vignette|Quori, une plateforme robotique socialement interactive pour l'étude de l'interaction homme-robot, Laboratoire Immersive Kinematics.

Un robot social est un robot autonome qui interagit et communique avec les humains ou d'autres agents physiques autonomes en suivant les comportements sociaux et les règles attachées à son rôle. Comme les autres robots, le robot social est physiquement incarné (les avatars ou les personnages sociaux synthétiques virtuels sont distincts car ils ne sont pas incarnés). Certains agents sociaux synthétiques sont conçus avec un écran pour représenter leur « visage », afin de communiquer de manière dynamique avec les utilisateurs. Dans ces cas, le statut de robot social dépend de la forme du « corps » de l'agent social ; si le corps possède et utilise des capacités sensorimotrices, alors le système pourrait être considéré comme un robot.

Contexte Alors que les robots ont souvent été décrits comme possédant des qualités sociales (par exemple les tortues développées par William Gray Walter dans les années 1950), la robotique sociale est une branche assez récente de la robotique. Depuis le début des années 1990, les chercheurs en intelligence artificielle et en robotique ont développé des robots qui interagissent explicitement au niveau social. Le mouvement d'ingénierie du Kansai dans la science et la technologie japonaise est lié à celui de la robotique sociale.

La conception d'un robot social autonome est particulièrement difficile, car le robot doit interpréter correctement l'action des gens et répondre de façon appropriée, ce qui n'est actuellement pas encore possible. De plus, les personnes interagissant avec un robot social peuvent avoir des attentes très élevées quant à ses capacités, basées sur des représentations de robots sociaux avancés dans la science-fiction. En pratique, de nombreux robots sociaux sont partiellement ou entièrement contrôlés à distance pour simuler des capacités avancées. Cette méthode de contrôle (souvent secret) d'un robot social est appelée Turc mécanique ou Magicien d'Oz, d'après le personnage du livre de L. Frank Baum. Les études de type « Magicien d'Oz » sont utiles dans la recherche en robotique sociale pour évaluer comment les gens réagissent aux robots sociaux.

Définition Un robot est défini par l'Organisation internationale de normalisation comme un « mécanisme programmable actionné sur au moins deux axes avec un degré d'autonomie, se déplaçant dans son environnement, pour exécuter des tâches prévues ».. En tant que sous-ensemble de robots, les robots sociaux exécutent tout ou partie de ces processus dans le contexte d'une interaction sociale. Il interagit socialement avec les humains ou suscite des réponses sociales de leur part.. La nature des interactions sociales est immatérielle et peut aller de tâches de soutien relativement simples (telles que le fait de passer des outils à un ouvrier) à une communication et une collaboration expressives complexes, telles que l'assistance aux soins de santé. Par conséquent, les robots sociaux sont sollicités pour travailler avec les humains dans des espaces de travail collaboratif. De plus, les robots sociaux commencent à suivre les humains dans des environnements beaucoup plus personnels comme la maison, les soins de santé et l'éducation..

Les interactions sociales sont susceptibles d'être coopératives, mais la définition ne se limite pas à cette situation. De plus, un comportement non coopératif peut être considéré comme social dans certaines situations. Le robot pourrait, par exemple, présenter un comportement compétitif dans le cadre d'un jeu. Le robot pourrait également interagir avec un minimum d'informations, voire aucune. Il pourrait, par exemple, tendre des outils à des astronautes travaillant sur une station spatiale. Cependant, il est probable qu'une certaine communication soit nécessaire à un moment donné.

Deux exigences ultimes. pour les robots sociaux sont le test de Turing pour déterminer les compétences de communication du robot, et les trois lois de la robotique d'Isaac Asimov pour son comportement. L'utilité d'appliquer ces exigences dans la réalité, en particulier dans le cas des lois d'Asimov, est toujours contestée. (et peut ne pas être possible du tout). Cependant, une conséquence de ce point de vue est qu'un robot qui interagit et communique uniquement avec d'autres robots ne serait pas considéré comme un robot social : le fait d'être social est lié aux humains et à leur société qui définit les valeurs, les normes et les standards sociaux nécessaires.. Cela se traduit par une dépendance culturelle des robots sociaux, car les valeurs sociales, les normes et les standards diffèrent d'une culture à l'autre.

Cela nous amène directement à la dernière partie de la définition. Un robot social doit interagir dans le cadre des règles sociales attachées à son rôle. Le rôle et ses règles sont définis par la société. Par exemple, un majordome robotisé pour humains devrait se conformer aux règles établies de bon service. Il devrait être prévoyant, fiable et surtout discret. Un robot social doit en être conscient et s'y conformer. Cependant, les robots sociaux qui interagissent avec d'autres robots autonomes se comporteraient et interagiraient aussi selon des conventions non humaines. Pour la plupart des robots sociaux, la complexité de l'interaction d'humain à humain sera progressivement abordée avec l'avancement de la technologie des humanoïdes et la mise en œuvre d'une variété de compétences de communication plus humaines..

Interaction sociale Des recherches ont étudié l'interaction des utilisateurs avec un robot compagnon. La littérature présente différents modèles concernant cette préoccupation. L'un des exemples est une structure qui modélise à la fois les causes et les effets de l'interaction : les caractéristiques liées au comportement non verbal de l'utilisateur, à la tâche et aux réactions affectives du compagnon, pour prédire le niveau d'engagement des enfants..

Beaucoup de gens sont mal à l'aise à l'idée d'interagir socialement avec un robot et, en général, les gens ont tendance à préférer les petits robots aux grands robots humanoïdes. Ils préfèrent également que les robots effectuent des tâches comme telles que le ménage plutôt que de tenir compagnie.. Malgré la réticence initiale à interagir avec des robots sociaux, l'exposition à un robot social peut réduire l'incertitude et augmenter la volonté d'interagir avec le robot.. Si les gens ont une interaction avec un robot social considéré comme ludique (par opposition à ceux dédiés à une tâche ou à l'interaction sociale), ils peuvent être plus susceptibles de d'interagir avec le robot à l'avenir..

Effets sociétaux L'utilisation de plus en plus répandue de robots sociaux plus avancés est l'un des nombreux phénomènes censés contribuer à la posthumanisation technologique des sociétés humaines, processus par lequel « une société en vient à inclure des membres autres que les êtres humains biologiques « naturels » qui, d'une manière ou d'une autre, contribuent aux structures, à la dynamique ou au sens de la société.. »

« Robot-thérapie » et autres utilisations dans les soins de santé Les robots sociaux (de types humanoïde, animaloïde et autres, tels que Nao, Paro, Huggable, Tega et Pleo, QTrobot, Kaspar, MiRo, Pleo, zoomer, Keepon, Tega, Huggable, Leka, RoboKind Zeno/R25, Moxie, Pepper (dans certains protocoles), POL [en forme de poulet] et Probo [qui a une forme d'éléphant]…) peuvent aider des enfants, des adultes ou des personnes âgées dans divers contextes d'intervention (autisme, gériatrie, anxiété, rééducation…).. ; ils sont de plus en plus utilisés dans les établissements de santé, et des recherches portent sur leur intérêt dans le domaine de la santé mentale des enfants. et des personnes âgées. Ils peuvent réduire la dépression et la colère chez ces patients et être combinés à une thérapie numérique (type Deprexis)., et peut-être l'anxiété et la douleur (résultats plus mitigés) ; avec un effet positif sur l'affect (les enfants pouvant jouer avec un robot souriaient plus longtemps et se montraient plus positif lors des jeux).

Pour des enfants allergiques ou immunodéprimés, ces robots peuvent remplacer la thérapie assistée par les animaux (avec des mesures d'hygiène adaptées telles que les housses lavables ou des protocoles de désinfection du robot).

En 2019, une revue d'études a conclu que les robots sociaux améliorent les symptômes d'enfants en établissements de soins de santé., dont en distrayant les enfants des procédures telles que la vaccination, en pouvant réduire le stress et la douleur.

Les enfants traités pour cancer et interagissant à la fois avec un psychothérapeute et un « robot assistant en thérapie » ont ressenti moins de colère, d'anxiété et de dépression face au cancer, par rapport à un groupe témoin. Jouer librement avec un robot pendant une hospitalisation peut aider les enfants à avoir une humeur plus positive.

Cas particulier des troubles du spectre de l'autisme Depuis la fin du , de nombreux travaux suggèrent que les « robots sociaux » peuvent contribuer à améliorer certaines compétences sociales (habiletés sociales) et de communication chez les enfants autistes et/ou avec trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) — notamment l'attention partagée, le contact visuel, l'imitation, la reconnaissance des émotions et la synchronisation interpersonnelle — ce qui est facilité par l'attrait naturel pour la technologie de nombreux enfants autistes, et en raison du caractère agréable, sûr, prévisible et sécurisant de l'interaction homme‑robot ; tout en invitant à ensuite évaluer la persistance des effets hors contexte expérimental, et l'impact des variables individuelles de type âge, sexe et QI. Le robot et/ou l'intelligence artificielle peut ou peuvent servir de médiateur simplifiant l'expérience sensorielle (auditive, visuelle et éventuellement kinesthésique) pour des enfants présentant un déficit d'intégration multisensorielle, ouvrant la voie à des approches combinant robotique, neurosciences, psychologie clinique et intelligence artificielle dans une perspective multidisciplinaire.. Ces enfants interagissent plus spontanément avec des robots sociaux qu'avec des partenaires humains, exprimant alors des comportements sociaux proches de ceux observés chez les enfants neurotypiques (engagement spontané, réduction des comportements répétitifs (autostimulation), amélioration du langage spontané, et moindre anxiété sociale, bien que les mécanismes perceptifs sous-jacents restent mal compris....

Plusieurs auteurs ont estimé que des (RAT) peuvent améliorer les résultats thérapeutiques et éducatifs, tout en demeurant rentables... En 2017, Sartorato confirment que les robots sociaux ont des résultats bénéfiques sur le développement des interactions sociales chez les enfants avec troubles du spectre autistique (TSA)., lesquels préfèrent généralement les interactions prévisibles. Toutefois malgré deux décennies d'intérêt scientifique, les preuves cliniques étaient encore limitées et les essais randomisés disponibles rapportaient des résultats contrastés., et avant l'arrivée des LLM, leur intégration dans les pratiques thérapeutiques exigeait une collaboration étroite et fastidieuse entre psychologues, enseignants, roboticiens et utilisateurs finaux., ce qui soulignait la nécessité d'une meilleure intégration des activités assistées par robot, d'une exploration approfondie des mécanismes développementaux sous‑jacents, d'une implantation dans des contextes éducatifs variés et d'un suivi à long terme..

Plusieurs études ont néanmoins montré l'efficacité potentielle des robots dans des protocoles ciblant le contact visuel, la reconnaissance des émotions faciales ou l'attention conjointe.