'Égypte au FMI Il participe aux réunions du conseil d’administration du FMI : revue des programmes, surveillance, des pays, conception des politiques économiques et financières, conditionnalités, mobilisation des ressources, etc.

Administrateur du FMI (1998-2002) Il représente de l’Afrique subsaharienne dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Centrafrique, les Comores, le Congo, la Côte d'Ivoire, Djibouti, le Gabon, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée-Équatoriale, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, Maurice, le Niger, le Rwanda, São-Tomé-et-Principe, le Sénégal, le Tchad, le Togo. À ce poste il est chargé : de l’appropriation des programmes par les pays ; du renforcement de la collaboration entre le FMI et la Banque mondiale ; il a contribué à la stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) ; il a participé à l’initiative pour l’allègement de la dette de pays très endettés.

Administrateur à l’Institut international pour l’Afrique (2002-2004) à Washington. L'IIA est un organisme international privé de conseils et d’études de haut niveau visant à promouvoir la croissance économique et la stabilité financière dans les pays en voie de développement et plus particulièrement en Afrique. Il participe à des évaluations stratégiques et des conseils pour aider les gouvernements, les entreprises privées et les institutions financières bilatérales et multilatérales à prendre des décisions appropriées.

Carrière politique vignette|Avril 2019, au congrès du RHM, actuel RPM Parti démocratique gabonais (1988-2016) À l’âge de , il adhère au Parti démocratique gabonais (PDG, le parti au pouvoir) et devient membre du comité central de 1989 à 2004. Il intègre le bureau politique en 2007 puis est en membre du comité permanent du bureau politique de la province de l'Estuaire jusqu'en , année où il quitte le parti.

Mandat de député (2006-2016) Il est élu député du arrondissement pendant deux législatures: ( et ), respectivement élu en puis réélu en . Membre de la commission des finances, il est l'initiateur de la loi de facilitation pour la création d’une SARL (société à responsabilité limitée), loi promulguée en 2014.

Dès 2012, il est membre pendant quatre ans du Parlement panafricain l’assemblée consultative de l’Union africaine dont le siège est à Midrand en Afrique du Sud (2012-2016)

Divergences d’opinions avec le PDG Son adhésion au parti au pouvoir est marquée très tôt et épisodiquement par des divergences d’opinions qui se sont soldées en 2016 par une séparation définitive avec le parti. Un « divorce » dû à deux éléments majeurs: d’une part au refus de la démocratie interne dans le parti au pouvoir., d’autre part à la gouvernance en rapport avec la mauvaise utilisation des ressources publiques. Neuf autres parlementaires claqueront la porte du PDG ainsi que le président de l’Assemblée nationale d’alors, Guy Nzouba-Ndama.. Deux mois plus tard, ABC avec deux autres parlementaires officialisent la création du parti RHM: Rassemblement-Héritage et Modernité (actuel RPM). Alexandre Barro Chambrier rejoint ainsi l’opposition et donne son soutien à Jean Ping, « candidat unique » désigné par l’opposition, lors des élections présidentielles du .

Il est candidat à l'élection présidentielle de 2023.. Toutefois, le collectif « Alternance 2023 », qui regroupe les principaux partis d'opposition, choisit de désigner un candidat unique, Albert Ondo Ossa, qui devient le principal candidat de l'opposition face à Ali Bongo.. Chambrier retire alors sa candidature.

Vice-Premier ministre Le , Alexandre Barro Chambrier est nommé vice-Premier ministre., est chargé de la Planification et de la Prospective, dans le gouvernement de la Transition dirigé par Raymond Ndong Sima.. Il a pour mission d'élaborer et de mettre en œuvre la politique du Gouvernement en matière de planification et de prospective.

Vice-président du gouvernement Alexandre Barro Chambrier est nommé par décret présidentiel en date du , vice-président du gouvernement.

Il est élu député à l'Assemblée nationale lors des élections législatives des et . Le suivant, il quitte ses fonctions au gouvernement à la veille de l'installation de la nouvelle législature..

Vice-président

Le , Alexandre Barro Chambrier est nommé vice-président de la république par le président Oligui Nguema..

Économie Alexandre Barro Chambrier déclare dans une interview que le schéma standard qui pourrait tirer l'économie du Gabon de cette mauvaise passe. serait de « commencer par nommer des hommes à même d'être honnêtes et de pouvoir gérer les finances publiques en bon père de famille. » Il préconise, entre autres, l'adoption d'un programme de mesures intégrées pour la réduction du chômage des jeunes et des femmes, la mise en œuvre d'une stratégie de promotion des PME-PMI incluant le financement bancaire et le développement du secteur agricole comme levier de l'indépendance économique. Il faudra aussi la mise en œuvre de grands projets structurants à forte intensité de création d'emplois. Sans oublier de corriger les inégalités sociales par une meilleure distribution des richesses nationales et le lancement des programmes visant la lutte contre l'extrême pauvreté, la mobilisation des moyens pour l'amélioration du cadre de vie des populations, le renforcement des mesures en faveur de la famille et la mise en œuvre d'un programme intégré d'accès des populations, à bas prix au logement social, à l'électricité et à l'eau.

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