L’Université de Moncton est une université canadienne de langue française au Nouveau-Brunswick. Elle regroupe les campus d'Edmundston, de Moncton et de Shippagan.

L'université est fondée en 1963 à la suite des recommandations de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement supérieur au Nouveau-Brunswick. Depuis, l'établissement est largement considéré comme l'héritier de plusieurs établissements d'enseignement supérieur acadiens tel le Collège Saint-Joseph..

L’université offre des formations et participe à la recherche dans les domaines de l'administration, des arts, des sciences sociales, du droit, de l’ingénierie, des sciences, de la santé, des services communautaires et de l'éducation.

L'université compte, en date de , 5 244 inscriptions à temps complet et 552 inscriptions à temps partiel. Les étudiantes et étudiants proviennent du Nouveau-Brunswick, d’autres provinces du Canada et de l’international. L’Université offre près de 198 programmes dans les trois cycles d’études.

Historique Origines En 1852, après son transfert de Tracadie en Nouvelle-Écosse, vers Memramcook, au sud-est du Nouveau-Brunswick, l'abbé François-Xavier Lafrance entame son projet de séminaire. C'est ainsi que le , le Séminaire Saint-Thomas de Memramcook ouvre officiellement ses portes à 95 élèves.. À cause de problèmes financiers, l'établissement ferme définitivement en 1862. L'abbé Lafrance lègue ses propriétés à son évêque et bon ami, l'évêque de Saint-Jean, , le , avec la promesse que ce dernier installe une communauté religieuse francophone dans le Séminaire..

Dès l'année suivante, Sweeny tient sa promesse. Grâce à la Congrégation de Sainte-Croix, le Collège Saint-Joseph voit le jour dans l'ancien Séminaire de l'abbé Lafrance et la direction de ce nouveau collège est confiée au soin de l'un de ses membres, le père Camille Lefebvre.. Le Collège Saint-Joseph accueille sa première cohorte d'étudiants le .. Après quatre années d'existence et à la suite de son incorporation, le Collège Saint-Joseph se voit donner la possibilité de décerner des diplômes de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat. En 1888, il est reconnu à titre d'université. En 1928, l'Université du Collège Saint-Joseph fait peau neuve en se renommant Université Saint-Joseph.. En 1933, un incendie ravage l'université.. En 1953, l'Université Saint-Joseph déménagea une partie de ses effectifs à Moncton, créant l'ouverture d'un campus urbain pour cette université qui voit sa supervision être confiée au père Clément Cormier..

D'autre part, au début de l'année 1899, à Caraquet, au nord-est du Nouveau-Brunswick, les pères Eudistes ouvrent le Collège Sacré-Cœur. L'année suivante, le Collège reçoit le privilège de décerner des grades. Dans la nuit du , l'établissement est détruit à la suite d'un incendie. Le Collège Sacré-Cœur est alors reconstruit à Bathurst. et les cours ont repris en .. En 1941, le Collège Sacré-Cœur de Bathurst reçoit le statut d'université.

En 1943, les religieuses Notre-Dame du Sacré-Cœur fondent le premier collège pour filles à Memramcook au Nouveau-Brunswick, soit le Collège Notre-Dame d'Acadie.. Le Collège est déménagé à Moncton en 1949 dans un plus grand édifice.

Sous la direction des Eudistes, le Collège Saint-Louis voit le jour à Edmundston, en . L'année suivante, le gouvernement du Nouveau-Brunswick lui donne sa charte universitaire et ainsi le Collège Saint-Louis devient l'Université Saint-Louis. De leur côté, les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph avec en tête Sr Rhéa Larose, fondent le Collège Maillet situé à Saint-Basile. Ce collège, une institution pour les jeunes filles, se voit affilié directement avec l'Université Saint-Louis en 1949..

À la fin des années 1950, le Collège Jésus-Marie, un collège pour les jeunes filles, ouvre ses portes à Shippagan sous la gouverne de la Congrégation des religieuses de Jésus-Marie. En 1963, à la suite de la création de l'Université de Moncton, le Collège Jésus-Marie est affilié au Collège de Bathurst (anciennement Université Sacré-Cœur de Bathurst) qui a cédé son statut d'université pour redevenir un collège.

Fondation Peu de temps après son élection à titre de premier ministre du Nouveau-Brunswick en 1960, Louis J. Robichaud, crée une Commission royale d'enquête sur l'enseignement supérieur au Nouveau-Brunswick. John J. Deutsch préside cette dernière qui en publie un rapport recommandant à la fois la création d'une seule université francophone pouvant décerner des grades dans la province et l'affiliation des différents collèges (anciennement universités) à celle-ci. C'est ainsi que l'Université Saint-Joseph de Memramcook, l’Université Sacré-Cœur de Bathurst et l'Université Saint-Louis d'Edmundston suspendent leur charte universitaire pour devenir des collèges affiliés à la nouvelle université. L'Université de Moncton est officiellement créée le ..

La Commission Deutsch avait considéré plusieurs noms - Université Notre-Dame, Université Saint-Joseph, Université acadienne, Université de Moncton. Ce dernier nom a été préféré, selon le recteur-fondateur Clément Cormier, afin de mettre l’accent sur le caractère d’universalité de l’institution et sur le fait que son rôle diffère de celui des «sociétés patriotiques»Jacques Paul Couturier, L’enseignement supérieur au Madawaska, 1946-1974, Moncton, Les Éditions d’Acadie, 1999, p. 141-2.

La nouvelle université est unilingue francophone, et tous les cours sont enseignés en français à l'exception des cours de langue. Ceci représente un changement par rapport à l'Université Saint-Joseph qui était bilingue avec cours enseignés et en français et en anglais.

Selon l’historien Joël Belliveau, le nom Université de Moncton, « était un choix tactique et stratégique » en partie parce que ce nom neutre « ne risquait pas de provoquer la colère des anglophones »Joël Belliveau, « Université de Moncton », un nom qui relève d’une autre époque?, Acadie Nouvelle, 4 mars 2023. En 1990, Louis J. Robichaud, se prononçant contre un changement du nom, écrit «nous pouvons maintenant dire que nous avons la reconnaissance la plus totale de l’élément anglophone de Moncton et du Nouveau-Brunswick et il ne serait pas sage de mettre en péril cet acquis»Lettre du Sénateur Louis J. Robichaud à Antonine Maillet, chancelière de l’Université de Moncton, 21 novembre 1990, Université de Moncton, Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson, Fonds d’archive no 388A.

Gérée dès ses débuts par la congrégation de Sainte-Croix (le recteur-fondateur de l’Université de Moncton est le père Clément Cormier, c.s.c.), l’administration de l’institution se laïcise en 1967 avec la nomination d’un premier recteur et d’un premier chancelier laïcs, Adélard Savoie.

En 1965, des effectifs du Collège Saint-Joseph sont transférés sur le campus de l'Université de Moncton et le Collège Notre-Dame d'Acadie ferme ses portes.

En 1972, le Collège Saint-Joseph cesse d'exister et son enseignement fut assumé par la Faculté des arts du campus de l'Université de Moncton. Le Collège Maillet et le Collège Saint-Louis fusionnent en 1972 et adoptent le nom de Collège Saint-Louis-Maillet. Le Collège Jésus-Marie de Shippagan cesse son affiliation avec le Collège de Bathurst, est affilié directement à l'Université de Moncton et offre les deux premières années du programme des arts.

À la suite des recommandations formulées en 1975 par le Comité de l’enseignement supérieur dans le secteur francophone au Nouveau-Brunswick présidé par le juge Louis A. LeBel, l'Université de Moncton connaît une réorganisation majeure.

En 1977, l’Université de Moncton devient une université composée de trois campus égaux, situés dans les trois grandes régions francophones de la province: Edmundston, Moncton et Shippagan. Le Collège Saint-Louis-Maillet devient le Centre universitaire Saint-Louis-Maillet (CUSLM) campus de l'Université de Moncton ; Moncton devient le Centre universitaire de Moncton (CUM), campus de l'Université de Moncton ; et le Collège Jésus-Marie devient le Centre universitaire de Shippagan (CUS) campus de l'Université de Moncton. Le Collège de Bathurst ferme ses portes, les installations devenant la propriété de la Commission des collèges communautaires du Nouveau-Brunswick.

Depuis 1994, les désignations des trois constituantes de l'Université de Moncton sont : Université de Moncton, campus d’Edmundston (UMCE) ; Université de Moncton, campus de Moncton (UMCM) ; et Université de Moncton, campus de Shippagan (UMCS)..

Bibliothèques, musées et collections Située sur le campus de Moncton, la Bibliothèque Champlain est la plus importante bibliothèque universitaire francophone des provinces de l'Atlantique avec ses centaines de bases de données, sa collection de centaines de milliers de livres, de centaine de milliers de périodiques autant en version papier qu’en version électronique. De plus, depuis , la bibliothèque s’est abonnée à la collection CloudSource OA qui fournit une collection sans cesse croissante et vérifiée de plus de quarante millions d’articles évalués par des pairs, des livres de non-fiction et d’autres documents disponibles en accès libre.

Situé au sous-sol de la Bibliothèque Champlain, le Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson possède la plus importante collection d'archives et de documentation au monde sur l'Acadie et les Acadiens. Sa bibliothèque compte plus de , plus de microfilms ainsi que l'inventaire complet de tous les journaux acadiens. Son mandat principal est de conserver toute la documentation acadienne. Le Centre fait connaître l’histoire et la culture de l’Acadie. Il est composé des cinq secteurs suivants : archives institutionnelles, archives privées, bibliothèque, généalogie, ethnologie et de folklore..

Le campus de Moncton possède deux autres bibliothèques: la Bibliothèque de droit Michel-Bastarache à la Faculté de droit ainsi que le Centre de ressources pédagogiques à la Faculté des sciences de l’éducation.. La Bibliothèque de droit Michel-Bastarache met à la disposition de la population étudiante, du corps professoral, des juristes et des membres du public une collection d'environ . En plus de vastes collections électroniques, la bibliothèque renferme les lois, les règlements et la jurisprudence du Canada, de l'Angleterre et des États-Unis ainsi qu'une importante sélection de recueils de jurisprudence d’autres pays de common law. Le Centre de ressources pédagogiques est situé à la Faculté des sciences de l’éducation. Il contient au-delà de comprenant des tests normalisés, des manuels scolaires, des guides et des trousses pédagogiques, les programmes d’études des écoles du Nouveau-Brunswick et plus. On y retrouve également au Centre de ressources pédagogiques une bibliothèque pour les jeunes. Le Centre abrite la Petite galerie Eulalie et le Centre de documentation en Education Planétaire (ECPP).

La Bibliothèque Rhéa-Larose, au campus d'Edmundston, fut inaugurée le et elle occupe deux niveaux. Sa collection compte environ en plus des collections de publications gouvernementales canadiennes et néo-brunswickoises et des publications en série. Elle offre plus d'une centaine de bases de données, 240 000 périodiques électroniques et électroniques. Elle abrite le Centre de documentation et d'études madawaskayennes (CDEM). Un projet majeur de rénovation a été réalisé en 2010 qui a fait de sorte qu'elle offre maintenant ses services à la communauté du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick - campus d'Edmundston.