La captage du dioxyde de carbone dans l'air ou captage direct du dioxyde de carbone., en anglais : (DAC), est l'extraction du dioxyde de carbone () présent dans l'air ambiant.

Cette technologie est à distinguer du captage à la source des émissions industrielles (, CCS), où les concentrations de sont bien plus élevées et le besoin en énergie plus faible.

Utilisation Le obtenu peut être stocké dans le sous-sol, et on parle alors de (DACCS), une méthode d'élimination du dioxyde de carbone atmosphérique, ou être utilisé dans des procédés industriels comme la fabrication d'e-carburants.

Dans le troisième volet du sixième rapport d'évaluation du GIEC, paru en , le GIEC estime que le recours à l'élimination du dioxyde de carbone atmosphérique (émissions négatives) est nécessaire pour compenser les émissions résiduelles et ainsi atteindre la neutralité carbone...

Caractéristiques Le dioxyde de carbone peut être extrait de l'atmosphère soit par un solvant liquide toxique technologie CCS (incinéré en partie en fin de vie) soit un absorbant solide, dont il est ensuite libéré par chauffage.. Dans le cas d'une capture DAC c'est une partie du filtre solide qui se retrouve dans une décharge faute d'être recyclé.

Le obtenu par DAC coûte en 2020 quatre à six fois plus cher que lorsqu'il est capté par des méthodes classiques..

Installations de captage Usines en fonctionnement En 2022, la plupart des en place sont des prototypes ou des démonstrateurs, avec une capacité limitée de de par an, soit l'équivalent de sept secondes d'émissions liées à la production d'énergie.. La seule installation de nature industrielle, Orca (Islande), a été mise en service en . Elle est gérée par un partenariat entre les start-up suisse et islandaise Climeworks et Carbfix.. Sa capacité est de de par an, lequel est stocké dans une mine de basalte à de profondeur..

Usines en projet Le gouvernement américain lance en 2022 un plan de pour quatre grands programmes de capture du dans l'atmosphère.. Les deux premiers de ces projets, situés au Texas et en Louisiane, visent à éliminer chacun un million de tonnes de par an, soit plus qu'Orca, le plus gros site de captage actuellement en fonctionnement. Le projet de Louisiane sera mené par Climeworks. Selon l'Agence internationale de l'énergie, de captage de carbone dans l'atmosphère de petite taille sont en service en 2023 dans le monde, et seraient en cours de développementLes États-Unis investissent dans deux projets géants de captage de CO2, Les Échos, 13 août 2023..

Le est situé dans l'État américain du Wyoming., choisi à cause de ses resources en énergies renouvelables et d'un environnement propice au stockage géologique du carbone dans des puits qui s'enfonceront à des centaines de mètres sous terre.. Annoncé le , il s'agit alors de la plus grande initiative de capture du dioxyde de carbone dans l'air jamais projetée.. Le projet est porté par le développeur du système DAC CarbonCapture Inc. et l'opérateur de séquestration Frontier Carbon Solutions. L'annonce prévoit un démarrage en fin 2023, avec une capacité de de la première année, puis cinq millions de tonnes par an d'ici 2030... En , CarboneCapture annonce abandonner son projet, invoquant la concurrence d'autres projets relatifs à l'énergie renouvelable, notamment ceux associées aux centres de données..

Des difficultés de financements apparaissent en 2025, où Donald Trump dit avoir « gagné la guerre contre le canular du changement climatique », continuant à dénoncer une vision selon lui « catastrophiste » du changement climatique par les experts. Si aux États-Unis où étaient situés les principaux projets démonstrateurs ou de passage à l'échelle, des financements publics importants étaient encore disponibles en 2024 (des projets comme Cypress en Louisiane et un autre au Texas ont reçu des annonces de soutiens du ministère de l'Énergie, atteignant 1,1 milliard de dollars, ce qui a permis à des entreprises comme Climeworks, Heirloom et CarbonCapture de lever des fonds privés et de signer des contrats prometteurs), les coupes budgétaires drastiques de l'administration Trump, et d'autres coupes encore à venir menacent ces projets, qualifiés de « nouvelle arnaque verte », entraînant une vague de licenciements et des annulations de projets, malgré quelques avancées et des incitations fiscales qui persistent..

Procédé en développement Le procédé Electro-Swing-Absorption (ESA) est basé sur une batterie électrochimique utilisant comme matériau d'électrode le polyanthraquinone, un polymère capable de fixer le au cours de la charge. Lors de la décharge, la batterie libère le tout en fournissant un courant électrique. Encore au stade de la recherche, ce procédé à grande échelle aurait un coût de 50 à 100 $ par tonne de ..

Intérêts et critiques Par rapport au captage et stockage du dioxyde de carbone, le principe est beaucoup plus coûteux. En effet, Ce coût est à comparer aux que coûtait le quota d'émission d'une tonne de en fin 2022..

Au-delà de l'investissement initial, la consommation énergétique d'un tel système s'avère très importante. Pour le conférencier français Jean-Marc Jancovici, l'idée est plus un prétexte pour consommer l'argent public, qu'une solution économiquement réaliste :

Enfin, l'activité elle-même génère des déchets. Les supports solides filtrants se retrouvent partiellement enfouis dans des décharges. Quant aux amines, elles sont toxiques et l'absence de recyclage fait que ces solvants se retrouvent incinérés en fin de vie.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Captage et stockage du dioxyde de carbone Climeworks Élimination du dioxyde de carbone atmosphérique Séquestration du dioxyde de carbone

Liens externes Retirer le CO2 de l'atmosphère sauvera-t-il le climat ?, Le Monde, Arthur Carpentier, Elisa Bellanger, Marceau Bretonnier,

Bibliographie APS (2011) Rapport POPA : Captage direct du CO2 dans l'air avec des produits chimiques (évaluation technologique) ; https://www.aps.org/publications/reports/direct-air-capture-co2 ; rapport : Direct Air Capture of CO2 with Chemicals (PDF, 100 p)

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