LInstitut national de l'audiovisuel (INA ou Ina) est un établissement public à caractère industriel et commercial français ayant pour mission principale d'archiver les productions audiovisuelles et de produire, d'éditer, de publier, de commercialiser et de distribuer des contenus audiovisuels et multimédias à destination de tous les publics, professionnels, entreprises ou particuliers, pour tous les écrans ou plateformes de diffusion, y compris audio. L'INA comprend également un centre de formation et de recherche visant à développer et transmettre les savoirs et expertises dans les domaines de l'audiovisuel, des médias et du numérique.

Historique Loi de 1974 Selon l'article 3 de la loi du , l'Institut national de l'audiovisuel (INA) est chargé relative à la radiodiffusion et à la télévision..

Créé par la réforme de l'audiovisuel menée en 1974 et mis en place le , le cadre général, législatif, réglementaire et financier dans lequel l'INA assure ses missions est fixé par l'État, qui dispose du pouvoir de contrôle sur ses activités, notamment à travers la présence de représentants de l'État et de parlementaires au conseil d'administration ainsi que par la réponse à des questions parlementaires, enquêtes et rapports. L'INA reçoit pour financer ses activités une partie de la redevance audiovisuelle.

Parmi les sept organismes créés par la loi d' remplaçant l'ORTF, l'INA est le seul à n'avoir jamais changé de statut depuis.

Loi de 1992 En 1992, la loi du étend le dépôt légal à la télévision et à la radio. L'INA en est le dépositaire. Cette loi donne naissance en 1995 à l'Inathèque, chargée de la conservation et de la mise à la disposition des archives du dépôt légal aux chercheurs et aux étudiants. Son ouverture au public est effective en , au rez-de-jardin de la Bibliothèque François-Mitterrand. En 2002, le dépôt légal est étendu aux chaînes du câble et du satellite, puis en 2005, à la télévision numérique terrestre.

Numérisation des années 2000 La numérisation à grande échelle des archives de l'INA décidée par le pouvoir politique en 1999, sous la forme d'un plan de sauvegarde et de numérisation massif et systématique, a été prise en compte en 1999 sous la présidence d'Emmanuel Hoog, mais n'a débuté qu'en 2001. Pour ce faire, un contrat d'objectifs et de moyens est signé en par l'État et l'INA, qui formalise le projet jusque 2003. En 2005, une augmentation de la dotation provenant de la redevance permet d'augmenter de 60 % le volume d’heures traitées par rapport à la moyenne des trois années précédentes"..

À l'automne 2001, seul un tiers du million et demi d'heures de programme devant être numérisées l'a été, selon Emmanuel Hoog..

L'Institut a conclu le deux accords visant l'édition de contenus sur des réseaux numériques : d'une part avec les auteurs ayant fait apport de leurs droits à une société d'auteurs (Société civile des auteurs multimédia, Société des auteurs et compositeurs dramatiques et Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), d'autre part avec les artistes-interprètes engagés pour des émissions de télévision.

Ouverture du site grand public en 2006 À la suite d'un travail de numérisation de ses archives, l'INA lance le le site ina.fr, ouvert au grand public, qui accueille à son lancement représentant de programmes : 80 % des archives disponibles sur ce site sont proposées en visionnage gratuit, l'internaute pouvant visionner les premières minutes des 20 % restants. Il offre l'accès à plus de de radio et de télévision. L'INA espère rapidement tripler l'audience de son site pour atteindre un million de visiteurs par mois. Ce stock représente alors environ d'archives : près de de programmes télévisés thématisés, de JT, consacrées aux collections patrimoniales et plus de de radioEmmanuel Hoog : , propos recueillis par Émilie Leveque, Journal du Net, .

La loi DAVDSI du a introduit en France le dépôt légal de l'Internet, dont la mise en œuvre est partagée entre la Bibliothèque nationale de France et l'INA. La collecte des sites par l'INA débute à titre expérimental en .

Situation en 2017-2018 En 2017, l'INA capte en continu de télévision et de radio, web médias, de plateformes vidéos et Twitter. Le téléchargement est payant suivant différentes formules (location ou achat du programme). Deux nouvelles versions du site sont mises en ligne, en 2009, puis en 2013. En 2009, le site accueille également de publicité diffusés à la télévision française depuis 1968.

Au , ina.fr (site et plateformes associées) compte de documents télévisuels et radiophoniques en ligne.

En 2018, l'INA devrait avoir numérisé l'intégralité de ses archives menacées de dégradation définitive. Soit environ de programmes audiovisuels sur un total du fonds de l'INA de près de trois millions d'heures d'archives audiovisuelles. Cette numérisation est encadrée par le plan de sauvegarde et de numérisation (PSN). En 2009, selon Emmanuel Hoog, la numérisation effectuée par l'INA a déjà permis de sauver plus de d'une « destruction inéluctable », soit entre deux tiers et trois quarts des archives de l'INA menacéesNathalie Silbert, Jean-Christophe Feraud, « Il ne faut pas avoir peur de Google, mais du monopole », Les Échos, 25 septembre 2009..

Après des accords signés avec Dailymotion dès 2011, l'INA conclut en un accord avec YouTube, qui diffuse depuis une partie des vidéos de l'INA contre un partage des revenus publicitaireslemonde.fr, « YouTube va mettre en ligne 57 000 vidéos issues du fonds de l'INA », Le Monde, 27 mars 2012.. En 2018, l'INA comptabilise au total de vidéos vues.

Le , la présidente de l'INA, Agnès Saal, est contrainte de démissionner en raison de la polémique née de ses frais de déplacement importants en taxi s'élevant à en 10 mois, dont pour son fils.... En , elle est suspendue pour deux ans de son titre de chevalier de la Légion d’honneur et sa promotion au rang d'officier est supprimée.

En , un projet de regroupement de l'INA dans une nouvelle entité, France Médias, avec trois autres structures de l’audiovisuel public, France Télévisions, France Médias Monde et Radio France, est présenté par les autorités.

Présidents Période Nom 1975-1979 Pierre Emmanuel 1979-1981 Gabriel de Broglie 1981-1983 Joël Le Tac 1983-1987 Jacques Pomonti 1987-1990 Janine Langlois-Glandier 1990-1994 Georges Fillioud 1994-1999 Jean-Pierre Teyssier 1999 – Francis Beck – Emmanuel Hoog – Mathieu Gallet – Agnès Saal (intérim)Jean-Marc Auvray – août 2025Laurent Valletaoût 2025 –fevrier 2026 Agnès Chauveaufevrier 2026 Fabrice Lacroix

Régime financier Le régime financier de l'institut qui se conforme, en matière de gestion financière et comptable, aux règles en usage dans les sociétés industrielles et commerciales, est défini par le décret n°2004-532 du relatif à l'organisation et au fonctionnement de l'Institut national de l'audiovisuel relatif à l'organisation et au fonctionnement de l'Institut national de l'audiovisuel.

Le Laurent Vallet annonce sur la plateforme de l'Institut la réalisation d'un chiffre d'affaires historique de 42,3 millions d'euros en 2022, soit une nouvelle progression de 5% après la hausse de 20% déjà enregistrée en 2021, et la consolidation de son statut de média patrimonial public.

Identité visuelle

Sauvegarde et archivage du patrimoine audiovisuel L’INA collecte, sauvegarde, numérise, restaure et valorise les archives de la radio et de la télévision françaises, soit plus de 70 ans de programmes radio et 60 ans de télévision.

Avec 5 millions d’heures de radio et de télévision conservées et plus d’1 million de documents photographiques, les fonds d’archives de l’INA sont parmi les plus importants au mondeEntretien avec Emmanuel Hoog sur LeJournalduNetLesEchos.fr : L'Institut National de l'Audiovisuel, leader de l'archivage numérique - 04/01/2013 - https://www.lesechos.fr/luxe/culture/mille-feuilles/0202480175295-l-institut-national-de-l-audiovisuel-leader-de-l-archivage-numerique-525583.php.

Feuilletons, téléfilms, documentaires, journaux télévisés, magazines d’actualité, de sport, émissions de divertissement, entretiens, fictions radiophoniques, concerts… sans oublier les archives régionales, représentent une source d’archives pour la production, la diffusion, l’édition, mais aussi la recherche, l’éducation et désormais pour le grand public en accès direct.

Collecter les fonds audiovisuels La mission première de l'INA est de collecter et de conserver les fonds audiovisuels français : les archives professionnelles, les chaînes publiques de radio et de télévision depuis 1945 (lois de 1974, 1982, 1986 et 2000) : fin 2006, dont de radio et de télévision ; l'ensemble des programmes provenant des diffuseurs nationaux au titre du dépôt légal de la radio et de la télévision françaises. Les chaînes hertziennes de radio et de télévision depuis 1995 (loi du ). Par exemple, depuis , Radio Nova est entré dans le dépôt légal de l'INA, ce qui passe à l'antenne étant dorénavant sauvegardé 24h/24 et 7j/7. ; la loi DAVDSI du confie également à l'INA le dépôt légal des sites web médias. L'ensemble des sites des diffuseurs, les web radio et web télé, les contenus édités par les acteurs de l'audiovisuel français et les sites liés aux programmes (émissions, séries, fan…).

Pour soutenir ce dispositif, l'INA a mis en place un processus de captation numérique. En 2018, l'INA capte en continu 169 chaînes de télévision et de radio et web médias et l'archive ainsi constituée représente lors un total cumulé de 17 millions d'heures de télévision et de radio : des fonds issus de collections privées pour en assurer la conservation et éventuellement la commercialisation. L'INA accueille ainsi les fonds de l'Opéra de Paris, l'AFP, la Fédération française de football, Thierry Ardisson, Stéphane Collaro, Vues du ciel filmées par le journaliste photographe cinéaste belge Pierre Brouwers

Sauvegarder et numériser les fonds Parallèlement à la collecte, l’INA assure la conservation physique de ce patrimoine audiovisuel français dont les supports, souvent uniques, se dégradent inexorablement au fil du temps. En 1999, l’Ina a lancé un plan de sauvegarde et de numérisation (PSN). D’ici 2018, l'INA prévoit de sauvegarder l'ensemble des fonds en danger (). Si l'objectif est atteint, la France sera .

Restaurer les fonds conservés La demande croissante d’images de bonne qualité et la dégradation du fonds ancien rendent nécessaire le traitement curatif des matériels films, vidéo et sons dégradés. Plus de sont restaurées chaque année grâce aux logiciels conçus en interne en lien avec les équipes de chercheurs.

Services proposés Valorisation et diffusion des fonds Pour les professionnels L’INA met en place des services destinés aux professionnels pour faciliter la commercialisation des archives et la cession de droits d'exploitation, tant en France qu’à l'étranger. Ina MEDIAPRO est le service qui propose de rechercher, sélectionner puis acheter les droits d'exploitation de programmes audiovisuels. Au , cela représente de programmes accessibles pour les professionnels.

Pour les chercheurs, enseignants et étudiants Le service de l'Ina THEQUE propose aux personnes souhaitant mener des recherches sur l'intégralité des fonds de l'INA, un accès à des postes de consultation. Les équipes de l'INA accueillent et orientent dans les délégations régionales ainsi qu'à la BnF. Des postes de consultation sont mis en place dans des bibliothèques et des médiathèques afin de multiplier les points d'accès. Au , cela représente de programmes radio & télévision mises à disposition dans le centre de consultation parisien de la bibliothèque François-Mitterrand et les régionales ainsi que de programmes de radio et télévision mises à disposition dans en région (bibliothèques, médiathèques, cinémathèques).

Pour le grand public