thumb|Le Ceará au siècle, gravure hollandaise de Jacob van Meurs, 1671. L'histoire du Ceara est marquée dès la fin du Moyen Âge par l'invasion du terroire par des commerçants et chercheurs de métaux précieux, qu'ils soient Français, Hollandais ou Portugais.

Commerce avec les Normands Dès la fin du , les habitants du littoral du Ceara commercent avec les Normands. Les sols étant , il n'a mais dès 1605, le Portugal exclut les étrangers du trafic colonial dans cette région. Expédition esclavagiste de Pero Coelho de Souza en 1603 Au Brésil portugais, dès 1550, la prise de captifs était devenue le , malgré son effet économique prédateur, , et c'est .

C'est aussi le , qui reçoit en 1603 le titre de capitaine général du Ceara pour explorer, coloniser et empêcher le commerce des indigènes avec les étrangersIRÃO, Pequena História do Ceará, Ed. Instituto do Ceará, 1962FURTADO (C.) -1973- La formation économIque du Brésil de l'époque coloniale au temps modernes. Mouton, Paris, ()..

Vers 1590, Coelho, en expédition à la serra d'Ibiapaba, avait et signalé qu'ils .

Sans volonté de colonisation économique, son expédition de 1604 qui remonte la rivière Jaguaribe, jusqu' à la serra d'Ibiapaba recherche avant tout à capturer des esclaves amérindiens, , mais tourna rapidement court après des conflits avec les Amérindiens aidés de quelques FrançaisLuís Figueira e a construção do projeto missionário jesuítico no Estado do Maranhão e Grão-Pará, 2016. Le rapport Moreno de 1614 Le sergent-major Diogo de Campos Moreno l'accompagnait. Il rédige une décennie plus tard, en 1614, Un rapport attestant que Pero Coelho de Souza a réduit les Indiens de la Microrégion d'Ibiapaba et du fleuve Jaguaribe en esclavageBARROSO, À Margem da História do Ceará, ABC Editora, 2004KROMEN, Matias Beck e a Companhia da Índias Ocidentais, Casa de José de Alencar, 1997, via un affrontement armé avec les tabajaras.

De plus, environ 800 Indiens qui l'avaient accompagné ont également été réduits en esclavage, dont 200 revendus pour financer l'expédition. Ces exactions esclavagistes, réalisées à titre privé, , même s'il s'agit de chasseurs-cueilleurs , qui et parviennent à y résister.

Cette expédition de Pero Coelho de Souza en 1603-1604 causa un car il avait , en violation des règles portugaises, obligeant à les renforcer. Il avait érigé en 1604 le fort de São Tiago da Nova Lisboa à l’embouchure du Rio Ceará, abandonné en 1605 à cause d’une sécheresse pour se replier au Forte dos Reis Magos à NatalVoyage au nord du Brésil fait en 1613 et 1614, Éd. Hélène Clastres, Paris, Payot, 1985 , par Yves d'Evreux (1577-1632, édition critique du texte complet par Franz Obermeier en 2012.

L'expédition de Pero Coelho de Souza suscita aussi une à s’enfuir. Ces troubles amenèrent aussi plusieurs « Tobajares », les « Miarigois » du Père Yves d'Evreux, à quitter cette région pour se retirer près de la rivière Mearim au Maranhao. Martim Soares Moreno, qui accompagnait Pero Coelho de Sousa en 1604, se hasarda alors en 1614 faire une reconnaissance au Maranhao français, sans insister.

Émigration vers les colonies françaises Partie en pour explorer l'embouchure de la rivière de Cayenne puis la baie de l'Oyapock, l'expédition du français Daniel de la Touche avait poussé plus au sud vers l’île de Maragnan (Maranhāo) dans la baie de Sao Marcos au sud de l’Amazonie, à la confluence d’estuaires, facilitant une large pénétration vers l’arrière-pays et un premier contact avec les indigènes Tupinambas. Daniel de la Touche leur avait proposé alors de devenir des sujets français en échange de la protection contre les Portugais.. Ils reviennent en France l'année suivante accompagnés de l'amérindien Yacopo de la tribu des Caripous qu'ils présentent à la cour.

Daniel de la Touche avait ensuite lancé une seconde expédition à destination du Brésil en 1609, précédant la fondation au début des années 1610 de la colonie française du Maranhao, via une troisième expédition en 1612, concrétisant après sa mort le projet d’Henri IV d’une France équinoxiale.

La Ravardière, appelé aussi Daniel de La Touche, amena alors en 1609 des tribus Potiguara , trouvées près de la « riviere de Toury à 600 lieues de Recife, selon Claude d'Abbeville dans son Histoire de la mission des pères Capucins en l'isle de Maragnan et terres circonvoisines de 1614de Asúa et French (2005) .Autre numérisation par etnolinguistica.org. Histoire de la mission des pères Capucins en l'isle de Maragnan et terres circonvoisines, Paris, F. Huby, 1614 p.324, probablement le Río Turiaçu au nord du Maranhão, où les premiers Tupinambas venaient d’arriver du Ceará.

Mission des jésuites Pinto et Figueira, sanctions contre les esclavagistes Entre temps, côté portugais, le gouvernement portugais du Brésil cherche à par la mission des jésuites Pinto et Figueira, chargés de catéchiser les Amérindiens, qui assassinent le premier. François Pinto et Louis Figueira partirent du Pernambouc en 1607. Les Jésuites avaient obtenu en que soient définies les conditions de la ”guerre juste” aux païens, permettant de circonscrire la légitimité de l’esclavage indigène.

Le gouvernement portugais du Brésil fait aussi condamner en justice J. Soromento, qui avait été envoyé en 1605 porter secours à Coelho en difficulté, mais qui avait troqué les biens confiés contre des captifs revendus à Recife et au Paraiba. Le gouverneur portugais s’opposa alors à la commercialisation de ces captifs, en soulignant qu'il ne fallait .

Une économie de l'échange commercial est ensuite jugée par les Portugais plus efficace, mais aussi indispensable pour obtenir la “pacification” des amérindiens Tapuia, grâce à des biens troqués issus de la fortune personnelle de Martins Soares Moreno et des bateaux de corsaires dont il s’empare avec des alliés indiens.

Au cours de la seule année 1611, Moreno, qui est alors durable sur ce territoire, prétend ainsi et leur avoir pris trois embarcations.

Le , les prêtres Diogo Nunes et Gaspaire de S. Pères, Portugais, baptisent le célèbre Felipe Camarrao, chef des Amérindiens potiguaras, dans son village d’Ygapó, ce qui va leur profiter dans la poursuite de la conquête du Ceará, originaire du Rio Grande, comme son frère Jacauna, qui va lui aussi servir dans la guerre contre les Hollandais, sous le nom de Jean d’Almeida, et dont Duarte Coelho de Albuquerque fait l’éloge dans ses mémoires. Au cours de la même année 1612, le portugais Martim Soares Moreno construit la forteresse de São Sebastião sur la rive droite de l’estuaire du Ceará, au même site que le São Tiago de 1603 érigé par Pero Coelho de Sousa, mais cette fois dans le cadre de la campagne d’expulsion des Français de MaranhãoColonial fortifications in Brazil, preliminary inventory, part 1. Historical research in the Netherlands Amsterdam par L.A.H.C. Hulsman pour la New Holland Foundation en 2015, dans le cadre des contributions à l'Atlas du Brésil hollandais .

En part du port de Recife la première expédition au Maranhão, qui fait étape à la forteresse de Notre-Dame de l’Amparo, au bord du Ceará, non loinde l’île occupée par les troupes françaises, sur ordre de Ravardiére. Elle a laissé une garnison de 40 soldats dans une forteresse bâtie sous le titre de Notre Dame du Rosario.

Le le gouverneur envoie de Recife une caravelle qui arrive à sauver la garnison des attaques du corsaire français arrivé au même moment, le capitaine François Pratz et le une autre expédition portugaise a aussi pour but de libérer le Maranhão, qui laisse un document historique de la plus haute importance, le "Voyage au Maranhão". Le , le commandement du fort de l’Amparo change Stéphane de Campos, remplaçant Brito Freire.

De Pratz était parti de France le avec onze moines et 300 nouveaux colons, portant des secours à la Ravardière. Il conduisit ensuite à Paris Gregorio Fragoso, neveu de Jeronymo de Albuquerque, chargé lui-même d'une mission diplomatiqueVoyage dans le Nord du Brésil, fait durant les années 1613 et 1614 par le père Yves d'Évreux, republié d'après l'exemplaire unique conservé à la Bibliothèque nationale, par Ferdinand Denis, Librairie Franck en 1864 .

Convoqué par le gouvernement portugais pour prendre part à cette guerre, le chef amérindien Felipe Camarao (la Crevette), partit de Rio Grande et arriva dans le Maranhao le , suivi de son frère nommé Jacauna, tous deux commandant à 30 archers, durant la lutte entre la Ravardière et Jeronymo d'Albuquerque, dont le père avait construit le premier moulin à sucre du Pernambouc, "Nossa Senhora da Ajuda".

Les 25 Indiens du nord du Brésil invités en 1625 aux Pays-Bas En 1625 à Bahia, tenu par les Néerlandais puis repris par les Portugais, l'arrivée de l’armement attendu de Hollande avait été si longtemps retardé que cela fut attribué à des tempêtes"History of Brazil" par Robert Southey. Editions Longman, Hurst, Rees, Orme, and Brown, 1810 . En fait, il n'avait passé les Canaries que le . Le , la flotte de 36 navires menée par Baldwin Henrik, appelé aussi Boudewyn Hendriksz, qui pensait que Bahia était toujours possession hollandaise, se voit causer une grande surprise et n'est pas en mesure de reprendre la ville aux Portugais, cherchant plutôt un port où soigner son équipage, en remontant vers le Nord et passant devant Olinda, où les Portugais craignent son attaque, avant d'aller mouiller à Baía da Traição.

Baldwin Henrik y fait accoster ses malades, en improvisant des fortifications temporaires. Francisco Coelho de Carvalho, premier gouverneur portugais de la région était à cette époque à Recife. A peine a-t-il entendu que Henrik avait débarqué ses hommes, qu’il a recueilli des forces du Pernambouc et Paraiba pour les déloger. Se voyant chaque jour affaibli, et craignant que les Espagnols le poursuive aussi, le commandant néerlandais a reembarqué et navigué vers Porto Rico puis Elmina, deux destinations qu'il attaque et où il subit aussi de lourdes pertes, décédant lui-même de la contagion. Les survivants, fatigués de boucaniser, découragés, voire mutinés, ont contraint leurs officiers à retourner en Hollande.

L'historiographie portugaise retient aussi qu'en 1625 les Hollandais sont de passage sur les côtes du Ceara. Martin Soares, aidé de Jacauna et d'Amérindiens fait échouer deux tentatives de pirates hollandais de prendre de l’un des navires équipés d’artillerie et de munitions chargés de la défense du fort de Notre-Dame de l’Amparo"Histoire chronologique du Ceara", par le journaliste et homme politique João Brígido dos Santos aux Editions GUILLARD, AILLAUD & Cie en 1887, à Paris.

Lors du séjour de à Baía da Traição, au sud du Ceara, pour soigner les malades hollandais, un groupe de 25 Indiens du nord du Brésil avaient été invités aux Pays-Bas, où ils passent cinq ans, répartis entre Amsterdam et Groningue. Ils y sont reçus en héros et traités avec les honneurs, et apprennent à lire et à écrire dans la langue néerlandaise. Plusieurs d'entre eux sont originaires du Ceara, notamment parmi les six qui signalent la présence de mines d'argent dans leur région, deux affirmant même qu'ils ont eu en main des échantillons. Parmi eux, les futurs chefs amérindiens protestants Pedro Poti et Antonio Parapawa.

Le au Ceara, le missionnaire, historien et naturaliste Frei Cristóvão de Lisboa, accompagné de quelques prêtres, faisant le voyage à travers les terres du Ceara, est en chemin assailli par une bande de 90 Amérindiens qu'ils tentent de repousser mais qui continuèrent à l’encercler.