Le système éducatif égyptien est en majorité public, non confessionnel et gratuit. La scolarité, obligatoire pour les élèves âgés de six à quatorze ans, se divise en trois niveaux successifs https://www.academia.edu/34819556/Le_Syst%C3%A8me_%C3%A9ducatif_en_Egypte : l'éducation de base et l'éducation primaire forment la phase préparatoire ; l'enseignement secondaire ; et l'enseignement supérieur (universités et instituts s

Antiquité

Grâce à des sources tombales pharaoniques, on sait qu'un système d'éducation « publique » existait pour les fonctionnaires, les prêtres et les familles royales et ce depuis l'ancien empire, grâce au système des Maisons de vie ou per ânkh Alan Henderson Gardiner, The House of Life, Journal of Egyptian Archaeology 24, 1938, . (liées à des temples). Cependant le reste de la population (marchands, paysans, militaires de rang, etc.) en était visiblement exclu. Il existait parallèlement une autre institution « publique » d'enseignement, l’ât sebayt (littéralement le « lieu d’enseignement », que l'on peut aussi appeler « école »). Cette dernière, étant plutôt réservée à l'apprentissage de la langue et des chiffres, était favorisée par les scribes dans leur formation.

L'Égypte est ainsi le premier empire méditerranéen dont on ait la trace d'un enseignement systématisé et organisé.

L'éducation en Égypte connait un certain changement, voire un déclin, sous l'empire perse. En 331 avant notre ère, la nation est libérée par Alexandre, qui en fait un état hellénique https://education.persee.fr/doc/revin_1775-6014_1935_num_89_1_8404, avec ce que cela implique de changements sociaux et éducatifs (utilisation prépondérante du grec ancien, ouverture aux savoirs helléniques, échanges avec les cités grecques du pourtour méditerranéen, envois de savants grecs en Égypte et d'égyptiens en Grèce, maintien de bibliothèques).

Moyen Âge

Au , les fatimides instaurent leur grande Université al-Azhar au Caire, autour de la Mosquée du même nom https://www.diplomatie.gouv.fr/IMG/pdf/2017_08_08_fiche_curie_egypte_es_cle0ca97b.pdf, faisant d'Alexandrie une ville secondaire d'enseignement. Après avoir essaimé ses instituts annexes dans tout le pays, elle reste, dix siècles plus tard, la référence mondiale de l'islam sunnite. L'institution accueil toujours environ étrangers par an dans plusieurs dizaines de facultés.

Empire ottoman Un type de cursus éducatif « moderne » fut introduit sous les auspices du pacha ottoman Muhammad Ali qui régna de 1805 à 1848. Il mit en place un double système d'éducation : l'un servant des écoles traditionnelles (Mansourya) et l'autre appelé Madrasa (mot arabe pour « école ») pour l'élite des fonctionnaires. La Mansourya enseignait aux étudiants les bases de la lecture et de l'écriture par la mémorisation et la récitation de versets coraniques, sans mettre l'accent sur l'expérimentation, la résolution de problèmes ou l'apprentissage par la pratique, tandis que la Madrasa offrait une pédagogie plus moderne et plus poussée. Ali Pacha fit envoyer deux missions organisées d'étudiants pour étudier à Paris et s'inspirer des méthodes françaises d'enseignement de l'époque (création d'une école républicaine, réforme de l'Université impériale sous Napoléon Ier, accords entre l'enseignement confessionnel et le gouvernement, etc.).

Période française

La participation française à l'éducation égyptienne n'était pas initialement un projet gouvernemental, mais a plutôt évolué pour devenir un projet gouvernemental à la fin du règne du Pacha Mohamed Ali. C'est en 1798 qu'est fondé l'Institut d'Égypte au Caire, par Napoléon . Une première mission étudiante est alors organisée à travers la Campagne d'Égypte, celle qui va – entre autres – permettre de créer l'égyptologie. Ali étant alors un « Viceroy » de l'Empire britannique, il perçoit aussi cette influence française comme un contrepoids politique et culturel à la domination anglaise.

Au début du , le Pacha envoie des « missions égyptiennes » en France afin de former les savants égyptiens aux langues européennes et aux sciences modernes. Rifa'a al-Tahtawi ramène de cette période son journal de voyage, L'Or de Paris (1834), qui décrit ses échanges en France, et va initier de nombreux projets de traduction entre le français et l'arabe.

Le gouvernement français participa aussi à une deuxième mission étudiante française de 1844. Elle était alors motivée par des intérêts coloniaux en Afrique du Nord.

Empire britannique

Pendant la période de domination britannique en Égypte, le système éducatif connait une certaine négligence : Evelyn Baring (Lord Cromer), qui administra l'Égypte des années 1880 à 1903, avait déjà connu une expérience négative de l'éducation en Inde, où l'imposition d'établissements d'enseignement de style européen avait créé l'agitation politique et des sentiments nationalistes Mona L. Russell, Competing, overlapping, and contradictory agendas: Egyptian education under British occupation, 1882-1922. Comparative Studies of South Asia, Africa and the Middle East 21.1 (2001): 50-60..

En Égypte, Baring réduit le budget de l'éducation, ferme de nombreux établissements post-secondaires spécialisés et réoriente le programme d'études vers des filières professionnelles. Des frais de scolarité furent aussi introduits, sur le modèle britannique, ce qui réduit la possibilité pour la plupart des Égyptiens de fréquenter l'école. Ces mesures furent progressivement contrées après son départ d'Égypte et sa retraite en 1907.

Indépendance et époque contemporaine

À partir de la présidence de Nasser, en pré-primaire, les activités sont conçues pour que les enfants apprennent des « valeurs religieuses saines », développent la coopération sociale et leur bien-être physique. Anouar El-Sadate libéralise la quasi-totalité des domaines de l'État ainsi que l'éducation dans les années 1970 (« infitah »). En 1977, un décret présidentiel soutient le développement de garderies (« kindergarten ») par la création d'un Comité national pour le bien-être des enfants.

Dans les années 1990, la structure éducative fut révisée pour inclure progressivement la garderie dans l'enseignement de base, bien que sa fréquentation ne soit pas obligatoire. Le nombre d'inscriptions doubla au cours de la période 1990-1997.

La Conférence nationale pour le développement des programmes de l'enseignement primaire de 1993 a maintenu le double objectif des préoccupations religieuses islamiques et des préoccupations modernes laïques lorsqu'elle a identifié comme objectifs majeurs de l'éducation de base

Préscolaire et primaire

En arabe: التعليم الأساسى, translitération: al-Taʿaleem al-Asassī.

Il existe trois types d'écoles primaires en Égypte : les écoles publiques, les écoles privées subventionnées et les écoles privées non subventionnées. Les écoles publiques et les écoles privées subventionnées sont, à toutes fins pratiques, indissociables. Aucune ne fait payer de frais de scolarité, et les deux types d'écoles suivent le même programme prescrit par le gouvernement central. Les écoles privées (non subventionnées) représentent moins de 5 % de l'ensemble des inscriptions à l'école primaire en Égypte et se trouvent presque exclusivement dans les zones urbaines. Les écoles privées comprennent les écoles de langues, les "classes de service" ou les "écoles privées payantes". Les écoles de langues sont souvent les vestiges d'écoles étrangères et missionnaires. Elles sont sous le contrôle du ministère de l'Éducation, bien qu'elles jouissent d'une certaine indépendance.

Les écoles maternelles et les jardins d'enfants égyptiens ont été instaurées à partir du début du https://education.stateuniversity.com/pages/412/Egypt-PREPRIMARY-PRIMARY-EDUCATION.html. À cette époque, un mouvement en faveur de « l'éducation extra-familiale » se développe au fur et à mesure que les femmes accèdent à l'emploi et qu'elles forment des associations.

Les garderies et maternelles « privés à but lucratif » ont principalement une clientèle de classe moyenne, car elles ont un coût certain pour les familles. En revanche, les institutions « privées à but non lucratif » sont souvent affiliées à des établissements d'enseignement, des organisations de services humanitaires ou des associations sociales.

Les jardins d'enfants « publics à moindre profit » fournissent des services à de faibles coûts aux familles à revenus modestes. L'objectif principal étant la préparation à une formation formelle avec des activités de « pré-lecture », de « pré-écriture » et de « pré-arithmétique ». Un objectif secondaire est le développement sensori-moteur et le développement émotionnel-social. Environ 60 à 70 % du temps y est consacré aux activités pré-académiques et 30 à 40 % aux activités basées sur le langage (poésie, écoute et narration d'histoires, environnement, musique, chant et activités rythmiques, arts et artisanat).

Des centres et foyers de garde d'enfants existent; ils acceptent les nourrissons dès l'âge de deux mois. Il s'agit principalement de garderies, sans service éducatif ni « programme d'intervention ». Ces garderies sont réglementées par le ministère des Affaires sociales.

Les écoles maternelles acceptent les enfants dès l'âge de deux ans mais, parmi la population, trois ans est un minimum plus courant. Certaines écoles maternelles sont rattachées à des écoles privées ordinaires (ex. écoles de langues et écoles étrangères). D'autres, parrainées par le ministère des Affaires sociales, sont répandues et peu coûteuses, mais manquent de ressources et de personnel. D'autres sont parrainées par des organisations privées, notamment des associations de femmes, d'autres encore par des mosquées, des églises, des groupes industriels ou des clubs de loisirs.

Le préscolaire en Égypte se suit pendant deux ans, puis le cycle primaire dure six ans et l'école préparatoire (niveau 2 de la CITE) pendant trois ans.

Depuis que la loi égyptienne sur l'enseignement obligatoire gratuit a été étendue en 1981 pour inclure la phase préparatoire, les phases primaire et préparatoire (de 6 à ) ont été regroupées sous l'appellation « éducation de base ». L'éducation au-delà de ce stade dépend des capacités de l'élève. De nombreuses écoles privées proposent des programmes éducatifs supplémentaires, en plus du programme national, tels que le High School Diploma américain, le système IGCSE britannique, le baccalauréat français, l'Abitur allemand et le Baccalauréat international.

Enseignement secondaire

L'étape de l'école secondaire (niveau 3 de la CITE), en arabe: التعليم الثانوى, al-Taʿaleem al-Thanawī, dure trois ans – classiquement de 15 à 17 ans – et est suivie par le niveau supérieur et universitaire.

Après avoir terminé l'école préparatoire égyptienne – sanctionné par un examen national – l'élève passe au secondaire avec une voie différente en fonction de ses résultats à l'examen.

L'enseignement secondaire se compose de deux voies : générale et technique. Le cycle secondaire général comprend 3 ans d'enseignement, tandis que le cycle des écoles techniques peut durer de 3 à 5 ans. Les types d'écoles techniques en Égypte sont divisés en écoles techniques « industrielles », « agricoles » et « commerciales » et certaines d'entre elles appliquent un système dual.

Enseignement supérieur et universitaire

En arabe: التعليم الجامعى, translitération: al-Taʿaleem al-Gammeʿī.

L'Égypte est depuis l'antiquité un haut lieu de l'enseignement « supérieur ». Ceci reste vrai au sein des pays arabes, en partie grâce à l'infitah, politique « d'ouverture » initiée par le gouvernement du président Anouar el-Sadate au milieu des années 1970. Ceci permit l'implantation d'universités étrangères et privées, avec de meilleurs standards que beaucoup d'universités publiques égyptiennes, mais malheureusement financièrement inaccessibles à la majorité des égyptiens.