La chapelle Saint-Gengoult, parfois orthographié Saint-Gengoux, est une chapelle catholique romane, ancienne église, construite au . Elle est située dans l'ancienne paroisse de Saint-Gengoult, sur le territoire de la commune de Larochemillay, dans la Nièvre en France.

Elle est située à proximité d'une fontaine homonyme à rites, liée au passage de Gengoult, patron des époux trompés.

Localisation vignette|gauche|redresse|Saint-Gengoult (au second plan), derrière La Roche et sous le mont Touleur. La chapelle est située dans le hameau de Saint-Gengoult, ancienne paroisse, au sud-ouest du village de Larochemillay, au versant du coteau boisé du mont Touleur. Elle est présente en bordure d'un chemin reliant le château de Rivière.. Saint-Gengoult est au pied du mont Beuvray, dans le sud du massif du Morvan, ainsi qu'à l'est du département de la Nièvre à proximité de la Saône-et-Loire (en Autunois).

La chapelle fait face à l'ancien presbytère, qui a succédé à un prieuré. Au pied du bâtiment, une pierre d'angle porte l'inscription .

Histoire Église paroissiale L'église Saint-Gengoult est édifiée en église paroissiale au , dépendante de l'archiprêtré de Luzy et du diocèse d'Autun ; le toponyme Sanctus Jangulphus est attesté au Sont aussi attestés Sanctus Jangolphus vers 1500 et Saint-Jehan-Goux en 1654. .. L'abbé Baudiau, auteur de Le Morvand ou essai géographique, topographique et historique en 1854, atteste que .

Il subsiste de l'époque romane la moitié de la nef, ses baies, et le chœur.

Le patronage de la cure appartient aux religieuses de Marcigny-lès-Nonnains jusqu'à qu'elles le cèdent en 1619 au baron de La Roche-Millay, seigneur de haute justice dans toute l'étendue de la paroisse. Elle est ensuite possédée par le signeur de Rivière. Les dîmes étaient pour moitié à la chapelle Saint-Martin, en l'haut du Beuvray et pour le reste partagées entre le prieur de Vanoise (sur le territoire actuel de la commune) et le comte de La Roche-Millay. L'église est un temps placée sous le vocable de saint Laurent, mais le culte de saint Gengoult reste populaire et le premier nom subsiste.

Chapelle privée après la Révolution L'église conserve sa fonction paroissiale jusqu'à la suppression de la commune de Saint-Gengoult, rattachée à Larochemillay entre 1790 et 1794.

Elle est au une chapelle de pèlerinage pour les paysans, le , jour de fête de saint Gengoult. Le saint est invoqué pour les affections des yeux et des jambes et surtout pour la protection du bétail. D'après le folkloriste Jean Drouillet, on lui faisait offrande de laine et de cire pour la protection des . En 1903, Lucien Gueneau écrit Nos bons saints miracleurs & guérisseurs décrit l'évènement :

Elle est à la fin du une chapelle privée appartenant à la famille de Rivière. et sert parfois pour les cérémonies maritales et funéraires. Elle est inscrite au titre des monuments historiques en 1998.

Architecture

La chapelle, longue d'une vingtaine de mètres sur de large, est édifiée sur un plan rectangulaire allongé qui se terminait sur une abside voûtée en cul-de-four. Elle est juchée sur un terre-plein, accessible par un escalier en pierre. Une importante partie de la nef, côté ouest, s'est effondrée ; son emplacement est marqué par une terrasse. En 1854, l'abbé Baudiau décrit, au-dessus du chœur, une tour byzantine.

La porte, à deux battants s'ouvre sur la façade ouest. Elle est surmontée d'un oculus circulaire, au vitrail relativement récent et encadré de pierre de taille appareillée. À l'extérieur, à droite de la porte, figure un bénitier.

L'intérieur présente une nef unique charpentée, prolongée par un avant-chœur avec voûte d'ogives en bois et une abside voûtée. Le chœur est à chevet plat et de style roman. Il présente des pilastres cannelés avec chapiteaux au motif végétal, semblables à ceux de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun . La nef renferme des sépultures de la famille de Rivière. L'abbé Baudiau atteste l'existence de six tombes.

L'édifice est construit en pierre du pays. La toiture est en ardoise. Le clocher, ou plutôt clocheton, qui n'a pas de décoration, est placé au-dessus de la nef.

La façade sud-est est protégée par un mur de soutènement, avec des contreforts au couronnement taluté. Les façades latérales sont percées de fenêtres romanes en plein cintre, à l'exception du chevet qui ne présente pas d'ouverture.

Mobilier

À la fin du , la chapelle ne possède aucun mobilier, à l'exception de l'autel et d'un important confessionnal.

Disparue depuis, il est attesté en 1903 par Lucien Gueneau l'existence d'une statuette en bois de l'épouse infidèle de saint Gengoult, sujette à légendes sous le nom de . Elle est représentée, dans des traits grossiers, enceinte et amputée d'un bras.

Fontaine et légende de saint Gengoult

Près de la chapelle figure une source miraculeuse. Oubliée par la mémoire locale, elle n'est aujourd'hui plus qu'un puits fermé par une construction de pierres maçonnées et une porte en bois. Elle alimente le ruisseau de Mouches et un lavoir à ciel ouvert, qui n'est pas non plus entretenu...

Passage de saint Gengoult La fontaine se rapporte à une légende locale ayant pour sujet Gengoult (ou Gangolf), un pieux bourguignon du qui aurait été tué par un amant de sa femme dans sa demeure près d'Avallon. Se sachant infidèle, il reproche à sa femme son inconduite mais celle-ci prétend ne jamais l'avoir trompé. (paroles rapportées par Michel Err) Elle plonge le bras, et, victime de son manque de foi, devient manchote. Par tradition, les maris auraient amenés leur femme afin de mettre au jour leur infidélité..

L'érudit luzycois Lucien Gueneau rapporte en 1903 rapporte une autre légende à propos de la chapelle elle-même. Une fois que Dieu eu fait de Gengoult le patron des époux trompés, il le charge de former une confrérie de ceux-ci. Pour ce faire, doit être tenu un registre des hommes appelés à la rejoindre. Gueneau affirme qu'.

Légendes de la Sainte Maintes fois modifiée par le temps, Lucien Gueneau rapporte en 1903 une version de la légende dans laquelle l'homme trompé n'est pas Gengoult mais un seigneur voisin du vieux château de Thouleur. Elle lui est contée par l'instituteur de Larochemillay Guibert. L'homme, à peine marié, part combattre les Sarrasins et est retenu en captivité par ceux-ci durant un nombre d'années suffisant pour que sa femme le croit mort et tombe ensuite du page chargé de veiller sur elle. Le seigneur est averti de la tromperie malheureuse par saint Gengoult, qui l'aide à s'échapper. Une fois rentrée au pays, il engage son épouse, désormais enceinte, à prêter serment à la fontaine ; elle perd son bras.

Une autre légende cherche à connaître qui est la femme derrière la statue de « la Sainte » : une femme a deux filles, Lazarette, mariée, et Louise, célibataire. Après avoir attendu deux ans que sa fille aînée ait son premier enfant et puisse devenir nourrice à Paris, elle demande à saint Gengoult qu'il . Un an après, elle est bien grand-mère, mais de sa cadette ! Furieuse, elle retourne à l'église et apostrophe le bon saint : Et Gengoult, outré, lui ampute un bras..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des monuments historiques de la Nièvre Forteresse du mont Touleur Château de La Roche

Bibliographie . . , dossier « Anciennes chapelles morvandelles ». , dossier « Les chapelles de la Nièvre, tome ».

Liens externes

Catégorie:Église fondée au XIIe siècle Catégorie:Église construite au XIIe siècle Catégorie:Chapelle catholique en France Catégorie:Église dédiée à saint Gengoult Catégorie:Église dédiée à saint Laurent ChapelleLarochemillay Catégorie:Église romane en France Catégorie:Chapelle monument historique en Bourgogne-Franche-Comté Catégorie:Chapelle funéraire monument historique en France ChapelleLarochemillay ChapelleLarochemillay Catégorie:Chapelle dans le Morvan Catégorie:Chapelle dans la Nièvre Chapelle ChapelleLarochemillay ChapelleLarochemillay ChapelleLarochemillay Catégorie:Église devenue chapelle