Melancolia est un roman roumain de Mircea Cărtărescu, publié en 2019 en roumain par les éditions Editura Humanitas, et en français par les Éditions Noir sur Blanc en 2021.

Trame narrative Prologue : La danse Melancolia Les ponts Les renards Les peaux Épilogue : La prison

Les trois récits troublants sont trois nouvelles indépendantes, entourées de deux contes serrés.

La danse : un narrateur anonyme raconte l'Archipel, l'île de légende (sable et roche), le palais autre qu'humain, immense et désert, et en son centre l'Issue, et son gardien-miroir avec lequel lutter-danser infiniment.

Les ponts : un enfant seul, abandonné par ses parents, depuis que maman était partie faire les courses, pour l'éternité, prisonnier dans l'appartement au-dessus de l'usine de caoutchouc, joue le jour : petit cheval en toile, clown Hubert, chat en bois peint à visage humain. La nuit, dans la chambre au clair de lune, puis sur le balcon, il observe. Dès la première fois où un pont apparaît, il emprunte cet arc immatériel. Au premier voyage, il atteint la fantastique crypte sous l'usine et découvre la statue gigantesque en caoutchouc du père. Au second voyage, au magasin Concordia, la statue géante en chocolat de sa mère. Puis...

Les renards : Marcel, huit ans, mène les jeux, d'abord seul avec lui-même , puis avec sa sœur Isabel, trois ans. Surtout la nuit, avec des renards imaginaires. Un soir de neige violente, Isabel sait que le vrai renard arrive. Isabel traumatisée est hospitalisée. Et Marcel imagine comment rejoindre la seule autre fenêtre éclairée de la cité, au loin, où résoudre l'énigme.

Les peaux : un garçon solitaire, de 15 ans, brun en uniforme de lycéen, éperdu en lecture de poésie, inapte à donner un sens à sa vie dans cette planète de désolation, seul à la maison, reste à la fenêtre, pendant des heures, face à la lune. Dans la vieille armoire, il manie les peaux de son père (à 1 an, 4 ans, 7, 12, 17...), ses propres peaux. Comme tous les collègues du lycée de garçons, il s'interroge sur les peaux des fœtus et des femmes (ou plutôt des mères). Lors du stupide rituel d'initiation, il a vécu dans le lycée vide un labyrinthe de nuit et de solitude. Un dimanche matin de printemps, il fait à pied son parcours de la semaine en tramway, les six stations du domicile au terminus du lycée : la pâtisserie aux gâteaux surchargés et aux bonbons au chocolat en formes d'insectes, la place avec la statue du littérateur d'autrefois Vasile Solitude, la maternité au ballet céleste des nourrissons, la ruelle déserte (dans la cour de cette maison aussi vieille et délabrée que les autres, il découvre une jeune fille rousse, si jeune et si vivante, vêtue, abandonnée au soleil, sans qu'il ose intervenir : « Oui, je serais exactement comme ça si j'étais une fille »), le cinéma abandonné et décati Les nuits bleues, le grand magasin de vêtements Garofita avec ses mannequins anatomiques ou écorchés, puis le lycée Vasile Solitude, désert et fermé à clé. Le lundi soir, Ivan et Dora se rencontrent. De retour dans la chambre de ses parents, dans la table de nuit maternelle, il trouve le massif album de ses peaux intra-utérines. Ivan revoit chaque soir Dora, finit par lui offrir une pâtisserie chocolatée, un ténia en or. Un soir, la statue de Vasile en lévitation l'entraîne dans des : plusieurs lunes fantomatiques, quatre rivières sinueuses, de longues prairies vallonnées, des milliers de tombes de cristal (p.147). Et son guide-lucane le fait participer à une étrange cérémonie dans la tour-cathédrale : (p. 159). Plus tard, Ivan cède à la demande de Dora et lui apporte la dernière de ses peaux de garçon, qu'elle revêt : (p. 164). Bien plus tard, (p. 185), où renaît l’ (p. 188).La prison : sans doute pour un crime impardonnable (p. 195).

Thématiques Les cinq textes sont autant de voyages fantastiques, rêveries ou hallucinations, de personnages enfants, solitaires, dans des pièces étranges et des paysages perturbants (usines, palais, immeubles commerciaux vides, entre Art Nouveau et délabrement), le plus souvent de nuit (obscurité, pénombre, clarté lointaine). Les détails réalistes sont écartés.

Dans les peaux'', la thématique de la métamorphose (biologie) et de la mue (biologie) est essentielle : coléoptères, lépidoptères, hétérométabole, holométabole, larve, nymphe (biologie), imago, cocon vivant, cycle de vie... Plus que le lucane importe le ténia (et son scolex).

Chaque personnage est prisonnier dans un bolge, dans un des cercles de l'Enfer, et d'abord du cerveau humain : claustrum, insula, putamen : (p. 200).

Réception francophone .

.

..

Articles connexes Réalisme magique, Fantastique Métafiction Onirisme (psychiatrie), Rêve, Cauchemar

Notes et références

Catégorie:Roman paru en 2019 Catégorie:Roman roumain Catégorie:Roman fantastique Catégorie:Folie dans la littérature Catégorie:Rêve lucide