Georges-Barthélemi Faribault, né à Québec le et décédé à Québec le , est un avocat, un bibliographe et un fonctionnaire du Bas-Canada.

Éléments biographiques Avocat et milicien Georges-Barthélemi Faribault est le fils de Marie-Reine Anderson, fille d'un officier britannique du régiment Frasers Highlanders ayant choisi de s'installer à Québec après la capitulation de 1759, et de Barthélemi Faribault, notaire et marchand.

Il fait un stage de clerc à l'étude de Jean-Antoine Panet et obtient une commission d'avocat le . En 1812, il décroche un premier emploi à la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, mais la guerre éclate entre les États-Unis et la Grande-Bretagne et le jeune avocat devient lieutenant du bataillon d'infanterie légère en 1813Chronologie de la guerre de 1812. En 1815, la paix est signée et Faribault reprend sa carrière de fonctionnaire parlementaire qui durera 40 ans.

Greffier ajoint et archiviste de la Chambre Il est nommé greffier des comités et des archives parlementaires en 1815. « Déjà troisième plus ancien « officier » de la Chambre d'assemblée, Faribault est nommé traducteur français le , puis greffier adjoint et archiviste de la Chambre le , poste qu’il occupera jusqu’à sa démission le ».

Mémorial à Jacques-Cartier Le , avec la collaboration de la Société littéraire et historique de QuébecLa Société littéraire et historique de Québec (Literary and Historical Society of Quebec), est fondée en 1824 par Lord Dalhousie, alors gouverneur du Canada. C'est la première société savante du Canada. Les objectifs de la Société sont de collectionner des documents sur l'histoire du Canada et de rééditer des manuscrits rares. Après avoir été relocalisée plusieurs fois et subi deux incendies, la Société s'installe dans le Morrin College en 1868. Lord Dalhousie fait un don annuel de à la Société et met souvent le château Saint-Louis à la disposition des membres pour la tenue de leurs rencontres : Histoire de la Société Littéraire et Historique de Québec, Louis-Philippe Turcotte, in Transactions, New Series, no 13 (1879), À propos de la Société., il commémore le tricentenaine du deuxième voyage au Canada du navigateur et explorateur malouin Jacques Cartier en 1535Le séjour et l'hivernage de Jacques Cartier au havre Sainte-Croix en 1535-1536., en dévoilant un monument. Cette initiative, avec l'achat de livres canadiens à Londres et à Paris, met Faribault en contact avec l'Europe.

Première bibliographie canadienne En 1830, Faribault entreprend de réaliser une collection et un catalogue d’ouvrages sur l’Amérique et le Canada. Ainsi, il publie, en 1837, la première bibliographie canadienne « pour servir utilement à ceux qui se sentiraient disposés à écrire une histoire du Canada plus complète qu’aucune de celles qui existent maintenant ».

Le Catalogue est imprimé chez William Cowan, rue de la Fabrique à Québec et enregistré au bureau des protonotaires Edward Burroughs et Jean-François Perrault, aux fins de protéger les droits d’auteur de Faribault, conformément à la loi sur la propriété intellectuelle du Bas-Canada (2 Guillaume IV, chap 53). L’ouvrage de 215 pages se présente en format in-8 de 20 centimètres. Les journaux d’alors notent la qualité du papier et de la typographie, « un des beaux livres québécois imprimés à l’époque ». Faribault y recense 969 titres d’ouvrages et 183 cartes, plans, estampes et gravures.

Faribault veut donner à son bibliographie une envergure « américaine ». Il puise ainsi à toutes les sources d’histoire de la Nouvelle-France et de la colonisation européenne en Amérique, ce qui lui a permis de développer un important réseau de correspondants en Europe, au Canada et aux États-Unis.

Cette première bibliographie historique est le « prélude » aux travaux de l’historien, poète et mémorialiste François-Xavier Garneau, qui publie en 1845 le premier volume de son Histoire du Canada. Nommé traducteur français à l’Assemblée législative en 1842, Garneau a facilement accès à « la précieuse bibliothèque réunie par Georges-Barthélemi Faribault ». Membre de la Société littéraire et historique de Québec, Garneau peut dès lors puiser dans la riche collection qui s’y trouve « Garneau, François-Xavier », Pierre Savard et Paul Wyczynski, in Dictionnaire biographique du Canada, consulté le 21 novembre 2013.

D’autres historiens du s’inspirent des ressources du Catalogue de Faribault ; ainsi en est-il de Jean-Baptiste-Antoine Ferland pour son Cours d’histoire du Canada ; quant à Henri-Raymond Casgrain, il estime que Faribault est un pionnier de l’histoire canadienne et de la patrie intellectuelle.

Conseiller auprès des élites

Chercheur infatigable, Faribault est très consulté par les élites de l’époque : Jacques Viger lui propose des recherches, l’historien américain George Bancroft lui rend visite en 1837 sur la recommandation de Louis-Joseph Papineau, il documente Louis-Hippolyte La Fontaine. Il correspond avec le maire de Saint-Malo et avec le philanthrope Nicolas Marie Alexandre Vattemare. Il s’occupe de l’échange de documents législatifs entre la France, les États-Unis et le Canada. Il correspond avec Adolphe de Puibusque, critique littéraire français.

Mission européenne

Après l’incendie du 25 avril 1849, qui détruit le parlement à Montréal, les bibliothèques et les archives des deux chambres législatives, le gouvernement délègue Faribault en mission européenne aux fins de reconstituer une nouvelle bibliothèque parlementaire et nationale. En 1851-1852, il acquiert des livres à Londres et à Paris et il collabore à la transcription de documents relatifs à la Nouvelle-France avec l’archiviste français Pierre Margry.

Monument à Montcalm

En 1859, 100 ans après la défaite de la bataille des plaines d'Abraham, il réalise un projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps, soit l'inauguration d'un monument commémoratif au général Montcalm : « Un marbre tumulaire est préparé dans un atelier de Québec. Sur un fond de marbre noir de deux mètres de haut, se détache la partie centrale en marbre blanc et de forme tumulaire. Elle porte la belle inscription de l'Académie. La croix, douce espérance du chrétien jusque dans le tombeau, domine tous ces éloges, et semble inviter à des gloires plus durables. Les armoiries de de Montcalm, sculptées avec goût au-dessous de l'inscription, complètent la décoration. »« De Montcalm au Canada ou les dernières années de la colonie française (1756-1760) », Félix Martin (un ancien missionnaire), éditions H. Casterman, Paris, 1867, , consulté le 8 novembre 2013.

La voie du libre-échange culturel « Le patient labeur de cet « archéologue », fonctionnaire plein d’urbanité aristocratique, qui parle en 1835 du « règne de l’ordre et des lois » et en 1848 de « l’Europe toute en feu », invite à accorder une attention, négligée jusqu’à maintenant, à ces initiatives de cueillette documentaire préalables aux débuts de l’historiographie québécoise et à évaluer les implications idéologiques découlant du fait qu’une génération de polygraphes et d’historiens soit socialement liée aux pouvoirs politique et religieux. Bibliographe « à qui la science historique est redevable de si éminents services », Faribault avait aussi, de livres en livres, de libraires en archivistes, trouvé la voie du libre-échange culturel », écrit l’historien et biographe Yvan Lamonde.

Georges-Barthélemi Faribault fait don de ses collections personnelles au Séminaire de Québec et à l’Université Laval. C'est l'historien, professeur et prêtre catholique Charles-Honoré Laverdière qui fut son exécuteur testamentaire.

La biographie de Faribault a été écrite par l'historien Henri-Raymond Casgrain.

Hommages La rue Faribault a été nommée en son honneur, en 1972, dans la ville de Québec .

Bibliographie et sources externes . .

Répertoire du patrimoine culturel du Québec, Faribault, Georges-Barthélemi Gilles Gallichan, « La bibliothèque de l’Assemblée nationale : deux siècles au service des parlementaires », Bulletin de la Bibliothèque de l’Assemblée nationale, volume 31, numéros 1-2, Québec, .

Fonds d'archives de Georges-Barthélemi Faribault Fonds Georges-Barthélémi Faribault. — 1756, surtout 1814-1861 (P853), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, consulté le . Fonds Georges-Barthélemi Faribault. — 31 octobre 1838-1936 (P215), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, consulté le . Fonds Famille Georges-Barthélémi Faribault. — 1797-1942 (P880), Bibliothèque et Archives nationales du Québec, consulté le . Fonds Georges-Barthélemi Faribault (P29) (notice archivistique), Musée de la civilisation, Fonds du Séminaire de Québec.

Notes

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