Pierre Masson est un militaire français, officier des Forces françaises libres, né le à Vannes et mort le à La Baule-Escoublac, chef d'état-major du général Pierre Kœnig lors de la bataille de Bir Hakeim, puis général de corps d'armée.

Biographie Pierre, Auguste Masson, né le à Vannes (Morbihan), est fils de Pierre, Ludovic Masson (1871-1915), sous-officier puis sous-lieutenant au d'infanterie de Vannes, mort pour la France le à Croix-en-Champagne, à l'âge de 44 ans, et de Marie Cornen (1874-19..). Ses parents, originaires respectivement de Cirey-lès-Pontailler, en Côte-d'Or, et de Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère), mariés en 1898, sont d'un milieu modeste.

Pupille de la Nation, breveté de l'École de guerre à 29 ans (1933) Pupille de la Nation, Pierre Masson est reçu au concours de l'école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1922. La promotion à laquelle il appartient, baptisée « Metz et Strasbourg » (1922-1924), est celle du futur maréchal de France Philippe Leclerc de Hauteclocque. Nommé sous-lieutenant d'infanterie en 1924, il est lieutenant en 1927, puis capitaine en 1933.

Très brillant officier, le capitaine Pierre Masson est breveté de l'école de guerre à l'âge de vingt-neuf ans, dès ( promotion), en même temps qu'Edgard de Larminat, né en 1895, vétéran de la « Grande Guerre », et cinq promotions avant Philippe de Hauteclocque, né en 1902.

Chef d'état-major de brigade expérimenté, rallié aux FFL (1941) En le capitaine Masson sert comme chef d'état-major du général de brigade Charles Bertschi, commandant du secteur défensif de Lille. Dans ces fonctions, il joue un rôle significatif dans la préparation de la bataille de Lille qui, du 25 au , va permettre de bloquer un corps allemand de 7 divisions, dont 3 blindées, et de favoriser le rembarquement des forces britanniques et françaises massées à Dunkerque.

En 1941 le capitaine Masson est à Beyrouth comme chef du bureau et, de facto, chef d'état-major du général de brigade Pierre-Georges Arlabosse, commandant supérieur des troupes françaises au Liban et résident général de ce territoire sous mandat françaisJacques Le Corbeiller, La Guerre de Syrie, juin-juillet 1941, Fuseau, 1967.. Comme chef d'état-major il organise la défense des forces de Vichy au Liban qui, du au , combattent les troupes britanniques, principalement australiennes.

Après l'armistice de Saint-Jean-d'Acre, Pierre Masson décide de ne pas repartir en France et de se rallier au général de Gaulle, choix très minoritaireSeulement 6 000 sur de Vichy. rendu frappant par les fonctions de chef d'état-major qu'il occupait. Début août 1941 le capitaine Masson s'engage dans les Forces françaises libres (FFL) pour reprendre le combat contre l'Allemagne. D'après l'historien François Broche, Masson y songeait depuis plusieurs mois et s'était fait affecter au Liban dans cette intention secrèteFrançois Broche, Bir Hakeim: la France renaissante, 2003, page 62. Promu chef de bataillon, il est affecté à la de Légion étrangère.., puis bientôt choisi comme chef d'état-major par le général de Larminat, commandant les FFL au Levant, son ancien camarade à l'École de guerre ().

Deux brigades sont mises sur pied par Larminat : la française libre ( BFL), ayant pour mission de participer à l’effort de guerre en Libye, confiée au général Pierre Kœnig, et la , destinée à maintenir l’ordre au Liban et en Syrie, à la disposition du général Georges Catroux, haut-commissaire de France au Levant ;

La fait mouvement vers l’Égypte fin , conduite par le général de Larminat, Kœnig étant de facto son adjoint, avec le commandant Pierre Masson comme chef d'état-major.

Adjoint de Kœnig durant la bataille de Bir Hakeim (1942) Au mois de , après un début d'offensive foudroyant, l'armée germano-italienne commandée par le général Erwin Rommel s'est arrêtée en Cyrénaïque, face à la ligne de défense hâtivement constituée par la britannique pour protéger Tobrouk. Le , le général de Larminat reçoit l'ordre de prendre position avec ses FFL à l’extrémité sud de cette ligne, à 80 kilomètres de la mer, en plein désert, au lieu appelé Bir Hakeim, croisement de pistes matérialisé par les ruines d’un petit fortin, bâti près d’un point d'eau désaffecté.

Pendant plus de trois mois la va travailler à renforcer les défenses de cette position (pose de mines et pièges, mise en place de pièces d'artillerie, creusement d'abris et trous de tir individuels...), tout en envoyant des colonnes mobiles (« Jock columns ») en reconnaissance, souvent au contact de l'ennemi. La brigade est constituée d’unités aguerries au feu : légionnaires, marsouins, troupes d'Afrique et du Pacifique (Centrafricains, Nord-Africains, Tahitiens et Néo-Calédoniens), fusiliers marins... Le dispositif français à Bir Hakeim, formé de combattants de premier ordre, est conçu et organisé principalement par le trio Larminat-Kœnig-Masson, secondé par ses principaux subordonnés, chefs de groupement, commandants de bataillons et, en particulier, responsables de l'artillerie et du génie (mines). Ordre de bataille de la brigade française libre à Bir Hakeim (février-juin 1942) :

Commandant de la BFL : général de brigade de Larminat (jusqu'au 24 avril), puis général de brigade Pierre Kœnig (adjoint jusqu'au 24 avril)

Chef d'Etat-Major : Commandant Pierre Masson (colonel à titre temporaire) ; Compagnie de QG 51 : lieutenant Olivier

Premier Groupement : Lt-Colonel Dimitri Amilakvary ( demi-brigade de Légion étrangère)

Bataillon de Légion étrangère : commandant René Babonneau (capitaines Paul Arnault, Gabriel Brunet de Sairigné, Bernard Saint-Hillier, Otto Wagner)

Bataillon de Légion étrangère : commandant Jean Maxime Puchois (capitaines Jacques Beaudenom de Lamaze, André Lalande, Pierre Messmer, Jean Simon)

Deuxième Groupement : Lt-Colonel Robert de Roux (Demi-brigade Coloniale)

Bataillon de marche n° 2 (de l'Oubangui-Chari) : Commandant Henri Amiel (capitaine Gilbert Chevillot, s-Lt Georges Koudoukou)

Bataillon du Pacifique : Lt-Colonel Félix Broche (capitaine Gaston Duché de Bricourt)

d'infanterie de marine : commandant Jacques Savey (capitaines Jean de Laborde-Noguez - lire de Laborde-Noguès -, Constant Roudaut ; médecin-chef Raoul Béon)

nord-africaine : capitaine Pierre Fernand Lequesne

1er Régiment d'Artillerie : Commandant Jean-Claude Laurent-Champrosay (capitaines Charles Bricogne, Albert Chavanac, René Gufflet, Paul Morlon, André Quirot)

1er Bataillon de Fusiliers-Marins (D.C.A.) : Capitaine de corvette Hubert Amyot d'lnville (lieutenants de vaisseau Pierre Iehelé, Philippe Le Bourgeois)

Compagnie anti-chars : capitaine Denis Albert Xavier Jacquin

Compagnie de sapeur-mineurs (Génie) : capitaine André Gravier, puis capitaine Jean Desmaison

Compagnie de Transmissions : capitaine Jacques Renard

compagnie auto : capitaine Jean-Pierre Dulau ; atelier lourd de réparations auto : capitaine Bell

Groupe sanitaire divisionnaire : Médecin-Cdt Charles Vignes ; Ambulance chirurgicale légère : Médecin-Cap. Paul Guillon et Thibault ; hôpital de campagne Hadfield-Spears : Médecin-cdt Henri Fruchaud

Groupe exploitation divisionnaire : capitaine Hubert Marie Paul de Guillebon ; Intendance : intendant Bouton

mission britannique de liaison

Le bataillon de marche défend le flanc Nord de la position, le bataillon du Pacifique le flanc Sud-ouest et le Bataillon de Légion le flanc Est. Le de Légion demeure en réserve au centre du dispositif, de même que le bataillon d'infanterie de marine. Le le général de Larminat rejoint le quartier-général britannique et laisse le commandement de la place de Bir Hakeim à son adjoint, Kœnig, secondé par son chef d'état-major, Masson. Le , Rommel déclenche l'offensive générale attendue contre les lignes de défense de la , avec Tobrouk, puis le canal de Suez comme objectifs. Le « Renard du Désert » commande en personne le corps blindé, avec lequel il a décidé de frapper le sud des positions alliées, pour contourner leur défense.

C'est ainsi que le commandant Pierre Masson, chef d'état-major du général Kœnig, va jouer un rôle important dans ce moment historique, la bataille de Bir Hakeim (Libye), au cours de laquelle la brigade française libre, unité de , va résister du au , aux assauts conjugués d'un corps d'armée germano-italien, environ dix fois plus nombreux, commandé sur le terrain par le général Rommel.

Lorsque l'attaque ennemie contre Bir Hakeim débute véritablement, le , les défenseurs français sont prêts à la recevoir : Rommel avait prévu qu'ils résistent deux jours, ils tiendront deux semaines, jusqu'à épuisement de leurs réserves d'eau et munitions d'artillerie. Ce n'est qu'à ce moment-là que Kœnig décide d'évacuer la position, en perçant les lignes du général allemand.

Lors de la sortie de vive force de Bir Hakeim, dans la nuit du 10 au , par le sud-ouest, le véhicule du commandant Masson saute sur une mine, son chauffeur est tué mais le chef d'état-major de Kœnig, à peine blessé, est secouru et évacué par l'aspirant Jean-Mathieu Boris.

Promu lieutenant-colonel, Pierre Masson participe à la bataille d'El-Alamein, en octobre-, au cours de laquelle la brigade française libre est durement repoussée à El-Himeimat (23-), où Dimitri Amilakvari est tué, puis, prend part en 1943, à la campagne de Tunisie. Le il est nommé chef d'état-major de la française libre, dont le général Kœnig vient de recevoir le commandement, à la suite du général Legentilhomme. Fin , Kœnig est nommé chef d'état-major adjoint de l'Armée à Alger et Masson assure une transition auprès du nouveau chef de la , le général Diego Brosset.

Adjoint de Kœnig à l'état-major de l'Armée, à Alger (1943-1944) Dès le lieutenant-colonel Masson retrouve Kœnig à l'état-major de l'Armée à Alger, où les deux hommes vont opérer ensemble la fusion entre les troupes d'Afrique du Nord et celles de la France libre, décidée le et qui sera achevée en . Masson est son adjoint, avec la fonction de sous-chef de l'état-major de l'Arméehttps://x-resistance.polytechnique.org/fondsxr/Mantoux_4.pdf.

En Kœnig quitte Alger pour Londres, nommé représentant de la France auprès du Commandement suprême allié, puis également commandant des Forces françaises de l'intérieur (FFI) dès , général de corps d'armée, et bientôt gouverneur militaire de Paris (). Le colonel Masson participe à la campagne de France, en 1944-1945 puis, semble avoir rejoint Kœnig, nommé commandant des Forces françaises en Allemagne (-) et promu général d'armée ().

Gardien de la mémoire de Bir Hakeim aux côtés de Kœnig En 1948, le colonel Masson est chargé par le général Kœnig de préparer une relation de la bataille de Bir Hakeim, basée sur son journal de bord de chef d'état-major, détruit en mais presque immédiatement reconstitué. C'est à partir de ce « travail de bénédictin », dixit Kœnig, que l'ex-chef de la brigade française libre, a pu écrire Bir Hakeim - 10 juin 1942, ouvrage débuté en 1958 mais publié seulement en 1971, de façon posthumeGénéral Kœnig, Bir Hakeim - 10 juin 1942, Robert Laffont, 1971..