La chapelle Saint-Martin est une chapelle catholique située au sommet du mont Beuvray dans le massif du Morvan en France, édifiée entre le et en ruines aux .

Elle est située sur l'emplacement d'un temple gallo-romain de la cité éduenne de Bibracte, érigé au début de notre ère. En 376, l'évangélisateur Martin de Tours y aurait détruit des idoles païennes. Le site conserve une présence religieuse et rituelle de l'Antiquité à aujourd'hui et accueille d'importantes foires durant plusieurs siècles. Une nouvelle chapelle est édifiée en 1873 à la volonté du découvreur du site antique, Jacques-Gabriel Bulliot.

Près du monument actuel figurent une croix monumentale, aussi érigée sur initiative d'archéologues en l'honneur de saint Martin en 1851 et qui succède à une croix en bois plus ancienne, ainsi que les vestiges de la fontaine Saint-Martin, un lieu de rites plus ancien.

Localisation

La chapelle est située au lieu-dit la Chaume, sur le territoire de la commune de Saint-Léger-sous-Beuvray, en Saône-et-Loire, à deux pas de la frontière avec Glux-en-Glenne, dans la Nièvre, qui sépare le sommet en deux. Elle est élevée à d'altitude.

Histoire Temple antique

Le site archéologique de la chapelle Saint-Martin intègre l'oppidum éduen de Bibracte installé sur le Beuvray, auquel a succédé la ville Augustodunum (Autun) vers , mais qui a survécu après cette date. Le site bénéficie de recherches lors de la première campagne de fouilles menée au par Jacques-Gabriel Bulliot. Lorsque des fouilles reprennent près de cent ans plus tard, en 1984, la chapelle est l'un des deux principaux champs de fouille, avec la porte du Rebout..

Bulliot met au jour un temple gallo-romain de type fanum. Il est édifié sur un plan classique, avec une cella carrée en son centre, entourée par un portique. Ces constatations sont vérifiées lors de la fouille de 1984. Des débris de marbre cannelé, de porphyre, de mosaïques de verre et de losanges de schiste noir attestent de la présence de décorations. Ces nouvelles recherches permettent d'avancer une date de construction à l'époque impériale, au début de notre ère. Bulliot avait attribué le temple à une déesse Bibracte, se basant sur une plaque découverte à Autun portant l'inscription , mais on sait depuis que la plaque est un faux du (fabriqué afin de renforcer la théorie selon laquelle Bibracte se situerait à Autun), déjà contesté à son époque.

La seconde fouille doit aussi déterminer si le site a succédé à un sanctuaire à l'âge du fer, comme c'est le cas sur d'autres sites similaires en Europe. Il n'a pas été retrouvé de traces d'une occupation antérieure., à l'exception d'un fossé, au maigre mobilier, dont le rôle n'est pas défini.

Première chapelle « en l'haut du Beuvray »

Selon la légende, saint Martin, parti d'Augustodunum (Autun), monte en 376 au mont Beuvray pour y détruire des idoles païennes. Poursuivi par des païens, il doit son salut à un bon prodigieux de son âne .

La date de construction de la chapelle Saint-Martin est inconnue et est estimée entre le . Ses terres appartiennent à l'abbaye Saint-Symphorien d'Autun.

En 1233, Alix, châtelaine de Glenne, lègue dans une charte des aumônes à l'église du Buvrait. En 1454, un terrier relatif aux redevances, dîmes, censes de la chapelle de saint Martin, en l'haut de Beuvray est dressé par ordre du cardinal Jean Rolin, évêque d'Autun et prieur de Saint-Symphorien. Il est écrit :

En 1604, la chapelle est en ruines. Près d'elle se trouvait un presbytère. Il est attesté que la chapelle Saint-Martin « en l'haut du Beuvray » perçoit au la moitié des dîmes de la paroisse de Millay et une partie de celle de Poil. La présence de vestiges est signalée dans un témoignage de 1725. Vers 1750, la carte de Cassini n'indique pas de chapelle, seulement le site de foires du haut du Beuvray.

La chapelle est le lieu d'un pèlerinage et les foires du Beuvray, organisées le premier mercredi de mai et le , prennent place à proximité. Au nord du plateau, un couvent de cordeliers est élevé au et disparaît entre le .

Nouvelle chapelle du

Sous l'initiative de l'archéologue Jacques-Gabriel Bulliot, découvreur de Bibracte, une nouvelle chapelle est érigée en 1876 sur les substructions du temple antique et à l'emplacement de l'abside de l'ancienne chapelle. La première pierre est posée le par l'archevêque de Reims Jean-François Landriot, originaire d'Autun, et la chapelle est bénie le par l'évêque d'Autun Adolphe Perraud, en présence des membres du Congrès scientifique..

L'édifice est un petit oratoire en granite et de style néo-roman. Il conserve le culte de saint Martin..

Une plaque est apposée en 1987 ..

Architecture

Monuments à proximité Fontaine de Saint-Martin

En contrebas de la Chaume, aux pieds des remparts, se situent les vestiges de la fontaine Saint-Martin, source la Braconne, qui fut un lieu de rites thérapeutiques pour les femmes enceintes.

Croix de Saint-Martin

Après la disparition de la chapelle, il ne subsiste du culte de saint Martin au Beuvray qu'une croix de bois. Elle intègre le rite païen de la fontaine Saint-Martin : les femmes, après s'être trempé le sein dans l'eau, viennent s'y prosterner et déposer une jarretière ou un ruban rouge en offrande pour obtenir du lait plus abondant.

Le monument finit par s'écrouler. Il est remplacé en 1850 par une croix monumentale de granite, élevée par le archéologique siégeant à Nevers.. Elle porte au-dessus de sa base l'image populaire de Martin donnant son manteau à un mendiant à Amiens. Elle porte également l'inscription suivante :

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Mont Beuvray Couvent des cordeliers du Beuvray Bibracte

Bibliographie

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Liens externes

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