Marius Pontmercy est un personnage du roman Les Misérables de Victor Hugo.

Biographie du personnage vignette|gauche| Marius, le jeune premier des Misérables, naît en 1810. Son père est l'officier de l'armée napoléonienne Georges Pontmercy qui a combattu héroïquement à Waterloo où Napoléon lui a crié . La bravoure de Pontmercy lui a valu de recevoir un coup de sabre en pleine figure avant de s'effondrer sur le champ de bataille dans la débâcle générale. Alors que l'abominable Thénardier, détrousseur de cadavres le à Waterloo, fouille le colonel, la confusion de Pontmercy gravement blessé, croyant que cet homme tentait de le secourir, pèsera plus tard lourdement dans la vie de Marius. vignette|gauche| Georges Pontmercy s'est marié, sous l'Empire, avec la fille cadette du riche bourgeois royaliste Luc-Esprit Gillenormand, réticent à ce mariage. Le couple n'a eu qu'un seul fils.

En 1815, lors du décès de la mère de Marius, le grand-père fait un chantage à son gendre pour obtenir la garde de son petit-fils, menaçant de déshériter celui-ci s'il refuse. Georges Pontmercy, mis en résidence surveillée à Vernon (Eure) par la Restauration et appauvri par le régime de Louis XVIII, cède à son beau-père et se sacrifie dans l'intérêt de son fils. Le grand-père coupe toutes relations avec Georges Pontmercy allant jusqu'à lui interdire de revoir son fils. Néanmoins, le père, malgré la surveillance dont il est l'objet et la distance, fait régulièrement le voyage de Vernon à Paris pour apercevoir son enfant à la messe de l'église Saint-Sulpice. Cet homme balafré qui pleure, caché derrière un pilier, attire l'attention du père Mabeuf, marguillier de la paroisse, qui se prend d'amitié pour lui. Plus tard, le père Mabeuf jouera un rôle dans la vie de Marius devenu étudiant pauvre à Paris.

M. Gillenormand qualifie son gendre de « honte de la famille » et ne fait jamais qu'allusion à lui que pour se moquer de sa « baronnie » faite par Le grand-père Gillenormand fait exprès d'épeler le nom de l'empereur en l'italianisant et, dans le texte, Hugo fait dire à Gillenormand dans son face à face avec Marius lors de leur affrontement : (Tome III. Marius - Livre III : Le grand-père et le petit-fils - Chapitre 8. Marbre contre granit). De ce fait, Marius n'a qu'une idée dévalorisée de ce père qu'il ne connaît pas.

Marius est donc élevé par son grand-père et par sa tante, une vieille fille qu'on appelle « mademoiselle Gillenormand l'aînée ». À Paris, ils habitent d'abord rive gauche, rue Servandoni (près de l'église Saint-Sulpice) qu'ils quittent en 1827 pour s'installer rive droite dans le quartier du Marais au « 6, rue des Filles-du-Calvaire ». Marius a 17 ans et son grand-père l'idolâtre.

Alors qu'ils viennent juste de s'installer dans le Marais, Georges Pontmercy tombe gravement malade et écrit à M. Gillenormand pour solliciter la visite de son fils. Marius arrive trop tard à Vernon, son père est décédé dans un accès de délire en allant au-devant de lui. Georges Pontmercy lui a laissé une lettre :

C'est tout ce dont il hérite de son père, la vente du mobilier suffit à peine à payer l'enterrement.

Un jour, à la messe de l'église Saint-Sulpice, en utilisant par erreur une chaise réservée, Marius fait la connaissance du marguillier Mabeuf qui lui apprend que son père venait souvent ici pour l'apercevoir. Marius, qui a entrepris des études de droit, se met à dévorer toute la littérature consacrée à l'Empire, à la république et à ses héros. Il est ébloui et découvre qui était son père et se met à l'adorer en portant désormais son deuil. vignette|gauche| Un bouleversement idéologique s'opère en lui et le royaliste qu'il était de fait devient un démocrate-bonapartiste qui s'oppose à son royaliste de grand-père et Marius quitte alors le domicile familial. En intégrant le Quartier Latin, il fréquente le groupe révolutionnaire des Amis de l'ABC« L'abaissé », c'est le peuple. et connaît la misère. On est en 1830 et Marius a vingt ans.

vignette| Ici, il faut faire une parenthèse pour préciser que le personnage de Marius est un reflet de Victor Hugo touché par un même revirement politique plus une ressemblance physique indubitable entre Hugo jeune homme et Marius étudiant : Tome III. Marius - Livre VI : La conjonction de deux étoiles - Chapitre 1. Le sobriquet : Mode de formation des noms de famille.

Marius a, entre-temps, achevé ses études et il est avocat. Mais il survit en donnant des leçons particulières. Après avoir été hébergé par son ami Courfeyrac puis avoir habité l'hôtel avec ses derniers sous, il est contraint de louer une misérable chambre dans la masure Gorbeau du boulevard de l'Hôpital. Marius a deux amis, dont le jeune Courfeyrac et un deuxième, le vieux Mabeuf. Ce dernier connaît des revers de fortune et sombre peu à peu dans la misère. Il demeure non loin de Marius puisqu'il vit dans une petite chaumière du côté de la Salpêtrière, dans ce qui était encore le village d'Austerlitz.

Marius va attirer l'attention de deux jeunes filles dans les mois qui suivent, car : vignette|gauche| Vers la fin de l'année 1830, lors de ses promenades quotidiennes au Jardin du Luxembourg, Marius remarque, assis sur un banc de l'une des allées les plus isolées, une fillette maigre habillée en noir accompagnée de son père, un monsieur aux cheveux très blancs. Son ami Courfeyrac les a surnommés . Six mois plus tard, en juin 1831, lorsque Marius reprend ses promenades dans « son allée » du Jardin du Luxembourg, il reconnaît M. Leblanc, mais pas Lanoire. C'est une très jolie jeune fille d'environ et Marius retrouve en elle les traits de la fillette maussade de l'année dernière. Un certain jour d'été, alors que leurs regards se croisaient jusque-là avec indifférence, leurs yeux s'illuminent soudainement. Marius et la jeune fille échangent un dialogue amoureux muet qui ne passe pas inaperçu à M. Leblanc. Marius s'enhardit jusqu'à les suivre à leur domicile de la rue de l'OuestSituée dans le de Paris, à proximité du Jardin du Luxembourg, ne pas confondre avec la rue de l'Ouest d'aujourd'hui située dans le de Paris., ce qui inquiète M. Leblanc. À partir de là, leurs apparitions au Luxembourg s'espacent jusqu'à ce qu'ils quittent soudainement leur domicileIls ont déménagé pour s'installer rue Plumet, une autre des trois maisons que Jean Valjean a louées dans Paris pour pouvoir changer de domicile rapidement, se sachant toujours recherché par Javert.. Marius perd leur trace et l'hiver arrive sans qu'il l'ait retrouvée. En désespoir de cause, il fréquente davantage Courfeyrac et les amis révolutionnaires de l'ABC. vignette| Une autre jeune fille fait irruption dans sa vie un matin de février 1832. C'est , la fille aînée (Éponine) de ses voisins d'infortune, la famille Jondrette. Le père envoie ses filles faire la mendicité un peu partout et c'est pourquoi elle se présente dans la chambre de Marius. S'il n'a pas remarqué cette fille jusqu'alors, elle semble bien le connaître et l'appelle Monsieur Marius. Elle va être un élément important de son destin, car Éponine, si elle est bien la fille des Jondrette, ses parents ne sont autres que les Thénardier, des malfrats de la pire espèce qui exploitent leurs enfants. Marius a vainement cherché ce Thénardier du côté de Montfermeil pour respecter le souhait de son père et il ignore à ce moment de l'histoire que Jondrette et Thénardier ne font qu'un. Éponine, déjà amoureuse de Marius sans qu'il s'en doute, va l'aider à retrouver sa dulcinée du Luxembourg bien qu'en proie à la jalousie, mais sans que ce sentiment ne prenne jamais le dessus lorsqu'il s'agira de défendre le bonheur de l'élu de son cœur.

Marius, qui a vu dans Éponine, se met à observer ses voisins et découvre petit à petit que monsieur et madame Jondrette sont de dangereux individus que rien ne peut racheter.

Au cours des pérégrinations commanditées par son père, Éponine amène un jour dans le taudis familial qui vient leur faire l'aumône. Marius, qui s'est posté à un observatoire de sa chambre d'où il ne perd rien de ce qui se passe chez ses voisins, voit entrer avec stupeur M. Leblanc et sa belle inconnue du Luxembourg qu'il croyait perdue à tout jamais.

Jondrette semble reconnaître M. Leblanc et s'invente un nom d'artiste dramatique sans emploi, FabantouLe jeu de mots d'Hugo est l'abrégé de « fabulateur en tout. », ce qui ne manque pas d'indiquer à Marius que ce Jondrette est une vraie crapule. Il joue un numéro de père de famille sur le point d'être expulsé pour inciter son bienfaiteur à revenir le soir même pour lui remettre l'argent des prétendus loyers impayés. M. Leblanc et sa fille s'en vont en fiacre, Marius veut les suivre, mais sans succès, car il n'a plus d'argent pour payer le cocher. En regagnant son domicile, il a l'idée de demander à Éponine de l'aider à retrouver l'adresse des inconnus. Celle-ci devine que Marius est surtout intéressé par la « belle demoiselle », mais, même jalouse, elle accepte de l'aider. Depuis sa chambre, Marius entend Jondrette qui prépare un guet-apens pour M. Leblanc. Il semble avoir identifié ce M. Leblanc qui apparaît du coup moins limpide aux yeux de Marius. Jondrette sollicite une bande de dangereux bandits, les Patron-Minette, pour son traquenard du soir. Marius se rend au poste de police afin de signaler aux autorités ce qui se trame et l'inspecteur Javert lui demande de tirer un coup de pistolet d'alarme lorsqu'il y aura effectivement début d'agression, ce qui déclenchera l'intervention de son équipe.

Le soir venu, M. Leblanc tombe dans le piège fomenté par Thénardier et sa bande. Mais Marius se retrouve en plein dilemme lorsque Jondrette déclare à M. Leblanc qu'il n'est autre que Thénardier qu'il a déjà rencontré par le passé à Montfermeil. La police fait irruption dans le bouge et capture les bandits sans toutefois identifier la victime qui a réussi à s'enfuir dans la confusion générale, ce qui fait dire à Javert que

Marius est contraint d'abandonner sa chambre étant dans l'impossibilité d'expliquer à l'inspecteur Javert pourquoi il n'a pas déclenché l'alarme comme convenu. La famille Jondrette étant incarcérée, tout le monde se perd de vue en désertant la masure Gorbeau. vignette|gauche| vignette| C'est en avril 1832 que, grâce au père Mabeuf, Éponine retrouve la trace de Marius pour le conduire à « l'adresse » qu'il lui avait demandé de rechercher. Elle le conduit jusqu'à la demeure de sa belle inconnue qui habite avec son père dans un pavillon au milieu d'un grand jardin de la rue PlumetRue située près des Invalides.. Marius approche un soir sa belle, Cosette, alors qu'elle se promène dans son jardin. Les deux amoureux vont vivre leur « Idylle de la rue Plumet » secrète aux yeux de tous sauf à ceux d'Éponine qui les épie à leur insu. Partagée entre jalousie et amour, elle devient la « chienne de garde » de la maison rue Plumet en en défendant l'accès à son père et aux Patron-Minette venus une nuit dans le but de la cambrioler.

M. Leblanc qui est, comme on l'aura deviné, Jean Valjean, est inquiété par différents événements autour de lui comme ce mot griffonné sur un bout de papier jeté par un inconnu (Éponine, qui a troqué ses guenilles de fille contre celles d'un garçon) : « Déménagez ». Il remarque aussi des mouvements suspects dans son jardin et un changement d'attitude de Cosette. Il ne lui en faut pas plus pour quitter soudainement sa maison du quartier des Invalides pour son autre demeure située au 7, de la rue de l'Homme-Armé dans le Marais. Son projet étant de partir pour l'Angleterre avec Cosette, car il redoute toujours d'être retrouvé par Javert.