Le Chambard socialiste est un hebdomadaire satirique socialiste français publié entre 1893 et 1895.
Histoire
« Pamphlet socialiste illustré »Le Chambard socialiste, 16 décembre 1893, . lancé le , Le Chambard socialiste a pour rédacteur en chef et gérant le journaliste socialiste Alfred Léon Gérault-Richard, collaborateur de La Petite RépubliqueJournal des débats, 15 décembre 1893, .. L'article-programme signé par ce dernier dans le premier numéro s'oppose avec virulence à la loi restreignant la liberté de la presse votée quelques jours plus tôt en réaction à l'attentat anarchiste du 9 décembre 1893Le Chambard socialiste, 16 décembre 1893, ..
Mis à part les éditoriaux de Gérault-Richard et les poésies de Clovis Hugues, peu d'articles sont signés. Les gravures en couleurs de la première page sont dues à Steinlen, qui signe « Petit Pierre » (Steinlein signifiant « petite pierre » en allemand), puis à d'autres artistes, dont Maximilien Luce, B. Moloch, Pol Lelong et Édouard Couturier.
La violence des articles du Chambard vaut au journal d'être cité par le président du conseil Charles Dupuy à la chambre des députés en , peu de temps avant le vote de la troisième des « lois scélérates » visant les anarchistesJournal des débats, 20 juillet 1894, .. Quelques jours plus tard, Steinlen ayant cessé de collaborer au journal, certains journaux prétendent que le dessinateur aurait regagné sa Suisse natale afin d'échapper à d'éventuelles poursuites. Cette rumeur s'avère finalement infondéeEugène Destez, « Le cas de M. Steinlen », La Patrie, 30 juillet 1894, ..
Le suivant, le garde des sceaux, Eugène Guérin, annonce en conseil des ministres qu'il ordonne des poursuites contre Gérault-Richard à la suite d'un éditorial publié dans le Chambard du . Intitulé « À bas Casimir ! », cet article est en effet jugé offensant pour le président de la République, Jean Casimir-PerierLa Mayenne, 17 octobre 1894, .. Alexandre Millerand ne pouvant plaider en raison de problèmes de santé, c'est Jean Jaurès qui assure la défense du gérant du Chambard devant la cour d'assises le . Jugé coupable d'offense au chef de l’État, Gérault-Richard est condamné à une peine d'un an de prison et à 3000 francs d'amendeJaurès (cf. Bibliographie), .. Emprisonné le à Sainte-Pélagie, il est remplacé par Antoine Reisser en tant que gérant du journalLe Chambard socialiste, 24 novembre 1894, -4.. En réaction à l'incarcération de leur camarade, les socialistes présentent la candidature de Gérault-Richard à l'élection législative partielle provoquée par la démission d'Abel Hovelacque, député de la première circonscription du 13 arrondissement de ParisLe Chambard socialiste, 22 décembre 1894, .. Élu au second tour de scrutin le , le rédacteur en chef du Chambard est libéré à la suite de l'amnistie promulguée le suivantLe Libéral, 4 février 1895, ..
Collaborateurs
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Jean Jaurès, Plaidoirie de Jean Jaurès [procès du Chambard], Paris, 1894, 35 p. (consultable en ligne sur Gallica). François Solo et Catherine Saint-Martin, Plus de 5000 dessinateurs de presse & 600 supports en France de Daumier à l'an 2000 (Dico Solo), Vichy, Aedis, 2004, .
Liens externes
Numérisation couleur des numéros 1 (16 décembre 1893) à 33 (28 juillet 1894) sur Internet Archive. Le Chambard socialiste consultable en ligne (en noir et blanc) sur Retronews. Jean-Luc Jarnier, « Steinlen et Le Chambard socialiste », in Guillaume Doizy, caricatures&caricature, (consulté le ). Jean-Luc Jarnier, « La première condamnation de Dreyfus vue par Moloch », in Guillaume Doizy, caricatures&caricature, (consulté le ).
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