La famille de Méhérenc de Saint-Pierre, anciennement Bouchard de Méhérenc, est une famille subsistante de la noblesse française et de la noblesse bretonne, d'extraction médiévale, originaire de Normandie. Sa filiation est suivie depuis 1328. Elle a été maintenue noble par arrêt du conseil du roi (sur rapport du ministre Jean-Baptiste Colbert) en 1669 Nouveau d’Hozier 232, art. 5272. Elle figure sur la liste des membres de la Société des Cincinnati de France et à l'Association d'entraide de la noblesse française. Elle a été reçue trois fois aux honneurs de la CourRégis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, .
À cette famille appartient la femme de lettres et exploratrice française Vefa de Saint-Pierre.
Origine Le nom Bouchard provient probablement d’un anthroponyme Bouchard issu du vieil allemand et devenu prénom.
Bien que l’on cite un Bouchard sieur de Méhérenc dès l’an 1272, la filiation n’est suivie que depuis Raoul Bouchard, sieur de Méhérenc, qui servit le roi à la bataille de Cassel en Flandre en 1328Edmond de Laheudrie, Trévières, réimpr. de 1990, , le qualifie de « héros de Cassel »..
Méhérenc est le nom de trois sites normands éloignés les uns des autres : Méhérenc, fief entier de haubert dans la paroisse de Mortrée sous ArgentanManuscrit BNF Français 32581, 1608, f°304 verso : Vicomté d’Argentan, Sergenterie au Breton : le possesseur du fief de Miharenc qui est un fief de haubert, 7 Livres 10 sous., Méhérenc fief de quart de chevalier à Trévières dans le Bessin, dans l’ancienne vicomté de Bayeux, et la Motte-Méhérenc, à Mesnil-MaugerManuscrit BNF Français 18942, Mesnil Mauger : le fief de la Motte Méherenc possédé (en 1608) par Pierre d’Escajeul écuyer. Les d'Escajeul sont alliés plusieurs fois aux Méhérenc. Olivier de Meshenenc, cité dans les rôles de l'échiquier de Normandie sous les rois d'Angleterre en 1180Magni rotuli scaccarii Normanniae sub regibus Angliae (grands rôles de l’échiquier de Normandie sous les rois d’Angleterre) publiés par Thomas Stapleton, Londres, 1840, p. 23 : Oliverus de Meshenenc r. cp. de C so. p. pleg. Osberti de Maisoncell. In tno L so., et deb. L so., devrait être un Méhérenc. Robert Méhérenc cité dans les mêmes rôle en 1198Magni rotuli scaccarii Normanniae sub regibus Angliae (grands rôles de l’échiquier de Normandie sous les rois d’Angleterre) publiés par Thomas Stapleton, Londres, 1840, p. 391 : Robertus de Mesherenc dans la baillie d’Argentan doit 20 sous « par la main » de Fulc. de Alnou. en était un. Geoffroi ou Godefroi de Meherenc était en procès devant l’Échiquier de Normandie Léopold Delisle : Recueil des jugements de l’échiquier de Normandie au XIIIe siècle, Paris, 1864, p.32, n°122 dès l’an 1217. Bien que l’auteur ait attaché ce Méhérenc au lieu-dit Méhérenc d’Argentan, il s’agit bien déjà du Méhérenc de Trévières, celui que les Bouchard ont ensuite relevé par alliance. Au , Méhérenc était, à Trévières, fief de quart fief de haubertcote AN, aveu de 1453.
En 1390, les Bouchard de Méhérenc, et avec le soutien de témoins, s’affirmaient devant la justice de noble lignéeCarré d’Hozier 425 f° 172 cité par Laheudrie, Trévières, op. cit. p. 49 : ils « étaient nobles, procréés de noble lignée, de père et de mère, portans armes anciennes et écuyers »..
Généalogie simplifiée Dès l’an 1372La Chesnaye-Desbois art. Méhérenc., la famille Bouchard de Méhérenc se divise en deux branches : celle de Méhérenc et celle des Londes, fief voisin. Elle abandonna à ce moment le vieux nom BouchardLe catalogue de la vente du 4 juin 1908 des collections d'ex-libris Quarré-Reybourdon et M***, imprimé chez Em. Paul et fils, libraires de la Bibliothèque Nationale, signale en son n°99 un ex-libris du XVIIe siècle sous le vocable Méhérenc (Bouchard de), ce qui peut vouloir dire que l'ancien nom n'était pas tout à fait sorti de l'usage courant.. Les deux branches furent reconnues nobles lors de l’enquête de 1463 qui couvrit toute la NormandieRecherche dite de Montfault. Cote AD14 6G16.. La branche du nom de Méhérenc seul vite tombée en quenouille et transmise par mariage d’héritière à d'autres lignages, ne subsista que celle des Londes qui ne tarda pas à se ramifier à son tour en plusieurs branches, la plus ancienne étant dès 1484 celle de Flottemanville dont sont issus les Méhérenc de Saint-Pierre. La plus prolifique fut celle de LaubelLe Nouveau d’Hozier 232 conserve les preuves émises par le sieur de Méhérenc de Manneville, issu de la branche de Laubel, pour être admis page de la reine en 1740 et le certificat émis par Pierre d’Hozier., il y eut aussi celles de Montmirel, du Quesnay, de Saint-Christophe, de Varenne et surtout de la Conseillère qui donna un théologien protestant d’Alençon, Pierre de Méhérenc, sieur de la Conseillère, ami du pasteur Pierre Jurieu. Ces branches se retrouvent dans les différentes enquêtes de noblesse qui ponctuent l’histoire de la Normandie : en 1523Cote AD14 6G17., en 1599Cote AD14 6G18, en 1635Les AD14 conservent une copie intégrale de l’arrêt de maintenue des Méhérenc normands. et en 1666Cote AD14 6G16..
Branche de Flottemanville 150px|vignette
Partagé en 1484 par son frère aîné sieur des Londes, Philippe de Méhérenc épousa Jeanne Besnard et fut père de Jean I. Jean I épousa Catherine de Cairon puis Catherine de Marguerye et fut père de Nicolas. Nicolas épousa Marguerite d’Escageul avant . Ils furent parents de Jean. Jean II épousa Barbe de Marguerye et fut père notamment de Pierre.
Le détail de la généalogie de cette branche est fournie par l'ouvrage de François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois.
Branche de Saint-Pierre 150px|vignette|Portrait de Jeanne du Fau épouse de Pierre de Méhérenc de Saint-Pierre 150px|vignette|Portrait de Gabriel de Méhérenc « marquis de Saint-Pierre » 150px|vignette
Pierre de Méhérenc, sieur de Saint-Pierre, quitta la Normandie pour épouser une bretonne, Jeanne du Fau, issue d’un lignage d’ancienne extraction chevaleresque avec laquelle il acheta la terre de Cunfiou en Inguiniel. Ils furent parents de Gabriel.
Gabriel de Méhérenc, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi par provision de 1656Cote AN O/1/7 f° 139 v°., épousa en 1659 la fille du marquis de Tiercelin de Brosses, chevalier de Saint-MichelLa Chesnaye-Desbois, éd. de 1868, col. 586. Dans son contrat de mariage il est qualifié de marquis de Saint-Pierre, fait que signala le ministre Colbert lorsqu’il fit rapport de sa maintenue de noblesse devant le conseil du roi Louis XIV en 1666, décision enregistrée par le Conseil d’État en 1669. Gabriel de Méhérenc de Saint-Pierre, résidait alors en son hôtel en l’île Saint-Louis à Paris et possédait le château de Saint-Jean-de-Beauregard près de Versailles.
Gabriel de Méhérenc de Saint-Pierre succombe à la suite d'un duel avec son voisin et suzerain local le marquis de Pontcallec en . Sa famille lui fit alors ériger un monument à l’endroit de sa mort en InguinielLa notice de la commune d'Inguiniel relate tous les détails de cette affaire au sujet de la période des temps modernes de la commune.. Par sa femme, Saint-Pierre était d’ailleurs proche parent du duc de Chaulnes qui réprima la révolte du Papier timbré la même année 1675 Le dossier militaire d'Auguste-Bonable au Service historique de la Défense contient des documents qui attestent de cette parenté..
Le fils de Gabriel, Michel-Henry, « marquis de Saint-Pierre », assista aux États de Bretagne en 1728 où il fut convoqué (et logé) sous le titre de marquis de Saint-Pierre "Etat des logements de Nosseigneurs des États de Bretagne, tenus à Rennes le 27 septembre 1728", document imprimé dont un exemplaire est conservé au Ms BnF Français 22327 f°206..
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Il épousa Thérèse Le Chaponnier. Dans la corbeille de la mariée, il trouva le château du Bois de la SalleSite du château :http://chateau-boisdelasalle.com/en/ en Pléguien, un manoir hérité par mariages successifs depuis au moins l’an 1350 par les Péan, puis les du Magoer ou MaugouerMagoer signifie Mur en langue bretonne., les Le Chaponnier, et enfin les Méhérenc de Saint-Pierre qui le possèdent depuis plus de trois cents ans. De ce mariage sortirent deux rameaux.
Rameau aîné Leur petit-fils aîné Jean Henry Rolland, « de Saint-Pierre » (1740-1781) fut admis page de la Petite Écurie à 14 ans et se destina à une carrière militaire mais il mourut jeune, sans enfant de son épouse Marie-Paule de VienneElle se remaria à Louis François Elie Camus de Pontcarré. Cote AN T//*/483/2..