La guerre néerlando-portugaise en Angola (1641-1648) est une étape importante, selon les historiens, de la Guerre néerlando-portugaise, série de conflits navals, terrestres et coloniaux opposant pendant près d'un siècle les intérêts des compagnies néerlandaises des Indes occidentales et orientales (WIC et VOC) à ceux de l'empire commercial d'outre-mer portugais.

Au cours de sa déclinaison en Angola, après s'être emparé sans difficulté du Port de Luanda en , les Hollandais, les Portugais dans l’intérieur de l’Angola. Contexte général Etapes de l’implantation portugaise Les rois congolais comme Afonso I (1506-1543), qui obtient de Rome que son fils Henrique devienne le premier évêque noir n’ont pas épargné leurs efforts pour développer leur pays en lien avec Lisbonne. Jusqu'au , le Portugal et l'Espagne compte peu d'esclave car . Mais les agents portugais envoyés au Congo, à partir du dernier quart du siècle privilégient leurs intérêts personnels à leur mission. Les tournent ainsi au , qui obtiennent ensuite le soutien de leur métropole pour des guerres à plus grande échelle.

En trouvant au sud du Kongo une colonie irriguée par un fleuve navigable, le Cuanza, dont ils espèrent une liaison avec le Zambèze et l’accès à des mines d'argent, les Portugais avaient des raisons d’investir. Mais ces deux espoirs tournant peu à peu à la faillite, ont été compensés par la transformation de ce en par le conquistador Paulo Dias de Novais, qui, , à partir de 1576, insistera malgré qui se .

car à partir de là les Portugais vers l’est et affrontent un peu plus tard le royaume de Ndongo. La situation change surtout en 1580, année où , alors que la politique portugaise vient de "L'ancien royaume du Congo" par Alfredo Margarido, dans revue Annales 1970 .

Cette avancée fut cependant freinée dans un premier temps à cause , mais trente ans après, les Portugais, , sont victorieux de 1617 à 1621, après avoir pris comme en fuite. Le gouverneur de l’Angola, Correia de Sousa revendique alors . détériore les rapports entre le royaume du Kongo et le Portugal au XVIIe siècle, obligeant le premier à .

Le s’est ainsi caractérisé par , profitables aux planteurs brésiliens. Ni la reine africaine Njinga, ni l'occupation néerlandaise, ni la guerre avec le Kongo, qui s'effondrera après la bataille d'Ambuila (1665), ne réussiront à chasser les Portugais de ce couloir à esclave ou des comptoirs méridionaux comme Benguela (1617) .. , en s’appuyant sur la nécessité de avec le Brésil portugais. La traite négrière a alors constitué le , l'Angola constituant la " mère noire " du Brésil, en lui fournissant entre 1580 et 1850" De la conquête à la guerre civile" par René Pélissier, spécialiste de l’histoire de l'Afrique lusophone, le 11 novembre 1975 dans Le Monde .

Années 1620 : première alliance militaire entre Africains et Hollandais À partir des années 1620, dans le cadre de la guerre de Trente Ans, les Hollandais déplient le « Groot Desseyn », stratégie consistant à .

Cette alliance entre congolais et Hollandais contre les forts portugais de l'intérieur de l'Angola et des royaumes africains voisins reposait sur une offensive terrestre des premiers, qui échoue en raison de la succession difficile . Les Néerlandais se limitent donc à un assaut naval réalisé du et au , mais interrompu à Soyo, où ils font demi-tour le . Les fermes de Bengo des jésuites de l’Angola Les jésuites de l’Angola étaient propriétaires de centaines d’esclaves, notamment dans leurs fermes de Bengo, acquis . Egalement présents au Brésil depuis des décennies, mais dans l'exploitation sucrière, ils , en profitant de l'exemption du paiement des taxes d’exportation. Parmi ces moulins, l'engenho Sergipe do Conde, dans la région de Bahia Vera Lucia Amaral Ferlini, Terra, Trabalho e Poder. O Mundo dos Engenhos no Nordeste Colonial [compte-rendu par Mauro Frédéric, dans la revue Caravelle. Cahiers du monde hispanique et luso-brésilien en 1988 . Fondé vers 1570 par le troisième gouverneur du Brésil, Mem de Sá, il avait été légué par lui aux jésuites de Lisbonne, qui en ont fait la plus grande sucrerie du Brésil au Le temps des confessions (1530-1620): Histoire du christianisme" par Jean-Marie Mayeur, Luce Pietri, André Vauchez, Marc Venard aux Editions Fleurus Bulletin de la Société d'Histoire de la Guadeloupe Sucreries au Brésil et aux Antilles à la fin du XVIIe siècle (d’après Antonil et Labat) Marcel Chatillon Numéro 55, 1er trimestre 1983 et les missionnaires capucins italiens présents en Angola, .

Ces fermes de Bengo vont jouer un rôle décisif dans la guerre d'Angola, en permettant aux Portugais de Luanda de trouver une base de repli après la perte du Port, pour tenter de continuer la traite négrière, mais ils auront du mal à le faire comme le montre le doublement du prix des esclaves au début de l'occupation hollandaise.

Les événements déclencheurs Depuis 1636, le comté de Soyo n'est plus congolais Au nord de l'Angola, sur le littoral et aux confins du Royaume du Congo se trouve le comté de Soyo sur lequel le roi Alvare VI du Kongo avait du abandonner en 1636-1637 la souveraineté au comte Paulo da Silva de Soyo, nommé en 1624 par le roi Pierre II du Kongo, un de ses parents. En 1641, Don Daniel, fils de Don Miguel, premier comte de Soyo plusieurs décennies plus tôt (1591-1610), succède à Paulo Da Silva.

Le différend politique entre Soyo et Congo avait débuté en 1636, puis s’était poursuivi en 1637, le roi du Congo . Entre 1642 et 1645, cette querelle entre le Soyo et le Congo renait. Tour d'abord, en 1642, les Hollandais envoient 50 soldats à Garcia II pour réprimer une rébellion à Nsala, dans le nord du Dembos, réaffirmant symboliquement l'alliance kongo-néerlandaise et reçoivent en échange des esclaves pris dans les rangs des rebelles, envoyés à Pernambouc, épisode qui amène la crainte au Soyo, où on tente de rallier les Hollandais. Des ambassadeurs du Soyo leur demandent de . Ils sont envoyés au Brésil puis en Europe mais sans succès : officiellement la Compagnie néerlandaise des Indes Occidentales refuse de prendre parti.

Le comte de Soyo envoie en particulier son cousin Miguel de Castro pour un voyage diplomatique au BrésilTableaux de Albert Eckhout ou Jaspar Beckx, Dom Miguel de Castro, 1643, Museum for Kunst, Copenhague. décrit dans "Pedro Sunda et Diego Bemba et l'ambassadeur du Kongoé" Libération Blogs , mais le gouverneur néerlandais Johan Maurits van Nassau-Siegen le renvoie à l'autorité métropolitaine. Dom Miguel de Castro arrive alors le à Flessingue, aux Provinces-Unies, avec les diplomates Pedro Sunda et Diego Bemba, reçu par 3 directeurs de la Chambre de Zélande de la WIC puis le , il est reçu par le stathouder Frédéric-Henri d'Orange-NassauHeyning, Katie (2008). Terug naar Zeeland: topstukken uit de 16e en 17e eeuw. Catalogue of an exhibition held in 2008 in Middelburg. Middelburg: Zeeuws Museum, page 45. Des détails prouvent que Jasper Beckx a peint durant leur séjour de deux mois aux Pays-BasHeyning, Katie (2008). Terug naar Zeeland: topstukken uit de 16e en 17e eeuw. Catalogue of an exhibition held in 2008 in Middelburg. Middelburg: Zeeuws Museum, page 46, leurs portraits vêtus à l’européenne avec chapeau de castor orné d’une longue plume orange, venu d'Amérique du Nord, même si les portraits furent longtemps attribués par erreur à Albert Eckhout, qui se trouve alors au Brésil, car donnés plus tard au Danemark avec 20 tableaux de lui. Puis ils rentrent directement en Afrique sur un bâtiment de la WIC.

Au même moment, les exhortations antiprotestantes des missionnaires, qu’ils soient jésuites, ou capucins italiens et espagnols amènent Garcia II à se prendre ses distances avec les Hollandais, afin de pouvoir rester audible dans le monde catholique. Au Congo, « personne ne voulait les écouter », dira des pasteurs hollandais un missionnaire capucin en 1645. Garcia II va cependant continuer à demander l'appui Hollandais lui aussi et envoie à son tour une ambassade à La Haye, en Europe, peu après, en .

Finalement, il obtient le soutien des Hollandais, à l'échelon du Brésil et de l'Angola, non par la diplomatie mais la corruption: il offre à 200 esclaves et un plat en argent confectionné dans un hôtel des monnaies du Haut Pérou, actuelle Bolivie, proche de la mine de Potosi, qu'il avait reçu des Portugais du Brésil"Le monde atlantique. Un espace en mouvement. " par Éric Schnakenbourg en 2021 aux Éditions Armand Colin. Fin 1643, Garcia II du Kongo accepte alors le principe de livrer 1200 prisonniers de guerre en échange de la participation militaire hollandaise pour mater une révolte du chef du district de Nsala"Les anciens royaumes de la savane. Les états des savanes méridionales de l'Afrique centrale des origines à l'occupation coloniale", par Jan Vansina et J. Taminiaux, Institut de recherches économiques et sociales, en 1965, page 114, dont 170 en pot-de-vin à Cornélis Nieulant, l'un des deux directeurs de la WIC à Luanda, avec Pieter Mortamer"Acteurs sociaux et dynamiques sociales dans une société coloniale en formation (Angola: 1575-1675)" par Mathieu Demaret en 2017 .

Eclipsée par la guerre contre les Portugais, la résolution du conflit d'allégeance Kongo-Soyo est à nouveau envisagée en 1645 quand il éclate au grand jour: mais les 2 armées du bakongo , échouant dans les fortifications naturelles de la région boisée du Nfinda Ngula, où le comte de Soyo, cette fois appuyé par les Hollandais, profitera à nouveau en 1665 et 1671 de la configuration des lieux pour repousser cette fois des assauts des PortugaisJohn K. Thornton, A History of West Central Africa to 1850, Cambridge University Press, 2020, p.197Gray, Richard: Black Christians & White Missionaries page 38. New Haven: Yale University, 1990 page 38".

Son fils, Afonso ayant été capturé dans la bataille en 1645, Garcia II est contraint à des négociations avec le comte Daniel da Silva du Soyo pour le récupérer, aidé en cela par des missionnaires capucins italiens qui venaient d'arriver à Soyo, mais en 1646, ses forces sont à nouveau défaites, ce qui l'empêche d'apporter un effort militaire complet aux Hollandais, qui ont relancé la guerre contre le Portugal. Des ambassadeurs de Garcia II continueront à réclamer ces missionnaires, notamment ceux reçus le par le pape Innocent II, qui signe le le document envoyant au Kongo dcinq capucins belges, parmi lesquels le "martyr" Georges de Geel. d'origine espagnole, assassiné en 1653.

Au même moment que les visées du Kongo sur le comté de Soyo entre 1643 et 1646, la reine Njinga du Ndongo, essuie de désastreuses défaites face aux Portugais vers 1644.

Octobre 1639, nouveau gouverneur portugais, Pedro Cesar de Menezes Son armée poursuivit ses attaques au Ndongo et aux alentours jusqu'à ce qu'en un nouveau gouverneur, Pedro Cesar de Menezes, fasse son apparition à Luanda, accompagné de trois cents soldats. Il impose l'ordre public d'une façon plus vue depuis 15 ans, sous Fernao de Sousa. La stratégie de la Reine est alors changée, car il lui envoie une missive disant qu'il veut le retour des esclaves et le retour du système des vassaux permettant de s'en procurer. Il transmet un ordre de signer un traité avec Njinga et Kasanje, installé plus à l'est en leur demandant de cesser les rites traditionnels, de se convertir et d'obéir aux nouvelles consignes sur les esclaves. Elle refuse et se met ainsi en danger mais la conquête hollandaise du fera avorter les plans des Portugais contre elle"Njinga. Histoire d'une reine guerrière (1582-1663)" par Linda M. Heywodd, en 2018 aux Editions La Découverte . Après décembre 1640 : nouvelle donne à la fin de l'Union Ibérique