Le Roi Candaule (Царь Канда́вл) est un ballet en quatre actes et six tableaux avec apothéose de Marius Petipa sur une musique de Cesare Pugni et un livret de Saint-Georges et Petipa, basé sur la nouvelle de Théophile Gautier, Le Roi Candaule. La première eut lieu le 17/ au théâtre Bolchoï Kamenny de Saint-Pétersbourg.

Représentations à Saint-Pétersbourg thumb|150px|Olga Preobrajenska dans le rôle de Diane, Pas de Diane (1899?). Le Roi Candaule est le deuxième ballet à grand spectacle de Marius Petipa après La Fille du pharaon (1862). Le rôle principal est dévolu à la ballerine Henriette Dor, invitée de Vienne à Saint-Pétersbourg.

Petipa s'écarte ici de la tradition tacite qui exigeait une finale pleine de bienséance В. М. Красовская, Русский балетный театр второй половины XIX века, Л., Искусство, 1963, 552 pages, p. 262. Petipa lui-même considérait en plaisantant que ce ballet était Ekaterina Vazem, Записки балерины Санкт-петербургского Большого балета, Л.—М.,1937, p. 69 — cependant ce qui exploite toutes les possibilités de la danse connaît une grande longévité scénique.

Le ballet est donné jusqu'en 1876, puis il est monté le au bénéfice d'Ekaterina Vazem. En 1891, Petipa en donne une version révisée au bénéfice de Christian Johansson, qui selon Mathilde Kschessinska, déjà dans un âge avancé

Le ballet est donné en 1908 par Nikolaï Sergueïev avec dans le rôle principal Mathilde Kschessinska. En , Nyssia est interprétée par Anna Pavlova qui met l'accent sur le caractère dramatique du sort et de la force d'âme de l'héroïne. Le ballet n'est plus monté après la révolution d'Octobre.

Représentation à Moscou Après la première, le directeur des théâtres impériaux Alexandre Guedeonov ordonne au bureau le d'envoyer Marius Petipa à Moscou pour y monter ce nouveau ballet dans les six semaines. Le , c'est la première du ballet en un acte La Danseuse voyageuse avec Alexandra Kämmerer et le lendemain Les Nouvelles de Moscou annoncent que La première a lieu le .

Critiques En 1874, Le Roi Candaule compte parmi les ballets de Marius Petipa que Bournonville a vus à Saint-Pétersbourg. Outre ce ballet, le chorégraphe danois assiste à d'autres spectacles de Petipa, comme Le Papillon, La Fille du pharaon, Don Quichotte et La Esmeralda, et constate et se plaint de ses De son point de vue, ces spectacles étaient mis en scène , ce qui contredisait .

Représentations postérieures Au début de l'époque soviétique, le maître de ballet Leonid Leontiev représente sur la scène du théâtre d'opéra et de ballet de Léningrad sa propre version du ballet. La première du Roi Candaule a lieu en trois actes et cinq tableaux le . Selon la nouvelle mise en scène de N. G. Vinogradov, l'argument se déroule . Ainsi, l'héroïne du ballet n'est plus la reine Nyssia, mais la bergère Clithie, . La musique de Cesare Pugni est orchestrée de façon nouvelle par Boris Assafiev, tout en gardant les décors; le maître de ballet Leonid Leontiev révise l'ancienne chorégraphie de Petipa. Cependant ces changements ne rencontrent pas la faveur du public et le ballet ainsi rénové sort rapidement de la programmation.

Distribution Rôles 29 (17) octobre 186822 décembre 1868, théâtre du Bolchoï 24 novembre 1891, au bénéfice de Christian Johansson1903 (?)14 décembre 1908, révisée par Nikolaï Sergueïev 1er mars 1925, théâtre du BolchoïCandauleFelix KschessinskiF. A. RheinshausenPavel GerdtPavel GerdtAlexandre Monakhov(son valet d'arme: Pavel Gontcharov)ClithieKlavdia KantsyrevaPolina KarpakovaVarvara RykhliakovaNadège PetipaElena LioukomNyssiaHenriette Dor (puis Alexandra Verguina, A. I. Simskaïa, Ekaterina Vazem, etc.)Anna SobechtchanskaïaCarlotta Brianza (puis Maria Gorchenkova, Lidia Nelidova, Marie Petipa, Ioulia Sedova, etc.)Ioulia SedovaMathilde Kschessinska (après 1909: Anna Pavlova)DianeAlexandra KämmererGygèsLev IvanovSergueï SokolovAlexandre Oblakov (puis Alexandre Gorski, etc.)Gueorgui KiakchtMikhaïl DoudkoPythieEvdokia VassilievaChef d'orchestreP. N. LouzineAlexandre GaoukScénographieHeinrich Wagner, V. Egorov, V. Prokhorov, A. Bredov, Andreas RollerK. F. Walz, Pavel Issakov, I. E. Koukanov, I. I. Changuine, F. I. ChenianV. V. Vassiliev, Henri Levot, К. М. Ivanov, Matveï Chichkov (décors)Evgueni Ponomariov (costumes)décors des spectacles d'avant la révolution

Le pas de deux de Diane et Actéon thumb|right|Diane, Endymion et un satyre de Karl Brioullov (Galerie Tretiakov), 1849. Le passage le plus connu du Roi Candaule est incontestablement le pas de deux de Diane et Actéon qui est représenté à de nombreux concours et galas et qui fait partie du deuxième acte de la version révisée de La Esmeralda par Iouri Bourlaka et Vassili Medvedev en 2009 pour le ballet du BolchoïBallet du Bolchoï - La Esmeralda, version You Tube.

Le titre original de ce pas était Les Aventures amoureuses de Diane ou simplement le Pas de Diane et était à l'origine un pas de trois dansé par Diane, déesse de la Chasse, le berger Endymion et un satyre au quatrième acte du Roi Candaule. Petipa se serait inspiré pour ce pas d'un tableau de Karl Brioullov. La version traditionnelle dansée aujourd'hui n'est plus celle de Petipa, mais celle d'Agrippina Vaganova qui a transféré ce Pas de Diane dans la nouvelle version de La Esmeralda en 1935. Elle a supprimé le rôle du satyre et a changé le rôle d'Endymion en celui du chasseur Actéon, avec qui Diane danse accompagnée d'une douzaine de nymphes Works and Process lecture. Actéon, pour l'avoir vue se baigner nue, est transformé en cerf, pourchassé par les chiens de Diane chasseresse et tué.

Argument

Acte I

Scène I - Dans une clairière. Au fond, la grotte de la Pythie Le roi et le peuple de Lydie se rendent en ce lieu pour questionner l'oracle. Au lever de rideau, les paysans, les bergers et bergères se reposent sur l'herbe après le labeur. Parmi eux, se trouve le berger Gygès qui joue de la flûte pour faire danser la compagnie. La bergère Clithie, qui lui est promise, se trouve à ses côtés. La nuit tombe peu à peu et les paysans considèrent avec frayeur la grotte de la Pythie et quittent l'endroit. Il fait nuit.

Les hiboux hululent et les chauves-souris sifflent. La Pythie sort de sa grotte entourée de nuages et de fumée et sachant que le roi Candaule doit la consulter, elle ordonne que tout le monde parte. Le roi s'approche escorté de sa suite. Gygès guide le roi et l'informe que, s'il désire consulter l'oracle, il doit frapper le bouclier qui pend à l'entrée de la grotte de la Pythie. Gygès, le roi et sa suite entrent dans la grotte. Candaule frappe le bouclier et la Pythie apparaît. La roi la supplie de dire l'avenir.

Elle lui rétorque qu'il a usurpé le trône ayant enlevé le roi dans son enfance et l'ayant abandonné dans la forêt à la merci des bêtes sauvages pour prendre la couronne. Alarmé, Candaule proteste qu'elle se trompe. La Pythie propose alors le jugement du Ciel pour faire éclater la vérité. Elle lève les bras, mais Candaule, effrayé, reconnaît sa faute. La Pythie l'informe alors que le vrai roi est en vie et qu'il va reprendre son trône. Candaule jure de le tuer s'il le trouve.

La Pythie ordonne à Candaule de marcher dans la crainte des dieux. Des hiboux apparaissent portant dans leurs griffes un rouleau de papyrus qui prédit que Candaule mourra d'une mort non naturelle. Terrifié, il s'enfuit dans la forêt. Gygès revient et est surpris de ne pas trouver le roi, mais la Pythie le prend par la main, lui propose de revêtir l'armure laissée par Candaule et prédit qu'il sera bientôt roi. Gygès lui obéit et, prenant conscience de son destin, brandit son épée et disparaît dans la forêt.

Scène II - Campement du roi Candaule à la frontière de la Lydie et de la Misie. Au loin montagne. Nuit. Le campement est en pleine activité. Candaule apparaît. La reine Nyssia, son épouse, met une armure avec l'aide de ses servantes. Des Amazones viennent jouer des jeux guerriers pour elle ; pendant ce temps, les guerriers de Candaule pratiquent la formation en tortue. Les jeux se terminent et le silence règne. Soudain, un messager donne un avertissement d'une attaque nocturne. Candaule ordonne à tout le monde d'être en alerte et Gygès, est placé à l'entrée de sa tente.

Dans l'obscurité, les troupes arrivent près de la tente. Ils sont impressionnés par la splendeur de la tente du roi que garde Gygès. Nyssia lève le drapeau et fait face à l'ennemi. Deux assaillants tentent d'enlever la reine, mais Gygès les en empêche. D'autres soldats attaquent Gygès, mais il est sauvé par des soldats du roi.

Voyant sa femme dans les bras de Gygès, Candaule s'avance vers lui pour le frapper de sa dague, mais Nyssia explique au roi que Gygès lui a sauvé la vie. Le roi remercie Gygès et en fait son garde personnel. Les soldats rendent hommage à Gygès, mais celui-ci ne peut s'habituer à cet honneur.

Acte II

Une arène avec un arc de triomphe. Au fond une statue de Vénus Victorieuse. De chaque côté, des places d'honneur pour le roi, le reine et la suite Les citoyens arrivent portant des couronnes de laurier et des fleurs pour accueillir le roi accompagné de fanfares. Les guerriers lydiens passent sous l'arc de triomphe, suivis des chefs prisonniers et des soldats enchaînés de différentes nations. Les notables de Lydie suivent la procession terminée par un char d'or tiré par des esclaves. Le roi Candaule se trouve dans ce char avec ses ministres. Nyssia suit sur un éléphant magnifiquement chamarré entouré de jeunes filles jetant des fleurs.

La procession triomphale s'arrête au milieu de l'arène. Les nobles présentent au roi les clefs de la capitale, puis le prisonniers défilent devant lui. Enfin, Candaule s'assoit sur son trône accompagné de sa femme et la fête commence.

Une danse de nymphes, de bayadères et de grâces marque le début, puis un Lydien représentant un tournesol se met à danser entouré de danseuses représentant des roses et des myosotis marquent la mesure. Nyssia danse sous la forme de Vénus. Elle est entourée de cupidons, de nymphes et de sylphes et tout le monde lui rend hommage. Candaule déclare avec fierté que son épouse est la véritable Vénus et ordonne de mettre une statue de Nyssia à la place de la déesse. Tout le monde acclame la reine. Mais soudain, le ciel s'obscurcit ce qui effraie la foule. Candaule aurait-il défié les dieux ?

Acte III

Bain de la reine. Des tables sont dressées avec de la vaisselle d'or. Au fond, une piscine de marbre rose et blanc, ornée d'une fontaine et entourée de fleurs Nyssia est sous un rideau aidée de ses esclaves. Elles arrangent sa chevelure et lui enlèvent ses bijoux. D'autres lui tiennent un miroir pour qu'elle puisse admirer son reflet. Les esclaves prennent différentes poses au son des harpes, puis Nyssia se met à danser. Le rideau tombe et masque le bain.

Les dames de la reine font leur entrée et Nyssia arrive splendidement vêtue et entourée de ses esclaves. On annonce l'arrivée du roi. Il met un genou à terre devant sa femme qu'il a élevée au rang de déesse. Soudain Gygès fait son entrée en plein désarroi car il est annonciateur de mauvaises nouvelles. Il est suivi des prêtres de Vénus qui demandent une audience au roi. Les prêtres sont effrayés car Vénus a montré des signes de son déplaisir : la famine, la peste s'abattent déjà sur le royaume.

Le roi demande au grand prêtre comment calmer la déesse. Il répond que la déesse demande que Nyssia soit punie en étant forcée à renoncer à son titre de reine. Nyssia est terrifiée et le roi refuse d'accéder à cette demande. Le grand prêtre avertit alors le roi que les dieux vont déchaîner leur colère. Le ciel s'assombrit, le tonnerre roule, des éclairs illuminent les nuées et la terre tremble.

Candaule force alors la reine à renoncer à son titre et elle jette sa couronne à terre. Le roi tombe à genoux et lui jure son amour éternel. Le ciel s'éclaircit et le grand prêtre loue les cieux, mais Nyssia regarde le roi avec dédain et Candaule part se consoler avec les femmes de Nyssia.

Acte IV