est un film japonais réalisé par Tamizō Ishida, sorti en 1939, adapté de la nouvelle de Nobuko Yoshiya.
Synopsis Mitsuru Sada, adolescente discrète arrivée de Tokyo à la suite de la mutation de son père, entre dans un collège de jeunes filles à Osaka où Fuyō Kajiyama la confie à ses camarades. Eiko Shinohara, joyeuse et sociable, fille d’une maison de geishas (okiya) de Sōemonchō, la prend sous son aile et les deux jeunes filles deviennent inséparables, échangeant des bagues et se demandant s'il existe un paradis où elles pourraient se retrouver après leur mort. Les collégiennes récitent du Verlaine et écoutent avec admiration leur professeure chanter. Les deux amies se rendent à l’église. Mitsuru est étonnée, lorsqu’elle rend visite à Eiko, de voir les geishas s’entraîner à la danse.
Elles conviennent d'offrir ensemble, en secret, un cadeau à leur professeure pour son anniversaire : Mitsuru brode une tenture portant leurs deux initiales, ornée de la fleur de fuyō, une variété d'hibiscus qui porte le même nom que la professeure. Mais chez Kajiyama, Eiko, lassée d’attendre Mitsuru qui est en retard, offre seule une poupée sans l’accord de son amie. Lorsque Mitsuru arrive, elle y voit une promesse rompue et met fin à leur amitié. Peu après, Eiko quitte le collège et Mitsuru apprend qu’elle est devenue maiko sous le nom de Momochiyo.
Eiko se rend en pèlerinage au mont Shigi, accompagnée de geishas, par le funiculaire Nishi-Shigi, tandis que Mitsuru y monte à pied, en famille ; les deux jeunes filles se retrouvent face à face, Mitsuru l’interpelle mais son amie s’enfuit. Eiko tombe malade au retour.
Le frère aîné de Mitsuru est mobilisé. Apprenant son départ, Eiko, fiévreuse, sort sous la pluie demander aux passants de coudre un point sur un senninbari destiné à ce soldat qu'elle n'a jamais rencontré ; elle confie la ceinture à sa professeure. Mitsuru verse une larme lors de la cérémonie de départ de son frère ; Kajiyama lui rappelle que le senninbari d'Eiko l'accompagne. Alitée et affaiblie, Eiko reçoit la visite de Mitsuru et de leur professeure, et les deux amies se réconcilient.
Fiche technique vignette|upright|Hideko Takamine collégienne. vignette|upright|Scène du film avec Kuniko Ashihara et Hideko Takamine. vignette|upright|Scène du film avec Hideko Takamine en maiko. Titre : Titre original : Le titre original se décompose en hana tsumi (花つみ, pour 花摘み, « cueillette des fleurs ») et nikki (日記, « journal ou carnet »), soit « journal d'une cueillette de fleurs ». Il ne reprend pas le titre de la nouvelle adaptée, , mais le rattache au lexique floral de Nobuko Yoshiya : celle-ci s'était fait connaître avec Hana monogatari (« Histoire de fleurs »), suite de récits portant chacun un nom de fleur. Titre anglais : Flower-Picking Diary Réalisation : Tamizō Ishida Production : Nobuo Aoyagi Chefs de production : Kon Ichikawa et . Scénario : Noriko Suzuki, d'après la nouvelle de Nobuko Yoshiya Musique : Seiichi Suzuki Chansons : Le film comporte un plan sur les Poèmes saturniens de Paul Verlaine, recueil paru en 1866. Il contient « Chanson d'automne », poème connu au Japon sous le titre 秋の歌, homonyme de la chanson du film, dont les paroles sont toutefois originales. et , paroles de Nobuko Yoshiya et Sōnosuke Satō, musique de Seiichi Suzuki, interprétées à l'écran par Photographie : Ichio Yamazaki Décors : Yasuhide Katō Lumière : Takeo Marukawa Son : Yao Matano Montage : Fusao Hata Société de production : (Studio de Kyoto) Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc — 1,33:1 — 35 mm — son mono Genres : drame Durée : 73 minutes (métrage : huit bobines - )Les sources divergent d'une minute. La JMDb et Eiren donnent 73 minutes, la NFAJ 72. L'écart vient de ce que chaque chiffre est calculé à partir d'un métrage différent : 1 996 mètres, pour la JMDb, contre 6 500 pieds, soit environ 1 981 mètres, pour la copie conservée à la NFAJ. À la cadence sonore standard de 24 images par seconde, le premier métrage donne 72,8 minutes et le second 72,2, que les deux notices arrondissent chacune dans un sens. La différence porte donc sur une quinzaine de mètres de pellicule, une trentaine de secondes, écart compatible avec les amorces ou une perte mineure sur la copie d'exploitation conservée. Dates de sortieLa Japanese Movie Database donne le 21 octobre 1939, la notice Eiren de la Fédération des producteurs de films japonais le 31 octobre. : Empire du Japon : . ou .
Distribution Hideko Takamine : Eiko Shinohara Misako Shimizu : Mitsuru Sada (participation exceptionnelle) : la professeure Fuyō Kajiyama Kimiko Hayashi : Kazuko Yoshino Haruko Katō (créditée sous le nom de Kyōko Mifune) : Shizue Azuma, une élève Ayako Matsuoka : Toshiko Okabe, une élève Eiko Mikuni : Katsumi Ōta, une élève Satoko Date : la mère d'Eiko : la mère de Mitsuru Sumiko Kagawa : une servante de maison Yukiko Misawa : une fidèle Fujiko Naruse : une geisha Chieko Ishii : une geisha Emi Kinugawa : une geisha Ginko Ii : une , servante de l'okiya
Eitarō Shindō : le père d'Eiko Fumio Ōkura : le père de Mitsuru Yoshirō Yamada : un pasteur Susumu Mita : le frère aîné de Mitsuru Katsuji Shimazu : un apprenti Shūji Yamashima : un médecin Tadami Inoue : un professeur Shin Matsuda : le gérant
Autour du film
L'actrice Haruko Katō tient dans ce film son tout premier rôle au cinéma.. Tourné en décors réels, le film conserve l'image de plusieurs sites d’Osaka disparus depuis. Les maisons de bois du quartier de Sōemonchō, où vit Eiko, ont brûlé lors des bombardements de 1945. La séquence du pèlerinage emprunte le funiculaire Nishi-Shigi, dont les rails furent réquisitionnés en 1944 et qui ne rouvrit qu'en mars 1957.. (1912-1997) est alors une vedette de la Revue Takarazuka, où elle tient les rôles masculins, , comme tête d'affiche de la troupe des Étoiles sous le surnom d'« Aniki » (grand frère). Elle quitte la troupe en 1939, l'année du film, et épouse l'illustrateur Jun'ichi Nakahara l'année suivante. Hana tsumi nikki est sa première apparition au cinéma, créditée au générique en participation exceptionnelle ; elle y interprète plusieurs chansons au piano.. Hideko Takamine, qui tient le rôle principal à quinze ans, évoque cette période dans ses mémoires. Elle y relève qu'au cours de la seule année 1939 elle tourne neuf films, dont Hana tsumi nikki, Sono zen'ya, Ichiyō Higuchi, Tange Sazen et Chūshingura. Passé quatorze ou quinze ans, écrit-elle, on est un acteur à part entière : il n'est plus question de bredouiller ses répliques comme au temps des rôles d'enfant, et l'entourage ne le tolère plus. Si l'indication scénique porte « se jette à la mer », il faut se jeter à la mer pour de bon..
Adaptation Le film est tiré de la nouvelle , du recueil , cycle donné par Nobuko Yoshiya. dans Shōjo no tomo en 1935 et publié en volume l'année suivante, présenté par son éditeur comme la suite de Hana monogatari et consacré aux amitiés de jeunes filles que brise l'inégalité des conditions... Le scénario de Noriko Suzuki n'en retient que quelques personnages et quelques situations. Selon le critique Takehiro Shimada, qui a lu la nouvelle, celle-ci a pour protagoniste Mitsuru : les deux amies, camarades à l'école primaire, se sont connues à l'école du dimanche ; Mitsuru entre au collège de jeunes filles tandis qu'Ei-chan (Eiko), son père étant tombé malade, renonce aux études et est vendue comme maiko, avant de mourir poignardée par un client au cours d'une réception. Le personnage de Kajiyama et l'épisode du senninbari sont absents de l'original. Le film conserve le métier de maiko mais lui ôte sa cause économique, la famille d'Eiko tenant elle-même l'okiya, supprime la mort violente et laisse l'issue en suspens..
Notes et références
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