Une lettre de protection (en allemand ) est un document juridique octroyant une protection (souvent diplomatique) à son détenteur.

Elle est notamment utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale pour sauver des Juifs, auquel cas elle est liée à un passeport collectif (en allemand ).

Moyen Âge

Seconde Guerre mondiale La lettre de protection est un des deux instruments qui permettent la protection de Juifs dans les territoires occupés par le Reich, l'autre moyen étant le passeport collectif (en allemand ). Ce système peut se mettre en place lors de la guerre, étant donné que les parties aux conflits ne savent pas forcément quelles sont les pratiques des États neutres..

La lettre de protection indique qu'une personne se trouve sous la protection d'un pays neutre (par exemple la Suisse ou la Suède). Ceci permet aux Juifs en possession d'une telle lettre de ne pas être soumis au travail forcé ou à la déportation. Les détenteurs de telles lettres sont ensuite inscrits dans un passeport collectif. Par la suite, ces lettres portent la mention qu'elles peuvent être utilisées pour des fins de voyage (au même titre que les passeports).

Passeport collectif établi par la Suisse en Hongrie

vignette|upright|Entrées 2046 à 2050 du passeport collectif suisse, représentant des membres de la famille Weisz. La légation suisse à Budapest négocie également l'établissement de quatre passeports collectifs. Il s'agit de quatre documents (pratiquement quatre volumes), dont la première page est pourvue de la mention suivante : . À l'intérieur du volume apparaît le numéro (de 1 à 967 pour le premier volume établi le ) des personnes, leur nom et leur date de naissance, de même qu'une photo des personnes listées. Le premier donne l'autorisation pour émigrer de Hongrie d'ici le , délai qui serait repoussé plusieurs fois par le gouvernement hongrois.. Le deuxième passeport collectif contient .

vignette|upright|left|alt=Photocopie en couleurs d'un document à quatre pages ; en entête, la mention en allemand SCHUTZPASS ; dans le quart supérieur gauche, une photographie d'un homme et d'une femme, dotée d'un tampon noir, en dessous une signature manuscrite ; sur les autres quarts, des mentions préimprimées en allemand et d'autres tapées à la machine|Passeport de protection () signé par Carl Lutz au couple Imre Benkó et Ida Anna Balog en . Les personnes inscrites au passeport collectif ayant pourvus d'une photo ont alors le droit à obtenir un passeport de protection (établi à titre individuel). Il s'agit d'un document d'une demi-page, rédigée sur un papier à l'entête de la légation suisse à Budapest (Traduction en français : .). Le document atteste que les détenteurs du passeport de protection sont présents sur les listes officielles comme des candidats à l'émigration en Palestine.

Lettres de protection octroyés par la Suisse en Hongrie Principe vignette|upright|Lettre de protection établie par le vice-consul suisse Carl Lutz en . Alors que les Croix fléchées prennent le pouvoir à l'automne 1944, augmentant ainsi l'insécurité pour les Juifs à Budapest. LutzIl y a une querelle biographique concernant Lutz et Raoul Wallenberg, consul de Suède et également Juste, sur la paternité originelle de cet instrument qui permet le sauvetage de milliers de vie. Pour Erika Rosenberg, la paternité revient sans aucun doute à Lutz, ; voir également . trouve alors une nouvelle solution pour essayer de protéger plus de Juifs : la lettre de protection (en allemand György Vámos postule qu'il y a une confusion récurrente entre le passeport de protection et la lettre de protection, .). La lettre est établie sur un papier à l'entente de la légation suisse à Budapest (), en allemand et en hongrois, avec les armoiries de la Suisse au centre. La lettre, écrite à la machine à écrire, indique la formulation suivante en allemand et en hongrois :

Le document est dépourvu d'une signature, mais dispose du sceau de la légation et d'un filigrane. Le fait que la lettre n'indique que le nom de son détenteur (et pas d'autres informations) permet une production accélérée des lettres.

Pour des raisons de contingentement apposées par les Britanniques, la légation suisse ne peut établir plus de ; lorsque ce chiffre est atteint, Lutz et son équipe recommence alors de 1.

Faux en circulation En , lors d'un contrôle, les autorités hongroises constatent que les faux représentent jusqu'à des titres en circulation ; dans un camp de travail, même sur ..

Il y a au moins deux types de falsification. Un premier groupe de faux épelle de manière erronée le nom de la légation suisse : . Le second groupe remplace le fond rouge de l'écusson suisse par un fond noir.

D'autres faux, plus raffinés, ne sont identifiables comme tels que par des yeux avertis, mais pas par des gardes des Croix fléchées ou de la . Certains faux sont tellement bien faits que Lutz lui-même y voit des copies authentiques.

Lettres de protection et passeports collectifs octroyés par la Suède

Le , le ministère hongrois des affaires étrangères atteste que sont titulaires d'un passeport de protection octroyé par la Suède.

Notes et références Notes

Références

Annexes Liens externes

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